- il y a 2 mois
Avec Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation Nationale, fondateur du « think tank » Laboratoire de la République
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##L_INVITE_POLITIQUE-2026-08-28##
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NewsTranscription
00:00Et l'invité politique à 8h16 sur Sud Radio, c'est Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'éducation nationale,
00:05président du Laboratoire de la République.
00:08C'est son cercle de réflexion, en anglais on dit un think tank.
00:12Bonjour M. Blanquer, merci de nous consacrer du temps.
00:15Vous êtes donc à Sens où vous organisez ces universités d'été.
00:19Alors vous réunissez en ce moment même lors de vos universités d'été plusieurs personnalités comme Sébastien Lecornu,
00:24alors il y en a beaucoup, je ne vais pas toutes les citer,
00:26Édouard Philippe, François Hollande, Xavier Bertrand, mais d'entrée de jeu vous excluez la LFI et le RN.
00:32Pourquoi ? Ils ne sont pas dignes du débat ?
00:35Si, ils sont bien sûr dignes du débat, je n'ai jamais été excluant, mais c'est dans d'autres
00:39enceintes.
00:39L'objectif c'est surtout de voir quel serait un projet de société pour 2027,
00:46qui ne serait pas un projet extrémiste mais qui transformerait réellement la France.
00:50Alors ça ne veut pas dire que les gens qui viennent ici sont tous du même avis,
00:52il y a des points de vue même très différents,
00:54mais disons qu'il y a un socle de valeurs qui ne sont pas celles de Jean-Luc Mélenchon ou
00:58de Marine Le Pen,
00:59donc c'est normal de ne pas être avec eux.
01:02En revanche, on a des occasions de débattre chez vous par exemple ou dans différents médias.
01:07Mais là, il s'agit vraiment de dire que le sujet ne doit pas être un sujet de personne,
01:12vu les enjeux énormes pour le pays,
01:14mais un sujet d'idées et de projets très concrets pour vraiment remettre la France sur les rails,
01:20en mettant certains thèmes vraiment en haut de la pile.
01:23L'un d'entre eux, c'est la revitalisation du territoire qui est le sujet clé dont on va parler
01:28au cours de ces deux jours.
01:29Est-ce que précisément, avant d'évoquer cette revitalisation du territoire,
01:34et qui est évidemment un élément clé et dont on a un peu parlé d'ailleurs lors du débat hier,
01:39mais d'abord, votre regard sur le débat d'hier,
01:42est-ce qu'on a là les grandes lignes de la campagne qu'on va vivre pour les huit prochains
01:47mois ?
01:49En partie, oui, mais pas complètement.
01:51C'est-à-dire d'abord parce qu'il n'y a pas forcément tous les candidats présents hier.
01:55Ensuite, parce que les formats ne permettent pas toujours d'aller au bout des idées.
01:59Puis troisièmement, parce que comme il s'agit d'une invitation du MEDEF,
02:02c'est forcément, et c'est normal, très centré sur les questions économiques.
02:06Donc je pense que ce qu'on a eu hier, c'était notamment quelque chose d'assez intéressant
02:10et assez complet sur les enjeux économiques.
02:14Mais il y a évidemment d'autres enjeux, par exemple géopolitique,
02:18et puis bien entendu tous les enjeux régaliens de la France
02:20qui ne peuvent pas être approfondis dans un cadre comme celui-là.
02:24En revanche, sur le plan économique qui est essentiel,
02:26des choses très importantes ont été dites, en effet.
02:28Alors justement, Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation nationale
02:32et président donc du Laboratoire de la République,
02:34vous soutenez Édouard Philippe aujourd'hui ?
02:37Non, pas spécialement.
02:38Il est invité, je l'apprécie beaucoup et je le considère digne d'exercer la fonction.
02:43Mais aujourd'hui, je ne suis pas en soutien d'un candidat
02:46puisque précisément, le but est de dire qu'il faut un projet de société.
02:49Ne parlons pas d'abord des personnes, il est légitime que des candidatures s'expriment,
02:53mais pour quoi faire ?
02:55Qu'est-ce que nous voulons au service de notre pays ?
