- il y a 7 semaines
« BFM POLITIQUE » est LE rendez-vous média incontournable rythmant la vie politique française. Chaque dimanche, en direct et en public, l’émission présentée par Guillaume Daret donne la parole aux personnalités de tous bords. Durant deux heures, un représentant politique au cœur de l’actualité répond aux questions de la journaliste de BFMTV, puis débat dans le « face à face » avec un contradicteur sur un sujet qui les oppose.
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00:00Bonjour à tous, je suis ravi de vous retrouver pour BFM Politique, notre invité ce matin, Bruno Rotaio, candidat à
00:06l'élection présidentielle.
00:08Il nous dira comment il compte s'imposer à droite et au centre. Il détaillera aussi son projet.
00:13Il veut que le peuple reprenne la main sur les juges et notamment sur le Conseil constitutionnel.
00:17BFM Politique, c'est parti !
00:32Bonjour à tous, bonjour Bruno Rotaio, président des Républicains, candidat à l'élection présidentielle.
00:37Merci d'être notre invité à mes côtés. Amandine Attalaya, bonjour Amandine.
00:41Et Bruno Jeudy de la Tribune dimanche, bonjour Bruno.
00:44Alors on le disait, une année qui part, soyez chapeau de roue cette année présidentielle.
00:48Vous qui êtes candidat à cette élection présidentielle, un week-end extrêmement fort politiquement avec des dossiers de fond et
00:56notamment la question de l'immigration.
00:57On reviendra dans quelques instants, je le disais, sur votre projet constitutionnel.
01:02Vous voulez tout changer, vous dites qu'il faut redonner la parole au peuple face aux juges.
01:06Mais d'abord, ce déplacement, Jordan Bardella était en Grande-Bretagne.
01:10Il est allé à la rencontre de Nigel Farage, le patron du parti Réforme-Yukai.
01:16Et il a signé un accord, un accord qui prévoit qu'en cas d'arrivée au pouvoir, le président du
01:20RN promet que les migrants interceptés dans la Manche seront ramenés en France pour être reconduits vers leur pays d
01:26'origine.
01:27Alors il a émis quelques réserves, ensuite Jordan Bardella.
01:29Mais comment vous qualifiez cela ? Comment vous avez interprété cela, Bruno ?
01:33J'interprète comme le signe parfait d'un amateurisme.
01:36Je ne sais pas s'il avait lu le mémorandum.
01:39En tout cas, l'objectif, ce serait de transformer la France en un vaste centre de retour pour tous les
01:46immigrés illégaux qui tenteraient de passer la Manche et qui se retrouveraient en Grande-Bretagne.
01:50Donc c'est absolument incompréhensible.
01:53On le voit, pas sur cette photo-là, mais quelques secondes avant, quand Nigel Farage est en train d'annoncer
01:59la surprise qu'il veut faire à ses compatriotes.
02:02On le voit sage comme une sorte d'écolier écoutant le Brexiteur.
02:07Autre message s'afficher à côté d'un Brexiteur.
02:10Est-ce que ça veut dire que le Rassemblement national remet en cause un Frexit ?
02:14Est-ce qu'il remet en cause l'euro ?
02:15Ils ont tellement changé d'avis sur toutes les questions qu'on peut s'interroger.
02:19Ce matin, vous leur posez la question, vous dites est-ce que s'afficher avec Farage ?
02:23Ça veut dire que vous voulez sortir de l'Europe ? C'est la question que vous posez ce matin
02:26?
02:26C'est la ligne principale d'ailleurs de Farage.
02:28Il a fait son miel politique sur la question du Brexit.
02:32C'est un Brexiteur.
02:33Vous ne sauriez pas aller le voir, Bruno Rotaillou, vous ?
02:36Vous, candidat président des Républicains, vous ne sauriez pas aller vous afficher à Birmingham avec Nagam Farage ?
02:43Il est clair que non, mais le problème est que le Rassemblement national, en réalité, est un parti jouette.
02:49Vous pouvez trouver les déclarations de Marine Le Pen en 2011 ou 2012 sur le nucléaire,
02:53ensuite sur l'euro, ensuite sur l'Europe.
02:56Ils ont changé d'avis sur tout.
02:58C'est un parti démagogique.
03:00On l'a vu d'ailleurs, on y reviendra sur le voile d'ailleurs.
03:02On y reviendra sur le voile.
03:04Il a changé d'avis ou il s'est fait rouler en fait ?
03:06Écoutez, je pense que c'est de l'amatorisme.
03:08Mais franchement, ça fait peur.
03:10Ça fait peur.
03:10Parce qu'il est censé, demain, je pense que Marine Le Pen, je dirai pourquoi, ne parviendra pas au pouvoir.
03:16Mais en cas de succès de Marine Le Pen au présidentiel, il est censé être Premier ministre.
03:22Je m'étonnerais d'ailleurs si j'en crois les relations qu'il y a au sein du Rassemblement national.
03:26Mais ça fait peur quand même.
03:28Tant d'amateurisme, ça fait peur, oui.
03:29Oui, oui, on ne peut pas l'amateur.
03:31Il est un amateur pour vous ?
03:32Il n'est pas apte aux fonctions de Premier ministre puisque c'est celle vers laquelle Marine Le Pen l
03:41'aiguille ?
03:41D'abord, je pense qu'il va avoir une expérience.
03:44Il a sûrement beaucoup de qualité.
03:45Il a sans doute du talent.
03:46Bien sûr, il est très jeune.
03:48Je pense que malheureusement, le 2027, c'est l'élection de la dernière chance.
03:52La France va très très mal.
03:53Elle est en déclin.
03:55Tous les Français, la plupart des Français le pensent.
03:56Et sans expérience, ça rendra les choses beaucoup plus difficiles.
04:00Mais les derniers jours, la semaine passée, a montré que le Rassemblement national n'était pas prêt pour le pouvoir.
04:06On l'a vu sur un certain nombre de sujets économiques avec la réforme des retraites.
04:10Mais aussi le voile, l'Ukraine, tous ces sujets-là.
04:14D'abord, il y a plusieurs lignes.
04:15Et ça montre que souvent, ça n'est pas sérieux.
04:17Y compris d'ailleurs, j'en parlerai tout à l'heure, sur les institutions.
04:21Ce qu'elles proposent, elles, pour le référendum, ça ne marche pas.
04:24Vous les accusez, vous le disiez ?
04:26Vous les accusiez ?
04:26De vouloir sortir de l'Europe en s'affichant avec Nigel Farage ?
04:30Je dis que c'est un message.
04:31Je pose la question.
04:32C'est un message.
04:34Dans la vie politique, tout compte.
04:35Les images comptent.
04:36Et Dieu sait si je pense que Jordan Bardella sait que l'image, c'est important.
04:41Donc s'afficher avec quelqu'un qui ne veut plus d'Europe, qui veut balancer par-dessus bord l'Europe,
04:47c'est en soi un message.
04:48Vous demandez quoi ? Un éclaircissement au RN ?
04:50Je ne demande rien du tout.
04:52C'est à eux de savoir vis-à-vis de nos compatriotes ce qu'ils souhaitent faire.
04:55Vous qui êtes candidat, ce qui est intéressant aussi, c'est de savoir ce qui est concrètement et différent dans
04:59les programmes.
05:00Vous feriez quoi alors sur cet épineux dossier de l'immigration France-Royaume-Uni, dont on ne se sort pas
05:07depuis des années ?
05:09Je pense que le premier problème, c'est ce que j'avais commencé à faire quand j'étais à Beauvau.
05:13C'est d'exiger que la Grande-Bretagne supprime un certain nombre de laxismes et de mesures.
05:20Vous savez qu'il n'y a pas de carte d'identité.
05:22Vous savez qu'en réalité, la Grande-Bretagne, le Royaume-Uni, c'est une formidable pompe aspirante pour les clandestins.
05:27Parce qu'une grande partie de leur économie fonctionne de cette façon-là.
05:30Et j'avais signé, moi, un accord.
05:33Et notamment dans cet accord, il était prévu à l'époque qu'ils puissent rehausser leurs exigences.
05:38Par exemple, en matière d'inspection du travail.
05:40Par exemple, en matière de travail clandestin.
05:43Pour qu'enfin, il y ait des contrôles.
05:44Pour qu'enfin, il y ait des sanctions.
05:46Parce que tant qu'on ne met pas fin à ces pompes aspirantes, on ne règle rien du tout.
05:51Quand on voit cette position, on le disait sur l'immigration, vous parliez aussi de la position sur l'Ukraine.
