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  • il y a 6 semaines
Selon un sondage Elabe pour BFMTV, en moyenne, les Français estiment qu'ils auraient besoin de 530 euros supplémentaires pour "vivre convenablement".

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00:00Oui, parce qu'on a beaucoup parlé du carburant, mais le gaz a augmenté là, juste à la rentrée, et
00:04c'est pas fini ?
00:04Oui, et c'est l'autre mauvaise nouvelle qui est un petit peu, j'allais dire, planquée par rapport à
00:08ce qu'on vit sur le gaz,
00:09qui est au-delà des 100 euros le baril, vous en parliez tout à l'heure, 100 dollars le baril,
00:14pardon.
00:15Et là, le marché du gaz est en train vraiment de se tendre.
00:18On va poser un peu les chiffres clairement, parce que c'est un marché assez spécifique.
00:21Là, le gaz s'est négocié hier en Europe à 79 euros le mégawatt-heure.
00:26Alors, pour situer ce prix, parce que ça dit pas grand-chose, c'est pas comme ça qu'on règle
00:30nos factures de gaz,
00:31ce prix était à 32 euros avant la guerre en Iran.
00:35Donc, ça veut dire qu'on a fait un bond de 150% entre la situation de février et cette
00:39situation de rentrée.
00:41Et c'est surtout un record depuis trois ans et demi.
00:44Il y a une petite consolation, juste pour situer, c'est qu'après la guerre en Ukraine,
00:48le pic qui a été atteint, c'était août 2022, là on était passé à plus de 300 euros le
00:53mégawatt-heure.
00:54Donc, on n'est pas encore à ces niveaux-là, mais ça flambe 150% en l'espace de six
00:59mois.
00:59Bon, on imagine que ça peut se poursuivre compte tenu, évidemment, des tensions internationales,
01:03avec des conséquences importantes pour le quotidien des Français.
01:05Oui, alors, évidemment, la clé, c'est le détroit d'Hormuz,
01:08parce que tant que le gaz, j'allais dire, ne passe pas, personne n'arrive à s'approvisionner.
01:13Et tant que la circulation ne reprendra pas, le marché sera tendu.
01:17Sauf que ça tombe maintenant à une période qui n'est plus la même.
01:20Nous sommes en septembre, et là, pour la France, l'Europe, l'enjeu, c'est à quelques semaines de l
01:25'hiver,
01:25de faire les stocks, parce que là, maintenant, il va falloir passer l'hiver.
01:28J'allais dire, c'est terminé l'été.
01:30Il va falloir se chauffer, il va falloir chauffer la casserole.
01:33Il va falloir aussi faire tourner les centrales électriques au gaz pour certains pays,
01:37je pense notamment à l'Allemagne.
01:38Et là, la concurrence est très féroce, notamment avec l'Asie.
01:42L'Asie aussi a besoin de beaucoup de gaz.
01:44Je pense à la Chine, je pense au Japon, je pense à l'Inde.
01:46Avec une différence, qui est aussi un handicap pour l'Europe,
01:50c'est qu'en 2021-2022, à peu près 45% de notre approvisionnement en gaz venait de Russie.
01:56Aujourd'hui, on est à 12%, et l'objectif de l'Union européenne,
01:59c'est de tomber à 0% à l'automne 2027, avec les notions d'embargo.
02:04Donc, dans ces conditions, aujourd'hui, alors qu'on est à 79 euros,
02:08tout le monde s'attend à ce que le gaz atteigne les 100 euros le mégawatt-heure
02:13dans les semaines qui viennent. Certains analystes imaginent même le 150 euros le mégawatt-heure.
02:18Concrètement, maintenant, ramenons-en au portefeuille des Français,
02:21parce qu'il y a déjà des hausses. Il y a une hausse sur ce que les prix repères...
02:24Alors, le prix repère, c'est le prix boussole, on va dire, du marché français.
02:26Le prix repère du marché français a fait plus 5,6% début septembre.
02:33Il y a déjà une hausse de 7,4% en juillet,
02:35et une toute petite baisse de 0,8% en août.
02:38Donc, le prix commence à grimper vraiment directement pour les Français.
02:41Et puis, vous nous faites peur, là. Est-ce qu'on va avoir assez de gaz pour cet hiver ?
02:44Vous parliez des stocks. On est comment, là ?
