00:17Il y a des rêves d'enfants qui peuvent mener très loin.
00:22Ça arrive pour moi au terme de quasiment 30 ans depuis que je suis toute petite.
00:28À 43 ans, Sophie Adnaud va vivre pendant 9 mois à bord de l'ISS, la Station Spatiale Internationale,
00:36et devenir la deuxième femme française de l'histoire à partir dans l'espace.
00:41On a envie de voir son sourire constant, on a envie de l'entendre, on a envie de la suivre
00:49et on a envie de l'applaudir.
00:52Une aventure hors normes, des années d'entraînement et ce rêve devenu réalité.
00:59Sophie, avec sa formation, a des conditions de base qui sont juste idéales pour cette profession.
01:08Pilote, ingénieur, astronaute, portrait d'une femme qui a choisi de viser les étoiles.
01:23Ses larmes de joie sont celles d'une femme qui ambitionne depuis toujours de partir dans l'espace.
01:33Ce jour-là, Sophie Adnaud reçoit son brevet officiel d'astronaute.
01:56Avec ce diplôme en poche, Sophie Adnaud va pouvoir vivre dans la Station Spatiale Internationale, à 400 kilomètres au-dessus
02:04de la Terre.
02:07Cette envie de prendre de la hauteur, elle la tient de son grand-père.
02:13Mon grand-père m'a beaucoup inspirée.
02:16Malheureusement, à cause de la guerre, il n'avait pas pu faire d'études.
02:18Il a toqué aux portes de l'armée de l'air en disant « Bonjour, je serai par les voitures,
02:22est-ce que vous voulez bien de moi ? »
02:23Et donc, il a vécu beaucoup d'aventures aéronautiques et il me les racontait.
02:28Et moi, j'étais fascinée parce que j'avais déjà cette petite graine d'avoir envie d'explorer et de
02:34partir voler sur une machine.
02:36Et lui, il me parlait avec ses mots de mécanicien.
02:40Il me disait « Tu te rends compte ? J'ai réparé l'avion et je confie mon bébé à
02:43un pilote. »
02:44Et le pilote, il va faire sa mission. Je ne sais pas dans quel état va revenir l'avion.
02:48Et donc, il me racontait toutes ces histoires. Ça me fascinait.
02:52Fascinée aussi, lorsque le 17 août 1996, elle regarde en direct à la télévision le décollage de la fusée russe
03:00Soyouz, direction la station Mir.
03:04À son bord, Claudie Aigneret, la première femme française à partir dans l'espace.
03:11Jusqu'au vol de Claudie, il n'y avait pas eu de femme française.
03:14Et donc, je me raccrochais au récit des autres aviatrices, des exploratrices.
03:19Je lisais beaucoup les biographies.
03:21Mais le jour où Claudie a décollé, là, je me suis dit « Ça y est, il y a une
03:25astronaute femme. »
03:27C'est possible.
03:33Je suis très reconnaissante à Sophie de parler de ce moment, quand elle avait 14 ans, je crois,
03:39et où elle a vu cette mission de 1996 à bord de Mir, qui a été assez médiatisée,
03:46puisque j'étais la première femme française à aller dans l'espace.
03:50Et elle avait déjà dans sa tête un petit peu cet imaginaire et ce rêve-là.
03:55Et là, c'était mon habitude à l'époque, je découpais les articles de journaux.
03:58Donc forcément, j'ai découpé tous les articles de journaux que j'avais à son sujet, au sujet de sa
04:04mission.
04:04Et je les ai collés en face de mon bureau.
04:07Et puis quand je planchais sur mes équations de maths, j'avais ça comme inspiration.
04:11À partir de ce moment-là, ce rêve ne quitte plus Sophie Adnaud.
04:16Elle fait d'abord une école d'ingénieurs, superhéros à Toulouse, le Graal en France quand on vise l'espace.
04:23Elle intègre ensuite l'une des meilleures universités au monde, le MIT de Boston.
04:28Puis elle travaille dans la foulée comme ingénieur chez Airbus.
04:32Mais ce qu'elle veut, c'est piloter des hélicoptères.
04:36Alors à 23 ans, elle rejoint l'armée de l'air.
04:40Dans ce reportage de 2010, on la voit en exercice aux commandes d'un Caracal.
04:45Elle se prépare alors pour une mission en Afghanistan.
04:54Quelques années plus tard, en 2019, Sophie Adnaud devient la première femme pilote d'essai d'hélicoptère en France.
05:05J'adore être dans un cockpit en équipage.
05:08J'adore tester les limites d'une machine dans un environnement complexe.
05:14Aller vraiment au bout de ce que technologiquement on sait faire.
05:18On peut faire, tester tout ça avec la part de risque, la part d'inconnus que ça comporte.
05:23C'est là où je me sens heureuse.
05:29Finalement, de partir dans un véhicule spatial, c'est être comme dans une carlingue mécanique.
05:35Et puis être ensemble dans un équipage en cockpit finalement et partir ensemble vers l'ISS.
05:41Donc il y a un petit parallèle que j'aime mener.
05:49Sophie, en tant que pilote d'hélicoptère, a le grand avantage de savoir travailler sur des procédures dans des environnements
05:56complexes.
05:58Quand on est pilote, on a des checklists, on a des choses à faire si ça se passe bien, si
06:02ça se passe moins bien.
06:03C'est exactement pareil dans le vol spatial, vous avez des procédures, vous avez un manuel d'utilisateur, c'est
06:09un peu plus compliqué qu'une notice quand vous montez un meuble.
