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  • il y a 9 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:01Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve, entouré d'Éric Tegner, bon anniversaire cher Éric.
00:08Et très bon anniversaire à vous cher Pierre.
00:10Directeur de la rédaction du Média Frontière, bonsoir Alexandre Malafaille.
00:13Bonsoir Pierre de Villeneuve et bon anniversaire à tous les deux.
00:14Merci, on se calme.
00:16Fondateur de l'Institut Sinopia, bonsoir Jérôme Gage.
00:19Bonsoir.
00:19Merci d'être avec nous, vous êtes député PS de l'Essonne, candidat à la présidentielle et à la primaire
00:24socialiste,
00:25auteur également du livre La République, c'est nous aux éditions de l'Observatoire.
00:29L'information ce soir, Jérôme Gage, c'est que vous avez vos parrainages.
00:32Oui, c'est une procédure qui permet de filtrer ceux qui pouvaient être candidats à cette primaire,
00:38qui n'est pas qu'une primaire socialiste, c'est une primaire de la gauche démocratique et socialiste.
00:43Et donc j'ai pu recueillir ces parrainages.
00:45Vous aviez une inquiétude là-dessus ?
00:46Non, parce que la voix que je porte depuis des mois et des années à l'intérieur du parti socialiste,
00:52avec des accords et des désaccords avec la direction du parti socialiste,
00:56mais aussi plus largement dans le pays, eh bien elle a des soutiens.
01:00Et donc j'ai pu les recueillir parmi des parlementaires ou parmi les membres des instances du parti socialiste.
01:06Ça aurait été, je pense, une anomalie si je n'avais pas pu faire entendre cette voix au service de
01:10la réussite de cette primaire.
01:12Voilà, c'est un moment qui va être crucial.
01:14Je le dis, c'est un moment crucial.
01:16Vraiment ? Est-ce que vous ne croyez pas que le résultat est déjà connu ?
01:19C'est-à-dire que vous allez effectivement tous vous affronter, il y a déjà six personnes à la primaire.
01:24Et puis à la fin des fins, c'est François Hollande qui va arriver, vous allez tous se ranger derrière
01:28lui ?
01:28Écoutez, n'écrivons pas l'histoire avant qu'elle ne se déroule.
01:30On a suffisamment de kilométrage politique, vous et moi, pour savoir que ça risque de se passer comme ça.
01:34Vous avez suffisamment d'heures de vol, comme vous dites, pour vous rendre compte que, d'abord, il y a
01:38un intérêt pour cette élection présidentielle et les différentes étapes pour y aller.
01:43Et là, il y a un moment de départage, et je le dis, auquel toutes celles et ceux que l
01:49'avenir du pays intéresse et qui ont une fibre de gauche, évidemment, sont susceptibles de participer.
01:54Ce n'est pas une primaire fermée.
01:55C'est-à-dire qu'on peut être adhérent du parti socialiste ou de place publique et y voter de
02:00droit.
02:01Mais toutes celles et ceux qui ont envie de participer peuvent aller sur un site internet qui s'appelle choisir2027
02:05.fr et dire, je veux participer à la primaire.
02:08Ce sera un vote électronique, puisqu'on donne des adresses internet.
02:11Et puis ceux qui veulent me soutenir, ils peuvent aller sur jéromeguetsch2027.fr.
02:15Et moi, j'y vais en portant ce que je suis.
02:17Moi, je suis un élu local.
02:18Sinon, vous n'iriez pas ?
02:19Si je n'avais pas des convictions, si je n'avais pas des points de désaccord avec certains des choix
02:24qui ont été faits ces dernières années, y compris par ma propre famille politique.
02:28Donc, vous préférez être un roi qu'un faiseur de rois ?
02:29Je fais référence à ce que disait Alexis de La Fontaine dans le journal.
02:32Moi, quand je me présente à une élection, c'est pour la gagner et pour faire avancer les idées que
02:36je porte.
02:36Et mes idées sont celles, c'est au cœur de mon livre, de répondre dignement à la manière de faire
02:42de la politique.
