00:00Edouard Philippe, candidat à horizon électro-présidentiel, a suggéré à Gabriel Attal,
00:05qui, souvenez-vous, l'a accusé de porter des idées d'il y a 20 ans,
00:07de diriger ses traits vers leurs adversaires,
00:12et non pas donc, j'imagine, vers quelqu'un qui est dans le même camp.
00:15On l'écoute, c'était ce matin.
00:17Je rassemble, et je veux rassembler l'ensemble de ceux qui s'inscrivent dans ce champ politique de la droite
00:21et du centre.
00:22Et je réserve mes traits, mes bons mots, mes critiques, pour ceux qui sont des adversaires politiques.
00:27Mais Gabriel Attal, c'est un responsable politique.
00:30Dans responsable politique, il y a politique, et puis responsable.
00:33Moi, j'appelle tout le monde à faire preuve de responsabilité.
00:36Je ne critiquerai pas des concurrents qui sont légitimes, qui ont du talent, avec lesquels je m'entends bien,
00:41et qui, à mon avis, n'apporteront rien s'ils ne se concentrent pas sur ce qu'ils proposent aux
00:48Français,
00:48et ils ont parfaitement raison de le faire, et dans la critique de ceux qui sont nos adversaires,
00:52c'est-à-dire à l'extrême gauche, à l'extrême droite, et parfois dans une gauche qui s'allie
00:56avec M. Mélenchon.
00:58Bon, ça, ça veut dire quand même un petit warning.
01:00Encore une fois, un anglicisme, décidément, je vais arrêter.
01:03C'est la rentrée.
01:04Oui, c'est la rentrée.
01:05En revanche, il y a quelque chose qui est assez étonnant,
01:08c'est qu'on nous dit, à longueur, et surtout depuis cette interview croisée dans Le Point,
01:14qu'il y a un comité de liaison.
01:16Et que ce comité de liaison permet de faire la liaison, justement, entre Édouard Philippe et Gabriel Attal.
01:22C'est raté.
01:23Manque de peau, à chaque fois qu'on les voit ensemble,
01:25déjà, au MEDEF, ils sont arrivés tous les deux,
01:27donc c'était quand même les Duponts,
01:29on se demandait pourquoi est-ce qu'il y avait les deux,
01:31alors que finalement, le bloc central pouvait être incarné par l'un ou par l'autre.
01:34La rivalité, elle va durer jusqu'à quand ?
01:37Entre les deux ?
01:38Je pense qu'elle va déjà atteindre un paroxysme.
01:41C'est-à-dire qu'on n'y est pas, c'est-à-dire qu'il va y avoir un
01:42moment de tension.
01:43Ça commence là, ça commence là.
01:44Mais vu le ton d'Édouard Philippe, il y a gassé.
01:46Moi, je pense que ça peut aller bien plus loin.
01:47Tout à l'heure, vous citiez Giscard, etc. dans l'histoire,
01:50mais on pourrait reciter tous les camps, effectivement,
01:52entre Chirac-Balladur, pendant la primaire,
01:54entre Fillon et Nicolas Sarkozy.
01:56Ça fait partie du débat politique.
01:58Je pense qu'Édouard Philippe n'a juste aucun intérêt
02:01à faire de la publicité à ses concurrents.
02:03Le problème, c'est que son pari de départ,
02:05qui tend à dire finalement qu'il évitera le match
02:08entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon,
02:10aujourd'hui est fissuré par les sondages.
02:12Pour répondre directement à votre question,
02:14moi, je pense qu'ils vont avoir l'obligation
02:15courant du mois de janvier de s'entendre,
02:18mais que courant novembre, à ce moment-là,
02:20soit directement, soit indirectement,
02:22parce que chacun peut avoir des dossiers sur l'autre également.
02:24Ils ont travaillé ensemble,
02:25ils connaissent énormément de ministres,
02:28les gens parlent, etc.
02:29À un moment, on va commencer aussi à voir dans la presse
02:32des boules puantes.
02:34Là, selon moi, on n'y est pas encore arrivé,
02:37parce que j'imagine que les boules puantes,
02:39c'est pas uniquement ce qu'a dit Édouard Philippe
02:40sur Gabriel Attal ou Sverson.
02:42Cela dit, c'est pas très fair-play de dire
02:43« ce sont des solutions d'il y a 20 ans »
02:46et voilà, c'est une façon d'afficher sa jeunesse
02:52à Gabriel Attal.
