- il y a 2 mois
Mercredi 2 septembre 2026, retrouvez Olivier Malteste (Directeur des investissements, Althéis), François Rimeu (Stratégiste senior, Crédit Mutuel AM) et Gilles Bazy-Sire (Président, Equity GPS) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
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00:05Générique
00:10Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:14François Rimeux est avec nous, vous êtes stratégiste senior chez Crédit Mutuel Asset Management, bonsoir.
00:20Bonsoir Pauline.
00:21Olivier Maltest, directeur des investissements chez Alteis, bonsoir.
00:24Bonsoir Pauline.
00:25Et Gilles Bazissir, vous êtes président d'Equity GPS, bonsoir.
00:28Bonsoir.
00:29Donc on le disait en introduction, l'escalade des tensions dans le détroit d'Hormuz depuis le début de la
00:34semaine a mis fin à un mois de calme relatif.
00:37Le Brent s'était stabilisé depuis un mois autour de 80 dollars et franchit à nouveau donc les 95 dollars
00:44ce matin.
00:45Un pétrole qui est au plus haut depuis le mois de juillet donc.
00:51Comment les investisseurs réagissent aujourd'hui Olivier ?
00:55On voit une remontée évidemment du prix du pétrole assez rapide depuis le début de semaine en même temps d
01:01'ailleurs que l'annonce au niveau du pétrole Venezuela aussi qui avait été faite par Donald Trump.
01:05Et c'est assez logique en fait.
01:07On voit que les tensions reprennent, les frappes reprennent globalement, que l'Iran de toute façon répond aussi systématiquement.
01:15Donc là je pense qu'il n'y a pas réellement de surprise sur cet envolé du prix du pétrole.
01:19Ça va poser des questions si ça dure, c'est ce qu'on dit depuis la fin février.
01:22Moi ce qui m'avait le plus surpris, c'était plutôt la détente extrêmement rapide des prix du pétrole justement
01:28au début de l'été lorsque la pause était arrivée.
01:31Puisqu'on était passé assez rapidement sous les 80 dollars le baril.
01:35Ce que moi j'estime être un peu un plancher.
01:38Parce qu'il y a quand même deux choses, même si le conflit s'était arrêté et la pause avait
01:43perdu du risque.
01:44Il y a quand même deux choses qui sont relativement importantes sur ce conflit.
01:47D'une part c'est que c'est quand même la première fois où le détroit d'Hormuz a été
01:49bloqué et je pense que ça, ça vaut une prime de risque pour au moins quelques années sur le prix
01:54du baril.
01:55Puisque ça a été fait une fois, ça peut être refait à un moment ou à un autre, notamment par
01:59les Iraniens.
02:00Et la deuxième chose c'est qu'on est quand même avec des réserves, des niveaux de réserve et notamment
02:04des réserves stratégiques qui sont particulièrement basses.
02:06Ce qui veut dire qu'en imaginant que le détroit d'Hormuz rouvre complètement et qu'il n'y ait
02:10plus de problème, il va falloir quand même reconstituer ces réserves.
02:13Ce qui fait de la demande.
02:14C'est vrai que plusieurs mois avant de revenir à l'Hormuz.
02:15Exactement. Et ce qui du coup, moi j'avais été quand même très surpris, j'avais trouvé que le pétrole
02:19était redescendu quand même très très vite globalement.
02:22Donc là qu'il remonte à 95, je trouve que ce n'est pas surprenant.
02:25Alors ça repose des questions et je pense qu'on en parlera évidemment sur les taux et sur les craintes
02:29et les risques inflationnistes, sur toute l'énergie au global.
02:32Parce qu'on se focalise beaucoup sur le pétrole.
02:34Il y a aussi le gaz.
02:35Il y a aussi le gaz qui peut être problématique notamment en Europe.
02:39Mais globalement, il y a ces deux effets-là.
02:42L'affrontement repart.
02:43Alors on a toujours du mal à suivre en fonction des déclarations sur un moment d'entendre parler d'un
02:48passage au niveau du Trois-Dormus.