05:56On va réentendre, effectivement, ce qui s'est passé cette semaine.
05:59C'était Louis Alliot, sur notre plateau, justement, qui s'est exprimé sur la position du RN à l'égard
06:05de l'Ukraine.
06:05Écoutez-le.
06:07Concrètement, vous, au pouvoir, si M. Zelensky demande davantage d'argent, de financement, d'économie, de prêts, justement,
06:14vous dites, ce n'est plus possible.
06:15La France, qui déjà vit à crédit, n'a plus de crédit, on coupe le robinet.
06:19Et on coupe le robinet, on ne peut plus le système de santé, le système éducatif, l'ensemble de l
06:25'économie.
06:26Tout le monde est à l'os et on trouve de l'argent pour aller encore financer des armes pour
06:30défendre l'Ukraine.
06:31Moi, je veux bien.
06:32Mais qui paye tout ça ?
06:34Qui paye cette guerre-là ?
06:36Il faut aussi savoir arrêter une guerre.
06:39Le RN qui veut couper le robinet à l'Ukraine.
06:42Le RN, je ne sais pas, parce que Jordan Bardella, justement, a plus ou moins contredit Louis Alliot.
06:47Hier, c'était à Éric Ciotti de démentir un peu ses propos, en tout cas de s'en démarquer.
06:53Mais vous voyez, tout ça manque de sérieux.
06:55Je pense qu'on a des engagements internationaux.
06:57Et là encore, il y a une tendance du Rassemblement national qui, paradoxalement, affiche son patriotisme.
07:03Pardon, j'étais ministre de l'Intérieur et croyez-moi, croyez-moi, la Russie, c'est une menace pour la
07:08France.
07:09Il n'y avait pas de semaine sans qu'il y ait des cyberattaques.
07:12Il y a même eu un attentat, qu'on a pu attribuer, une tentative d'attentat, qu'on a pu
07:16directement attribuer à la Russie.
07:19Donc, de l'un ou l'autre, soit on est patriote et on n'accepte rien, soit on aime bien
07:25Poutine.
07:26Mais à ce moment-là, c'est au mépris des intérêts de la France.
07:29Pour vous, Bruno Retailleau, le RN est vendu à Vladimir Poutine ?
07:31Non, mais je vous pose la question.
07:32Vous caricaturez.
07:33Oui, il est poutinophile.
07:35En tout cas, il y a une forme d'attirance.
07:38On l'a bien vu par le passé.
07:39Ils essaient de s'en démarquer aujourd'hui, mais très franchement, je ne confiderai pas les intérêts de la France
07:45à ce parti-là.
07:46Est-ce que vous êtes favorable à une... Certains le disent, vous, président, est-ce que vous pensez qu'il
07:53faut réintégrer la Russie de Poutine dans le G7 ?
07:57Moi, je pense que tout le monde veut la fin de la guerre.
08:00Je pense que tant que Poutine n'aura pas compris que militairement, il ne peut pas gagner, il ne reviendra
08:06pas à la table des négociations.
08:08Donc, je pense que si on veut la paix, il faut montrer à Vladimir Poutine que la guerre coûtera beaucoup
08:15plus que la paix.
08:15C'est dans ce sens qu'il faut que les Occidentaux ou l'Europe puissent soutenir l'Ukraine, d'autant
08:20que, je le dis à nos compatriotes,
08:22et je sais qu'un certain nombre d'électeurs de droite parfois sont troublés.
08:25Je dis Poutine, ce n'est pas la Russie.
08:27Poutine, c'est le KGB.
08:28Poutine, c'est le retour à un État KGB.
08:32Ça n'a rien à voir avec ce que l'on peut imaginer.
08:36Au départ, ce qu'il avait voulu laisser penser, le peuple slave, une culture slave, le retour à une forme
08:42de slavitude, l'orthodoxie sur le plan religieux.
08:45Non, c'est autre chose.
08:46C'est autre chose.
08:47Donc clairement, vous, Président de la République, vous continuez à soutenir financièrement et militairement l'Ukraine, respectant ainsi les traités
08:58qui nous lient pour plusieurs années.
09:01Ce n'est pas seulement une question de traité, je pense que c'est une question d'intérêt.
09:04Moi, je pense que, moi, Président de la République, la ligne de la France en matière de politique étrangère, c
09:11'est d'abord les intérêts de la France et des Français.
09:14Et je pense que notre intérêt, c'est qu'on puisse avoir une ligne, une frontière très ferme, une sorte
09:22de butée vis-à-vis de Vladimir Poutine, parce qu'il va être affaibli.
09:27En interne, il est vraisemblablement affaibli et il sera tenté, sans doute, de poursuivre des aventures militaires.
09:33Donc je pense qu'il faut lui dire non.
09:35La loi de la force ne peut pas passer.
09:38Qu'est-ce que vous dites très concrètement, Bruno Retailleau ?
09:40Vous évoquiez des divergences au sein du RN sur cette question de l'Ukraine, sur la question de l'immigration,
09:45sur la question du voile.
09:47Qu'est-ce que vous dites ce matin aux électeurs du Rassemblement national ?
09:50Je voudrais m'adresser à eux, justement. Je voudrais m'adresser à eux parce que pour la neuvième fois, neuvième
09:55reprise sur les bulletins de vote en 2027,
09:58pour l'élection présidentielle, ces bulletins de vote porteront le nom de Le Pen.
10:02Neuvième fois. Neuvième promesse. Et ce sera le neuvième échec.
10:06Marine Le Pen ne l'emportera pas. Elle échouera.
10:09Elle échouera. Et malheureusement, elle peut faire gagner ceux que les électeurs du RN ne veulent pas voir gagner.
10:16Par exemple, la gauche ou alors des candidats macronistes.
10:20Je serai le candidat de la rupture. Je serai le candidat d'une radicalité sérieuse.
10:25C'est ce que je veux le dire ce matin. On ne peut pas réussir avec l'amatorisme.
10:29Donc vous dites aux candidats du RN, venez voter pour moi ?
10:32Bien sûr.
10:32Parmi vos grandes divergences, il y a notamment les retraites sur lesquelles d'ailleurs Jordan Bardella et Marine Le Pen
10:37ne sont pas forcément complètement d'accord.
10:39Marine Le Pen s'en tient aux 62 ans avec 60 ans pour les carrières longues.
10:43Donc Jordan Bardella a voulu faire bouger ce point sans y parvenir.
10:47Ça fait partie de l'amatorisme. On ne peut pas dire... J'étais à côté d'elle aux universités du
10:51MEDEF.
10:52Elle a dit moi je ferai 125 milliards d'économies sur les 5 ans sur mon mandat et faire en
10:58sorte que l'âge légal, on le recule.
11:01Ça ne marche pas. Et elle dit ça va coûter 9 milliards. Déjà, c'est bien de reconnaître que ça
11:05coûtera de l'argent.
11:06Non. L'Institut Montaigne et d'autres avaient justement calculé exactement le coût de cette mesure.
11:12C'est sans doute plus de 30 milliards. Donc on ruine le pays.
11:16Donc on ne peut pas laisser la France, à un moment donné où elle est très faible, où encore une
11:21fois on est au bord du gouffre, au bord de la banqueroute, à des mains vraiment aussi inexpérimentées.
11:27Vous soulignez des divergences. Hier, sur notre antenne, Jordan Bardella a dit, je cite,
11:31« Quand on a des désaccords, on a pour habitude d'en discuter entre nous avec Marine Le Pen. J
11:36'ai une affinité politique et personnelle indéfectible à Marine Le Pen. »
11:39Vous ne le croyez pas ?
11:41Écoutez, l'histoire du Rassemblement national, avant le Front national, c'est un clan. C'est un clan familial.
11:49Marine Le Pen est en train d'installer ses nièces, son beau-frère, etc.
11:54Et sans doute que la débordialisation du parti a déjà commencé, vraisemblablement.
11:59Le départ de M. François Durvy, qui était censé apporter justement un peu de crédibilité économique.
12:05C'est l'histoire du Rassemblement national.
12:07Et ça fait partie d'ailleurs des raisons pour lesquelles il y a un plafond de verre.
12:10Et c'est aussi pour cela que j'appelle, moi, les électeurs du Rassemblement national à venir me soutenir.
12:15En même temps, aujourd'hui, c'est ce parti qui capitalise sur la colère des Français,
12:20l'assitude des Français devant des successions de pouvoir depuis une trentaine d'années.
12:27Vous avez été, même de manière brève, ministre de l'Intérieur.
12:32Vous portez aussi le poids de cette droite au pouvoir.