02:57C'est ça qui est traité au cours des deux jours qui viennent à Sens.
03:01Et d'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'on a choisi la ville de Sens, il y a
03:04bien des raisons.
03:04D'abord parce qu'elle est emblématique de ce territoire qu'on a revitalisé, si vous voulez,
03:10avec de belles réussites et aussi des ambitions,
03:13mais aussi parce que nous voulons montrer qu'il y a la nécessité de rassembler aujourd'hui les Françaises
03:21pour des enjeux comme ceux-là.
03:23Vous le voyez, le slogan, c'est faire sens ensemble.
03:26C'est presque une définition de la République.
03:28On a besoin en France aujourd'hui d'être un peu moins dans le conflit.
03:33Justement, si on fait le lien entre le débat d'hier et certaines propositions qui ont été faites,
03:39je pense à celle d'Edouard Philippe, justement,
03:42concernant peut-être les règles commerciales et la concurrence évidemment chinoise,
03:48et si on fait un lien avec la revitalisation nécessaire de notre territoire,
03:54est-ce que la proposition d'Edouard Philippe, vous la reprenez ?
03:56Est-ce qu'elle vous paraît en tous les cas une bonne piste de travail ?
04:00Même si, pour le moment, c'est un peu le sentiment qu'on a,
04:03c'est qu'on a l'impression qu'il y a des idées qui sont sur la table,
04:05on attend de voir exactement, concrètement, comment tout cela pourrait se traduire.
04:10Mais concernant cette idée, il explique qu'à chaque fois qu'il y a un partenariat avec des Chinois
04:16et qu'il y a un investissement à l'étranger,
04:18il pourrait y avoir une forme de réciprocité qui pourrait s'appliquer dans notre territoire en France.
04:23Voilà quelque chose, en tous les cas, qui parle, je pense, aux gens qui nous écoutent.
04:27Est-ce que vous reprendriez cette idée-là ?
04:29Bien sûr.
04:30Je pense que les idées doivent être à la fois cohérentes entre elles,
04:34c'est-à-dire que ce ne sont pas des idées séparées,
04:36et en même temps, elles doivent être précises pour être rapidement applicables
04:40une fois qu'un président ou une présidente serait élue.
04:42Celle-ci, à mon avis, est une bonne idée.
04:44Tout ce qui va dans le sens de la réindustrialisation de la France va dans le bon sens.
04:49Tout ce qui va dans le sens aussi d'une vision qui nous protège
04:52par rapport à la concurrence déloyale dans le monde,
04:55notamment vis-à-vis de la Chine et des États-Unis, est très important.
04:59D'où l'importance d'avoir des règles françaises d'une part, européennes d'autre part,
05:03qui nous permettent d'être dans de la compétition loyale à l'échelle mondiale.
05:07Et c'est le genre de choses que nous prenons, évidemment, au laboratoire de la République.
05:13Nous avons, au cours des décennies récentes, été beaucoup trop candides
05:17par rapport aux enjeux de concurrence.
05:20Il est largement temps de réindustrialiser la France.
05:24Certaines choses ont bien commencé, d'ailleurs.
05:25Vous faites référence, par exemple, à notre façon d'aborder la Chine,
05:29il y a 25 ans, en disant « faut y aller, c'est formidable, faut aller investir là-bas ».
05:35Résultat, on s'est un peu tout fait piller, pardon de le dire comme ça,
05:38mais c'est un peu le sentiment que les Français ont.
05:41Oui, ils ont raison.
05:43Moi, j'ai toujours pensé ça, d'ailleurs.
05:44Je n'ai jamais été dans un enthousiasme excessif sur cette question.
05:47Alors, il fallait aller en Chine.
05:48Certains l'ont fait, et l'ont fait de manière pertinente.
05:51Mais il ne fallait pas le faire n'importe comment.
05:52Et surtout, il fallait rester vigilant sur les stratégies industrielles,
05:58c'est-à-dire qu'on ne devait pas perdre des capacités à faire
06:01et on ne devait pas se laisser doubler.