02:49Ce qui faisait qu'environ la moitié de ce qui passait habituellement arrivait à passer.
02:53Ça avait été sécurisé par les Américains, voire même retiré au niveau des mines, des mines sous-marines.
02:58On a toujours du mal à savoir ce qui est vrai et ce qui n'est pas vrai.
03:00Puisque même en essayant de suivre les balises, évidemment je pense que les bateaux essayent aussi de retirer leurs balises
03:05pour pouvoir passer plus discrètement pour les bateaux qui passent.
03:08Donc on a toujours du mal à avoir vraiment des informations.
03:10Mais ce qui est sûr c'est que là un conflit qui repart de manière très importante.
03:13Une annonce certainement décidée par Donald Trump pour essayer de calmer le marché du pétrole sur le pétrole vénézuélien.
03:19On a du mal à savoir si effectivement les Américains vont vraiment vouloir y aller parce que c'est un
03:24pétrole qui est particulier et qui n'est pas forcément facile à travailler.
03:27J'ai vu que Scott Bessent avait fait une déclaration aujourd'hui en disant que les Américains allaient y aller
03:31et qu'on allait récupérer cette manne qui effectivement peut donner un petit peu d'air à terme.
03:36C'est vrai qu'on a des sujets avec cette tension qui repart en termes de conflits.
03:42François Rimeux, vos commentaires, sur ce qui vient d'être dit, est-ce que vous pensez que justement ce prix
03:48du baril de Brent, je prends le Brent en référence,
03:51mais de 95 dollars, est-ce que c'est un des principaux risques aujourd'hui pour le marché ?
03:57Le sujet est complexe.
03:59Il y a le sujet du Brent, il y a le sujet des produits raffinés, il y a le produit
04:01du gaz, il y a le produit de tout ce qui passe par Hormuz qui ne passe pas, les engrais,
04:05etc.
04:05On a des phénomènes inflationnistes qui sont multiples depuis maintenant de nombreuses années et c'est ça aussi qui désancre
04:13les anticipations de l'inflation.
04:14C'est ça le risque pour les marchés obligataires, c'est pour ça qu'ils sont de plus en plus
04:18nerveux entre guillemets par rapport à ces tensions.
04:21Donc c'est une prime de risque supplémentaire pour les marchés, c'est très net pour les marchés obligataires évidemment.
04:29Et c'est très difficile de savoir comment ça va évoluer, c'est de la géopolitique, personne n'a de
04:33boule de cristal.
04:34On voit bien dans les conflits passés que même quand on imagine que ça va durer quelques mois, en fait,
04:39personne n'en sait rien.
04:40L'Ukraine et la Russie, ça fait des années que ça dure, on ne sait pas quand est-ce qu
04:42'on sortira.
04:43Et l'Iran et les Etats-Unis, peut-être que dans un an, dans deux ans, dans cinq ans, on
04:46est toujours là.
04:47Personne n'en sait absolument rien.
04:49Donc à terme, il est probable qu'Hormuz perde de son importance parce qu'on va trouver des moyens de
04:55circonvenir à une partie d'Hormuz.
04:58Mais c'est possible pour le brut, c'est plus compliqué pour les produits raffinés, c'est compliqué pour le
05:02gaz.
05:03Ce sera quand même un problème à terme, ça provoque des goulets d'étranglement.
05:08Donc tout ça, c'est inflationniste, c'est inflationné dans un monde où les déficits budgétaires sont hors de contrôle,
05:16donc des primes de terme plus importantes, dont des banques centrales qui sont embêtées parce que la croissance dominale est
05:20forte partout,
05:20la croissance tient globalement.
05:23Et donc les banquiers centraux n'ont pas d'autre choix que de remonter les taux.
05:26Et finalement, les niveaux de taux, ils sont cohérents et les marchés sont assez logiques en faisant remonter les taux.
05:31Et c'est peut-être pas terminé.
05:36Donc prédire l'avenir, c'est impossible.
05:40Et imaginer une résolution rapide de ce conflit-là, c'est compliqué à imaginer aussi, vu la situation dans laquelle
05:48on est aujourd'hui.