12:36Les électeurs de Marine Le Pen que vous voulez convaincre, ils vous reprocheront ça ?
12:41Deux choses.
12:42Ce n'est pas Emmanuel Macron qui m'a choisi comme ministre de l'Intérieur, c'est Michel Barnier.
12:47Et j'étais un ministre de l'Intérieur, de cohabitation, et tous les mois, j'affichais un certain nombre de
12:52désaccords avec le président de la République.
12:54Première chose.
12:55Deuxième chose, ce que montrent les sondages.
12:57Et c'est là où vous avez raison.
12:59Il y a une colère.
13:00Comment ne pourrait pas y avoir de colère en France quand on voit le pouvoir d'achat ?
13:06Bien sûr, mais qu'est-ce que ça signifie, les sondages ?
13:09Ça signifie que la prime donnée à cette radicalité, la prime donnée, ça veut dire que les Français, nos compatrioles,
13:16veulent le changement.
13:17Ils veulent une rupture.
13:18Simplement, moi, ce que je veux leur dire, c'est que la démagogie n'est pas la rupture.
13:23On en parlera sur le voile.
13:24Ça ne sert à rien.
13:25Le voile, pour moi, c'est caractéristique d'une proposition totalement démagogique.
13:29Ils savent qu'ils ne pourront pas l'appliquer, mais pour autant, comme c'est plutôt populaire, on y va.
13:34Mais alors, très concrètement, vous aussi, on ne comprend pas bien, sur le voile, c'est quoi votre position ?
13:38On se rappelle, vous aviez dit, dans le sport, abat le voile, vive le sport.
13:43Là, vous dites, c'est totalement démagogique, donc, est-ce que ce n'est pas un peu hypocrite ?
13:48C'est-à-dire quoi, finalement, le voile, on ne peut rien faire, concrètement, vous ne l'interdisez pas ?
13:51Bien sûr que si, bien sûr que si.
13:53Et précisément, j'ai fait adopter au Sénat de nombreuses lois, petites lois, parce qu'elles ne sont pas passées
13:58ensuite à l'Assemblée nationale,
14:00pour interdire, par exemple, le voile dans le sport, parce qu'il faut protéger le sport.
14:03Ça n'a pas été voté à l'Assemblée, si je ne me trompe pas.
14:05Exactement, exactement. C'est pour ça que je parlais, on parle en langage un peu technique, de petites lois,
14:09quand une loi est passée dans une Assemblée, mais n'a pas été votée par l'autre.
14:13Pareil pour les accompagnatrices scolaires, parce que je considère que le voile est interdit à l'école,
14:18et que, précisément, les sorties scolaires, c'est l'école hors les murs.
14:21Voilà. Donc, je pense très concrètement, moi, ce que je pense, c'est, un, si on veut traiter ce problème
14:26-là,
14:27il faut moins d'immigration. Ceux qui ne s'attaquent pas à l'immigration, en réalité, laissent un angle ouvert
14:33pour le voile.
14:34Mais ça, Marine Le Pen, elle le dit aussi.
14:37Oui, on verra comment elle le fait, justement, puisqu'elle le fait en voulant faire un référendum qu'elle ne
14:42pourra pas faire.
14:42Ça sera un autre sujet, on en parlera sans doute quand on sera amené à parler du sujet constitutionnel.
14:47Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Un, on interdit le voile, là, on peut le faire, c'est
14:51-à-dire sortie scolaire, c'est-à-dire le sport,
14:54c'est-à-dire aussi à l'université, et puis...
14:56Et vous, président, vous interdirez le voile à l'université ?
14:58Absolument, absolument. Et on tape aussi ceux qui veulent voiler les femmes, c'est-à-dire les islamistes,
15:04c'est-à-dire les mouvements, notamment fréristes. On interdit leur activité.
15:09J'ai fait là encore voter très concrètement, il y a quelques mois, au mois de mai, une loi, justement,
15:13pour pouvoir plus facilement dissoudre leurs activités, contrôler, justement, les écoles où ils arrivent à entraîner des tout jeunes enfants.
15:21Voilà, il y a des solutions, mais ne perdons pas les Français.
15:24Mais si pour vous, c'est un signe de soumission de la femme, pourquoi vous ne l'interdisez pas aux
15:28mineurs,
15:29alors qu'ils se le font imposer, comme propose une partie du centre ?
15:32Non, mais j'y suis favorable. Mais, encore une fois, interdire le voile, le voile, y compris porté par des
15:39adultes,
15:39dans l'espace public, croyez-vous que les gendarmes, les policiers, puissent reconnaître aussi facilement
15:44une femme voilée pour des raisons idéologiques, islamistes, une femme qui aura eu une maladie, un cancer,
15:52et qui aura, là encore, qui devra se couvrir la tête, et évidemment, tous celles et ceux qui vont contester.
15:58Ça ne marchera pas, si, mais si, justement. Un, on réduit l'immigration, et on pourra y revenir tout à
16:04l'heure.
16:05Deux, on tape, justement, les islamistes qui voilent les femmes. Voilà.
16:09On dissout, notamment, les différentes organisations des frères musulmans.
16:13Toute l'immigration n'est pas musulmane. Il y a beaucoup de femmes voilées qui sont françaises.
16:17Mais, attendez, bien sûr, mais il y a une question d'assimilation et d'intégration.
16:22Et vous savez parfaitement que la question de l'intégration comme de l'assimilation est d'abord une question de
16:26nombre.
16:27Plus vous accueillez, moins vous assimilez, moins vous intégrez.
16:30Et on a, en plus, une immigration. On est le pays d'Europe où notre immigration est géographiquement la plus
16:36concentrée,
16:38notamment sur l'ère arabo-musulmane.
16:41Il y a eu un retournement spectaculaire aussi cette semaine, celui de Jean-Luc Mélenchon,
16:45qui disait, il y a longtemps que ça, c'était en 2010, mais comme vous, que le voile, c'était
16:48un signe de soumission patriarcale.
16:51Il est revenu dessus. Il dit qu'il s'est trompé. Aujourd'hui, il est pour la liberté des femmes
16:55voilées.
16:56Comment vous interprétez cette évolution sur 15 ans de Jean-Luc Mélenchon ?
16:59C'est intéressant que vous fassiez le parallèle parce qu'on a, en réalité, deux exemples de partis qui sont
17:06des partis complètement démagogues.
17:07On change d'avis en fonction, en réalité, de ce que l'on croit être les intérêts électoralistes.
17:13Moi, j'ai une constance. J'ai une quille. Mon bateau a une quille. Voilà. Et j'ai un cap.
17:16J'ai une boussole.
17:17Mais Jean-Luc Mélenchon, c'est très clair, je l'ai connu, il a été sénateur, vraiment laïcard, pratiquement sourcilleux,
17:24grand républicain.
17:25Et aujourd'hui, il est devenu, en réalité, communautariste. C'est simplement pour des raisons électoralistes.
17:32Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis draguent le vote musulman. C'est tout en France.
17:39– C'est une gérouette comme... – Mais bien sûr, c'est une gérouette. Pour les mêmes raisons.
17:44Il a fait son calcul. Il n'était pas au deuxième tour, au dernier présidentiel. Il a vu le nombre
17:49de bureaux de vote.
17:50Les voix qui pouvaient... Quelqu'un, d'ailleurs, un spécialiste de ces questions avait fait ce calcul.
17:55C'est Jérôme Fourquet. Ce qu'il lui fallait, en réalité, engranger pour pouvoir être au second tour.
17:59Et il en a tiré une conclusion. Et à partir de novembre, notamment, ce qui m'a été, pour moi,
18:05une énorme surprise, mais un scandale.
18:06Il a défilé, en novembre 2019, aux côtés des islamistes.
18:10– Donc il n'y a aucune sincérité. – Et au cri, d'ailleurs, de Halawakbar.
18:13– Donc il n'y a aucune sincérité dans le revirement de Jean-Luc Mélenchon, qu'il a expliqué cette
18:17semaine, comme le disait Amandine ?
18:20– Je ne vous prendrai pas pour quelqu'un de naïf, Bruno Jeudy.
18:24– Non, mais... – Je pense qu'il n'y a aucune sincérité.
18:28Je pense que tout est calcul politicien, électoraliste.
18:31– Parce que c'est un laïc, historiquement, ça, c'est sûr.
18:33Mais il peut aussi avoir évolué, sur la question du voile, en disant, en plus, sur la faisabilité d'interdire
18:39le voile,
18:39comme le disait Guillaume, vous-même, vous dites que c'est compliqué d'interdire dans l'espace public le voile.
