- il y a 7 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00C'est François Ruffin que l'on reçoit maintenant sur BFM TV, on le reçoit avec Marie Chantret, chef du
00:05service politique.
00:06Bonsoir François Ruffin, bonsoir.
00:07Bonsoir Marie, je rappelle que vous êtes députée de la Somme, candidat debout à l'élection présidentielle.
00:12Vous revenez après un été en auto-stop, c'est pas une blague, c'est vrai, avec deux livres de
00:17combat politique.
00:18On vous connaît aussi, face au chantier du siècle pour un travaillisme écologique et puis pour une économie de guerre
00:24climatique.
00:25Mais alors là, vous voulez vous incruster à la primaire des socialistes.
00:28– Bah oui, je suis un peu… – Une incrustation, on ne vous a pas invité, qu'est-ce qui
00:32est ?
00:32– Je suis un peu abasourdi, vous savez, parce que maintenant vous me connaissez.
00:36Bon, je parle un peu fort, mais je n'ai pas le pouton entre les dents, je ne suis pas
00:39un garçon violent,
00:40je suis bien élevé, je porte même des costumes quand je viens chez vous.
00:43Alors je me dis, bon bah, il y a une primaire, je vais y aller, et je suis quand même
00:47très surpris d'effrayer comme ça,
00:49et que Raphaël Glucksmann se replie derrière une porte blindée en verrouillant un triple tour pour être sûr que je
00:57ne rentre pas.
00:57je ne vois pas pourquoi je lui fais peur comme ça.
01:00– Bah il dit, on ne change pas les règles en cours de jeu.
01:02Or les militants socialistes, les instances socialistes ont choisi certaines règles,
01:07et visiblement vous n'en faites pas partie.
01:08– Mais moi j'ai lu les règles, j'ai lu la charte qui est proposée,
01:12et il n'y a pas un endroit où il est marqué, on ne veut pas le François Ruffin.
01:15Et donc je considère que je suis le bienvenu, que je suis un héritier de Jean Jaurès, de Léon Blum,
01:21que je prononge la grande histoire du mouvement ouvrier, et que j'ai ma place.
01:25– Oui mais vous n'êtes pas un social-démocrate, a dit Sacha Houllier, qui est un proche de Glucksmann,
01:29il dit vous n'êtes pas un social-démocrate, vous n'avez rien à faire avec nous.
01:31– En tout cas je ne suis pas la même gauche que M. Houllier, qui est appartené au macronisme.
01:36Maintenant vous savez, on est dans un moment où M. Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, dit oui.
01:43Philippe Brun, candidat à l'élection, à la primaire, dit oui.
01:48Emmanuel Morel, candidat lui aussi, dit oui.
01:51– Et une centaine d'autres élus disent pourquoi pas.
01:53Mais juste ce soir vous nous dites quoi ?
01:55Où en sont nos discussions avec le Parti Socialiste, sa direction ?
01:58Est-ce que les lignes peuvent bouger ?
01:59Parce qu'il faut rappeler à nos téléspectateurs que le 15 au soir,
02:03impossible de s'inscrire pour cette primaire.
02:05– Dans six jours. – Dans six jours.
02:07– Est-ce que ça peut changer ?
02:08– Je ne comprendrai pas qu'un homme suffise à bloquer…
02:12– Ça on a compris que c'est Raphaël Luxman que vous avez dans le viseur.
02:15– Mais pourquoi selon vous, Raphaël Luxman ne veut pas que vous participiez à cette primaire ?
02:19– Alors il a peur, mais il n'a pas peur de moi, en plus il a peur des électeurs.
02:25Pourquoi on fait ça à 15 euros ?
02:29Pourquoi on fait un suffrage censitaire avec une forme de barrière ?
02:33Parce qu'il ne faut pas être dérangé par les ouvriers.
02:36Si je viens, c'est pour que les aides à domicile se saisissent d'un bulletin,
02:40c'est pour que les auxiliaires de vie se disent
02:41« Peut-être que ça peut un peu changer ma vie ».
02:43C'est pour dire de bousculer le jeu qui est engagé,
02:47où chacun va rester dans son couloir.
02:49Vous savez, j'en suis d'autant plus surpris que, petite devinette,
02:52qui a dit « Il faudra parler avec M. Ruffin,
02:56c'est celui qui incarne le mieux les combats historiques de la gauche aujourd'hui ».
03:00– Raphaël Luxman.
