00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Avec jusqu'à 19h, Jules Laurent, bonsoir.
00:06Vous êtes rédacteur en chef de Frontières, bonsoir Vincent Roy.
00:09Bonsoir.
00:09Journaliste et essayiste, nous accueillons Laurent Oberton, bonsoir.
00:12Vous êtes essayiste, romancier, auteur de La France, Demolition Man, c'est aux éditions Magnus.
00:19Alors je le disais, votre récit et votre livre qui sert aujourd'hui de référence aux faits,
00:26tout simplement, c'est factuel, il n'y a pas de savoir si c'est une opinion ou pas,
00:31c'est totalement factuel que la France aujourd'hui est rentrée dans une ère de la France orange mécanique,
00:36ça c'était en 2012, vous signez, en vous inspirant à nouveau d'une fiction,
00:41le film Demolition Man avec Sylvester Stallone en 1993, vous signez la France Demolition Man.
00:47Dans ce livre-là, ce qui est assez intéressant, alors que vous parliez de l'hyperviolence
00:51qui aujourd'hui est encore une fois factuelle en France,
00:53dans ce livre-là, vous dites que les élites sont les véritables démolisseurs de la France,
01:00vous dites que l'État est coupable de ne pas protéger en fait ses citoyens.
01:06C'est exactement ce qui est en train d'arriver.
01:08Oh bah oui, là les images sont assez frappantes aujourd'hui de ce qu'on peut voir,
01:12c'est une... l'État pour moi est en faillite sur le plan de la sécurité,
01:17sur le plan de la gestion de l'immigration aussi,
01:19on pourrait aussi parler de la réponse judiciaire,
01:22enfin c'était déjà le cas à l'époque de la France Orange Mécanique,
01:25la différence c'est que la situation n'a cessé d'empirer depuis,
01:28les demandes à Macron sont absolument catastrophiques,
01:31chaque année de mandat Macron a été un nouveau record des violences aux personnes,
01:35et des violences sexuelles, et des tentatives d'homicide.
01:39Donc on est dans une situation absolument inédite,
01:42et la réponse n'a jamais eu lieu.
01:44On a vu le nombre de prisonniers, certes le nombre de détenus a été battu,
01:48a été pulvérisé, il est battu chaque mois depuis très longtemps,
01:51donc on est à plus de 90% détenus.
01:52Toujours pas de nouvelle place de prison alors que ça avait été promis par le président de la République ?
01:55C'était une promesse du président de la République,
01:57qui avait aussi promis l'exécution de 100% des OQTF,
01:59qui n'a pas été tenue non plus.
02:01On voit bien que ce n'est pas dans ses préoccupations primordiales,
02:05et malheureusement, ça ne fait que souligner le gouffre qui s'est creusé entre lui et la population,
02:12parce que ça se voit maintenant,
02:13parce qu'on ne peut plus l'ignorer,
02:15nul n'est censé l'ignorer, c'est le sous-titre de la France Orange Mécanique,
02:19et aujourd'hui, plus personne ne peut ignorer cette réalité.
02:22Et on a l'impression que, pour l'État, la marche est trop grande.
02:26Mais est-ce que, alors justement, vous anticipez un peu ma question suivante,
02:29c'est est-ce que, parce que tout le monde parle d'un choc d'autorité,
02:32en disant où est le fameux choc d'autorité dont on a besoin,
02:35est-ce qu'on est encore dans la mesure de faire ce choc d'autorité ?
02:39Et si oui, comment ?
02:40C'est vrai qu'on a laissé tellement les choses aller,
02:43que la marche, et voilà, on voit ce qui se passe au Salvador, par exemple,
02:48avec un président qui fait des rafles parmi les gangs de son pays.
02:56La situation n'est pas exactement la même.
02:58La situation n'est pas la même,
02:59mais on voit des États qui agissent, qui vont très loin,
03:03et nous, on a toujours cette impression de,
03:07pire que de la passivité,
03:08c'est un refus encore de prendre en considération le réel.
