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  • il y a 13 heures
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Donc je le disais en préambule, j'accueille Philippe Vigier. Bonjour Philippe Vigier.
00:05Oui bonjour.
00:06Alors, je le rappelle, vous êtes député modem d'Eure-et-Loire et maire de Châteaudun.
00:11Philippe Vigier, les candidateurs se multiplient à moins d'un an de la présidentielle,
00:16au centre et surtout à droite également, aussi à gauche, en réalité sur la totalité de l'échiquier politique.
00:24Vous avez sans doute, Philippe Vigier, lu cet entretien intéressant.
00:29Récent, il faut l'avouer, de Gabriel Attal dans le JDD, dans lequel il donne sa feuille de route en
00:35vue de la présidentielle.
00:36Philippe Vigier, est-ce que Gabriel Attal vous a convaincu ?
00:41Non, il ne m'a pas convaincu, non pas, parce que sa feuille de route ne présente pas d'intérêt,
00:45bien au contraire, il y a des éléments sur lesquels je me retrouve, mais il y a un sujet qui
00:49est mortifère.
00:51Georges Fenec, qui est dans la table, il le connaît par cœur, c'est le sujet de la primaire.
00:55Le sujet de la primaire, c'est un exercice de style où chacun va vouloir se différencier des autres à
00:59tout moment.
01:00Et on sait qu'à partir de là, il faudra recoudre.
01:02Et recoudre en six semaines, en deux mois, c'est impossible.
01:05Vous ne pouvez pas avoir tapé sur la tête de votre collègue concurrent du même espace central,
01:09du centre-gauche à la droite républicaine, sans qu'à un moment ou à un autre,
01:13et vous verrez, malheureusement, il faut attirer sur ses pieds.
01:15Donc moi, je ne suis pas du tout faveur à mettre cette idée-là.
01:18Alors, Philippe Vigier, pardon, la primaire est aussi l'occasion pour un mouvement politique,
01:22un courant de pensée, d'avoir une belle vitrine, parce qu'il y aura des débats à la télévision, un
01:28vote.
01:29C'est aussi ça qui peut être positif avec une primaire.
01:33Vous ne le voyez pas de cet oeil, Philippe Vigier ?
01:34Si, là-dessus, vous avez raison.
01:36Quand François Fillon, par exemple, a démarré, on a vu qu'il y a eu un influx des hommes et
01:41des femmes
01:41qui n'étaient pas spécialement adhérents à l'époque de l'UMP, qui sont venus.
01:44Il y a des gens qui peuvent s'intéresser à un chemin présidentiel.
01:47Là, attendez, pardonnez-moi, l'équation a changé.
01:48Nous sommes en 2026.
01:50Dans le monde, on parlera probablement de ce qui se passe dans l'enclave marocaine en Espagne,
01:56ça veut dire que, avec une crise climatique qu'on n'a jamais vue,
01:59avec des crises migratoires très importantes, avec une crise de déficit public tel qu'on la connaît,
02:04moi, je n'ai pas envie de me retrouver entre les LFI et le RN coincé entre les deux.
02:08Donc, je demande simplement une chose, que chacun fournisse ses arguments, son projet,
02:12et c'est normal, qu'il aille sur les plages, expliquer, qu'il fasse son tour de France, c'est
02:15très bien.
02:16Et puis, à l'automne, il verra lieu le moment de la décantation.
02:19Et il faudra se retrouver derrière une femme ou un homme pour porter un projet, une ambition,
02:23une candidature pour la présidentielle.
02:25Si on prend un autre chemin, si on prend un autre chemin,
02:27écoutez, j'ai un peu l'expérience de la vie politique, j'ai vu ça depuis très longtemps,
02:31eh bien, ça sera mortifère.
02:32– Raphaël Stanville, du JDD, souhaite vous interpeller, Philippe Vigier.
02:36– Oui, Gabriel Attal ne dit pas qu'il souhaite une primaire.
02:39Il dit que si, en janvier, Édouard Philippe et lui-même devaient être au coude à coude,
02:44il envisagerait, il propose comme solution qu'un vote permette de les départager.
02:50Pour l'instant, l'heure est au débat, et c'est comme ça qu'il inscrit sa campagne.