03:01– Raphaël Luxman.
03:02Mais qui a dit « Comme Premier ministre,
03:04il faudra une personne qui fasse consensus, par exemple François Ruffin ».
03:08– Raphaël Luxman également ?
03:09– Et oui, donc on a là, il me proposait pour Matignon.
03:14Moi, je n'avais pas dit oui, je n'avais pas dit non.
03:17Mais aujourd'hui, je veux juste venir dans la primaire.
03:20– Vous ne répondez pas à ma question, où en êtes-vous de vos discussions ?
03:23Est-ce que vous pouvez dire ce soir, c'est encore possible,
03:27la poutre travaille, ou est-ce qu'on vous a définitivement fermé la porte ?
03:33– Quand il y a tous les noms que j'ai cités,
03:36et on voit bien que, comme vous dites, la poutre travaille.
03:38– Mais maintenant, il y a un non, il y a un non-petit bloc,
03:41et ça pose une question d'un certain rapport à la démocratie.
03:45Demos, ça veut dire le peuple.
03:46Comment on laisse entrer le pouvoir à l'intérieur de ça ?
03:48Et moi, ce que je souhaiterais, c'est qu'un jour,
03:50Mme Chantret, à votre place, il y ait Raphaël Luxman,
03:53et qu'on ait un vrai débat.
03:54– Sur BFM TV.
03:55– Mais oui, qu'on ait un vrai débat sur…
03:57– Vous êtes très sûr de vous, parce que vous avez dit
03:59« Je suis convaincu de pouvoir gagner cette primaire ».
04:01– Je ne l'ai pas dit.
04:02– Ah bon ?
04:02– Je ne l'ai pas dit, vous cherchez une déclaration,
04:04jamais je n'ai dit « Je suis convaincu de pouvoir gagner… »
04:08Je ferai mon possible pour faire rentrer du souffle à l'intérieur de ça.
04:13On voit tellement comment c'est dans l'entre-soi,
04:16ça risque d'être petit, d'être nécrosé,
04:18d'être « C'est chéri, j'ai rétréci la primaire ».
04:21Vous voyez ?
04:21Bon, ben là, il y a une volonté, au contraire.
04:24Vous savez pourquoi je fais ça ?
04:26Pourquoi je fais ça ?
04:26Parce que je suis convaincu que c'est mortifère.
04:29Les communistes avec les communistes,
04:30les socialistes avec les socialistes,
04:32les écologistes avec les écologistes,
04:34les insoumis avec les insoumis.
04:35Mais si on fait ça, c'est la défaite assurée.
04:37– Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui vous disent,
04:40vous accusent entre les lignes,
04:41de vouloir participer à cette primaire aussi ?
04:44Si vous arriviez victorieux,
04:46c'est de pouvoir bénéficier des moyens financiers pour une campagne.
04:50Qu'aujourd'hui, en l'État, il vous est très difficile de mener.
04:53Est-ce que c'est aussi la réalité politique arithmétique que vous faites ?
04:57– Non mais moi, ma réalité, pourquoi le soir, le 9 juin au soir,
05:00au moment de la dissolution,
05:01quand Jordan Bardella est en train de préparer ses cartons pour Matignon ?
05:04Pourquoi je dis Front Populaire ?
05:06Parce que je veux que ça déborde.
05:07Je veux que chacun ne reste pas dans son couloir.
05:09Mais dès mon élection de 2017,
05:11pour les législatives dans la première circonscription de la Somme,
05:15je mets ensemble les communistes, les insoumis et les écologistes.
05:18Parce que je sais à quel point, si chacun reste dans son coin, c'est cuit.
05:22Mais je dirais que ma logique, vous voyez,
05:23le livre que je publie là,
05:24il y a y compris des gens d'opposition,
05:27d'Aurélien Paradier,
05:29il y a une autre candidate à la présidentienne,
05:31il y a Delphine Bateau,
05:32je fais un débat avec Dominique de Villepin,
05:34j'emmène Sarah Salman.
05:35– Mais on va y revenir d'ailleurs,
05:36parce qu'on veut savoir où vous en êtes avec Dominique de Villepin.
05:36– Vous emmenez Sarah Salman.
05:38– Non mais j'emmène Sarah Salman sur le terrain.
05:40Vous voyez très bien la démarche qui est la mienne,
05:42qui n'est pas de rester statique, figée.
05:44Vous savez, on me dit, il y a le périmètre.