06:04Or, aujourd'hui, si vous regardez où en est la Chine,
06:06elle est extrêmement avancée,
06:08compris sur les enjeux de transformation écologique,
06:10d'électrification du territoire.
06:11La France garde de très solides atouts.
06:13Je pense à son énergie nucléaire,
06:14je pense à sa capacité de formation des ingénieurs,
06:18à toute une série d'atouts que nous avons.
06:20Un territoire fabuleux.
06:22Maintenant, le moment est venu d'avoir une grande stratégie type 1958,
06:26si vous voulez, et c'est aussi ce que nous prenons.
06:28C'est aussi pour ça que je prône la recréation d'une DATAR,
06:31ce que j'appelle une DATAR+,
06:32c'est-à-dire une capacité à réinvestir sur tout le territoire de manière équitable,
06:36de façon à ce que, à la fois le renouveau de l'agriculture
06:40et le renouveau de l'industrie soient à la base de la prospérité dont on a besoin.
06:44Et c'est possible.
06:45C'est une question de volonté politique, mais aussi de rassemblement.
06:48Jean-Michel Blanquer, peut-être qu'il faut rappeler à nos auditeurs ce qu'est la DATAR,
06:52parce que j'imagine que vous faites allusion à l'exemple américain.
06:55On peut le raconter peut-être pour expliquer,
06:57parce que c'est un élément qui permet des très grands investissements
07:00et c'est ce qui structure un pays.
07:02Mais comment ça marche ? Est-ce que vous pourriez nous l'expliquer ?
07:04Ça fait référence à la fois à la France des années 60 et aux États-Unis et à la Chine
07:10d'aujourd'hui.
07:11À la France des années 60, parce que la DATAR à l'époque a été vraiment un instrument d'investissement
07:17sur le territoire
07:18et je dirais presque de complicité entre l'État et les acteurs locaux
07:22pour que des grandes industries se déploient dans les grands domaines que j'ai cités d'ailleurs,
07:27comme le nucléaire ou par exemple l'aéronautique.
07:30Des sujets qui parfois ont été dans un cadre français,
07:33parfois déjà dans des cadres d'alliances industrielles européennes,
07:36les deux sont possibles.
07:38Et puis, comme vous le disiez, aux États-Unis,
07:41vous avez des agences, notamment dans le domaine de la sécurité,
07:45qui littéralement arrosent le monde économique sur des grands projets.
07:50On a besoin aujourd'hui aussi de motiver la France sur des grands projets.
07:53Je pense par exemple au canal, à toute la politique que nous devons avoir,
07:59de canaux fluviaux, que ce soit au nord avec le Havre et Paris,
08:03et le canal vers le nord, ou que ce soit au sud entre Marseille et Lyon.
08:07Nous avons besoin à la fois d'avoir une vision pour la France
08:11qui s'accompagne de transformations écologiques,
08:13d'où l'importance du fluvial et du ferroviaire,
08:16et qui s'accompagne aussi de projets qui vont créer de l'emploi, de la richesse.
08:21Justement, sur ce point, Jean-Michel Blanquer,
08:24j'entendais lors du débat hier Raphaël Glucksmann dire
08:28qu'on passe notre temps à faire du saupoudrage
08:30sur la réindustrialisation et sur la revitalisation des territoires.
08:34Donc c'est totalement lié.
08:35On est dans le sujet dont vous parlez,
08:36qui est l'objet de vos universités d'été de ce week-end.
08:40On fait du saupoudrage, on ne fait pas de choix.
08:43Et par exemple, il citait la filière bois, évidemment l'écologie.
08:48Est-ce que vous êtes partisans aussi
08:49que peut-être ce pays se décide à tracer une ligne
08:53et à dire, voilà, on choisit deux, trois, quatre grandes lignes d'investissement
09:00qui vont nous permettre d'être les meilleurs, au moins à l'échelon européen ?
09:05Oui, il faut évidemment des priorités.
09:08Parfois, elles existent un peu.
09:09Il ne faut pas non plus caricaturer la situation présente.
09:12Par exemple, si vous voyez ce qui s'est fait en matière de batteries électriques récemment
09:15avec l'installation d'une grande usine, méga, usine dans le Nord, etc.