18:45Et les gendarmes et les policiers, ils ont bien dû voir les contrôler.
18:48– Non, non, moi, je serais intraitable, justement, à ceux qui voilent les femmes.
18:51Je serais intraitable et j'interdirais le voile, justement.
18:54– La loi de 2010, par exemple, vous avez été ministre de l'Intérieur.
18:56La loi de 2010, qui interdit la dissimulation du visage...
19:01– Elle n'est pas toujours appliquée.
19:02– Elle est mal appliquée.
19:03– Malheureusement.
19:03– Autant la loi de 2004 est bien appliquée, la loi de 2010 est mal appliquée.
19:06– À tel point que vous vous souvenez qu'il y avait un délinquant qui s'était évadé de prison
19:11sous une burqa,
19:13pour passer inaperçu.
19:15Non, mais où va-t-on ?
19:16– Donc, non, on peut faire des choses.
19:18Je l'ai dit, je le répète, moi, l'immigration, on interdit le voile là où il faut l'interdire
19:22en priorité,
19:23et surtout, on tape les islamistes et l'idéologie.
19:25– Mais Edouard Philippe dit que ça suffit, lui, la loi de 2010, par exemple,
19:27et que même vous, il vous range dans le camp des démagos qui promettaient des choses irréalistes sur le voile.
19:32– Ce que je promets, je le tiendrai.
19:34– Alors, justement...
19:35– Et d'abord, je ne change pas d'avis, contrairement à lui et à d'autres.
19:37– Ce que vous avez...
19:39– Les raisons que Philippe aussi, c'est une diapouette.
19:40– C'est important que les Français sachent, c'est important que les Français sachent que moi, je n'ai
19:44pas varié avant,
19:45et donc, je ne varierai pas après l'élection.
19:48– Sécurité, lutte contre l'immigration, l'égal-illégal, parfois, votre combat, l'un de vos combats au ministère de
19:54l'Intérieur,
19:55ça a été aussi, on se rappelle, cette affaire Doualem, qui était extrêmement présente,
19:58l'expulsion de l'influenceur algérien, une décision qui a été contestée devant la justice.
20:02Le rapporteur public du tribunal de Paris a demandé l'annulation des arrêtés d'expulsion,
20:06ainsi que la restitution de son titre de séjour.
20:09Le rapporteur qui explique que l'arrêté d'expulsion, eh bien, était, je cite, « entaché d'irrégularité ».
20:15Il évoque l'incompétence, je cite, du ministre de l'Intérieur, Doualem, qui s'est exprimé à la sortie.
20:21Écoutez, il a un message, notamment, pour vous.
20:24– Je lui ai dit franchement, il a brisé une famille, quoi.
20:27Il a brisé une famille.
20:28Je lui passe un message aujourd'hui.
20:31Franchement, vous faites fausses l'autre sur moi.
20:32Je ne suis pas comme ça, dit tout.
20:34Je ne suis pas violent, dit tout.
20:35Franchement, j'ai envie de récupérer ma vie.
20:38Ou je l'ai laissé le 5 janvier, quoi.
20:40C'est tout.
20:41Je ne demande que ça.
20:42Je ne demande rien du tout.
20:43– Qu'est-ce que vous lui répondez ?
20:45Qu'est-ce que vous répondez au rapporteur ?
20:46Ça a été un échec ?
20:47C'est extraordinaire que les médias donnent la parole à des gens que la France a accueillis
20:54et qui ont, sur les réseaux sociaux, qui s'en sont pris à leurs compatriotes algériens
20:58parce qu'ils étaient opposants au régime.
21:00Sans doute, d'ailleurs, manipulés par les services algériens.
21:03Qu'est-ce qu'on peut faire, alors, quand on voit finalement que le rapporteur public dit qu'il faut
21:06annuler ça ?
21:06– Mais vous savez, c'est tout mon combat.
21:08Moi, je constate aujourd'hui que l'État est impuissant.
21:13Il est impuissant.
21:14Vous avez aussi des juges de la Cour européenne de justice
21:16qui nous interdisent d'expulser des individus qui sont des ressortissants étrangers,
21:21qui ont du sang français sur les mains, écoutez-moi bien, qui sont dangereux,
21:25et qui, parce qu'ils ont une vie familiale,
21:27parce qu'ils pourraient, dans le pays où on voudrait les expulser,
21:30et ne pas avoir droit à un procès équitable,
21:32qu'ils nous interdisent de les expulser.
21:34C'est ça que je veux changer.
21:35– Sur cette question, qu'est-ce que vous répondez au juge sur cette affaire d'Oalem en particulier ?
21:40C'était vous le ministre de l'Intérieur ?
21:41– Je réponds au juge qu'il doit y avoir une seule règle que je ferais respecter.
21:45Quand des ressortissants étrangers viennent sur le sol étranger,
21:48eh bien, ils n'ont pas à menacer d'autres Français ou non-Français.
21:52Quand on bénéficie de l'hospitalité, pardon, l'hospitalité, c'est la réciprocité.
21:58Quand on rend la réciprocité, il n'y a qu'une voie, c'est dehors.
22:04– Est-ce que vous avez des regrets sur votre passage au ministère de l'Intérieur ?
22:07Des choses que vous auriez pu mieux faire ?
22:09– Ah non, mais le regret que j'ai, j'aurais aimé avoir un président de la République
22:15avec lequel je sois aligné.
22:17J'aurais aimé avoir une majorité absolue à l'Assemblée nationale
22:21pour faire des réformes profondes.
22:22– Oui, mais vous, vous pourriez avoir un président en cause de votre action.
22:25– Je le savais, moi, si je suis allé à l'époque,
22:29si j'ai accepté la proposition de Michel Barnier,
22:31c'était pour faire en sorte qu'on puisse faire barrage,
22:34notamment à M. Mélenchon et à ses amis.
22:36Je ne voulais pas qu'il s'empare du gouvernement et du pouvoir en France.
22:40C'était dans un moment très particulier, très particulier,
22:43où je sais que je prenais des risques
22:45et que je ne pourrais pas faire ce que je voulais faire.
22:47Mais il y avait ce risque de la gauche,
22:49mais surtout quand on est patriote,
22:51quand on aime son pays,
22:52on met les mains dans le cambouis,
22:53on retrousse les manches.
22:54On retrousse les manches.
22:55C'est ce que j'ai fait pendant presque 13 mois, 12 mois.
22:58– Dans quelques instants, vous allez nous expliquer
22:59comment vous comptez faire pour que le peuple, justement,
23:01reprenne la main sur les juges.
23:02C'est la grande réforme que vous mettez sur la table.
23:04Et puis comment vous comptez être le candidat
23:06qui va l'emporter à droite et au centre
23:08avec Gabriel Attal et Edouard Philippe
23:09qui sont toujours en course.
23:10A tout de suite.
23:10– Bruno Rotailleau, candidat des Républicains
23:21à l'élection présidentielle et notre invité.
23:23Vous avez mis sur la table cette semaine
23:25une proposition de réforme constitutionnelle.
23:28Vous souhaitez redonner la parole au peuple
23:30davantage qu'au juge, y compris au Conseil constitutionnel.
23:33Qu'est-ce qui vous répondez à ceux qui vous accusent
23:35tout simplement de coup d'État populiste ?
23:38– Je leur réponds que la démocratie,
23:41c'est aussi l'État de droit.
23:42Et ce que je veux simplement dire,
23:44c'est que les propositions que j'ai mises sur la table,
23:46elles sont absolument radicales.
23:48Elles sont la condition de toutes les autres réformes.
23:50– J'en cite une.
23:50Par exemple, vous dites, si un texte voté par le Parlement
23:53est censuré par le Conseil constitutionnel,
23:54eh bien le président doit pouvoir donner
23:56la dernière parole au peuple.
23:58– Absolument, je pense, le constat que je fais,
23:59c'est le constat que font beaucoup, beaucoup de Français.
24:02Il y a quelques mois, 76% d'entre eux,
24:04dans un sondage CVIPO,
24:05trouvaient que la démocratie fonctionnait mal.
24:07– Moi, je veux justement,
24:09parce que j'ai le sentiment qu'on n'est plus du tout,
24:11en tout cas plus vraiment dans un régime démocratique.
24:14– On n'est plus dans un régime démocratique ?
24:16– On n'est pas vraiment dans une vraie démocratie.
24:19On n'est pas vraiment dans une véritable démocratie.
24:22Je vais l'expliquer par exemple, deux exemples.