05:49Maintenant, on comprend bien que Donald Trump n'a pas a priori d'intérêt à faire montrer le prix du
05:53pétrole avant les mi-termes.
05:56Mais malgré tout, les solutions sorties, elles ne semblent pas multiples.
05:59Alors le Venezuela, c'est une belle histoire, mais bon, ça va prendre des années et des années.
06:03Le pétrole est hyper lourd, on ne sait pas exactement ce qu'il y a comme réserve.
06:06L'accord ressemble à l'accord entre les Anglais et les Égyptiens, il y a des dizaines d'années de
06:10ça.
06:11C'est à moitié anticonstitutionnel, c'est fait par quelqu'un qui est...
06:17On voit vraiment que c'est le pouvoir privé qui prend la main sur les intérêts publics vénézuéliens.
06:22Donc c'est compliqué de se projeter à très long terme et de voir si vraiment ça va régler une
06:26partie de l'offre qu'on a perdue à Hormuz.
06:30Donc à court terme, je trouve que ça aura peu d'impact.
06:32Mais oui, il y a une prime de risque supplémentaire et c'est logique finalement qu'on ait les marchés
06:36obligataires sous pression comme on les a aujourd'hui.
06:39Gilles Bazissière, votre analyse sur cette situation et puis peut-être un mot, vous en avez parlé rapidement,
06:45mais de la remontée aussi des rendements obligataires partout à travers le monde.
06:49Qu'est-ce que ça nous dit sur la situation aujourd'hui ?
06:53Donc l'envolée des prix de l'énergie, des énergies différentes, parce qu'en effet il y a des situations
07:00très différentes selon les types de produits et leur utilisation finale.
07:08Il faut élargir ça également aux engrais, ce qui est une forme d'intrant pour de l'énergie calorique, pour
07:18l'alimentation dans le monde.
07:19Ça c'est très important et y rajouter le conflit russo-ukrainien qui également n'arrange pas les choses.
07:26Donc l'environnement est inflationniste, inflationniste avec en plus des effets assez directs, toute chose étant égale par ailleurs, si
07:37cette situation perdurait, sur les marges des entreprises qui sont dépendantes de ces intrants.
07:48Est-ce qu'on a eu déjà des effets sur les résultats du trimestre ?
07:53On le voit déjà sur une boîte comme les producteurs d'engrais, ou les grands chimistes.
08:04Donc il y a Yara en Norvège, ou AXO, BASF, Bayer, etc. Enfin une grosse partie de l'industrie allemande
08:13également, bien sûr.
08:14Au sens large, qui est très dépendante du gaz russe, qui est devenue plus dépendante du gaz américain ou nord
08:24-africain.
08:25Mais là, la fermeture d'Hormuz, en fait, ça fait monter les prix mondiaux du gaz.
08:32Et c'était les Asiatiques qui étaient les plus gros acheteurs de gaz qataris.
08:38Et bien en fait, maintenant, il y a plus de concurrence pour des vaisseaux et des expéditions flottantes qui sont
08:46sur la mer.
08:47Et que les gens s'échangent à coup d'enchaire, alors qu'ils sont sur l'eau.
08:52Et donc ça, pour l'Europe, c'est vraiment une très très très mauvaise situation,
08:58qui est négative pour les marges des entreprises, de biens de transformation, et également inflationniste.
09:08Donc un négatif sur les marges des entreprises et d'inflation, c'est un environnement qui est plutôt à la
09:14stagflation, et c'est pas très bon.
09:16Sur les faits, sur les marchés obligataires, ça se cumule avec le fait qu'on a une économie mondiale à
09:24deux vitesses,
09:25l'IA et le reste qui est en surchauffe, et le reste qui est correct,
09:33mais dont le profil de croissance n'a rien à voir avec l'IA.
09:38Donc il y a une double demande adressée sur les marchés de l'épargne,
09:44en matière de financement de déficit budgétaire, d'une part, pour la plupart des pays développés,
09:51pas tous, il y a à peu près 80% des pays développés qui sont sujets à un début de
09:57surendettement,
09:57dont on ne sait pas comment il pourra se terminer sans douleur,
10:03et il y a quand même 20% des pays développés dans le monde,
10:08enfin en matière de capitalisation financière,
10:10et qui ont des finances publiques très très saines, et des entreprises très très saines,
10:14et nous stratégiquement c'est vers cette importante minorité que l'on dirige nos regards.
