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Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Sauf que, information ce soir, Lisa Aleph.
00:02Oui, une source iranienne de haut rang dit ce soir à Reuters qu'aucun accord n'a été conclu avec
00:07les Etats-Unis,
00:08même si les divergences ont été réduites, et vous vous en doutez, parmi les points de blocage, sans surprise,
00:12l'enrichissement de l'uranium iranien et aussi le contrôle de Téhéran sur le détroit d'Harmouz.
00:16Et on en vient justement à cette bataille de l'uranium.
00:19Tout le monde veut récupérer l'uranium iranien, c'est le cœur des négociations sur le fil.
00:24C'est ce que dit Donald Trump.
00:25Sa ligne rouge à lui n'a pas changé, il l'a encore répétée ce soir.
00:34En ce moment, nous négocions et nous verrons bien.
00:36Mais d'une manière ou d'une autre, nous y parviendrons.
00:38Ils n'auront pas l'arme nucléaire.
00:41Vous savez, quand les gens entendent ça, souvent ils ne diffusent pas la deuxième partie de la phrase.
00:47Pourtant, je vous le dis, c'est le sujet le plus important dont nous ayons parlé.
00:51Mais les médias mensongers coupent généralement cette partie.
00:53J'ai dit que nous parlions de la nucléarisation d'un pays que certains considèrent comme un peu fou.
01:00Je passe sur les médias mensongers.
01:01Dans les mots de Trump, c'est simple, l'Iran ne peut pas avoir la bombe, ne peut pas garder
01:04ses 440 kg d'uranium orishi.
01:07440 kg, on le rappelle à chaque fois, c'est l'équivalent de 11 bombes à terme, s'ils allaient
01:12jusqu'au bout du processus de 11 bombes nucléaires.
01:14Alors que faire de ces 440 kg ?
01:16Ce soir, il y a plusieurs hypothèses.
01:18La dernière, c'est Vladimir Poutine qui se propose une nouvelle fois.
01:22Il l'a dit visiblement à Xi Jinping.
01:23C'est comme ça que le présentent les médias russes ce soir à El Zavidal.
01:26Lui dit, écoutez, si vous avez besoin, je suis là, je peux récupérer cet uranium orishi.
01:30Tout à fait, il essaye d'utiliser une espèce de conjonction, non pas de planète, mais de visite d'État,
01:36où tout converger vers Xi Jinping et faire de Xi Jinping le canal pour essayer,
01:41faute d'avoir réussi par la porte à faire adopter sa proposition, par la fenêtre ou en deuxième saison,
01:48d'être dans cette solution négociée qui verrait enfin la guerre s'arrêter.
01:54Il y a très peu de chances qu'on aille vers cette option-là.
01:57En tout cas, pour le moment, les Américains s'en sont tenus à distance.
02:01C'est probablement la quatrième, si ce n'est la cinquième fois que cette proposition est avancée par Vladimir Poutine.
02:08Il faut juste prendre la peine de rappeler qu'effectivement, la Russie dispose du savoir-faire.
02:13Et fut un temps, avant la tentative d'invasion à grande échelle de l'Ukraine,
02:18elle avait fait partie des négociations et elle avait apporté sa contribution au GCPOA.
02:23– Tout à fait, Poutine veut redevenir l'acteur de cette négociation.
02:29Et donc cet uranium lui donne la possibilité de le faire.
02:32Il s'est proposé à cinq reprises à Donald Trump.
02:36Et à cinq reprises, Trump l'a envoyé pêtre.
02:40Mais Poutine, comme disait Elsa, on le chasse par la porte et rentre par la fenêtre.
02:46Et donc là, il s'est proposé encore une fois parce que pour lui, c'est capital,
02:50non seulement être acteur, mais aussi parce qu'effectivement,
02:53il est impliqué dans tout ce qui est nucléaire en Iran,
02:56déjà avec la centrale de Boucher actuellement,
02:58parce que c'est les Russes qui la gèrent, c'est les Russes qui…
03:02– Ça c'est une centrale civile qui lui a envie de produire de l'électricité.
03:04– Une centrale civile.
03:06Et les Russes ont signé un autre accord jusqu'à quatre nouvelles centrales nucléaires
03:10pour le coût de 25 milliards de dollars.
03:13Et donc Poutine comprend très très bien que si les Américains rentrent dans cette négociation
03:19et récupèrent l'uranium, ils risquent tout simplement de chasser les Russes.
03:23Et donc Poutine, il tient absolument.
03:24– Il y a une autre hypothèse, c'est une information que donnait Didier François,
03:28le 6 mai, puisque tout était bloqué,
03:30les Iraniens ont proposé que la France et la Grande-Bretagne
03:34récupèrent cet uranium enrichi.
03:37– Trump refuse, mais ça veut quand même dire, Elsa,
03:41que les Iraniens seraient prêts à lâcher cet uranium ?
03:44Ou une partie de l'uranium ?
03:45– Une partie de l'uranium, et c'est ce qu'ils disent.
03:49C'est à ce stade juste ce qu'ils disent.
03:52– C'est-à-dire ce qu'ils disent ?
03:53– Qu'ils seraient désireux ou qu'ils pourraient envisager de le faire.
03:58Et c'est vrai qu'avec la France, il y a une longue histoire de préférence,
04:02de collaboration tout simplement pour le nucléaire entre l'Iran et la France,
04:08qui remonte très très loin, aux années 80, avec notamment Eurodif.
04:13Il y a donc une histoire et une forme de confiance.
04:17Jérôme, vous vous dites ?