02:46La situation pour la France, c'est pas mal,
02:48parce que c'est le moment de faire les stocks pour passer l'hiver
02:51et pour tenir jusqu'au printemps prochain.
02:53Alors, les réserves européennes, aujourd'hui, sont emplies à peu près à 67%.
02:57L'objectif qui a été donné par l'Union européenne est d'atteindre 80%.
03:02C'est un objectif qui a été dégradé spécifiquement cette année.
03:06D'habitude, c'est 90%. Là, on a admis les 80%.
03:09La France, là-dedans, on s'en sort bien.
03:11Elle est à 75% de remplissage, donc elle est au-dessus de la moyenne européenne.
03:14C'est l'Allemagne qui s'en sort mal.
03:15Exactement. Alors, dans les pays qui s'en sortent bien,
03:18on va commencer par les bons élèves.
03:19La France, c'est pas mal, 75%.
03:21Il y a l'Italie qui est à 84%.
03:22Le Portugal qui est à 93%.
03:24Et la Pologne, record, 97%.
03:26En revanche, il y a les très mauvais élèves.
03:29L'Allemagne, 55%.
03:30Là, c'est les chiffres de ce matin, 55%.
03:32Les Pays-Bas, 51%.
03:34La Belgique, 59%.
03:36C'est pas des bonnes nouvelles.
03:37C'est-à-dire qu'il ne faut pas se dire que c'est juste un match.
03:39Parce que si l'Allemagne manque de gaz cet hiver,
03:42ça va faire flamber les tarifs électriques au plan européen.
03:45Et la compétition est vraiment maintenant sur un marché mondial qui est très tendu.
03:50Et cette compétition va faire progresser les prix dans les semaines qui viennent.
03:52– Bon, Ludovic, comme vous êtes là, on apprend à l'instant
03:55que le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan
03:57dit que pour financer notre régime de retraite,
04:00qui est à bout de souffle, on le sait,
04:01il faudrait augmenter la durée de cotisation,
04:04donc notre durée de travail,
04:05de 3 à 5 ans d'ici 2050.
04:08Politiquement, on imagine déjà la bombe,
04:09mais économiquement, vous, qu'est-ce que vous dites ?
04:12– Économiquement, les chiffres en termes de projection sont tout à fait valables.
04:16– Ça veut dire que ce serait la retraite à 67-68 ans ?
04:19– Ça dépend quand on a commencé.
04:20– Selon les carrières longues et hautes,
04:21mais ça nous emmène sur ces projections.
04:24J'allais dire qu'au-delà de l'équation budgétaire,
04:27qui est l'équation périlleuse dans laquelle on est,
04:29le choc qui se prépare en France est un choc démographique,
04:32c'est-à-dire qu'on a un vieillissement de la population,
04:34donc la part de population active, de gens qui travaillent,
04:36va se réduire proportionnellement par rapport à la taille de la population
04:40avec une population vieillissante,
04:41et ça, c'est en train de nous rattraper.
04:43Et oui, les 3 à 4, 5 ans nécessaires,
04:46j'allais dire, pour financer notre système social,
04:48sauf à le remettre à plat.
04:49– Il y a un candidat, la présidentielle,
04:51qui peut reprendre cette proposition.
04:52Je pense à Édouard Philippe, pour le coup,
04:53qui avait vu une base traitée,
04:55un niveau très très haut de départ à la retraite.
04:58Ce n'est pas forcément la gauche.
04:59– Tout le monde attend d'abord les programmes des candidats,
05:02parce que pour certains, Marine Le Pen,
05:04vous prenez l'exemple de la retraite,
05:05ou Jean-Luc Mélenchon, on les connaît,
05:07mais Édouard Philippe, il n'a pas encore dévoilé son jeu,
05:1065, 66, 67,
05:12et puis on peut jouer sur l'âge de départ à la retraite,
05:15mais n'oubliez pas qu'on peut jouer aussi
05:17sur le nombre d'années de cotisation.
05:20– C'est l'idée, là.
05:21– Et voilà, ce qu'on a déjà fait,
05:22de repousser, d'augmenter petit à petit,
05:25mais là, 3, 4, 5 ans de plus,
05:28ça voudrait dire 46, 47, 48 ans de cotisation.
05:33– Ça montre la fracture.
05:35– Là, le débat, il n'est pas explosif,
05:37c'est de la nitroglycérine.
05:39– Mais il est lancé.
05:40– Sous-titrage Société Radio-Canada

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