10:22Enfin on a une préférence très très forte pour ces pays-là.
10:27Donc la hausse des marchés obligataires, là aussi, c'est une autre source de coûts pour les entreprises,
10:32particulièrement les endettés, diffuse, pas tout de suite,
10:36à terre, au fur et à mesure de leur refinancement,
10:38leur refinancement de la dette, comme pour les étés d'ailleurs,
10:41mais entre la hausse des coûts de l'énergie et la hausse des coûts que représente la charge de la
10:46dette
10:46pour les agents économiques endettés, ce n'est pas une bonne nouvelle.
10:51On va peut-être juste un tout petit peu préciser sur les rendements aujourd'hui,
10:57avant de passer à la suite.
10:59Olivier, concrètement, un rendement américain à 10 ans, à 4,80%,
11:04ça renvoie à quoi comme signal pour le marché ?
11:08Déjà on a passé la barre des 4,50.
11:10À chaque fois on se fixe un peu des barres, des seuils un petit peu symboliques,
11:13sur lesquelles jusqu'à présent, 4,50%, on sentait quand même que l'administration Trump
11:18et le trésor américain étaient déjà commencé à être un petit peu gênés.
11:21Donc on a franchi tranquillement les 4,50%, on est à 4,80%,
11:24donc on a maintenant une nouvelle cible, une nouvelle barre qui est plutôt à 5,
11:28voilà, globalement, d'inquiétude.
11:30Ce qu'il y a à noter quand même, c'est que les taux montent,
11:32mais les taux montent de manière relativement concertée,
11:35et j'ai presque envie de dire tranquillement, on ne voit pas d'accélération,
11:37de violente accélération, comme on avait pu les voir pendant les droits de douane notamment,
11:41ce qui avait fait changer vraiment l'impulsion et les décisions de l'administration Trump,
11:45et c'est là où on avait eu les 90 jours pour négocier.
11:48Donc on a des taux qui montent progressivement, qui ne s'arrêtent pas de monter,
11:52et on a aussi une vraie déconnexion entre le marché actions,
11:56qui lui tient bien, sur l'été on est en légère hausse,
11:59alors c'est 2% globalement dans les actions mondiales sur l'été,
12:03sur des marchés obligataires par contre qui baissent,
12:05puisque les taux ont tendance, enfin les taux montent,
12:07et on a vraiment cette déconnexion entre les marchés actions,
12:10on a l'impression que rien ne peut vraiment les faire chuter ou les faire paniquer,
12:14on a eu des interventions sur le yen aussi,
12:16on sait que c'est toujours un petit peu tendu ce genre de choses,
12:19mais il n'y a pas eu de mouvement important sur les marchés actions,
12:22et les marchés obligataires eux, qui sont beaucoup plus vigilants sur la situation,
12:26mais qui montrent progressivement, on n'a pas encore d'accélération.
12:28Alors le vrai risque, pour moi il est là, c'est-à-dire qu'il y a un moment lorsqu
12:31'on va se rapprocher de certains niveaux,
12:34c'est que ça s'accélère vraiment, et que les taux aient testé un petit peu,
12:38vraiment les décisions américaines, et testé la Fed,
12:41et testé aussi du coup Scott Bessett,
12:43qui s'est donné la possibilité d'acheter deux fois plus d'obligations longues,
12:47sans que c'est vraiment mu d'impact,
12:48ça fait baisser légèrement les taux pendant deux jours,
12:50et puis les taux sont remontés,
12:51et après c'est bien annoncé, après il faut voir ce qu'il va en faire ou pas.
12:56Mais voilà, on a ces choses-là,
12:58et quand on regarde aussi,
13:00moi là où je suis surpris par contre aussi sur la volatilité,
13:02c'est un peu ce que veut Kevin Walsh aussi,
13:04mais c'est sur la volatilité des prévisions,
13:07notamment de sa décision sur la prochaine politique monétaire.