24:26Un, l'immigration massive, jamais le peuple n'a voté pour l'immigration massive.
24:31Deux, le laxisme judiciaire, jamais le peuple français n'a voté pour ce laxisme judiciaire.
24:37Donc, je veux, moi, rendre la parole aux Français
24:40pour que l'État retrouve précisément un pouvoir.
24:44– Mais si on n'est pas dans une vraie démocratie, on est dans quoi aujourd'hui ?
24:47– On est dans un régime, bien sûr, qu'on a des élections,
24:50il y a même parfois des référendums.
24:51Les Français votent oui, et en réalité, ensuite, on leur fait admettre que c'est non.
24:56On est dans un régime qui est hybride, on a un déséquilibre, je crois.
25:00Et c'est pour ça qu'il faut remettre les choses,
25:02il y a un équilibre qu'il faut replacer.
25:04– Et vous, comment vous qualifiez le régime dans lequel on est
25:06si on n'est pas dans un régime démocratique ?
25:07– Je dis qu'on n'est pas dans une dictature, évidemment que non.
25:10On n'est pas non plus dans un régime autoritaire,
25:12mais on n'est plus vraiment dans une démocratie.
25:14Pourquoi ? Parce que le peuple n'a pas le droit de choisir sur tous les sujets.
25:17– Gouvernement des juges, diriez-vous ?
25:18– On ne fait que voter.
25:18– On est dans un gouvernement des juges, on est dans un gouvernement…
25:21Oui, les gens votent.
25:23– On vote tout le temps, tous les ans quasiment ?
25:24– Oui, bien sûr, sauf que les gens votent, bien sûr.
25:27Ils votent pour des députés, etc., des sénateurs.
25:29Et puis les sénateurs, les députés votent pour des lois,
25:31puis les lois sont censurées.
25:32C'est ça qui ne va pas, c'est ce gouvernement des juges
25:35où on l'emporte, le dernier mot, en réalité, c'est les juges.
25:38Et moi, je veux que le dernier mot, ce soit les Français, le peuple français.
25:42C'est très concret.
25:43Vous m'avez questionné, par exemple, sur le Conseil concessionnel.
25:46Eh bien, moi, je veux que le peuple puisse censurer la censure.
25:49Voilà.
25:49Je prends un exemple…
25:50– Mais est-ce qu'il n'y a pas des garde-fous nécessaires en démocratie ?
25:52– Bien sûr, mais bien sûr, il faut un garde-fou nécessaire.
25:56Le garde-fou du Conseil constitutionnel, indépendant, je le garde, d'ailleurs, évidemment.
26:01Simplement, ce qui ne va pas aujourd'hui, c'est que le Conseil constitutionnel va au-delà de ses responsabilités
26:07et va au-delà de sa propre mission.
26:10Je pourrais vous donner des dizaines d'exemples.
26:11– Qu'est-ce que vous changez au Conseil constitutionnel, déjà ?
26:13– Qu'est-ce qu'il y a un exemple ?
26:14– Rien, mais un exemple, un exemple.
26:15Le 13 mai, par exemple, quand le Conseil constitutionnel censure une disposition
26:19ou quand il y a un narcotrafiquant, on saisit obligatoirement et automatiquement ses biens.
26:24Il dit, non, non, il faut censurer parce qu'en réalité, il faut avoir une décision personnelle, personnalisée.
26:31Ça ne va pas, ça ne va plus.
26:33Quand le Conseil constitutionnel censure un texte qui avait voulu être un peu plus ferme,
26:37par exemple, sur la justice des mineurs, il dit, non, non, non, non,
26:40le grand principe pour les mineurs en France, c'est un principe d'éducation et pas de sanction.
26:45Je m'adresse aux parents qui nous regardent.
26:48Est-ce qu'une éducation peut tenir sans sanction ?
26:51Ça ne va plus.
26:51– Vous diriez quoi que le Conseil constitutionnel joue contre la France ?
26:54– Je dis qu'on est dans un gouvernement des juges.
26:56Je veux donner la possibilité aux Français de choisir leur destin pour que l'État puisse lui agir.
27:03Parce que c'est la même chose.
27:05Il y a un malaise démocratique et ce malaise démocratique entraîne l'impuissance de l'État.
27:10Aujourd'hui, l'État, en réalité, est tracassier dans le quotidien
27:14parce que sur des grands sujets, souvent, il n'arrive plus à agir parce qu'il est censuré.
27:19– Comment vous qualifiez le Conseil constitutionnel aujourd'hui ?
27:21– Je ne le qualifie pas.
27:23Je veux simplement réaccorder, réconcilier la démocratie et puis l'État de droit.
27:27– Mais ce n'est pas un peu une facilité de votre part de vouloir tout faire porter sur, en
27:30gros,
27:31ce sont les juges du Conseil constitutionnel qui nous empêchent de gouverner.
27:35Or, est-ce que les lois qui sont votées, nombreuses à l'Assemblée et au Sénat, sont mal faites ?
27:43Elles ne respectent pas les grands principes de droit et puis peut-être aussi qu'elles sont mal appliquées, les
27:47lois ?
27:48Parce qu'on sait que vous, enfin pas vous, mais collectivement, les parlementaires font des lois
27:52qui ensuite ne sont pas appliquées ou mal appliquées, on l'a dit tout à l'heure pour la loi
27:56de 2010,
27:57avant d'en vouloir vraiment juste constitutionnel.
27:58Pourquoi ? C'est peut-être des politiques qui ne font pas bien leur travail.
28:00– Mais justement, il y a trop de lois qui ne servent à rien du tout.
28:03On bricole. Moi, ce que je propose, par exemple, pour le référendum,
28:07puisque aujourd'hui, le référendum, il y a des sujets qui sont interdits.
28:10La justice pénale interdit de référendum.
28:12– Non, c'est le Conseil constitutionnel qui a défini le champ des référendums.
28:16– Non, c'est la Constitution, c'est la Constitution, c'est la Constitution.
28:18Là, il ne faut pas accuser non plus le Conseil constitutionnel, ce que je ne fais pas.
28:22Moi, ce que je veux, c'est que toute question, ce que peut faire le Parlement,
28:26demain, le peuple pourra le faire.
28:27– Est-ce que le peuple a toujours raison ?
28:29– En tout cas, en démocratie, il a raison.
28:31– Il a raison, en démocratie. Je veux lui donner le dernier mot.
28:34Quand il y aura une jurisprudence du Conseil constitutionnel,
28:37par exemple, aussi d'un certain nombre d'autres juridictions,
28:40je veux qu'il y ait des procédures qui fassent que le dernier mot,
28:43c'est le peuple qui l'a. C'est le peuple, les gens qui doivent décider.
28:47– Y compris vis-à-vis des décisions européennes, Bruno ?
28:49– Moi, je voudrais revenir, parce que la droite française, historiquement,
28:51a participé très largement à la construction européenne.
28:55Vos prédécesseurs à la tête de la famille gaulliste ou néo-gaulliste,
28:58ils ont pris leur part depuis Chirac jusqu'à Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et d'autres,
29:03y compris même, d'une certaine manière, Philippe Séguin.
29:07Mais là, avec ce que vous portez dans votre proposition,
29:12c'est pas un peu un frexit par le droit que vous voulez imposer aux Français
29:17ou en tous les cas que vous proposez aux Français ?
29:19– Précisément non. Précisément non, parce que je dis bien que le droit européen
29:24est au-dessus des lois françaises, mais à condition qu'il respecte
29:29la répartition de la compétence, je vais vous donner un exemple,
29:32et la Constitution. Ce que je dis, ce que je propose,
29:35c'est ce que fait, par exemple, l'Allemagne,
29:37avec la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.
29:39Je vais vous donner un exemple très concret.
29:41Quand un juge de la Cour de justice européenne dit
29:45« Il y a un problème, temps de travail, il faut que les militaires, les 35 heures, etc. »
29:49Alors que la sécurité nationale n'est pas la compétence de l'Union.
29:53Vous voyez bien que quand il n'y a pas la compétence de l'Europe,
29:55il ne peut pas y avoir une primauté du droit européen.
29:58Donc non, les fondateurs, le traité, disent des choses.
30:02Mais quand un juge sort du traité, ce que moi, je ne veux pas,
30:06c'est que des juges puissent faire dire au texte, soit à la Constitution,
30:11soit des traités, ce que jamais la Constitution...
30:12Oui, mais si vous vous affranchissez des règles européennes,
30:16si la France dit « Non, mais ça, on prend, ça, on ne prend pas. »
30:18Mais on a aussi un minimum.
