00:038h40, tout l'été, Sud Radio donne la parole aux Bistros et Restaurants de France pour prendre le pouls du
00:07pays, de ses habitants et de ses territoires.
00:09Et aujourd'hui, nous sommes avec Alain Fontaine, président de l'Association française des maîtres restaurateurs.
00:17Alors, vous faites un état des lieux de la situation actuelle des Bistros et des Restaurants de France. Bonjour Alain
00:22Fontaine.
00:24Bonjour.
00:24Soyez le bienvenu sur Sud Radio. On va faire un point parce que tout l'été, nous avons tenu le
00:32comptoir sur Sud Radio et rencontré énormément de gens formidables
00:36qui nous ont raconté leurs difficultés, leurs difficultés face à la canicule, leurs difficultés face évidemment au pouvoir d'achat.
00:44On va détailler tout ça avec vous. On rappelle une évidence d'abord Alain Fontaine, 25 restaurants fermes tous les
00:50jours.
00:51Mais ça, c'est un drame dans notre pays, dans le pays de la cuisine, du savoir-faire. Comment est
00:56-ce possible ?
00:58Alors, si vous voulez, sur les 25 restaurants qui ferment par jour, il faut nuancer la chose.
01:03C'est 25 points de restauration et dedans, effectivement, il y a environ 15 restaurants traditionnels qui ferment.
01:11On est à peu près en mine en France. Effectivement, ils en ferment 15 par jour.
01:15Bon, c'est très simple. Vous avez des sujets extérieurs comme le pouvoir d'achat, bien évidemment.
01:22Vous avez des changements de consommation, c'est-à-dire que vous avez des générations entières qui ont appris à
01:28consommer autrement
01:29avec de la « malbouffe », entre guillemets. On ne vise personne, mais on sait de quoi on parle.
01:33Et puis, vous avez des sujets intérieurs.
01:36Et quand vous voulez faire de la bonne cuisine, vous avez besoin de personnel et de la bonne cuisine et
01:41du bon service, avec un bon accueil.
01:43Et là, les charges sont insupportables.
01:46Insupportables sont insupportables.
01:48On a d'un côté l'augmentation des matières premières, avec bien sûr, vous le savez, 62% d'augmentation
01:56sur les fruits et légumes, par exemple, en 10 ans.
01:5913% cet été. C'est énorme.
02:01Et puis, de l'autre côté, on a bien sûr les charges sociales qui sont incroyablement élevées pour l'artisanat.
02:08Et là, quand je parle des restaurants, mais je parle de tous les artisans en France, on ne peut plus
02:12supporter.
02:13C'est insupportable.
02:14Hier, vous parliez tout à l'heure, je vous écoutais, de ce qui s'est passé au MEDEF hier.
02:18Mais ils sont loin du problème.
02:22Ils sont dans un monde des années 70.
02:25On vit avec un système social qui est un des plus performants en France et qu'il faut préserver.
02:32Mais pour le payer, il ne faut pas attendre que ce soit les entreprises qui payent ce système social.
02:38On est pressurisé.
02:41C'est insupportable.
02:42Vous avez des suicides, vous avez des gens qui claquent la porte, qui ferment leur restaurant.
02:45On ne peut pas continuer comme ça.
02:47Et là, ils sont en train d'essayer de mettre des russines sur un pneu qui est crevé.
02:51On vit avec un système pour supporter ce système social qui, je le répète, est un des meilleurs du monde.
02:59Et il faut le préserver.
03:00Mais on ne peut plus le payer avec les entreprises.
03:03Nous ne sommes pas les curseurs.
03:04Nous ne sommes pas comme ça.
03:06Et les employés, on ne peut plus les augmenter.
03:08Donc, il faut qu'un des candidats se lève et dise, voilà, on va baisser dracement les charges sociales.
03:14On était avec un chef d'entreprise que vous avez peut-être entendu tout à l'heure à 7h35,
03:18qui est l'un de ceux qui a posé, enfin, ce n'est pas l'un de ceux,
03:21c'est celui qui a posé la question sur les salaires et la différence entre le super brut, le brut
03:27et le net.