03:13On a toujours une justice qui est adaptée aux années 60.
03:16Comment est-ce que vous l'expliquez, Laurent Overton ?
03:18Alors, c'est un aveuglement idéologique complet.
03:22On a refusé, moi je me souviens qu'à l'époque de la France orange mécanique,
03:25il ne fallait pas parler de l'insécurité,
03:27c'était mal vu parce qu'il y avait derrière le tabou sous-jacent
03:30de la part de l'immigration dans cette insécurité,
03:33ce qui signait l'échec du vivre ensemble,
03:35donc de toute une idéologie qui allait avec.
03:37Donc on n'a pas voulu voir ça,
03:39on a traité les messagers comme si c'était eux les criminels,
03:42on m'a accusé de jeter du feu sur les braises,
03:45comme si j'y pouvais quelque chose à la situation.
03:49On s'est enterré la tête dans le sable,
03:51et on a laissé le navire sombrer.
03:55Et plus la situation s'est aggravée,
03:58plus évidemment il est difficile de reprendre le contrôle.
04:00On a habitué la rue à l'impunité,
04:01et on en voit le résultat.
04:04Vincent Roy.
04:05Oui, une question double.
04:07Vous pointez la responsabilité des élites françaises,
04:10en particulier la responsabilité d'Emmanuel Macron depuis 10 ans,
04:14mais c'est bien plus large que cela d'abord.
04:16Ensuite, est-ce que vous pensez que le gouvernement de Sanchez
04:21protège bien le citoyen espagnol ?
04:24Pensez-vous que les gouvernements successifs anglais
04:28ont bien protégé le citoyen anglais ?
04:32Alors, double question,
04:33est-ce que le phénomène est européen ?
04:36Si oui, pourquoi ?
04:38Et depuis très longtemps.
04:39Sinon, qu'est-ce qu'il y a de spécifique à la situation française ?
04:43Alors, en effet, on constate dans tous les pays d'Europe occidentale
04:47un regain des violences enregistrées,
04:50de la délinquance, de la criminalité.
04:52En France, il est plus marqué, plus accusé
04:55et un peu plus ancien qu'ailleurs.
04:57Et moi, mon analyse était évidemment tout à fait politiquement incorrecte,
05:01mais en grande partie liée à l'immigration de quantité
05:03que la France a mise en place depuis plusieurs décennies.
05:09Une immigration largement extra-européenne.
05:13Et cette immigration est très surreprésentée
05:17en matière de criminalité et de délinquance.
05:19Et quand on a des yeux pour voir
05:21et qu'on analyse la composition carcérale de la France aujourd'hui...
05:26Les chiffres qui sont, comme vous le dites,
05:29en tout cas pas enterrés, mais masqués,
05:31on vous dit qu'on ne peut pas avoir de statistiques ethniques.
05:32Voilà, on va très pudiquement nous parler de la criminalité étrangère,
05:36mais on va oublier la criminalité issue de l'immigration,
05:38puisque évidemment, ces criminels sont français,
05:40mais il n'empêche, ils ont ces antécédents migratoires.
05:44Et puisque cette surreprésentation est massive,
05:46je pense qu'ils mettent le problème sous la table
05:49et la pire des manières de le traiter.
05:50Jules Laurent ?
05:51Je dirais qu'il y a peut-être, en plus de ça,
05:54une dimension qui s'appelle le pouvoir de l'image.
05:56C'est-à-dire que je me rappelle à quel point,
05:58au moment à la fois de l'affaire George Floyd,
06:00au moment où Trump a déployé sa police ICE,
06:04les images ont pu impacter sur l'opinion publique,
06:06à quel point les médias et ainsi qu'une partie des politiques
06:09ont été terrifiés de retrouver ces images
06:11à la fois dans leur commune,
06:12à la fois dans leur préfecture,
06:13à la fois dans tout là où il y avait le pouvoir politique.
06:16Ils ont peur à chaque fois, en fait.
06:18On a une classe politique qui est terrifiée par ça.