02:54– Eh bien, j'ai envie de vous dire que le débat est lieu maintenant, qu'il est lieu tout
02:57l'automne.
02:57Je suis d'accord avec Gabriel Attal.
02:59Si ils sont au coude à coude, eh bien, à un moment ou à un autre,
03:00ils se mettent autour d'une table en disant, mon vieux, il y en a un des deux qui va
03:03y aller.
03:03Si ce sont eux qui ont le plus de chances de faire en sorte
03:06que l'espace central puisse apporter un nouveau message,
03:09avec de l'optimisme, de l'ambition.
03:11Là où je le retrouve dans le message de Gabriel Attal quelque chose d'intéressant,
03:14il dit que ce pays n'est pas foutu, ce pays a des ressources exceptionnelles.
03:17Regardez, nous sommes six ans après la Covid,
03:20qui pensaient qu'on s'en relèverait comme on s'en est relevé.
03:22Ce pays a toujours su se relever dans les moments les plus compliqués.
03:25Donc, si en janvier, ils sont ce moment d'intelligence,
03:27mais au contraire, ça c'est quelque chose qu'on n'a jamais vu dans la vie politique.
03:31Eh bien, je peux vous assurer que le quidam,
03:33ceux qui s'intéressent moins à la vie politique que vous, que moi,
03:36je dirais, tiens, pour une fois, ceux-là, ils ont un peu de bon sens.
03:38Eh bien, on va les suivre.
03:39Philippe Bigé, alors, votre parole est importante,
03:41parce que vous n'êtes pas n'importe qui,
03:43un député solidement ancré dans votre territoire,
03:47ancien ministre des Outre-mer, d'ailleurs,
03:49bon, dans l'équipe de Gabriel Attal,
03:51même si c'était Mme Borne,
03:53qui était donc votre patronne à l'époque.
03:55Absolument, nous les connaissons bien tous.
03:56Non mais, on est d'accord, on est d'accord.
03:58Bon, qui trouve grâce à vos yeux ?
04:01La question est simple, Philippe Bigé, ce soir.
04:03Non, non, c'est très bien, c'est très bien posé.
04:05Je vais vous dire, pour le moment, je vais vous dire,
04:06moi, je regarde, je vais voir qu'est-ce que proposent les uns et les autres.
04:11Gabriel Attal, je commence à avoir ta fait du route.
04:12Pas de longue de bois sur Europe 1 ce soir, Philippe Bigé.
04:13Non, non, je ne fais pas de longue de bois.
04:14Non, non, pour l'instant, mon choix n'est pas arrêté,
04:16je vous le dis très clairement.
04:17Moi, j'ai envie d'abord, je serai derrière celle ou celui qui gagnera.
04:20Et j'ai quelques sujets sur lesquels on ne transjugera pas.
04:23Vous savez, par exemple, les déficits.
04:24Vous avez le téléphone d'un député qui, en 2007,
04:26présentait, Georges Fenech s'en souvient très bien.
04:29Je voulais que le budget soit voté à l'équilibre.
04:31On faisait ça avec Courson.
04:32Et on voulait, on expliquait qu'on ne pouvait plus vivre toujours à crédit.
04:35Il semble que cette idée a fait son chemin.
04:37Bayrou l'a porté, malheureusement, il s'est fracassé après dans les conditions que vous connaissez.
04:40Et là, c'est un sujet absolument majeur d'indépendance, d'autonomie de notre pays,
04:44de survie même pour l'avenir.
04:45On parle d'intelligence économique.
04:47Mais comment on fait si on n'a pas les moyens derrière
04:49pour faire en sorte qu'en matière de recherche,
04:51en matière d'innovation technologique, on soit au rendez-vous ?
04:53– Thierry Breton, on sait que ça a l'air d'être le favori de François Bayrou.
05:00Est-ce que Thierry Breton fait partie,
05:03pardonnez-moi l'expression avec tout le respect que j'ai pour Thierry Breton,
05:05de vos poulains, Philippe Vigier ?
05:08– Je le trouve, il a été très bon au commissaire européen,
05:11un bon ministre de l'Économie,
05:12non, je ne le vois pas comme président de la République.
05:13Voyons, on peut avoir des avis différents au sein d'une famille politique,
05:16parce que c'est comme ça.