04:18– Oui, non, non, mais tout à fait, Elsa.
04:20Après, il y a peut-être aussi, j'allais dire, deux axes parallèles.
04:24Les Iraniens sont fins en négociation.
04:27Il y a peut-être aussi ce souhait de diviser,
04:32proposer de se retourner vers la France et l'Angleterre,
04:35quand on sait qu'il n'y a pas si longtemps que ça encore,
04:38même si maintenant Donald Trump est passé à autre chose,
04:40il réclamait à corps et à cri l'aide de l'Europe.
04:42Et en Europe, quelle aide sinon celle des Français, des Britanniques,
04:47peut-être des Allemands à la marge et d'autres ?
04:49Mais c'est essentiellement les Français et les Britanniques qui étaient visés.
04:52Bon, donc là, c'est aussi une façon quand même de diviser.
04:55Et puis aussi, les Iraniens, et ça, c'est la double détente,
04:57il n'est pas sûr, en réalité, que ces 440 kilos,
05:01ils y tiennent plus que tout au monde.
05:03Ils sont peut-être en train de faire monter les enchères
05:05pour dessiner, en quelque sorte, une sorte, j'allais dire, de concession
05:09qui pourra, à bon compte, laisser donner à Donald Trump l'apparence d'une victoire.
05:15– Oui, c'est ce que je veux dire.
05:15– Trump, il le veut, son trophée.
05:17– Mais oui, et les Iraniens savent bien qu'à un moment ou à un autre,
05:20il faudra peut-être le lui donner,
05:21s'ils veulent éviter une guerre qui sera finalement inutile.
05:24et sans doute très destructrice pour tout le monde.
05:27Et donc, lui donner son trophée, à bon compte,
05:29en donnant tout ou partie de l'uranium,
05:32éventuellement en faisant intervenir des tiers,
05:33des pays européens ou la Russie,
05:35qui effectivement, à corps et à cri,
05:36cherche à re-rentrer dans le jeu,
05:38et qui pourrait être aussi un moyen pour Donald Trump
05:40d'avoir un levier sur la Russie pour revenir en Ukraine,
05:43là où quand même, il s'est quand même cassé les dents,
05:45ça, ça pourrait avoir lieu.
05:47Mais si les Iraniens le donnent trop tôt,
05:48vous imaginez bien que Donald Trump,
05:50fort d'un succès trop facilement gagné,
05:52va exiger à nouveau une capitulation.
05:53Donc, il faut vraiment que les Iraniens,
05:56et c'est leur jeu sans doute,
05:57lui fassent mordre la poussière,
05:59pour qu'au bout du bout,
06:00ils finissent par lâcher, je ne sais pas,
06:02la moitié, les deux tiers,
06:03ou la totalité, peu importe.
06:05Mais ce qui compte pour eux,
06:06c'est la capacité à pouvoir continuer à enrichir.
06:08Et ils lâcheront plus facilement sur les 440 kilos
06:11que sur un moratoire qui durerait 10 ans ou 20 ans
06:14en matière d'enrichissement.
06:15Ça, c'est ce qui compte pour eux.
06:17Ce n'est pas le capital, c'est plutôt la tendance.
06:20Quand un joueur de foot veut aller dans un club,
06:23il va avec son agent...
06:25J'aime toujours les métaphores de Michael Jean-Mérette.
06:28Attention, préparez-vous.
06:29Alors, il va avec son agent essayer de faire croire
06:32qu'il y a un troisième ou un quatrième club
06:34avec qui ils sont en train de discuter,
06:35pour faire monter les enchères avec celui qui le veut vraiment.
06:37Ici, est-ce qu'on n'est pas dans cette situation-là ?
06:39C'est-à-dire que, de fait, avec la France et le Royaume-Uni,
06:42vous avez deux nations qui, dans la question du détroit d'Hormuz,
06:45jouent le rôle de ceux qui embarquent ou essayent d'embarquer
06:48une coalition des neutres pour ouvrir le détroit.
06:51De l'autre côté, vous voyez que l'Iran est en train d'essayer
06:53de rentrer dans une stratégie où, ce qu'elle offre comme permis
06:58et comme institutionnalisation du détroit d'Hormuz
07:00avec sa fameuse autorité, le GSPA, dont on a beaucoup parlé déjà,
07:04ils sont en train d'essayer de premiumiser leur offre de passage du détroit d'Hormuz.
07:08Pourquoi j'évoque tout ça ?
07:10Parce que, de fait, si vous arrivez à avoir, d'un côté,
07:13des puissances qui jouent la neutralité
07:14pour vous permettre de ne pas perdre la face et peut-être de gagner quelque chose
07:18vis-à-vis du détroit d'Hormuz,
07:19et que, de l'autre côté, ces mêmes puissances sont celles que vous activez
07:22pour essayer de régler l'autre problème, l'autre point épineux,
07:25à savoir la question du nucléaire et surtout, évidemment, de cet uranium enrichi,
07:29peut-être qu'il y a une stratégie qui peut amener, ici,
07:31à ce que personne ne perde la face
07:33et, en même temps, côté iranien,
07:35que les États-Unis n'aient pas de victoire franche.
07:38Donc, peut-être qu'il y a un enjeu, ici, autour de ça,
07:40peut-être que nous sommes instrumentalisés, je ne sais pas,
07:41mais peut-être qu'effectivement, il y a aussi une stratégie qui peut fonctionner.
07:45En tout cas, Trump a refusé cette hypothèse franco-britannique pour l'uranium iranien.
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