13:10C'est très très volatil, même au sein de la journée,
13:13c'est-à-dire que ce matin, je regardais ce matin,
13:14on était à plus de 70%,
13:16et on a tendance à dire que...
13:18C'est ça, ça a baissé beaucoup dans la journée,
13:21et le 70% là aussi,
13:22parce qu'on parlait de seuil,
13:23on a tendance à dire que quand on est au-dessus des 70%,
13:26c'est pas sûr que Kevin Walsh le fera,
13:27mais que c'est acté,
13:29et que du coup la fête suit le marché,
13:3170% est un peu la barre qu'on a en tête,
13:34lorsqu'on surveille les marchés.
13:35Donc ce matin, on était aux alentours des 70%,
13:38et puis voilà, vendredi, avant la décision de Jackson Hole,
13:41on était quand même très très minoritaire,
13:44exactement, on est repassé au-dessus des 50% juste après,
13:47et puis voilà, progressivement...
13:48Ça ne fait que monter.
13:49Exactement, et c'est assez volatil dans la journée,
13:51puisque voilà, on était à plus de...
13:53environ 70 ce matin, on est repassé à 64-65%,
13:56donc on voit quand même une certaine volatilité
13:58sur cette indécision, sur ce que fera la Fed,
14:02ce qui est la volonté de Kevin Walsh,
14:03il veut donner beaucoup moins de guidance
14:06et beaucoup moins d'indications sur sa politique.
14:08Donc ça, pour le coup, ça fonctionne.
14:11Voilà, globalement, des taux qui, pour l'instant, montent,
14:13ce qui va finir à un moment par vraiment poser problème,
14:16parce que le déficit américain, il est aussi important,
14:20surtout à la situation française,
14:21mais la situation est guère mieux aux Etats-Unis.
14:25Mais pour l'instant, pas vraiment d'emballement,
14:27quelque chose qui reste, j'ai envie de dire, sous contrôle,
14:29même si les décisions n'ont pas réussi vraiment
14:31à calmer cette hausse.
14:33Mais pour l'instant, des taux qui montent,
14:35sans s'emballer, sans avoir de phénomène vraiment d'accélération,
14:39qui là, pour le coup, pourrait vraiment chaliter les marchés
14:42de manière relativement importante,
14:43et qu'il faudrait surveiller pour la stabilité.
14:46Justement, revenons peut-être un peu plus en détail,
14:49François, sur la Fed.
14:50Qu'est-ce qu'on peut attendre de cette réunion ?
14:53Alors, Kevin Walsh à Jackson Hole,
14:56il a remis l'inflation vraiment au cœur du débat.
14:58On voit qu'on a un indice PCE qui ressort quand même largement
15:02au-dessus de la cible, et surtout au-dessus de 3%.
15:06On attend vendredi le rapport sur l'emploi américain.
15:09Voilà, qu'est-ce qu'on fait de toutes ces données ?
15:11Kevin Walsh, après, il joue un personnage pour être un peu lisible.
15:16Il est difficile à dire parce qu'il dit un peu l'inverse
15:20et son contraire mois après mois.
15:21Donc, on nous a fait un premier opus lors de sa nomination,
15:24plutôt une posture un peu au quiche,
15:25sur un plan objectif, etc., etc.
15:27Puis en juillet, un peu un flou artistique et plutôt accommodant.
15:31Et puis là, il nous fait une rentrée à Jackson Hole,
15:32un peu l'inverse, il reprend son premier visage restrictif,
15:36l'économie va très bien, l'inflation n'est pas à la cible, etc.
15:39Donc, si on suit un textbook normal,
15:41d'un chairman normal de la Fed,
15:42ce qu'il vient de faire, c'est qu'il nous a annoncé
15:44qu'il montait les taux en septembre.
15:45Et les marchés, normalement, devraient presser ça à 90%.
