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  • il y a 4 minutes
Les forces de l'ordre expriment ce dimanche leur épuisement au lendemain la journée de mobilisation du 17 octobre marquée par des violences et des pillages un peu partout en France. Au micro d'Europe 1 et CNews, Rudy Manna du syndicat Unsa Police reste sidéré par la haine anti-flic qui a explosé au grand jour ce samedi.

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Transcription
00:00Une, on est en direct sur CNews et sur Europe 1, édition spéciale L'État est-il dépassé ?
00:05On va continuer à évoquer peut-être les réactions politiques, mais d'abord j'ai la parole, je voudrais donner
00:10la parole à Roudimana,
00:12du délégué national UNSA Police de la région PACA. Bonsoir Roudimana, je crois que vous avez vécu des journées vraiment
00:18compliquées
00:19hier dans le sud et que vous êtes un peu désespérée en réalité de ce qui se passe, qui se
00:23passe encore.
00:24On a encore des images ce soir de pillages à Paris, peut-être que vous allez vous dire qu'à
00:27Marseille c'est la même chose,
00:28on parle de 3000 pillards à Marseille aussi, ça paraît absolument insensé.
00:34Bonsoir à tous, effectivement hier à Marseille on a vécu une journée cataclysmique, c'est le seul terme qui me
00:42vient à l'esprit
00:42quand je passe à cette journée. La préfecture nous a annoncé 30 000 émeutiers cet après-midi, en tout cas
00:48il y en avait
00:48un nombre considérable. J'ai eu des retours de policiers qui m'ont appelé ce matin, je ne vous dis
00:54pas dans l'état psychologique
00:55dans lequel ils étaient. Ils m'ont dit on s'est fait massacrer. Ils ont employé ce terme, on s
01:01'est fait massacrer.
01:03On a perdu le contrôle de la ville. C'est des mots qui vous marquent quand vous êtes flics.
01:08Vous savez quand vous êtes flics, nous on est rentrés par vocation, et je peux dire ça devant Mathieu Vallée
01:12parce que je sais que c'est la même chose pour lui. On est rentrés par passion et par vocation.
01:16Quand vous rentrez par vocation, quand ce métier de policier, vous l'avez embrassé depuis tout gamin,
01:21et que vous voyez des frères d'armes qui doivent prendre la fuite parce qu'ils sont assaillis de pavés,
01:28parce qu'on leur tire des mortiers d'artifices pleines têtes. En bas de Canebière, les images qu'on a
01:33vues hier soir
01:33pour cette compagnie départementale d'intervention qui est ma compagnie de cœur puisque je suis affecté là-bas.
01:38Vous savez, vous êtes profondément touchés quand vous voyez ça. Et toute l'après-midi, toute la soirée,
01:44et une partie de la nuit, nous étions seuls face à tous ces émeutiers pour essayer de sauver cette ville
01:51de Marseille.
01:52Parce que je vous assure que s'il n'y a pas la police nationale hier, tout le centre-ville
01:56de Marseille aurait été en feu.
01:57Il aurait été pillé et ils auraient mis le feu au centre-ville de Marseille.
02:01Alors moi, je tire mon chapeau à tous ces policiers, tous ces gendarmes aussi qui sont venus en renfort hier
02:06sur Marseille
02:06et dans toutes les villes de France. Parce qu'ils ont fait preuve d'un courage, d'une ablégation
02:11et d'une détermination pour ce pays qui est sans limite.
02:15Et franchement, le taux de résilience, la capacité de résilience qu'on a eu hier, elle est incroyable.
02:23Cependant, il faut quand même le dire, cette capacité de résilience, elle est arrivée dans la gorge rouge là.
02:28Et je vous le dis, Laurence Ferrari, beaucoup de policiers m'ont dit, franchement, on a été très très très
02:34très très résilients.
02:35Mais aujourd'hui, je ne suis pas sûr qu'on arrive à le rester encore longtemps, si ça continue avec
02:41autant de violence à notre égard.
02:43C'est grave ce que vous dites, Rodimana, c'est-à-dire que vous nous dites que vous n'êtes
02:46pas sûr d'avoir la force,
02:47les munitions, accessoirement, pour continuer à vous battre contre ces hordes de pillards.
02:51Il y en a en ce moment même à Paris et il y en a encore à Marseille, c'est
02:55ça ?
02:55Bien sûr, il y a encore ce soir quelques émettes à Marseille.
02:58On a beaucoup de policiers qui ont été encore, qu'on devait mettre au propos aujourd'hui,
03:02qu'on a été auto-obligés d'employer. Paris, c'est la même chose, on a au quartier des Halles
03:06aussi à Paris,
03:07c'est très compliqué, il y a des CRS qui s'emploient énormément pour essayer de les interpeller, de les
03:12faire dégarpire.
03:13Mais effectivement, ce matin, j'ai eu des messages que je n'avais jamais eus.
03:17Et puis vous savez, tous les policiers que j'ai eus hier au téléphone et que j'ai eus ce
03:21matin,
03:21ils m'ont dit, c'est bien plus violent que ce qu'on a vécu pour les émettes de Naël.
03:26C'est bien plus violent que ce qu'on a vécu pendant les gilets jaunes.
03:29Le taux de violence est arrivé à un point indéfinissable.
03:34Ils avaient de la haine dans les yeux.
03:36Ils voulaient tuer un flic et ils voulaient mettre à bas l'État.

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