06:11Mais c'est un peu ça en fait, vous suivez bien la procédure et normalement tout se passe bien.
06:23Sophie est quelqu'un de très déterminé, quelqu'un qui sait faire la part des choses en situation critique.
06:29Une personne qui est fondamentalement empathique et motivée, déterminée à atteindre l'objectif.
06:35Et en même temps, elle a la capacité à prendre de la distance et d'avoir un sens du pragmatisme
06:41qui est extrêmement important.
06:42Parce qu'elle va devoir faire face aussi à des choses inconnues.
06:49Pour faire face à l'inconnu, Sophie Adnaud s'est entraînée près de 3 ans entre l'Europe, l'Amérique
06:55du Nord et le Japon.
06:59Je suis presque là comme une enfant dans un magasin de jouets.
07:03C'est merveilleux, j'ai envie de tout apprendre, de tout regarder, de tout comprendre.
07:07Et cet entraînement est intense, mais c'est fabuleux.
07:18Avec un casque de réalité virtuelle sur les yeux ou immergé dans une piscine,
07:24Sophie Adnaud a dû se préparer à l'une des tâches les plus pointues de sa formation,
07:29la sortie en scaphandre dans le vide spatial.
07:36On a des maquettes qu'on peut immerger avec une grue, donc on a de quoi faire une mini station
07:43spatiale immergée.
07:45Et l'avantage du milieu émergé, c'est pour ça que cet entraînement se fait sous l'eau,
07:48c'est que tous les plongeurs le savent, on flotte au milieu de l'eau comme on flotterait dans l
07:53'espace.
07:56Un entraînement intensif où rien n'est laissé au hasard, mais pas de quoi déstabiliser cette élève surdouée.
08:04Elle est toujours positive, c'est-à-dire que quand elle est confrontée à des challenges,
08:08où la performance n'est peut-être pas à la hauteur de ce qu'elle attendait,
08:12elle, elle arrive à en tirer quelque chose de positif en disant « c'est pas grave, je viens d
08:17'apprendre quelque chose ».
08:18Et ce que je viens d'apprendre va me permettre d'être meilleure la fois suivante.
08:22Quand on est câblé comme ça, on est orienté vers le succès.
08:30L'autre atout de Sophie Adnaud, c'est le sport, qu'elle pratique tous les jours à haute dose,
08:36en particulier le yoga, une discipline dont elle est même devenue professeure certifiée.
08:46« Pendant les entraînements de survie, je me souviens, on avait passé une nuit dans la neige,
08:50et le matin, au moment où le soleil se levait, Sophie faisait ses exercices de yoga dans la neige.
08:55Je me souviens que ça, c'était assez chouette de la voir diffuser cette énergie dans le groupe. »
09:03Cette capacité à résister au stress, Sophie Adnaud en aura besoin pour gérer son emploi du temps dans l'ISS.
09:11« Chaque tâche d'astronaute est millimétrée avec une ligne rouge qui est l'heure actuelle qui avance inexorablement.
09:17Et donc le but, c'est toujours d'être en avance de cette ligne rouge-là.
09:20« Chaque jour, il y a deux heures de sport parce que ça reste une aventure, une épreuve physique de
09:29rester six mois,
09:30voire un peu plus pour Sophie en un pesanteur.
09:32Et puis le reste du temps, c'est soit de la maintenance de l'ISS, soit des expériences scientifiques.
09:37C'est les deux tâches principales des astronautes. »
09:40L'ISS, un laboratoire volant.
09:43En tout, Sophie Adnaud fera environ 200 expériences scientifiques.
09:48« Une que j'aime bien, c'est l'échographie spatiale qu'on a fait évoluer au cours du temps.
09:53On avait commencé avec Jean-Loup Chrétien lors de son premier vol.
09:56Et là, sur la mission de Sophie Adnaud, sur la mission Epsilon,
09:59on va rajouter une couche de réalité augmentée et d'intelligence artificielle
10:03pour permettre à un astronaute qui n'a pas de connaissances médicales au préalable
10:07d'être capable de faire des échographies, des images de qualité, d'organes et sans support du sol.
10:13Le but, c'est vraiment, comme dans un petit jeu, de venir mettre les sphères dans les cubes.
10:18C'est quand même assez innovateur, donc c'est un besoin pour l'exploration spatiale,
10:21mais qui est vraiment intéressant également pour tout ce qui est des aires médicaux,
10:24lieux isolés, les sous-marins, etc. »
10:28Au-delà de ses prouesses scientifiques,
10:29il y aura aussi une expérience unique,
10:33une sensation d'éternité impossible à oublier.
10:37« On se retrouve dans une station spatiale,
10:39on est en orbite à 400 km autour de la Terre,
10:42dans une vitesse de satellisation de 28 000 km heure,
10:45qui fait qu'on fait une orbite autour de la Terre en 90 minutes.
10:48C'est-à-dire que 16 fois par jour,
10:51on va voir un lever de soleil à l'horizon de notre terre.
10:54Et que ce sont donc des moments assez magiques.
11:03Sophie Anneau le sait, il faut garder en ligne de mire l'essentiel,
11:07l'émerveillement face à un rêve d'enfant devenu réalité.
11:13« J'emporte aussi l'envie de laisser une place vide pour accueillir l'inconnu
11:19et pouvoir justement vivre sur le côté émotionnel,
11:24ce que c'est que voir la Terre de haut,
11:28cette belle Terre bleue qui est juste là et qu'on voit quasiment en entier. »
11:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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