03:29Et il y a en plus une confusion aujourd'hui, effectivement, avec le prélèvement à la source.
03:34En tous les cas, ce qui est sûr, c'est que cette différence, elle est insupportable pour tout le monde,
03:38pour le salarié, pour le patron.
03:41Et en réalité, hier, Alain Fontaine, on n'a pas eu de réponse concrète.
03:45On a eu des pistes, on a eu des pensées à propos de cela.
03:48Mais il n'y a pas de réponse concrète.
03:50Non, il n'y a pas de réponse concrète.
03:52Vous avez quelques bonimenteurs.
03:55On le sait.
03:56On ne va pas les nommer.
03:57Ils pourraient vendre demain des aspirateurs ou des paquets de lessive dans un super...
04:02La seule chose qu'ils veulent, c'est le pouvoir.
04:04Mais après, ils ne savent pas quoi faire.
04:06Après, vous en avez qui réfléchissent, mais qui réfléchissent sur des bases qui datent d'il y a longtemps.
04:13Notre système social, il était performant il y a 60 ans.
04:16Mais le monde a changé.
04:17On nous a préparé au XXIe siècle.
04:19On a eu des présidents, que ce soit Pompidon, Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac,
04:23qui nous ont préparé au XXIe siècle.
04:25On y est rentré.
04:25Mais on garde un système pour payer le social.
04:30C'est sur les entreprises que ça pèse.
04:32Vous savez combien on est d'actifs en France ?
04:34On est 27 millions d'actifs au travail.
04:38Actifs au travail, c'est-à-dire que je ne compte pas les chômeurs de temps.
04:4027 millions.
04:41Et il faut qu'on assure le système social pour 69 millions.
04:45Exactement.
04:47Ça n'est pas supportable.
04:48Alain Fontaine, juste pour terminer et revenir, et boucler la boucle,
04:51puisqu'on est dans le cadre de ces comptoirs Sud Radio et qu'on tire un bilan.
04:55Certes, il y a des fermetures.
04:56Mais qu'est-ce qu'on dit à un jeune ?
04:58On lui dit, il faut bien choisir, il faut que tu aies un dossier solide.
05:02Et malgré tout ce qu'on a dit, en espérant que les charges seront peut-être allégées après 2027,
05:08il y a quand même de l'espoir.
05:11Alors, il y a un espoir total.
05:12D'abord parce que j'espère qu'on va être inscrit à l'UNESCO.
05:15Les pratiques sociales et culturelles dans les bistrots et cafés en France.
05:17Mais pour les jeunes qui cherchent un sens à leur travail, un sens à leur vie,
05:22eh bien, le bistrot, le café, c'est une aventure extraordinaire qui mérite d'être vécue toute une vie.
05:28Parce que votre vie, vous ne la voyez pas passer tellement vous rencontrez de gens,
05:32tellement vous avez plaisir à chaque jour à ouvrir votre bistrot.
05:35Après, quand vous voulez ouvrir un bistrot et café, il faut être bien entouré.
05:39Parce que les banques nous considèrent encore comme une activité à risque, même la première.
05:43Donc, il faut un business plan topissime.
05:46Mais une fois que vous avez un business plan topissime, c'est une aventure extraordinaire.
05:50Et je vous remercie pour tout ce que vous avez fait cet été pour les bistrots et cafés.
05:54C'était formidable et vous avez été suivi par beaucoup de vos confrères.
05:58Vous avez été précieux, ce sera bravo à vous.
05:59Merci infiniment Alain Fontaine, président de l'association française des maîtres restaurateurs.
06:04On était ravis de consacrer tout cet été à cette chronique sur les bistrots et restaurants
06:09qui malheureusement disparaissent.
06:11Mais vous pouvez apporter votre soutien.
06:13Vous allez sur Soutenons les Bistrots, sur les bonnes barres de recherche.
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