06:20Ce qui fait qu'aujourd'hui, par exemple,
06:22vous avez des consignes pour les policiers
06:23de surtout faire attention quand ils rentrent dans ces quartiers,
06:26de ne pas utiliser des flashballs,
06:27de ne pas rentrer armés dans tel endroit.
06:30Bien que face à eux,
06:31ils puissent avoir des personnes surarmées avec des AK-47,
06:34on préfère aujourd'hui, à travers ce pouvoir de l'image,
06:37avoir finalement les dégâts du côté de l'État,
06:39du policier, de l'honneur de citoyen,
06:41plutôt que dans un raisonnement idéologique
06:44de celui qui saurait le dominer.
06:46Et est-ce que ce n'est pas ça aussi la pierre angulaire,
06:48c'est-à-dire le pouvoir de l'image
06:49et essentiellement de l'information
06:51et comment un sujet va être traité ?
06:53L'information instantanée,
06:54parce que ça va très vite sur les réseaux sociaux.
06:56C'est démonstratif avec ce qui se passe
06:58avec ce mouvement qu'on appelle encore lycéen.
07:01Le chef de l'État a littéralement...
07:03Que sur nos antennes,
07:04on essaie justement de dire mouvement des jeunes,
07:06parce que les lycéens, encore une fois,
07:0794% des lycées sont ouverts aujourd'hui.
07:10Donc les lycéens, ils sont en cours.
07:11C'est ça, évidemment.
07:12Mais ceux qui sont dans la rue
07:14prennent la grosse part.
07:16Mais le président a lâché ces policiers.
07:20Quelque part, il les sacrifie.
07:21Quelque part, il les met en danger
07:24en leur demandant de la retenue,
07:26de l'empathie.
07:27Enfin, tout un discours qui ne va pas du tout
07:29dans le sens du maintien de l'ordre.
07:31Quand on est face à des émeutiers cagoulés
07:33qui vous jettent des projectiles,
07:34qu'on a fait les trois sommations réglementaires...
07:37Enfin, je ne comprends pas du tout
07:39la politique qui consiste à rester l'arme au pied,
07:41à attendre, à surtout ne pas envenimer les choses.
07:45Parce que le problème serait déjà résolu
07:47si la police avait agi
07:48comme elle devait agir dans ce cas-là.
07:50Mais on la laisse attaquer,
07:53on la laisse violenter,
07:53on la laisse même très gravement diffamer,
07:55je trouve, avec les réactions à minima de l'État.
07:58On a vécu, en tout cas tout à l'heure,
07:59à CNews, dans l'info de Villelot,
08:03un passage tout à fait concret
08:05de l'efficacité de la police.
08:07À Strasbourg, où il y avait effectivement des jeunes
08:09qui avaient des barricades
08:10qui étaient allés au contact des forces de l'ordre,
08:13il a suffi de quelques grenades lacrymogènes
08:15pour éparpiller la foule.
08:18Et c'est allé très très vite,
08:19c'est là qu'on voit à quel point
08:20le commandement dans la police,
08:22et quand les ordres sont clairs,
08:23qu'il n'y a pas ordre et contre-ordre,
08:25le nombre de policiers,
08:25et également dans 100% frontières,
08:27sont venus et dire
08:29écoutez, nous on a des ordres et contre-ordres,
08:30on ne sait pas à quoi faire,
08:31finalement on y va, on n'y va pas,
08:32on ne charge pas.
08:33On a vu des élus insoumis,
08:35notamment M. Lecoq,
08:36avec son écharpe tricolore,
08:37calmer une charge de CRS.
08:39Voilà, dès que c'est, j'allais dire,
08:42clair, qu'il n'y a pas d'ordre et contre-ordre,
08:44la police fonctionne.
08:4518h26, on continue la discussion avec vous,
08:47Laurent Berton, sur Europe 1, tout de suite.
08:49Sous-titrage Société Radio-Canada
08:51Sous-titrage Société Radio-Canada