30:21L'Europe, c'est en gros l'euro et le droit.
30:25S'il n'y a plus le droit, on va tout remettre en cause, on va tout détricoter.
30:29Bruno Jeudy, qui dit le droit ?
30:31Qui dit le droit ?
30:32Quelle est la source du droit européen ?
30:33Ça ne fait pas Richard Ferrand, président du Conseil constitutionnel.
30:35Ce sont les traités.
30:36Eh bien, dès lors qu'un juge européen ne respecte pas, par exemple,
30:39l'article 4-2 du traité européen, qui dispose que la sécurité nationale,
30:46c'est l'affaire des États et pas de l'Europe, eh bien là, il franchit une borne.
30:50Donc moi, je suis au contraire très légaliste.
30:52Et je ne veux pas qu'on soit embarqué dans un gouvernement des juges.
30:55Ce que je propose, d'ailleurs, sur le Conseil constitutionnel,
30:58on a parlé de la mort d'Edouard Balladur.
31:01Il a fait, lui, il a donné le dernier mot au peuple, au constituant.
31:04En 1993, quand le Conseil constitutionnel, présidé par Robert Banninter,
31:11censure un texte sur l'asile, qui aurait eu pour conséquence de faire que la France
31:14aurait été le pays d'appel de tous les déboutés du droit d'asile
31:18qui auraient pu venir en France.
31:19Edouard Balladur dit « Je n'accepte pas votre décision.
31:21Je réveille le congrès et je réveille la Constitution. »
31:29Le mode de désignation des membres du Conseil constitutionnel,
31:31est-ce que vous gardez les anciens présidents ?
31:33Je pense que les anciens présidents, je pense qu'ils ne devraient pas être
31:38dans le Conseil constitutionnel.
31:40Mais pardon, ça ne change...
31:41Parce qu'ils sont jugés partis, c'est tout.
31:43Mais ça ne change rien nos problèmes.
31:45Là, on s'égare sur un détail.
31:47Ce que je fais, quand j'arrive...
31:49C'est important, parce qu'ils ont le dernier mot sur toutes les bords.
31:52Quand j'arrive à l'Elysée, j'engage immédiatement une révision constitutionnelle.
31:55Il y a notamment une charte de l'ordre républicain que vous souhaitez adosser à la Constitution.
31:59Je l'ai bien lu, il est noté notamment, noir sur blanc, dedans, que vous inscrirez.
32:02Je cite que la France est un pays de tradition judéo-chrétienne.
32:05Est-ce que ce matin, vous me confirmez que vous souhaitez inscrire dans la Constitution française
32:09que la France est un pays de tradition judéo-chrétienne ?
32:12C'est extraordinaire, je vais vous le confirmer, oui.
32:14Parce que ça correspond à notre histoire.
32:16Ça correspond à notre culture.
32:17Ça n'a rien, si j'ose dire, d'une trahison vis-à-vis de la naïcité.
32:21Ça n'est pas un aspect cultuel.
32:23Je renforce d'ailleurs aussi, dans la charte de l'ordre républicain, le côté laïc, la laïcité.
32:30Mais ce que je dis, c'est que sur le plan culturel, il faut assumer nos racines judéo-chrétiennes.
32:34Et ce sera dans la Constitution.
32:36Et ce sera adossé.
32:37C'est d'une charte.
32:38Vous savez qu'il y a une charte de l'environnement qui est, comment dirais-je, adossée à la Constitution.
32:43Et c'est important parce que les juges doivent en tenir compte.
32:46Eh bien, je veux que là encore, ce soit les gens qui définissent les règles et non pas les juges.
32:51Et donc, vous, Président, la tradition judéo-chrétienne de la France sera inscrite dans la Constitution ?
32:54Absolument, parce que je pense qu'on souffre aujourd'hui d'une forme de mea culpa constante,
32:59d'une espèce de culpabilité éternelle.
33:01Et je veux dire aux Français qu'il faut être fier de nos racines, fier de ce que l'on
33:05est.
33:05Ça n'exclut personne.
33:06Simplement, au contraire, quand on veut s'ouvrir, il faut être sûr de ses racines.
33:10Alors, vous êtes crédité, on le voyait dans les différents sondages, de 6 à 10 % des intentions de vote.
33:16Il y a un nouveau sondage qui a été publié ce matin par nos confrères de l'Institut Ipsos.
33:20Alors, dans cette configuration, vous êtes à 7,5 %.
33:23Est-ce qu'il y aura un bulletin Bruno Rotaillot au premier tour de l'élection présidentielle ?
33:27Est-ce que vous nous l'assurez ce matin ?
33:29Eh bien, je vous l'assure ce matin que j'irai jusqu'à la victoire.
33:32Et je pense vraiment que cette victoire, elle est à portée de main.
33:35Les sondages sont ce qu'ils sont.
33:38Un journal du matin, il y a quelques jours, a fait justement une petite étude sur les 5 dernières élections
33:43présidentielles.
33:44Et il montrait qu'une fois sur deux, les sondages s'étaient trompés pour prédire le second tour.
33:49Moi, je pense que ce que j'offre, justement, c'est cette rupture.
33:52Quand j'engage une révision constitutionnelle, je dis aux Français, c'est vous qui allez prendre en main votre destin.
33:58Vous allez choisir votre avenir.
33:59Et l'État va pouvoir reprendre le pouvoir d'agir, le pouvoir de décider.
34:04Il faut être prudent, mais pour l'instant, on a l'impression que ça ne mord pas.
34:06Oui, sauf que vous verrez, je ne pense pas un seul instant,
34:09que le duel entre Marine Le Pen et les filles, notamment Mélenchon,
34:15puisse avoir une adhésion des Français parce que ce sera la chienlit.
34:18On le voit déjà par les déclarations de Mme Pano, y compris de Mme Tondelier,
34:23qui veulent appeler à la désobéissance civile.
34:25C'est quoi la désobéissance civile ?
34:27Ce serait la chienlit.
34:29Et de l'autre côté, vous avez des candidats centristes, des candidats macronistes.
34:33Je pense qu'ils auront beaucoup de mal à faire oublier le bilan d'Emmanuel Macron qui est mauvais.
34:37Et par conséquent, je suis celui qui peut à la fois assumer une vraie rupture
34:42et être à la fois sérieux dans la conduite de la politique de l'État.
34:45Mais donc rien, Bruno Retailleau, ne vous fera changer d'avis.
34:48Parce que vous avez dit au début de l'émission, tous les autres sont des girouettes,
34:51ils reviennent toujours sur leur promesse.
34:52Je l'ai dit, tous les autres, je visais à les démagogues.
34:55Votre engagement à être candidat à la présidentielle, c'est sûr et certain,
34:58même si on voit au fur et à mesure des mois, par exemple,
35:01que le bloc central et de droite ne peuvent pas se sortir, ne peuvent pas être qualifiés.
35:05Jusqu'à la victoire.
35:06Quitte à faire perdre le bloc central et la droite,
35:08parce que vous serez divisé.
35:10Et qu'il y a quand même beaucoup d'électeurs qui sont inquiets.
35:12Je pense que le bloc central ne pourra pas gagner.
35:15Et je pense que le fait d'avoir participé pendant dix ans, ça n'est pas rien,
35:20au bilan du macronisme, fera que jamais les Français ne viendront.
35:24– Donc vous avez été ministre.
35:25– Non mais un ministre pendant douze mois, un ministre de cohabitation,
35:29ce n'est pas M. Macron qui m'a choisi, c'est Michel Barnier.
35:32Et pendant ces douze mois, croyez-moi, il n'y a pas un ministre de l'intérieur
35:35qui a fait connaître sa musique différente par rapport au président de la République.
35:39– Mais est-ce que vous imaginez un premier tour avec Bruno Retailleau,
35:42Gabriel Attaille et Édouard Philippe ?
35:44– Franchement, c'est le suicide assuré, non, pour la droite ?
35:47– Non, je pense que dans le bloc central, ils devront se mettre d'accord, sans doute.
35:51Et je pense qu'entre les deux, un ralliera l'autre.
35:54Je suis même quasiment sûr.
35:55– Mais est-ce qu'il n'y a pas plus de, j'allais dire, de porosité
35:58ou de proximité entre Édouard Philippe et vous,
36:02Édouard Philippe a fait partie de la même famille politique que vous,
36:05contre Édouard Philippe et Gabriel Attaille ?
36:07– Édouard Philippe, il y a dix ans, en 2017, il a fait un choix
36:10de rejoindre Emmanuel Macron avec d'autres.