09:20Donc il y a des domaines qui ont été définis.
09:23Il y a le projet qui s'appelle France 2030,
09:25qui n'est pas rien et qui aboutit à certains résultats,
09:27mais ce n'est encore pas à l'échelle.
09:29Donc en effet, il faut des grandes priorités,
09:31dont certaines sont incontournables parce qu'on ne peut pas être mauvais.
09:35L'exemple typique, c'est évidemment l'énergie.
09:37Il se trouve que la France est bonne là-dessus.
09:38Elle peut être encore meilleure, que ce soit au titre du nucléaire
09:41ou au titre de certaines énergies renouvelables,
09:44à condition que ce soit bien fait.
09:46Mais en tout cas, il est évident qu'on peut être une grande puissance énergétique,
09:49ce qui a beaucoup de sens dans un monde où, en deuxième lieu,
09:52ce qui est très important, ça va être l'arrivée de la révolution de l'intelligence artificielle,
09:55qui elle-même suppose de l'énergie propre, ce que nous sommes capables de faire.
09:59Donc déjà, sur ces deux enjeux, on ne peut pas être à la traîne.
10:02Il se trouve que sur l'enjeu du numérique, on a pris du retard,
10:04mais on a encore quand même quelques atouts.
10:05Donc il faut faire levier avec ces atouts-là
10:08et avoir une vision de la société qui prenne en compte l'intelligence artificielle,
10:12à la fois sur le mode offensif, c'est-à-dire être bon dans le domaine.
10:16On a des acteurs comme Mistral qui peuvent nous permettre de l'être.
10:20Et puis, sur le mode défensif, c'est-à-dire défendre nos libertés,
10:24éviter d'entrer dans un monde déshumanisé,
10:27tenir compte de l'IA dans les évolutions du système éducatif
10:30et de la vie de nos enfants.
10:31Tout ceci, ça compose un véritable projet de société.
10:34Nous avons des transformations gigantesques devant nous.
10:37Elles peuvent aller vers le très négatif ou vers le très positif,
10:40selon le projet politique qui va les canaliser.
10:43Jean-Michel Blanquer, pour terminer, parlons un petit peu de la rentrée,
10:45parce que vous êtes ancien ministre de l'Éducation nationale
10:47et pour beaucoup de Français, vous restez en mémoire
10:51comme quelqu'un qui a osé parler vrai au sein d'un ministère
10:53qui n'était pas toujours réformable et facile à manier.
10:56À deux jours de la rentrée, ça fait partie des annonces
10:59et des axes de travail d'Edouard Geffray.
11:02Il en fait une des priorités.
11:03Est-ce que vous diriez que le niveau scolaire en France est mauvais, comme lui ?
11:08Non, le niveau scolaire est hétérogène.
11:11Ce n'est pas tout à fait la même chose.
11:12Si nos auditeurs regardent autour d'eux,
11:14ils auront sans doute tous des exemples d'écoles, de collèges ou de lycées
11:18qui vont mal et d'autres qui vont bien.
11:20Donc là aussi, on a une grande hétérogénéité territoriale et sociale.
11:24Et donc, si vous regardez par exemple la Bretagne,
11:26sur le plan scolaire, elle va bien.
11:28De façon générale, il y a une frange ouest de la France
11:31qui va plutôt bien sur le plan scolaire.
11:32D'autres endroits, et notamment dans les grandes métropoles,
11:36qui vont mal.
11:37Et c'est lié aussi à beaucoup de phénomènes de société
11:40qui entourent l'école, pas forcément à l'école elle-même.
11:43Donc non, je ne pense pas qu'il faut dire des choses trop générales sur l'école.
11:45Il faut faire attention.
11:47Et par contre, il y a évidemment...
11:48Quand vous dites d'autres phénomènes, Jean-Michel Blanquer,
11:53vous pensez à quoi ?
11:53Vous pensez aux périphéries ?
11:54Vous pensez donc peut-être à l'immigration ?
11:56Oui, bien sûr.
11:56Et donc à une intégration qui est difficile ?