02:43C'est le mot fil rouge de votre livre.
02:45Oui, c'est un mot fil rouge.
02:45Parce que je trouve, moi je l'entends dans ma permanence d'élu, toutes les semaines,
02:49les gens veulent un travail qui paie dignement, l'accompagnement de vulnérabilités,
02:54quand on a des problèmes de santé, des personnes âgées, des personnes en situation de handicap.
02:57Et ils disent, et ils ont raison de le dire, que les réponses ne sont pas à la hauteur de
03:01ces vulnérabilités.
03:02Et puis, il y a la manière digne de faire la politique.
03:04Moi, je veux être une gauche digne et crédible, pas celle qui rase gratis, pas celle qui brutalise,
03:09pas celle qui essentialise.
03:10Ça, c'est la France insoumise.
03:13Le sens de ma candidature, c'est, et il y en a certains qui vont tergiverser,
03:18se tortiller du popotin sur leur fauteuil.
03:21Moi, il n'y a aucun accord avec la France insoumise.
03:23Salopards antisémites, je le dis pour les auditeurs, c'était votre parole, évidemment.
03:26C'est la raison pour laquelle je tentais de vous le faire redire.
03:29J'ai rompu quand, en effet, j'ai pris la mesure du fait qu'on ne peut pas négocier la
03:36lutte contre l'antisémitisme,
03:37on ne peut pas négocier la laïcité, on ne peut pas négocier l'universalisme républicain,
03:41le refus de la brutalisation du débat public.
03:43Et j'ai pris mes responsabilités.
03:45Dès 2024, quand il y a eu la dissolution, j'ai refusé d'être dans l'accord du NFP.
03:49Il y a eu un passage.
03:51Et j'ai pris le risque, en allant à l'élection, d'avoir une candidature de la France insoumise face
03:56à moi.
03:56Et donc, voilà ce que je suis, mon tempérament, mes propositions sur les questions sociales,
04:01sur les questions républicaines, sur la souveraineté,
04:03parce que je revendique qu'il faut à la fois une souveraineté nationale et une souveraineté européenne
04:09face aux mastodontes continentaux.
04:12Je revendique un patriotisme républicain et que la gauche, elle peut faire du lien,
04:17la question sociale, mais aussi du régalien, les questions de sécurité,
04:20les questions de défense, évidemment, l'organisation de la communauté nationale,
04:26ça veut dire traiter aussi les questions d'immigration comme un sujet de politique publique.
04:30Vaste programme, dirait le général De Gaulle.
04:31Oui, d'ailleurs, c'est pour ça que je suis candidat.
04:32Il y a un passage, d'ailleurs, je le disais, parce qu'on parlait de Jean-Luc Mélenchon,
04:35sur les relations que vous avez eues et la rupture que vous avez eue avec Jean-Luc Mélenchon.
04:39Dans votre livre, ça existe aussi.
04:40Alexandre Malafaille.
04:42Il y aura donc un candidat d'extrême-gauche, ça c'est clair, avec Jean-Luc Mélenchon.
04:46Et il y aura donc un candidat soutenu par le Parti socialiste.
04:48On verra qui ? Peut-être François Hollande, peut-être vous, peut-être...
04:50Bon.
04:51La question que je me pose fondamentalement sur le positionnement que vous allez avoir les uns les autres.
04:54Alors, comment on gagne quand on est socialiste, si on n'est pas très à gauche ?
04:58Parce que depuis 81, vous avez toujours gagné en étant très très à gauche.
05:02Or, vous incarnez, comme Raphaël Glucksmann, plutôt une social-démocratie comme François Hollande aujourd'hui.
05:06C'est pas très, on va dire, c'est pas très sexy.
05:08C'est très intelligent, peut-être plus intelligent que si on était à gauche toute,
05:12mais en tout cas, c'est peut-être moins racoleur.
05:13Comment vous allez arriver à embarquer des électeurs là-dessus ?