02:53Mais est-ce que c'est à droit ?
02:54J'en sais rien.
02:55La politique, notamment en période présidentielle,
02:58est rarement fair-play.
02:59Je pense qu'on peut en convenir.
03:02Ce qui est drôle dans cette situation,
03:03c'est que pour la première fois de l'histoire
03:04de la Ve République,
03:05on a une primaire qui ne dit pas son nom.
03:07C'est-à-dire que c'est une primaire,
03:08entre les deux.
03:09C'est une primaire en live.
03:10Peut-être même entre les trois,
03:11parce qu'on pourrait peut-être rajouter Bruno Retailleau,
03:14qui n'a pas totalement fermé la porte
03:16à rejoindre un camp unitaire
03:19si jamais les sondages sont défavorables.
03:21Donc c'est une primaire qui ne dit pas son nom.
03:23Et donc, comme dans toute primaire,
03:24en effet, il y a des affrontements.
03:25Parce qu'une primaire divise.
03:26C'est le principe.
03:27Et tout le monde le sait.
03:28La primaire de la droite comme de la gauche.
03:30Mais d'un point de vue purement politique,
03:32je pense que Gabriel Attal,
03:33il a raison de critiquer Édouard Philippe.
03:35Il tente de se différencier d'Édouard Philippe.
03:37Il ne va pas expliquer aux électeurs,
03:39notamment du centre,
03:40qu'il est mieux placé pour incarner le centre,
03:43tout en disant dans la même phrase
03:44qu'Édouard Philippe fait tout parfaitement bien.
03:46Le principe, dans ce genre de compétition interne,
03:48c'est de se différencier de leurs adversaires internes.
03:51Donc Gabriel Attal,
03:51il doit réussir à se différencier d'Édouard Philippe.
03:54Et s'il peut le faire tomber dans les sondages,
03:56parce qu'on a bien compris que ce sont les sondages
03:58qui décideront,
03:59eh bien évidemment qu'il doit le faire.
04:00Et pardon, mais Gabriel Attal...
04:02Vous pensez Gabriel Attal ?
04:03Je pense qu'il aurait bien plus l'air naturel.
04:05Il a quand même réussi à embrouiller les agriculteurs
04:09lorsqu'il était Premier ministre sur la botte de paille.
04:12Ça a fonctionné.
04:13Il y en a plein qui l'ont cru.
04:14Pas tous, mais ce que je veux dire,
04:16c'est qu'Omedef, c'était objectivement le meilleur
04:17par rapport à Édouard Philippe.
04:18Pourquoi ?
04:19Parce qu'il avait des solutions modernes,
04:21notamment sur la question des retraites, etc.
04:23Il aurait l'air d'être un vieux routard de la politique
04:25s'il faisait des éléments de langage
04:27concernant Édouard Philippe.
04:28Il va incarner, je pense Gabriel Attal,
04:30une sorte de populisme d'extrême-centre,
04:32qu'a déjà incarné d'ailleurs Emmanuel Macron
04:34à travers de nombreuses tirases
04:35durant ces deux quinquennats.
04:37En tout cas, il y a un autre vieux routard
04:38de la politique, c'est Dominique de Villepin.
04:40Et il souhaite faire entrer
04:42un tirailleur sénégalais au Panthéon
04:44s'il est élu président de la République.
04:46Il était sur BFM TV.
04:48J'aime bien que la France reconnaisse ses dettes.
04:51Quand on regarde notre histoire,
04:52elle est faite de beaucoup d'ingratitudes.
04:54Un certain nombre de nos présidents
04:55ont commencé à reconnaître les dettes de la France.
04:58Jacques Chirac a fait,
04:59Nicolas Sarkozy a fait des gestes aussi,
05:01François Hollande,
05:02et Emmanuel Macron en a fait d'autres.
05:04Mais la façon dont nous avons traité
05:06les tirailleurs sénégalais,
05:08grâce à qui nous avons gagné
05:09la Première Guerre mondiale,
05:10la Deuxième Guerre,
05:10ils ont par ailleurs mené
05:11un certain nombre de combats
05:12ailleurs à travers le monde.
05:14La façon dont nous les avons traités,
05:16le massacre de Tiaroy,
05:17je n'oublie pas cela.
05:18Et j'estime que vis-à-vis de l'Afrique,
05:21il y a un devoir de reconnaissance centrale.