36:12– Oui, mais il a toujours dit qu'il était de droite.
36:13– Non, croyez-vous, plus concrètement, pensez-vous un seul instant
36:16que les gens qui me suivent aujourd'hui, qui veulent voter pour moi,
36:20puissent faire un autre choix vis-à-vis d'un candidat centriste ?
36:23Je ne le crois pas.
36:24– Oui, mais la question, c'est, vous dites ceux qui me suivent,
36:26mais il y a aussi le fait que vous ne rassemblez pas la totalité
36:30de cet espace politique.
36:31Il y en a quand même une partie qui peut être tentée par Édouard Philippe
36:34et une partie qui regarde aussi du côté de Marine Le Pen,
36:36voire d'autres candidatures.
36:38– Oui, mais ça, c'est l'objet de la campagne.
36:40C'est l'objet de la campagne.
36:42Ce que je mets sur la table, avec la révision constitutionnelle,
36:45pour redonner vraiment la parole au peuple,
36:47pour faire en sorte que l'État puisse à nouveau agir,
36:50ça, c'est le gaullisme.
36:51C'est la refondation sur les bases de 1958.
36:54– Mais on entend bien ce que vous dites.
36:55– Qu'est-ce que la méthode ? Qu'est-ce que le gaullisme ?
36:56– Je vais vous résumer, parce qu'on a parlé beaucoup d'espoir.
37:00La constitution de la cinquième, c'est quoi, selon De Gaulle ?
37:03C'est recombiner le pouvoir du peuple avec le pouvoir de l'État.
37:06C'est ça.
37:07La cinquième République, c'est que le pouvoir,
37:09ce soit le peuple qui le détienne vraiment,
37:12et il ne le détient plus.
37:13C'est pour ça que la démocratie est blessée,
37:15et du coup, l'État est affaibli.
37:17– Puisque le peuple a toujours le dernier mot, selon vous,
37:19pourquoi ne pas vous soumettre à une primaire du centre et de la droite ?
37:22Au moins, ce serait plus clair, ce serait réglé.
37:24Il n'y aurait pas trois candidats sur cet espace.
37:25– Je n'ai jamais refusé, vous le savez bien, par principe, la primaire.
37:28– À quelles conditions, alors ?
37:29– Mais je m'en fiche des conditions.
37:31Simplement, je la juge.
37:32– Donc vous êtes toujours ouvert à cette idée ?
37:33– Mais je la juge.
37:35Tellement peu probable que je ne veux pas perdre une miette d'énergie.
37:38Je ne veux pas perdre une seule seconde.
37:40Et je préfère faire des propositions et avancer dans la campagne.
37:44– Ce matin, très clairement, vous nous dites,
37:47jamais, jamais, je ne me retirerai pour Édouard Philippe.
37:50– J'irai jusqu'à la victoire.
37:52Je viens de vous le dire, je ne sais plus comment vous le dire,
37:54avec quelle langue vous le dire.
37:55– Non, mais vous ne vous retirerez pas pour Édouard Philippe.
37:59– J'irai au deuxième tour de l'élection présidentielle.
38:02C'est une autre façon de dire ce que je viens de vous dire.
38:04– Bruno Retailleau, vous savez ce qu'on dit en coulisses,
38:06on va le dire à nos téléspectateurs,
38:07il y a une des élections sénatoriales dans quelques semaines.
38:11Vous êtes d'ailleurs vous-même candidat.
38:12Et surtout, vos amis, vos propres amis se disent,
38:14non mais tout ça, au moment-là, pour l'instant,
38:16on laisse passer l'élection, le renouvellement sénatorial,
38:20un peu le mois d'octobre.
38:21Et ensuite, on discute vraiment de savoir
38:24si Bruno Retailleau maintient sa candidature.
38:27Parce que c'est vrai qu'une partie de cet espace politique
38:30est tiraillée entre votre candidature
38:33et celle d'Édouard Philippe,
38:34sachant que si vous êtes tous les deux sur la ligne de départ,
38:38peut-être qu'il n'y en aura aucun des deux au deuxième tour.
38:40– Oui, mais on a beaucoup parlé de la réforme constitutionnelle,
38:44qui n'a pour moi rien de juridique,
38:46mais tout de politique.
38:47Rendre vraiment la parole aux Français.
38:50Croyez-vous qu'Édouard Philippe serait d'accord pour aller jusque-là ?
38:53Je ne le pense pas.
38:54Lui-même a dit que ça ne sert à rien de modifier la constitution,
38:58en réalité, notamment sur l'immigration.
39:00Sur l'immigration, lui, assume de vouloir plus d'étudiants étrangers.
39:04Moi, non. Moi, non.
39:06Il assume de faire appel à plus de travailleurs étrangers.
39:09Moi, non.
39:09– Vous êtes contre... Vous pensez que votre ligne, c'est l'immigration zéro ?
39:13– Je ne le dis pas.
39:14C'est un ensemble.
39:17D'abord, ma ligne n'a jamais été l'immigration zéro.
39:19Simplement, sur les étudiants, c'est un des premiers motifs migratoires aujourd'hui.
39:23Vous avez 35% des chambres du CRUS qui sont occupées par des étudiants étrangers
39:28pendant que des familles françaises se saignent aux quatre veines
39:31pour pouvoir trouver un appartement pour leurs enfants étudiants.
39:33Vous avez sur ceux-là qui étudient en France
39:35les deux tiers qui ne vont pas avoir leur licence en trois ans.
39:38– Donc, il n'y a plus d'étudiants étrangers pour une réforme ?
39:41Non, mais il n'y en a plus du tout.
39:42– Mais si, mais on sélectionne et sur des filières dont on a besoin,
39:45ce qu'on ne fait pas aujourd'hui.
39:47Sur l'immigration de travail, vous avez quasiment 380-400 000 étrangers
39:52qui sont en situation légale et qui sont au chômage.
39:56Alors, pourquoi est-ce qu'on les qualifierait ?
39:57– Mais ça ne fait pas une différence majeure entre vous et Édouard Philippe,
40:00la question des étudiants étrangers.
40:01– C'est pas ça la différence.
40:03– La différence majeure, c'est la rupture.
40:05L'expression de cette rupture, c'est de changer le régime finalement.
40:09– Vous n'avez rien de commun avec Édouard Philippe, c'est ce que vous nous dites ?
40:12– Est-ce qu'il est capable de mettre sur la table la révision constitutionnelle
40:15telle que je l'ai définie ?
40:17– Sur le référendum, pas de pouvoir, un pouvoir, en tout cas le dernier mot au peuple
40:22plutôt qu'au juge, un droit européen strictement sur les traités,
40:26y compris sur les traités, un droit en matière internationale
40:30et une charte de l'ordre républicain.
40:32– Très concrètement, vous nous dites que vous avez de très grandes différences
40:34avec Édouard Philippe, je vous propose deux photos par exemple.
40:37Vous vous sentez plus proche d'Édouard Philippe ou d'Éric Zemmour ?
40:42– Non mais idéologiquement.
40:44– Non mais attendez, ça, ce genre de…
40:47– Vous n'allez pas me faire la culotte de chou comme de Édouard Philippe ?
40:50– Non mais écoutez, faites un jeu pour, si vous voulez, un soir.
40:53– Non mais vous !
40:53– Faites un jeu pour vos auditeurs, faites des paris, faites des tombolas.
40:58– Vous vous sentez plus proche duquel, Bruno Rotailleau ?
41:00Vous n'êtes pas langue de bois, vous pouvez nous le dire.
41:01– Mais d'aucun, mon problème, il n'est pas là.
41:04Mon problème, c'est ma candidature.
41:05Vous n'avez pas compris ? Je fais des propositions.
41:07– Est-ce que dans votre gouvernement, il pourrait y avoir des membres
41:09de Reconquête Sarah Knafo, Éric Zemmour par exemple ?
41:12– Non mais, en tout cas, je l'ai toujours dit.
41:15Je n'ai jamais voulu, on a parlé de l'union des droites,
41:18précisément par les partis.
41:20Je l'ai toujours refusé, parce qu'il y a des vraies différences.
41:22En revanche, je m'adresse aux électeurs.
41:24C'est les électeurs que je veux convaincre.
41:26Et c'est les électeurs que je convaincrai.
41:28J'en suis absolument persuadé.
41:30À tous les patriotes.
41:31– Vous préférez les électeurs d'Édouard Philippe ou d'Éric Zemmour alors ?
41:33– Mais un Français est un Français, une Française.