05:47Il faudrait rester dans un périmètre.
05:49Mais c'est un zoo, on est dans un non-clos,
05:52on est des espèces trop protégées,
05:54où on est là pour se demander…
05:55– Et ça veut dire aussi…
05:56– Vous êtes là, excusez-moi, pour se demander
05:57qu'est-ce qu'on peut faire pour le pays,
05:59qu'est-ce qu'on peut faire pour la France et pour les Français.
06:01– On va parler de vos propositions
06:02pour cette économie de guerre climatique,
06:04mais pour finir là-dessus,
06:06finalement, si vous ne participez pas à cette primaire,
06:08ça va être compliqué pour vous de continuer à exister
06:10dans une campagne présidentielle avec autant de candidats ?
06:12– Mais vous ne faites pas de souci, c'est pour moi.
06:14Vous savez, il y a ce verre de Baudelaire,
06:17quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvert.
06:20Dans ce temps-là, il faut de l'air, il faut de l'imaginaire.
06:22Il me semble qu'au cours de ma petite carrière de politique,
06:25parce que je suis rentré très attentivement,
06:27ou d'artiste, de journaliste, et c'est plus long ça,
06:30jamais je n'ai manqué d'imagination.
06:32Eh bien croyez-moi que dans les mois qui viennent,
06:34je ne manquerai pas d'imagination,
06:35dans un but qui est de bousculer les jeux
06:37et qu'on se demande comment on va faire ensemble
06:39pour relever les défis que notre pays a affrontés.
06:43– Et vous en accepterez les règles,
06:45si vous devez y participer.
06:46– Mais bien sûr !
06:46– Et donc une victoire de Raphaël Glucksmann…
06:48– Sauf qu'après, il bouscule un peu les règles,
06:50puisque vous voulez la primaire à 2 euros, vous.
06:51– Oui, mais…
06:53– Si Raphaël Glucksmann devez l'emporter,
06:55vous le soutiendrez ?
06:56– Je serai loyal, je suis un garçon loyal,
06:59mais j'y vais pour l'emporter.
07:01– Vous pourriez voter Glucksmann alors ?
07:03– Je suis prêt, à la place de rester dans mon camp à soi,
07:06à venir sur leur terrain, à jouer à l'extérieur,
07:09avec leurs règles, avec leur arbitre,
07:12et à dire, voilà, allez, on y va.
07:14– Oui, mais François Ruffin, si c'est Glucksmann qui gagne,
07:17vous êtes prêt à voter pour lui ?
07:18– Je serai loyal, au moins par mon silence.
07:21– Ah, oui, c'est pas vraiment à vote, le silence.
07:23– Mais c'est déjà plus loyal que l'on essaie
07:25beaucoup de dirigeants socialistes.
07:26Mais oui, je serai, je suis un garçon loyal.
07:29– Bah non.
07:30– Mais c'est tout le problème de la primaire,
07:31c'est que, en fait, personne n'est d'accord,
07:33donc je vais essayer de le rassembler ensuite.
07:34– Il faudra que le débat ait lieu,
07:36et on verra bien à quel point on en arrive.
07:37Mais maintenant, il doit y avoir un débat.
07:38– Comment on fait pour réconcilier gauche et populaire ?
07:44Comment on fait pour aller sur les parkings d'usines
07:46et discuter avec les ouvriers ?
07:47– Vous êtes gonflé.
07:48– Quelle est la figure qui va pouvoir incarner ça ?
07:50– Vous êtes gonflé.
07:51Vous voulez aller à la primaire et pas soutenir le gagnant ?
07:54– Je dis au moins…
07:55– Si jamais, c'est pas vous.
07:56– Au moins, c'est le mime.
07:57– Vous respectez pas les règles du jeu.
07:58– Mais si je respecterais les règles du jeu ?
08:01Je respecterais les règles du jeu, M. Marchet.
08:03– Mais non, ne pas s'engager, rester silencieux,
08:05c'est pas respecter les règles du jeu.
08:08Je serai loyal à ce qui se produira.
08:11– Donc vous pourriez voter Gluckspann quand même ?
08:13– Écoutez, je vais dans cette campagne…
08:15– Parce que si c'est pour voter Mélenchon…
08:16– Mais non, je vais dans cette campagne pour la gardier.