05:16Moi, je prends au sérieux cette élection présidentielle, et je l'ai dit il y a deux minutes,
05:21le côté on rase gratis, on a raison tout seul, on déroule un programme,
05:25alors que, il faut être honnête, la gauche toute mouillée dans ce pays, elle fait 30%.
05:29Et elle est en plus divisée entre une gauche radicale et une gauche du réel, une gauche des solutions.
05:35Moi, je me définis comme un social républicain.
05:39Et la lucidité oblige à dire qu'il faudra avoir des propositions
05:45qui permettent de répondre aux préoccupations de nos concitoyens,
05:49sur tous les sujets que j'ai mentionnés, à commencer évidemment les questions du pouvoir d'achat,
05:52de place du travail, de réindustrialisation.
05:56Évidemment, tous ces sujets sont là, mais il faudra le faire dans un moment de convergence
06:02avec d'autres forces politiques.
06:04Voilà, moi, j'ai l'honnêteté de dire ça.
06:05Donc, si dans la primaire, les gens se disent
06:07« pour la gagner, il faut être plus à gauche que moi tu meurs
06:09pour pouvoir se départir du candidaton mélanchoniste »,
06:15je trouve que c'est une contradiction avec l'honnêteté qu'on doit avoir.
06:19On peut avoir des propositions, moi je me définis comme un réformiste radical.
06:23Quand je propose la sécurité sociale intégrale,
06:25c'est-à-dire de ne plus avoir des tarifs de complémentaire santé qui explosent
06:28et qu'on finance à la fois votre consultation par l'assurance maladie
06:32et par une complémentaire,
06:35c'est une proposition qu'on peut qualifier très à gauche.
06:37Et pourtant, à l'Assemblée, j'ai des gens venant du gaullisme social,
06:42du centre, qui trouvent que c'est un moyen de faire des économies
06:47et de simplifier la vie des gens.
06:48Et bien, vous voyez, sur une série de sujets,
06:49sur la réforme du système éducatif,
06:51sur la réforme du système de santé,
06:52sur la crise des finances publiques,
06:54sur les sujets régaliens,
06:56on doit pouvoir, au nom de l'intérêt général,
06:59chacun avec ses convictions, construire...
07:01Il faut décortiquer le programme.
07:03Je vais dire les choses.
07:04Moi, je suis de gauche et je ne trahis personne.
07:07Et pour autant, j'ai été capable l'année dernière
07:09de construire des compromis pour adopter un budget.
07:12Le mot de gauche a été à tout le moins galvaudé ces dernières années,
07:15notamment par l'arrivée d'une nouvelle force
07:17qui a été d'abord la NUPES et ensuite le NFP,
07:21où tout le monde s'est agrégé autour de Jean-Luc Mélenchon.
07:25Et donc, il vous a tiré, comme le disait Alexandre Malafaille,
07:27vers la gauche de la gauche.
07:29Et après, soit les gens ne comprenaient plus rien,
07:31soit les gens se disaient, en fait, c'est le même programme
07:33puisqu'à la fin, ils sont tous d'accord.
07:35C'est ça le truc ?
07:36Sauf qu'il y a ceux qui veulent gouverner
07:37et il y a ceux qui sont en incantation
07:39dans la fonction tribunicienne.
07:41Quand on a aujourd'hui, je ne sais pas,
07:45je vous prends l'exemple des EHPAD
07:46et une crise de fonctionnement,
07:48de l'accompagnement des personnes âgées
07:50partout en France,
07:51et qu'on doit se poser la question de savoir
07:54pourquoi est-ce qu'on n'a pas enfin une loi grand âge,
07:56des moyens pour lutter contre l'isolement,
07:58plus de personnel pour accompagner les personnes en fragilité ?
08:01Là, il faut, stylo à la main,
08:03trouver les moyens de les financer,
08:05de les recruter, de les former.
08:07Et ça, j'espère que c'est plutôt une gauche du réel
08:10qui pose ça.
08:11Et je me dis qu'on doit pouvoir
08:13construire des convergences
08:14avec tous ceux qui sont confrontés à ces problèmes.
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