15:48Bon, c'est Kevin Walsh, on n'a pas de recul,
15:51on ne sait pas le lire encore,
15:52donc cette probabilité, elle est plus faible
15:54parce qu'on n'est pas certain, et parce qu'effectivement,
15:56il reste à la fois un rapport d'emploi
15:57et surtout un chiffre d'inflation avant la prochaine réunion.
16:00Et comme pendant l'été, on a quand même eu
16:02deux chiffres d'inflation qui étaient un peu en retrait
16:04par rapport aux attentes,
16:05quand on regarde les chiffres sur trois mois glissants,
16:07finalement, l'inflation encore, on est en dessous de deux.
16:10Donc, si jamais on a des chiffres à la fois
16:12sur l'emploi et d'inflation qui sont un peu soft,
16:14on peut très bien construire un argumentaire
16:17en disant, regardez, l'inflation,
16:19la dynamique est plutôt bonne,
16:20l'emploi, ce n'est pas terrible,
16:22le conflit Hormuz, c'est volatile,
16:24je vais garder l'étoil on hold et gagner un peu de temps.
16:28Ce n'est pas impossible.
16:29Et il aurait pu, entre guillemets,
16:31préparer un peu ce genre de potentielle décision à Jackson Hole,
16:35mais ce qu'il n'a pas du tout fait.
16:37Après, Bessent ne l'arrange pas non plus,
16:39parce que Bessent fait un peu, entre guillemets,
16:42une partie de son boulot,
16:43en tout cas, il essaye de rendre la situation
16:45un peu plus accommodante,
16:46en faisant une espèce de pseudo-operation twist
16:49via le Trésor,
16:50mais pour des montants qui sont faibles,
16:52comparé au stock,
16:53et même si on étend ça sur un an,
16:54et même si on double, si on triple les montants,
16:55comparé au stock, c'est rien.
16:57Finalement, on se rend bien compte
16:58que si on veut vraiment peser
17:00sur les parties longues de courbe,
17:01comme ça semble être le but du Trésor,
17:03ils ne le feront pas tout seuls,
17:04ils le feront avec la Fed.
17:06La Fed a les moyens de contrôler les parties longues
17:07si elle en a envie,
17:08les moyens sont potentiellement illimités.
17:10Ça aura un coût sur le dollar, évidemment,
17:11mais elle en a les moyens
17:13si jamais il y a cette volonté-là.
17:16Donc on va voir comment voir chez...
17:18et réellement bâti, entre guillemets,
17:20lors de sa prochaine réunion.
17:22Mais il n'y a pas vraiment de monde
17:24où on arrive à défendre
17:27une non-hausse de taux
17:28quand on a une croissance nominale
17:30de cet ordre-là,
17:31un investissement de cet ordre-là,
17:32un taux de chômage de cet ordre-là,
17:33une inflation salariale, etc.
17:34On peut les faire les uns à la suite des autres,
17:36mais on peut construire un pseudo-argumentaire
17:38sur le court terme,
17:39mais le textbook d'une fête normale,
17:41c'est de monter les taux.
17:41Il n'y a pas vraiment...
17:43Il n'y a pas vraiment matière
17:44à beaucoup discuter.
17:45Alors on peut se dire
17:46que le taux de participation est faible, etc.
17:47On peut trouver des arguments
17:49pour argumenter,
17:51on peut toujours,
17:52mais c'est compliqué.
17:54Et vu ce qu'il a dit à Jackson Hole,
17:56normalement,
17:56on devrait avoir une bonne...
17:58Ce n'est pas certain,
17:58il est difficile à lire,
18:00mais ce serait une forme de normalité quand même.
18:03Olivier, vos commentaires
18:05sur Kevin Walsh et Jackson Hole ?
18:08Moi, je trouve que
18:10la décision de Scott Besant
18:11va plutôt dans le sens
18:12de ce que souhaitait à la base
18:14Kevin Walsh aussi, je pense.
18:15C'est-à-dire qu'il a tendance à dire
18:17que la Fed, jusqu'à présent,
18:19a fait trop de travail,
18:20notamment en prenant des choses
18:21sur le bilan,
18:22enfin en montant trop son bilan.
