Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonsoir Jean-Marc Daniel, merci d'être avec nous, économiste, professeur à l'ESCP,
00:04vous êtes auteur de ce livre qui vient de paraître, d'aide publique, c'est Robin Desbois,
00:07qu'on assassine chez Odile Jacob, on va en parler dans un instant.
00:12D'abord, ces annonces de Sébastien Lecornu, à la fois pour les aides aux gros rouleurs,
00:20et donc par définition pas les autres, et aussi pour le budget 2027 avec cette règle d'or, vous en
00:25pensez quoi ?
00:26Écoutez, sur les aides aux gros rouleurs, je suis toujours très dubitatif sur ce genre de mesures,
00:32c'est-à-dire qu'on agit dans l'urgence, on essaie de dire aux gens, rassurez-vous, on va
00:36prendre en compte vos difficultés,
00:37on finit par les infantiliser, l'État s'occupe de tout maintenant, l'État d'ailleurs paie la sécurité sociale,
00:44dans le livre je rappelle quand même qu'il y a 80 milliards de subventions de l'État à la
00:47sécurité sociale,
00:48parce qu'on a supprimé toute une partie des cotisations sociales, en disant ça coûte trop cher,
00:52donc on va se substituer à vous, là maintenant c'est l'énergie qui coûte trop cher.
00:56C'est l'État nounou ?
00:57C'est l'État nounou, et puis alors bientôt on va s'apercevoir que comme il pleut,
01:00les gens sont obligés d'acheter des parapluies, donc l'État va dire écoutez,
01:03on va subventionner les parapluies et tout ça, donc je pense qu'il y a un moment
01:06où il faut se poser la question de savoir quelle est la véritable mission de l'État,
01:10et donc je le rappelle dans le livre, le rôle de l'État,
01:13il y a trois missions qui ont été clairement définies, clairement identifiées,
01:17qui ont été clairement identifiées, notamment par un économiste qui s'appelle Richard Musgrave,
01:21et donc la subvention à l'énergie, ça ne fait pas partie de cette situation.
01:25La deuxième réflexion que je fais, c'est quand même, je comprends qu'il y a un problème,
01:29mais il faut un peu raisonner à moyen et long terme,
01:32c'est-à-dire qu'il y aura un problème énergétique à double niveau,
01:35on parle de pénurie, de rareté, là aussi le moment où les ressources de pétrole vont être épuisées,
01:42certes ça s'éloigne comme l'horizon, moi j'appartiens à une génération
01:46qui a connu le rapport Midos, et on ne devait plus avoir de pétrole en l'an 2000,
01:49et puis on a toujours du pétrole, on ne devait plus avoir de charbon en 1985,
01:53avaient prédit les économistes du 19ème siècle, et puis on n'a plus que jamais du charbon.
01:57Mais néanmoins, il y aura quand même un problème d'épuisement de ces ressources,
02:00et deuxièmement, vu l'été qu'on a vécu, on peut se poser la question de savoir
02:03est-ce que tout le discours sur le climat est un discours qui peut être contesté,
02:08c'est-à-dire qu'il y en a quand même bons.
02:09Donc je pense qu'il y a une vision à long terme qu'il faut avoir,
02:12qui n'est pas véritablement présente dans la situation actuelle.
02:15Mais est-ce que c'est aussi parce que, je ne suis pas du tout en train de faire l
02:18'avocat du diable du gouvernement,
02:20mais simplement, est-ce que, c'est pas parce que justement,
02:23ils sont contraints de gérer les affaires courantes en permanence,
02:25qu'ils ne peuvent pas se projeter sur l'avenir, même à moyen terme ?
02:29Oui, oui, dans la situation dans laquelle nous sommes, je pense qu'il y a trois options pour le gouvernement.
02:33Il y a l'option à la Dubar, il y a encore cinq minutes, monsieur le bourreau, on tient,
02:39cinq minutes gagnées, donc on la paie.
02:41Et puis, là aussi, sans vouloir être pédant, vous savez, il y a tout un courant politique
02:46qui parle de l'Eudru Rollins, c'est ce personnage qui avait dit,
02:50traîné devant les tribunaux parce qu'il avait cautionné des mouvements d'extrême-gauche,
02:53il avait dit, j'étais obligé de les suivre parce que je suis leur chef.
02:56Et le juge leur avait dit, un chef, ça ne suit pas, un chef, ça chef.
03:00Donc, on est un peu dans cette situation où on suit l'opinion, on suit les sondages.
03:05La deuxième option, qui était celle qui aurait pu être prise en 2024,
03:08après la dissolution, qui n'a pas été retenue, c'était le gouvernement technique.
03:12C'est-à-dire de choisir un haut fonctionnaire, comme l'avait fait l'Italie,
03:15en choisissant à un moment donné Mario Monti, en choisissant Mario Draghi.
03:18L'histoire dit qu'on n'en avait pas trouvé de gouvernement.
03:20On n'a pas trouvé le...
03:23Alors, les profils de Mario Monti...
03:25On aurait peut-être dû se tourner vers l'institut Sinopia, par exemple.
03:27Voilà, on aurait pu essayer de trouver quelqu'un, effectivement.
03:30En Italie, on est allé chercher des banquiers centraux,
03:33il y avait quand même des gens dans ce pays qui avaient été...
03:35On manque de pragmatisme.
03:37Donc, un gouvernement à qui on aurait dit,
03:39écoutez, pendant 2-3 ans, jusqu'à la présidentielle,
03:43on va prendre un certain nombre de mesures,
03:45la classe politique se met en retrait, assiste à ça,
03:47et après...
03:48Bon, ça, ça n'a pas été ni le choix d'Emmanuel Macron,
03:52ni l'inversement le choix de la classe politique.
03:54Et puis, la troisième option,
03:56c'était effectivement, pour un gouvernement,
03:59de dire, de toute façon, je suis condamné,
04:01et donc, je vais sortir dignement dans l'histoire.
04:03C'est-à-dire, je dis la vérité.
04:06C'est un peu l'option de François Béroux.
04:08Je dis la vérité,
04:09sauf que je dis la vérité,
04:10au bout d'un moment, on...
04:12À chacun son tempérament.
04:14On provoque un peu une réaction brutale
04:16de la part des gens qu'on a en face de soi.
04:18À chacun son tempérament.
04:18Sans le dire,
04:19ce qui conduit à la démission forcée.
04:21C'est un peu l'option de François Béroux.
Commentaires

Recommandations