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  • il y a 1 semaine
Chaque soir, Maxime Switek vous accomagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Elsa Vidal, votre choix ce soir c'est de nous parler de Xi Jinping, Vladimir Poutine, mais aussi le président
00:04iranien, Pézéchian, qui sont réunis depuis hier.
00:07Qu'est-ce que c'est que ce sommet ? Une réunion, et je vais mettre des grands guillemets, une
00:12réunion de grands méchants ?
00:13Oui, il y a quelques temps je vous aurais dit que vous alliez un petit peu vite en besogne et
00:17qu'il fallait peut-être affiner tout ça.
00:19Mais c'était il y a quelques temps, parce que l'organisation de coopération de Shanghai, qui effectivement depuis hier
00:24se rassemble,
00:25on voit les chefs d'État qui sont là, à Bishkek, à quelques 6000 kilomètres de Paris, en Asie centrale,
00:33vous voyez la carte, donc très très loin dans une zone où la France d'ordinaire n'est pas très
00:38active,
00:39et bien elle regroupe 10 États, Chine, Russie, Pakistan, Turquie, Iran, c'est pas mal,
00:46ils promeuvent une coopération économique et sécuritaire et disent que leur alliance n'a absolument pas pour but d'être
00:53dirigée contre d'autres États,
00:55on pourrait les croire, mais moi j'ai changé d'avis, j'ai changé d'avis quand je me suis
01:00rendu compte que les dirigeants rassemblés
01:02tiennent les clés des conflits majeurs du moment.
01:04Et pourtant, des divisions les opposent, des crises les frappent ?
01:08Oui, oui, c'est ce qu'on dit et ce qu'on souligne d'ordinaire, partiellement pour se rassurer quand
01:12même,
01:13avec ces outsiders un peu turbulents, et puis aussi parce qu'il y a des divisions.
01:18C'est vrai que, par exemple, hier, Narendra Modi, le premier ministre indien, s'est fendu d'une déclaration qui
01:26a jugé la guerre en Ukraine.
01:28Vous allez voir, elle est très feutrée.
01:30Chaque jour, passer en guerre fait reculer l'humanité, tandis que chaque pas vers la paix insuffle à l'humanité
01:36un nouvel espoir.
01:37Et un nouvel enthousiasme. Jusque-là, tout le monde est d'accord.
01:40Nous devons passer d'une guerre sans fin à la fin de la guerre, à la fin des hostilités.
01:45Alors, belle prise de position, mais même le pape ne fait pas aussi feutrer.
01:49Et pendant ce temps, Narendra Modi continue à acheter du pétrole russe et donc soutient l'effort de guerre.
01:58Et puis surtout, surtout, au-delà de ces divisions sur lesquelles on met vraiment beaucoup l'accent,
02:02ce sommet en lui-même témoigne d'un projet de défi et peut-être même de subversion de l'ordre
02:09mondial actuel.
02:10Pourquoi ?
02:10Parce qu'il y a la présence, attendez, des deux ennemis principaux de Washington,
02:15qui étaient censés tenir l'ordre d'une main de maître,
02:18Massoud Pézhkian, président de l'Iran,
02:21Vladimir Poutine, président depuis 26 ans de la Russie,
02:26poursuivi par la Cour pénale internationale,
02:29qui se retrouvent tranquillement à Bishkek, serrage de main avec Xi Jinping,
02:33c'est-à-dire les deux ennemis jurés de Washington sont présents et représentent en eux-mêmes un camouflet.
02:41Pézhkian remercie Vladimir Poutine pour son soutien dans la guerre en Iran.
02:46Et Vladimir Poutine lui dit « Mais nous admirons votre courage
02:49et votre détermination dans la défense de vos intérêts nationaux ».
02:53Il a même été jusqu'à transmettre son soutien au guide suprême.
02:56Comme ça, toute illusion est levée.
02:58L'ennemi numéro un de Washington est soutenu par Vladimir Poutine.
03:02Côté chinois.
03:02Oui, pour les chinois.
03:03Côté chinois, c'est l'apothéose pour Xi Jinping.
03:06Après la guerre économique lancée par Donald Trump contre le régime iranien,
03:11n'ayant pas réussi à le défaire par les armes,
03:14il se tourne maintenant vers Pékin.
03:17Pékin qui achète 80% du pétrole de l'Iran et qui répond
03:20« En fait, c'est légal notre commerce avec l'Iran et nous sommes prêts à défendre celui-ci par
03:28toutes les mesures nécessaires pour protéger nos intérêts ».
03:32Et comme Pékin détient des routes alternatives pour faire circuler tous les biens qui seraient iraniens et qui devraient être
03:41absolument sanctionnés,
03:45les Américains ne peuvent pas sanctionner Pékin.
03:48Il y a même un chercheur de Singapour qui dit que pour isoler efficacement l'économie iranienne,
03:54il faudrait assurément l'aide de la Chine.
03:57Et c'est loin d'être gagné.
03:59Je rajouterai deux petits éléments, démographie et économie.
04:03L'Organisation de coopération de Shanghai, c'est 40% de la population mondiale, 25% du produit intérieur brut.
04:09C'est-à-dire toute la richesse mondiale, c'est un quart d'elle qui est produit par ces pays
04:13-là.
04:14Alors quand on est en Europe ou aux Etats-Unis avec des croissances moribondes et une démographie en berne,
04:20peut-être qu'il serait temps de prendre le train du futur et de se dire que c'est là
04:23-bas que l'ordre mondial est en train de se dessiner.
04:26C'est ce qu'on appelle le sud global pour le coup.
04:28Vous savez, c'est un concept un peu flou parce qu'en fait, ce qui se passe, c'est qu
04:32'ils ont un ennemi commun, tout cela.
04:34Bon, l'Inde peut-être un peu moins.
04:35C'est l'Occident, c'est les Etats-Unis.
04:37Même si entre eux, ils ont des intérêts qui sont parfois divergents.
04:41Entre eux, ça diverge, mais face à nous, ça suffit.
04:42Mais ils ont un adversaire qui est commun, pour ne pas dire un ennemi, évidemment, c'est l'Occident.
04:48Il y a de quoi s'inquiéter.
04:49Il y a de quoi s'inquiéter parce que le temps est déjà passé et la Chine, c'est le
04:53futur.
04:53Vous allez en Chine, c'est le futur.
04:56On est très, très loin derrière.
04:57Parce que l'ennemi, il n'est pas invincible, si je puis dire, par les armes.
05:02Non, on l'attaque par les voies commerciales, par les voies de la guerre asymétrique.
05:09C'est comme ça qu'on l'affaiblit.
05:11C'est évidemment toute la stratégie de la Chine et de la Russie et de beaucoup d'autres pays qui
05:16ne veulent que du bien.
05:17C'est comme ça.
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