18:23Donc, il a, pour être élu,
18:25il a infléchi son discours
18:26concernant les taux.
18:27Donc, il a certainement dû donner des gages,
18:29de volonté de baisser les taux directeurs
18:31pour faire plaisir à Donald Trump.
18:32Mais par contre,
18:32il est resté très ferme
18:33sur son idée de baisser le bilan de la Fed.
18:36Et il a toujours considéré
18:37que la Fed faisait trop
18:39et que, justement,
18:41Scott Besant devait faire plus,
18:42à mon avis.
18:43Et donc, ça, ça allait,
18:45pour moi, plutôt dans son sens
18:46et donner l'impression
18:47d'avoir quelque chose
18:47qui allait être coordonné,
18:48même si les montants énoncés,
18:50vous avez raison,
18:51sont vraiment très très faibles.
18:52Et donc, c'est pour ça aussi
18:53que ça n'a pas eu d'impact global
18:55et très important sur le marché.
18:57Le discours, quand même,
18:58l'importance, je trouve,
19:00de ce qu'il a annoncé
19:00à Jackson Hole vendredi dernier,
19:02c'est presque nous dire
19:04que le marché de l'emploi
19:05et les données qu'on aura vendredi,
19:06on pourrait presque poser une RTT
19:07parce que, lui,
19:08il va rester vraiment focalisé
19:09sur l'inflation.
19:10Sa priorité, c'est l'inflation.
19:11Et les volatilités
19:13des données de l'emploi
19:14sont relativement importantes aussi.
19:16Et donc,
19:17quel que soit le chiffre,
19:18alors, il peut très bien
19:19faire une pirouette
19:19et s'en servir dans son discours,
19:21mais, a priori,
19:22le cœur, quand même,
19:23de son sujet,
19:24c'est l'inflation.
19:26Néanmoins,
19:26il peut aussi dire
19:27que les taux font le travail
19:28à sa place
19:29et qu'il n'a pas besoin
19:29de les monter
19:30puisque, globalement,
19:31les taux longs montent
19:32et donc vont ralentir l'économie
19:34et que, donc,
19:35pas besoin de monter les taux.
19:36Donc, c'est vrai
19:37qu'il va nous falloir apprendre
19:38à décrypter le Kevin Worsh
19:41et donc,
19:42c'est aussi pour ça
19:42qu'on a une forte volatilité
19:44sur les estimations de probabilité.
19:46Mais, voilà,
19:47je pense que le chiffre
19:47de l'emploi de vendredi,
19:48du coup,
19:48perd un peu de son intérêt.
19:50L'inflation est plus importante.
19:53On va faire un petit pas de côté
19:55et parler peut-être
19:55un peu des valeurs avec vous.
19:57Gilles,
19:57qu'est-ce qu'on peut retenir
19:59du premier semestre
20:02de cette année
20:03et qu'est-ce qu'on peut attendre
20:05jusqu'à décembre ?
20:07Quelles valeurs vous suivez ?
20:08Quel secteur ?
20:09Quelle zone géographique aussi ?
20:12Qu'est-ce que vous regardez
20:12chez Quti GPS ?
20:14Alors, on regarde le monde entier.
20:15On couvre 95 plus
20:18de la capitalisation boursière mondiale.
20:208 000 valeurs
20:21mais on établit nos ratings
20:23tous les jours
20:25avec l'information
20:26la plus fraîche possible
20:27à la fois top-down,
20:29macro et bottom-up
20:30spécifique aux entreprises.
20:34Depuis le début de l'année,
20:37la hausse des marchés actions
20:39a fait que notre rating moyen
20:42sur le marché mondial
20:44a baissé.
20:46On est à l'heure actuelle
20:47à moins de 1 sur 10
20:49en termes de rating agrégé
20:51sur le monde.
20:54Donc, c'est faible.
20:54Ça veut dire que
20:56les perspectives
20:58de performances ultérieures
21:00à venir
21:01sont dans une zone
21:02qui, historiquement,
21:03a correspondu
21:04à des performances
21:07très en dessous de la moyenne
21:09en règle générale.