05:25Alors, parlez-moi à cette question,
05:26mais d'où ça sort ça ?
05:27De la psyché complexe de Dominique de Villepin.
05:29C'est le Sain-Ligier.
05:30Écoutez, moi si je suis Jean-Luc Mélenchon
05:32en ce moment, je m'inquiète.
05:34Je me dis qu'avec Dominique de Villepin,
05:36il y a un siphonnage de voix possible.
05:38Dominique de Villepin peut faire perdre des voix
05:39à Jean-Luc Mélenchon si ça continue.
05:41Vous savez, on disait souvent
05:42que Fabien Roussel était
05:43l'homme de gauche préféré de la droite.
05:44Je pense que Dominique de Villepin
05:46est l'homme de droite préféré de la gauche.
05:48Là où ça me dérange un peu plus,
05:49c'est qu'on est quand même
05:50dans une espèce d'égo-trip
05:51de cet homme-là
05:52qui avait disparu
05:53pendant plus de dix ans,
05:55qui se pensait terminé
05:56d'un point de vue politique,
05:57qui semble croire
05:58à un espace providentiel,
06:00alors qu'on sait pertinemment,
06:02et lui sait,
06:02il le sait lui-même,
06:03qu'il ne pourra pas être candidat
06:04à l'élection présidentielle
06:05parce qu'il n'a pas les financements,
06:07il n'a pas les signatures,
06:08et il ne passera jamais l'étape
06:10de la déclaration de patrimoine.
06:11Parce que je veux dire
06:12que si Dominique de Villepin
06:13accepte de déclarer son patrimoine,
06:15c'est terminé
06:16et il perdra tous ses soutiens.
06:18Dominique de Villepin,
06:19c'est un homme
06:19qui a très bien réussi sa vie
06:20dans le privé,
06:22grâce à des affaires florissantes
06:24au Qatar,
06:25en Arabie Saoudite,
06:26au sein de la Chine,
06:27et je pense qu'il a
06:28un nombre incalculable
06:29de casseroles
06:29et que rien que pour cette raison,
06:31il ne sera pas candidat.
06:32Donc il se fait mousser.
06:33Ce qui est certain,
06:34c'est que si la gauche
06:34ou l'extrême-gauche
06:35arrivent au pouvoir,
06:36le Panthéon va devenir
06:37le musée de l'immigration.
06:38C'est-à-dire qu'on va avoir
06:40le droit à cela
06:41absolument tous les mois.
06:42Mais moi, je veux vous dire,
06:43je pense que nos éditeurs,
06:44c'est la même chose.
06:45C'est-à-dire qu'ils en ont ras-le-bol
06:46d'entendre des responsables politiques
06:48qui touchent d'ailleurs des retraites,
06:49qui ont des avantages, etc.
06:50Parce que le monsieur
06:51qui est très riche,
06:52il continue à toucher de l'argent
06:53de l'État et des Français.
06:55Et donc,
06:56qu'il passe son temps
06:57à nous insulter.
06:58C'est-à-dire que ça devient insupportable
07:00à insulter l'histoire de France, etc.
07:02en essayant d'imaginer
07:03une énorme fake news
07:05qui consiste à dire
07:06qu'on s'est mal occupé
07:07et qu'on a mal traité
07:08les tirailleurs sénégalaises.
07:09C'est pour ça que je demandais
07:10d'où ça sortait.
07:11Voilà.
07:11Et en tout cas,
07:11il y en a un qui voudrait faire
07:13panthéoniser son grand-père,
07:14c'est Henri-Jacques Citroën.
07:16Et là, pour le coup,
07:16il y a l'industrie,
07:18il y a le rôle
07:18qu'a joué Citroën
07:19aussi juste avant la guerre
07:20où on a transformé l'usine
07:22pour faire des obus
07:23pour défendre la France.
07:24Voilà.
07:25Il y a peut-être quand même
07:25d'autres priorités
07:26pour le Panthéon
07:27plutôt que de le transformer
07:28comme vous dites.
07:29Éric Tegner,
07:3018h58.
07:31Merci à vous,
07:32chers amis.
07:32Dans un instant,
07:33le journal de 19h
07:35de Maëlle Hassani
07:37est juste après.
07:38Prisca Thévenot,
07:38député Ensemble
07:39pour la République
07:40des Hauts-de-Seine.
07:40A tout de suite.
07:4218h, 20h,
07:43Europe 1 soir.
07:44Pierre de Villeneuve.