08:19Vous savez, si je pensais que Jean-Luc Mélenchon
08:21avait une chance de l'emporter au deuxième tour
08:23de la présidentielle face à Marine Le Pen,
08:24je serais déjà dans son équipe de campagne.
08:26– Alors justement, puisque vous êtes un peu le trublion là,
08:29tout à l'heure, Marie Chantré faisait allusion
08:30au fait que vous soyez retrouvée avec Dominique de Villepin
08:34sur la même tribune.
08:35Vous reniflez ?
08:36– Alors, vous en avez vu la reniflette
08:39avec Dominique de Villepin en ce moment ?
08:41– Mais vous savez, déjà, peut-être que ça fait du bien.
08:44Un débat où il y a deux hommes libres,
08:46l'un qui vient de la droite, l'autre qui est de gauche
08:49et qui dialogue ensemble avec respect.
08:51– Parce que Villepin était de gauche maintenant.
08:53– Qui se disent, bon, qu'est-ce que c'est
08:55les défis qu'on a affrontés, le défi productif,
08:57il nous faut une grande industrie,
08:59une agriculture qui assure notre autonomie,
09:01le défi démographique,
09:03parce qu'il y a de plus en plus de personnes âgées
09:04dont il faut s'occuper,
09:05le défi climatique, parce qu'il suppose de tout transformer.
09:08Et donc, qu'il y ait des responsables politiques
09:10qui échangent ensemble en se demandant
09:13est-ce qu'on est d'accord sur le diagnostic,
09:15quels sont les points communs qu'on peut avoir à l'horizon,
09:17quels sont les désaccords qu'il y a aujourd'hui entre nous,
09:19et qui se disent pas seulement,
09:21rue Fin, Villepin, ça ne résout pas tout,
09:23mais est-ce qu'il y a d'autres figures libres
09:25dans le monde politique, intellectuel, syndical,
09:28qui auraient envie de participer à une forme de conseil national de l'espérance ?
09:32Je pense qu'on en est loin d'être à un ticket,
09:36mais ça peut être une option.
09:38Avant-hier, Raphaël Glucksmann s'est fait chahuter
09:40quand il est venu devant les fenêtres du ministère de la Justice
09:44manifester pour la loi intégrale.
09:46Vous savez, on dit, t'es pas de la gauche, va-t'en,
09:48c'est ce qu'on lui a dit.
09:49Mais finalement, qui est le plus de gauche pour vous ?
09:51Dominique de Villepin ou Raphaël Glucksmann ?
09:53Entre les deux, qui est le plus de gauche ?
09:54Qui a plus la fibre de gauche ?
09:56Glucksmann ou Villepin ?
09:57En tout cas, vous dire que pour moi,
09:59je ne viens pas moi comme un veilleur de boîte de nuit
10:01qui surveille qui a le droit de rentrer,
10:04qui n'a pas le droit de rentrer,
10:05qui a bien ses papiers de gauche,
10:06qui n'a pas bien ses papiers de gauche.
10:07Et je vous dis que par exemple,
10:08sur la manifestation qui s'est déroulée à l'hôtel de ville,
10:11moi je pense que ça serait bien que même des gens de droite
10:15viennent dans ces manifestations.
10:17Parce que la cause des femmes,
10:19la cause de la lutte contre le viol,
10:20la cause de la lutte contre l'inceste,
10:22ça ne doit pas être limité à un camp ou à un clan.
10:24Ça doit être en osmose,
10:27en symbiose avec la totalité de la société.
10:28C'est quoi cette économie de guerre climatique
10:31que vous voulez mettre en place
10:32et que vous expliquez dans ce livre ?
10:33Écoutez, le grand défi aujourd'hui pour les Français,
10:37mais pour l'ensemble de l'humanité,
10:39c'est le défi climatique.
10:40Et ça suppose à peu près tout transformer.
10:42Les logements, les déplacements,
10:44la culture, l'agriculture, l'énergie, l'industrie.
10:47Et donc, il faut un grand basculement.
10:50Je cite Roosevelt, qui moi,
10:53l'une de mes figures politiques modèles,
10:55et qui lui, en un an,
10:56fait passer de 2% à 40%
10:59le budget qui est consacré à l'armée
11:02au moment de son entrée en guerre
11:03contre les fascistes japonais,
11:05contre les nazis allemands.
11:06Et je dis qu'aujourd'hui,
11:07on a besoin d'un basculement,
11:09peut-être pas du même ordre,
11:10mais qui est extrêmement important,
11:11qu'y compris un économiste
11:13que comme Jean Pisani-Ferry
11:14avait évalué à 36 milliards d'euros par an
11:17d'investissements nécessaires.