41:36Et voilà, il n'y a pas des citoyens de seconde zone
41:39en fonction de leur vote.
41:40Et vous savez parfaitement que des électeurs d'Éric Zemmour,
41:43des électeurs de Marine Le Pen, en réalité,
41:45sont souvent nos anciens électeurs,
41:47parce qu'ils pensent que souvent,
41:49ils ont été déçus par la droite.
41:51– Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau au premier tour.
41:53Vous, comme les autres, vous êtes prêts à assumer
41:55la qualification de Jean-Luc Mélenchon pour le second ?
41:57– Mais on n'en est pas là.
41:59Je pense, je le redis,
42:01je suis persuadé que les Français ne voudront pas
42:03de l'offre qui les amènerait à un duel
42:06chaotique entre Gérard Larcher,
42:09qui vous soutient, qui est même peut-être
42:11votre premier soutien.
42:12Il s'inquiète, lui, de voir sur la même ligne de départ,
42:15vous, Édouard Philippe, Gabriel Attal.
42:18Il dit qu'il faudra mettre de l'ordre là-dedans,
42:20ce ne sera pas possible.
42:20– Il a même fait une proposition dans le Parisien
42:23de cette semaine, il y a quelques jours,
42:24et je suis certain, Bruno Jeudy, que vous l'avez lu,
42:27pour qu'Édouard Philippe se rallie à ma candidature.
42:31– Il est aussi favorable à une primaire, par ailleurs.
42:34– Oui, mais, encore une fois,
42:36exactement, il dit départage, d'une part,
42:39et je n'ai rien, moi, d'opposition de principe.
42:41Pourquoi ? Parce que je ne crains aucune compétition.
42:44– Mais je la juge peu probable.
42:45– À quel moment devra se faire cet éclaircissement
42:47entre les candidats de la droite et du centre ?
42:49Édouard Philippe dit, entre mi-décembre et mi-janvier,
42:52à quel moment doit se faire cet éclaircissement
42:53pour les trois candidats ?
42:53– Cet éclaircissement, ce n'est pas un problème d'éclaircissement
42:55vis-à-vis de tel ou tel candidat,
42:57c'est l'éclaircissement vis-à-vis des Français.
42:59– Vous vous dites, en gros,
43:00Gabriel Attal et Édouard Philippe doivent régler leurs problèmes,
43:02moi, je serai candidat, quoi qu'il arrive.
43:03– Voilà, ils sont dans le bloc central.
43:05– Vous n'y êtes pas ?
43:07– Je suis... Alors...
43:08– Non, non, il y a des...
43:09– Oui, je vais vous poser une question.
43:11– Prenons un truc très concret.
43:12– Est-ce que je suis centriste ?
43:13Est-ce que vous pensez que je suis centriste ?
43:14– Non, mais quelque chose de très concret, par exemple.
43:15– Est-ce que mes propositions ont quelque chose de centriste ?
43:17– Vous êtes président du parti Les Républicains.
43:18– Oui, absolument.
43:25– Je pense que ce gouvernement serait bien inspiré
43:28de recourir à l'article 47 de la Constitution,
43:30c'est-à-dire aux ordonnances.
43:32C'est la meilleure façon d'avoir un budget le moins mauvais possible.
43:36– Vous croyez que c'est vraiment raisonnable
43:38de faire des ordonnances, alors que Sébastien Lecornu
43:40propose quoi ? Un demi-budget pour une demi-année ?
43:44Si vous faites des ordonnances, vous allez refaire le budget 2027 ?
43:47Vous ne pourrez pas faire de budget rectificatif ?
43:49Vous ferez un budget au mois de mai ?
43:50– Je dis, il y aura, dans tous les cas,
43:53je vous l'annonce comme un scoop,
43:54et ce n'est pas un scoop, vous le savez bien,
43:55il y aura un rectificatif budgétaire à l'été prochain.
44:00Et entre la loi spéciale, un 49-3,
44:03vous savez très bien que le 49-3, ce n'est pas de budget.
44:05Il y aura une censure.
44:06Il y a un risque de censure.
44:08Le 47, l'article 47, juste parce que c'est très technique.
44:11– Non, on ne va pas rentrer dans les trois techniques.
44:13– Simplement, ça permet, le gouvernement pourrait reprendre
44:16les propositions qu'il mettra sur la table.
44:18On n'attend rien de ce budget-là, rien.
44:20Simplement de donner un budget le moins mauvais possible à la France,
44:24et de grâce des économies et pas d'impôts.
44:26– Bruno Retailleau.
44:27– Philippe Aguillon dit dans la tribune de dimanche que sans budget,
44:31c'est un emballement de la dette qui guette la France.
44:34– Et ce sera le prochain président.
44:35– Et donc, il y a une responsabilité à avoir de la part des candidats qui sont au Parlement.
44:38– Vous ne savez pas ce que sont les ordonnances.
44:41– Comment ?
44:41– Vous ne savez pas ce que je propose.
44:43– Bruno Retailleau.
44:43– Les ordonnances, précisément, permettraient d'avoir un budget
44:47avec le maximum d'économies, j'espère, et pas de hausse d'impôts.
44:52Il faut simplement que le gouvernement soit sérieux
44:54et qu'il mette sur la table, dès le départ, un budget initial
44:58qui respecte cette règle-là.
44:59Et ensuite, il pourrait, grâce aux ordonnances,
45:02prendre justement les dispositions, les mesures où il y ait un bon budget.
45:05– Bruno Retailleau.
45:05– Bruno Retailleau, c'est le moment de votre minute présidentielle.
45:08On est au soir du second tour.
45:09Vous venez d'accéder à l'Élysée.
45:10Et qui est-ce que vous appelez la première personne
45:13que vous appelez le soir de votre élection ?
45:15– La première personne que j'appelle ?
45:17– Oui.
45:18– C'est sans doute ma famille, c'est mon épouse.
45:21– Avec qui vous dînez le soir de votre arrivée à l'Élysée ?
45:23– Avec mes amis.
45:25– Vous, président, est-ce que vous rétablissez
45:26le service militaire obligatoire ?
45:27Je crois que c'est une proposition des jeunes républicains
45:29qui va être faite.
45:30– En tout cas, je ferai un service militaire.
45:31– Obligatoire ?
45:32– Ça, on en conviendra, on en discutera, mais je veux…
45:36– Plutôt oui ?
45:37– Plutôt oui, mais je veux faire en sorte que les jeunes,
45:40la jeunesse, puissent mieux s'intégrer.
45:42– Vous instaurez le lever de drapeau dans les écoles,
45:43comme l'a fait Eric Schottianis ?
45:44– Je le souhaite.
45:45– Vous appelez d'abord Poutine ou Trump ?
45:48– J'appellerai d'abord les Européens,
45:51mais je ferai la priorité pour moi,
45:54ce sera la France et les Français,
45:55et j'engagerai ma révision constitutionnelle.
45:58– Qui sera la première personne que vous ferez
45:59entrer au panthéon, Bruno Rotaillot ?
46:01– Écoutez, vous me reposerez la question
46:02quand je serai à l'Élysée.
46:04– À quoi vous refusez de renoncer pour être élu président ?
46:07– À quoi je refuse ?
46:08– Vous refusez de renoncer ?
46:10– À quoi je refuse ?
46:11– Au sport !
46:13– Et alors justement, vous…
46:14– Pour prendre des décisions,
46:16vous êtes bien dans sa tête et bien dans son corps.
46:18– Vous, président, est-ce que vous communierez
46:19lors des cérémonies religieuses
46:20ou vous participerez en tant que président de la République ?
46:23– Non, pas question.
46:24J'appliquerai la jurisprudence du général de Gaulle,
46:27catholique fervent, catholique convaincu.
46:29Il avait même d'ailleurs transformé une petite pièce
46:33en oratoire à l'Élysée, ce que je ne ferai pas.
46:35Mais à chaque fois qu'il était comme président
46:37dans une cérémonie religieuse, il ne communiait pas.
46:40Je ne communiais pas non plus
46:42lorsque j'ai représenté le gouvernement
46:43quand j'étais ministre de l'Intérieur.
46:45– Merci beaucoup Bruno Rotaillot.
46:47Vous restez sur BFM ce soir.
46:48Mathilde Panot est l'invité du Grand Oral.
46:49Et puis Gabriel Attal sera celui de Sonia Mabrouk.
46:53Un petit peu plus tard, vous restez bien sûr sur BFM TV,
46:55c'est l'accès des rôles à campagne.
46:56– Sous-titrage Société Radio-Canada
47:00– Sous-titrage Société Radio-Canada