21:11Ceci étant dit,
21:13on a bien sûr
21:13tout un nuage
21:16de dispersion
21:17autour de ce rating agrégé
21:22selon les pays,
21:23mais surtout les secteurs
21:24et puis les valeurs
21:25ou les thèmes également.
21:27Parmi les zones
21:30qu'on n'apprécie pas trop,
21:34qui ont de mauvais ratings,
21:36on a le cœur
21:38de la zone euro,
21:39la France, l'Allemagne.
21:41Ça, c'est clairement lié
21:43à des évolutions
21:44de taux d'intérêt
21:45qui sont assez négatives.
21:49Et puis, pour l'Allemagne,
21:51c'est quand même
21:52également le fait
21:53qu'ils sont soumis
21:56à un grand nombre
21:58de ventes face
21:59à l'heure actuelle,
22:01à la fois en termes industriels,
22:02de concurrence des Chinois,
22:04à la fois sur les marchés européens
22:06et alors que la Chine
22:07était historiquement
22:08un de la gros marché
22:09à l'exportation
22:10où ils se sont complètement
22:13retirés, repoussés
22:14de la Chine,
22:17mais également
22:18une impréparation
22:19en matière
22:20d'énergie
22:22et en termes
22:28de transition énergétique.
22:30Ce qui est très coûteux,
22:32même au-delà
22:34de l'aspect
22:35du climat
22:36au global.
22:37Quant à la France,
22:38la France,
22:38on connaît le problème,
22:39il est malheureusement
22:40classique,
22:42historique.
22:43Et on revient
22:44devant une problématique
22:46d'excédent budgétaire,
22:50de vie au-dessus
22:51de nos moyens,
22:52de déni généralisé
22:54d'une grande partie
22:55de la population,
22:57d'une partie
22:58non négligeable
22:59de nos dirigeants
23:01aussi,
23:01qui sont le reflet
23:02bien sûr
23:02de ce que la population
23:04aimerait entendre.
23:06Et c'est une situation
23:08très compliquée
23:09et qu'on voit
23:12également se complexifier
23:13via l'aspect
23:15de l'instabilité
23:17politique
23:19et d'une forme
23:20de dégagisme
23:21qui n'est pas propre
23:23à la France,
23:24mais qui,
23:26dans le contexte français,
23:27et donne des conséquences
23:31un peu plus aigües
23:32que dans d'autres pays
23:33ou dans d'autres marchés.
23:35Parmi les pays
23:36qu'on apprécie
23:39dans ce contexte-là,
23:40dans l'ordre géographique,
23:41il y a la Suisse.
23:42D'accord.
23:44Havre de Paix,
23:47très bien géré,
23:48un très gros marché action,
23:50c'est aussi important
23:51que le marché français,
23:52le marché,
23:53la capitalisation
23:54boursière
23:54des entreprises suisses.
23:55C'est un voisin,
23:58comme il est petit,
24:00on a tendance
24:00à le regarder de haut,
24:02mais en fait,
24:04il faudrait qu'on se mette
24:06si on chausse
24:06des bonnes lunettes.
24:08Eh bien,
24:09on se rend compte
24:09que les entreprises suisses
24:13sont mieux positionnées
24:16que beaucoup
24:17de leurs pairs européens.
24:19alors ça donne en même temps
24:20une once d'espoir en France.
24:24On a un pays voisin,
24:26proche,
24:27pas très différent de nous
24:28et qui s'en sort très très bien.
24:31L'espoir est permis,
24:32mais probablement pas à court terme.
24:34Merci beaucoup messieurs,
24:35on va devoir s'arrêter là.
24:36à Gilles Bazitir,
24:38président d'Equity GPS,
24:40Olivier Maltès,
24:41directeur des investissements
24:42chez Alteis
24:43et François Rimeux,
24:45stratégiste senior
24:46chez Crédit Mutuel
24:47Asset Management.
24:49Merci à tous les trois
24:50d'avoir été à nos côtés
24:52en plateau.
24:52Merci à vous
24:54de nous avoir suivis
24:55et on se retrouve demain
24:56à midi et demie
24:57en direct sur Bsmart.