05:17Je pense qu'à un moment, il faut aussi un nouveau message,
05:21il y a quelqu'un en plus qui est coché, j'y tiens.
05:23Alors, c'est pas le cas de Gabriel Attal,
05:25même s'il est élu quand même, il est parlementaire maintenant depuis quelques années.
05:29Vous savez, cette France, elle a besoin d'être protégée.
05:31Moi, c'est ce que me disent les habitants de ma ville,
05:33de ma circonscription, protégez-nous par rapport au défaut climatique, je le disais,
05:36aux défis énergétiques que devant nous.
05:39Et donc, quelqu'un qui connaisse bien la France profonde, ses racines.
05:44D'ailleurs, j'ai vu que Gabriel Attal, assez adroitement,
05:46était dans la Véron, lancé sa candidature.
05:48J'ai vu qu'Éloire Philippe a remonté les routes de France.
05:50Mais oui, c'est ce qu'il faut faire à la France, il faut aller la rencontrer.
05:53C'est un homme, une femme, un destin.
05:55– Vous êtes, effectivement, et vous ne vous en cachez pas,
05:57vous êtes un député modem, et vous avez tout à fait le droit,
06:00Philippe Vigier.
06:01Et simplement, après dix ans de macronisme, la question est simple,
06:04est-ce que le « ni de droite, ni de gauche » n'est-il pas un peu désuet, quand
06:08même, là, en 2026 ?
06:10– Oui, j'ai envie de vous dire, vous savez, quand vous regardez les débats au Parlement,
06:14à un certain moment, qui est vraiment de gauche,
06:16et que le mouvement de droite, en dehors de ceux qui veulent affirmer une droite
06:19sur les sujets immigratoires, sur lesquels, vous savez,
06:23moi, je suis pour des côtés sur l'immigration,
06:25je suis favorable à ce que proposait d'ailleurs à l'époque Alain Juppé,
06:28qui voulait qu'on vote chaque année au Parlement.
06:29– C'est-à-dire que l'immigration, pour vous, n'est pas un gros mot, Philippe Vigier ?
06:31– Non, pas du tout, mais il faut prononcer tous les mots,
06:34sinon vous les laissez à vos adversaires, qui surfent là-dessus.
06:37Il y a des articulations médicales, un sujet que je connais très bien.
06:40Le RN, là-dessus, serve dans tous les territoires ruraux,
06:43c'est scandaleux, rien ne se passe.
06:44Lorsque le député que vous avez au téléphone a essayé de leur expliquer,
06:47de déposer des projets de loi, des propositions de loi, pardon,
06:50pour faire en sorte qu'on régule l'installation des médecins,
06:52ils votaient contre.
06:52Moi, je veux simplement la confrontation d'idées,
06:55et surtout, maintenant qu'ils ont plusieurs années de Parlement,
06:58mais qu'on les mette en contradiction avec ce qu'ils disent au Parlement
07:00et ce qu'ils disent sur le terrain.
07:01Et là, croyez-moi, en matière économique,
07:03RN et LFI, c'est exactement la même chose,
07:05sur les retraites, c'est le même sujet.
07:07– Georges Fenec souhaite vous poser une question, Philippe Vigier.
07:09– Je dois d'abord dire à Philippe que je partage,
07:12mais vraiment ce qu'il vient d'être dit,
07:15et notamment sur les primaires.
07:17Moi, je n'aime pas les primaires,
07:18je peux vous dire, ça laisse des traces imprémentables.
07:21Et puis, en réalité, quand vous regardez…
07:23– La gauche en a bien profité il y a plus de dix ans.
07:26– Oui, voilà, à part François Hollande.
07:27– Vous avez raison.
07:28– Tous ceux qui gagnent les présidentielles
07:30sont ceux qui n'ont pas fait des primaires.
07:32Tous ceux qui sont au second tour,
07:33tous ceux qui arrivent au second tour
07:36sont les candidats qui n'ont pas fait de primaire.
07:38Comme dans les villes, d'ailleurs.
07:39Vous prenez Paris-Yon-Marseille en 2014,
07:43les finalistes étaient ceux qui n'ont pas fait de primaire,
07:45qui ont gagné, n'ont pas fait des primaires.