11:20Maintenant, il faut le faire.
11:21Et pour moi, la priorité, c'est le logement.
11:23Le logement, c'est le grand chantier
11:24qu'on doit mettre en place aujourd'hui.
11:25Et l'adaptation de nos logements.
11:27Je vous ai lu aussi le livret
11:28sur le travaillisme écologique.
11:31Vous écrivez,
11:32la réduction du déficit commercial
11:34peut être notre boussole
11:35pour reconstruire ce que vous appelez
11:37une société plus écologique,
11:39économiquement, socialement plus durable.
11:41Vous vous distinguez,
11:43s'il en fallait encore une preuve,
11:44de la position des insoumis,
11:46justement sur la réduction de notre déficit.
11:48Les propos de Jean-Luc Mélenchon
11:49sur la dette
11:50et le fait qu'il fallait finalement la brûler,
11:54si on est schématique,
11:55vous vous en démarquez totalement.
11:57Je prends au sérieux
11:58la question du déficit public.
12:00Mais là, ça cache un autre déficit.
12:02Vous dites que ça doit être notre boussole.
12:03Vous l'écrivez.
12:04Le déficit commercial,
12:06qui est aujourd'hui au minimum
12:07de 80 milliards d'euros chaque année.
12:09La moitié, c'est des énergies fossiles.
12:11Donc sortir des énergies fossiles,
12:13ce n'est pas seulement bon sur le plan écologique,
12:15c'est nécessaire sur le plan économique.
12:18Et pour moi,
12:19la priorité des priorités,
12:20c'est le logement.
12:21Parce que si vous isolez
12:22les 5 millions de passoires thermiques,
12:24c'est de l'investissement,
12:25ce n'est pas un coût.
12:25D'abord, c'est bon pour le confort des gens,
12:27que ce ne soit pas des bouilloires en été,
12:29des frigos en hiver.
12:30C'est bon pour leurs factures.
12:31C'est bon pour les gaz à effet de serre.
12:33C'est bon pour l'emploi local.
12:34C'est bon pour la souveraineté nationale
12:36de ne pas défendre du pétrole
12:37et du gaz russe, américain, saoudien.
12:40Mais aussi, c'est bon pour le déficit commercial.
12:43Parce que vous cotérisez,
12:44vous en finissez avec cette pluie d'euros
12:47qui part, cette rivière d'euros
12:49qui part ailleurs.
12:50Donc oui, je considère que le déficit commercial
12:53peut être une boussole pour nous,
12:55un indicateur qu'on doit regarder de plus près,
12:57parce que ça permet de conjuguer
12:59la transformation écologique nécessaire
13:00et nos soucis économiques.
13:04– Vous avez des propositions un peu iconoclastes.
13:06Vous voulez des centres non commerciaux ?
13:08– Oui, alors ça, je ne sais pas
13:09ce que c'est les centres non commerciaux.
13:10– Mais je vais vous expliquer,
13:11je suis là pour ça.
13:12– Je sais bien.
13:12– Et c'est toujours en lien…
13:13– Avec 100 produits qui redonnent
13:15aux Français l'autonomie.
13:16– C'est deux choses différentes,
13:17si vous me permettez.
13:17C'est toujours la même question.
13:19Comment on réduit le déficit commercial ?
13:20Je l'ai dit sur les énergies fossiles.
13:22– Vous voulez arrêter d'importer ?
13:24– Il y a des produits
13:25qu'il s'agit de relocaliser.
13:27On ne va pas tout remettre ici.
13:29Donc il s'agit de les identifier,
13:30100 produits.
13:30Alors moi, je dis les aliments,
13:32je dis les médicaments,
13:33je dis l'armement,
13:34je dis, enfin voilà,
13:36tout ce qui est produits
13:37liés à l'environnement,
13:38panneaux solaires, etc.
13:39Bon, mais on ne va pas tout faire.
13:40Donc ces 100 produits-là,
13:41on les relocalise.
13:42Mais il y a des tas de choses
13:43qu'on ne va pas remettre ici.
13:45Je vois vos téléphones portables.
13:46Dans 10 ans, dans 15 ans,
13:48dans 20 ans,
13:49on n'aura pas toujours…
13:49– C'est pour la réparation.
13:51– Eh bien voilà.
13:51Qu'est-ce qu'on fait ?
13:52– Pour l'occasion et la réparation.
13:53– On doit faire des centres non commerciaux,
13:55qui fait que dans le cœur des villes,
13:58eh bien on trouve à la fois
13:59des lieux de réparation d'électronique,
14:02de mécanique, d'informatique,
14:03qu'on est aussi des prêts d'outils,
14:06parce que vous savez que la perceuse,
14:07elle est utilisée 1 minute 30 en moyenne,
14:10et qu'on est enfin de la friperie,
14:12c'est-à-dire de la deuxième main sur l'événement.
14:14– Ça existe tout ça déjà ?
14:15– Eh bien là, vous en faites,
14:16à la place que ça soit diffus,
14:18que ça soit des autres situations
14:19qui le fassent à un endroit,
14:20qui ne le fassent pas à un autre,
14:21que ça repose sur une petite boutique ici à Paris,
14:23mais qui n'existe pas à Amiens, etc.
14:25Eh bien là, vous avez un programme
14:26qui vous dit, nous voulons
14:28qu'il y ait des centres non commerciaux
14:29en sages d'huile.
14:30Et je vous insiste,
14:31c'est bon sur le plan écologique,
14:33parce qu'évidemment,
14:34acheter toujours des nouveaux téléphones portables,
14:35c'est un souci sur les matériaux critiques,
14:38mais c'est bon aussi sur le plan
14:39du déficit commercial,
14:40parce qu'à la place d'importer tous azimuts,
14:42eh bien vous réparez.
14:44Donc il devrait y avoir un grand projet là-dessus.
14:47Un exemple clair, les piles,
14:501 milliard piles consommées chaque année,
14:52et donc qui viennent toutes de Chine, d'Inde.
14:54Pourtant, toutes les piles sont rechargeables.
14:57Il y en a 12% qui n'ont jamais été utilisées,
14:59il y en a 30% dans lesquels il reste d'énergie,
15:01et tout le reste est encore rechargeable.
15:03Donc évidemment, vous mettez une machine
15:04dans chaque supermarché,
15:06et vous cessez d'acheter les piles en Inde et en Chine,
15:10et vous les rechargez ici.
15:12Et vous en perdez votre silo.
15:14Il y a des phénomènes,
15:15et il y a des systèmes qui existent comme ça
15:17déjà dans les supermarchés,
15:18pour les recherches de piles,
15:19ou en tout cas leur recyclage.
15:20Non, mais c'est juste pour récupérer les piles.
15:23Ça n'est pas pour les recharger.
15:25Et je vous dis, ça n'est pas porté
15:27comme un grand programme national
15:28qui dit qu'on a besoin de ça,
15:29à la fois sur le déficit écologique
15:31et sur le déficit commercial.
15:32Et ça, ça ne coûte rien.
15:35Dernière question.
15:35Est-ce que Sébastien Lecornu a raison
15:37de vouloir faire baisser le traitement des ministres ?
15:40L'exemple doit venir d'en haut.
15:41Vous savez, je suis un député au SMIC.
15:43J'ai dit que je serais président au SMIC
15:45parce que bon, tout le reste,
15:46c'est de l'argent de poche.
15:48Pour un président, il n'a pas besoin de 2 millions.
15:51On peut faire baisser de 20 millions
15:52le budget de l'Elysée.
15:53Donc oui, je suis favorable
15:54à ce que ça soit fait.
15:56Mais maintenant, s'il réduit ça de 10 %,
15:58je veux qu'en face,
16:00il y ait une réduction de 10 %
16:01des stocks options des PDG du CAC 40,
16:05qu'il y ait une réduction de 10 %
16:06des revenus des 515...
16:08Je veux dire, ça va être pour demander
16:12aux Français de faire des efforts.
16:14L'exemple doit venir d'en haut.
16:16C'est vrai dans la sphère politique.
16:17Il faut que les patrons aussi fassent des efforts.
16:19J'y suis prêt sans difficulté.
16:21Ça doit être fait sur la sphère économique.
16:23Et à la fois, patron, propriétaire, actionnaire
16:26doit faire des efforts.
16:26Mais plutôt une bonne chose de votre point de vue.
16:29Je n'aurai pas de difficulté à voter ça.
16:31Merci François Ruffin.
16:33Je rappelle, pour une économie
16:35de guerre climatique
16:36et puis pour un travaillisme écologique.