07:47Donc, il faut quand même se poser.
07:48Et puis, ce n'est pas très confortable.
07:49– Ces guerres intestines sont contre-productives,
07:52c'est ce que dit Philippe Vigier.
07:53– Voilà.
07:54Pour moi, la primaire, c'est le premier tour.
07:56Voilà.
07:56La première…
07:57– On est d'accord.
07:57– La première tour, on départage.
07:59Voilà.
08:00– Georges a convainc de ma raison.
08:01Moi, ce que j'attends, c'est un message d'enthousiasme,
08:04un message de rupture, un message de réalisme,
08:07et qu'on propose à cette France
08:09un avenir dans le contexte international
08:12absolument dans lequel nous sommes projetés tous les jours,
08:15et dont on voit les conséquences.
08:16– Vous voyez, moi, j'ai été, comme tous les Français,
08:17je prenais l'essence à la prompe cet après-midi,
08:19de 30.
08:20Et eux, c'est un sujet qui leur parle.
08:21Qu'est-ce qu'on fait ?
08:22Qu'est-ce qu'on dit ?
08:23– Oui, mais le bloc central peut-il se permettre,
08:25par l'éparpillement des candidatures et donc des voix,
08:29peut-il se permettre le risque de voir au second tour
08:33le RN affronter LFI ?
08:35– Non, on ne peut pas se le permettre.
08:36Ce n'est pas nous de se le permettre.
08:38Ce n'est pas pour nous.
08:39L'ambition, moi, je ne l'apporte pas pour moi,
08:41je l'apporte pour la France.
08:42– Vous aurez votre part de responsabilité au Modem
08:44et dans tout le bloc central,
08:46vous le dire, Philippe Vigier.
08:47– Vous voulez que je vous dise quelque chose ?
08:48Oui, mais vous voulez m'amener sur les primaires,
08:50moi, je vous dis que, rappelez-moi,
08:51au mois d'octobre ou au mois de novembre,
08:53lorsque les choses se sont un peu décantées,
08:54et je vous dirai avec force,
08:55il y en a un qui a 4-5 points de plus dans les sondages,
08:58et bien que voilà, c'est à la fin de la foire
09:00qu'on compte les bousses,
09:00et on dira maintenant, on arrête de jouer et on avance.
09:02– Philippe Vigier, Emmanuel Macron,
09:05c'est un silence assourdissant,
09:07parce que le président de la République
09:09ne s'est toujours pas prononcé sur sa préférence.
09:12Il observe une sorte de réserve, voilà,
09:15et il a l'air de dire que, bon,
09:17tous les candidats en lice
09:18ne trouvent pas grâce à ses yeux.
09:20Est-ce que vous déplorez cette absence
09:22de prise de position de la part du président
09:24de la République, Philippe Vigier ?
09:26– Eh bien, moi, je pense que le président,
09:27il fait bien de rien dire.
09:29Voilà.
09:30Écoutez, c'est à lui qu'il doit peser
09:32sur l'élection présidentielle,
09:33il les connaît tous,
09:34ils ont tous été ses ministres,
09:35ses premiers ministres,
09:35ils ont travaillé avec lui,
09:37pour la plupart,
09:38mais même Bruno Rutaillot également.
09:40Donc, en clair, mais non,
09:41il n'a pas à peser sur le débat présidentiel.
09:43Il est dans son rôle de président.
09:45Écoutez, j'ai vu qu'il était allé
09:46sur les incendios en Gironde,
09:47et je trouve que c'était sa place
09:48la semaine dernière,
09:49avec un dramatique incendie
09:52de plus de 40 000 hectares.
09:53Là, je sais qu'au Conseil des ministres,
09:55ça a été relaté dans la presse,
09:57c'est lui qui a demandé
09:57que cette réunion que vous évoquiez
09:59dans les titres de main des ministres
10:01de l'Intérieur sur ce qui se passe
10:03dans l'enquête espagnole.
10:04Donc, ça veut dire en clair que,
10:05oui, c'est son travail de faire cela,
10:07mais il n'a pas à peser sur la présidentielle.
10:09S'il l'ouvrait et s'il disait quelque chose,
10:11on critiquerait.
10:12Non, je préfère qu'il ne dise rien.
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