11:59Bien sûr, les ratés de l'intégration d'une part,
12:03les phénomènes de violence et de drogue d'autre part,
12:06tous ces sujets-là viennent percuter l'école.
12:08Et c'est évident que ça n'est pas facile
12:10et qu'il y a des pays où il y a moins ces phénomènes
12:12et donc c'est plus facile pour l'école.
12:14Il faut le dire clairement.
12:15Mais il y a aussi ce que l'école doit faire.
12:18Et puis n'oublions pas que l'éducation,
12:19ce n'est pas seulement l'école,
12:20c'est évidemment la famille.
12:21C'est aussi tout ce qu'on réussit à faire
12:23dans les temps de l'enfant, en dehors de l'école.
12:25Et là aussi, le projet de société,
12:26il doit être sur ce qu'on fait pour la culture,
12:28le sport, le contact avec la nature,
12:31des enfants pendant non seulement le temps scolaire,
12:33mais surtout en dehors du temps scolaire.
12:34D'où les différentes choses que j'avais pu faire aussi,
12:36comme ministre de l'éducation,
12:37mais aussi des sports et de la jeunesse,
12:39c'est-à-dire ce qu'on a appelé les vacances apprenantes,
12:41le plan mercredi,
12:42toutes ces choses qui vont dans le bon sens,
12:44mais qui doivent aller beaucoup plus loin
12:45dans les temps à venir.
12:46L'actualité, sur le plan.
12:48Sur le plan, juste une chose,
12:49sur l'actualité, sur le plan de l'éducation,
12:52c'est aussi malheureusement
12:52beaucoup de fermetures de classes,
12:54et notamment dans les petits villages,
12:56et on est très écoutés dans les territoires.
13:00Pourquoi n'a-t-on pas un choix fort
13:02en matière de préservation des classes,
13:06quitte à ce qu'elles soient moins nombreuses ?
13:08Pourquoi ce choix systématique de dire
13:11qu'il y a un seuil en deçà duquel on ne descend pas ?
13:14Et malheureusement, vous savez ce qui se passe.
13:16Vous parlez de revitalisation
13:17au sein de vos universités d'été.
13:19Lorsqu'il y a une fermeture des classes,
13:21après, derrière,
13:21ce sont des parents qui s'en vont,
13:23ce sont des villages qui sont désertés,
13:25et c'est toute une série de...
13:26C'est une spirale, en réalité,
13:29et qui est très mauvaise.
13:30Bien sûr, mais je suis complètement d'accord avec vous.
13:32Et d'ailleurs, vous noterez que
13:33lorsque j'étais ministre de l'éducation nationale,
13:35on a fermé le moins possible d'écoles
13:38en milieu rural,
13:39et j'ai toujours tenu le discours,
13:41de la revitalisation des villages et des petites villes.
13:44Alors, parfois, la démographie,
13:47malheureusement, est tellement désastreuse actuellement
13:49que ça conduit à des fermetures inévitables,
13:51il faut le reconnaître.
13:52Mais néanmoins, on doit avoir...
13:53C'est ça, le volontarisme dont je parlais tout à l'heure.
13:55On doit avoir des stratégies complètes pour un territoire.
13:58Bien sûr, on en manque.
13:59Et c'est pour ça,
14:00j'ai fait tout ce que j'ai pu
14:01lorsque j'étais ministre de l'éducation sur ces questions.
14:04Les uns et les autres peuvent regarder.
14:06Sur le plan rural, on a fait des choses.
14:07Mais il est évident que ça va au-delà de l'éducation,
14:09c'est-à-dire que c'est des stratégies territoriales
14:11où vous vous dites réindustrialisation,
14:14renouveau de l'agriculture,
14:15renouveau des services publics,
14:17présence de l'école qui soit attractive pour des jeunes ménages
14:19qui, du coup, auront des enfants.
14:21Aujourd'hui, ce qui est catastrophique,
14:22c'est qu'on a 1,6 enfants par femme en moyenne
14:26depuis...
14:26Enfin, ça se dégrade année après année.
14:28Mais le désir d'enfants, c'est 2,3.
14:30Donc, qu'est-ce qu'on fait pour atteindre le 2,3 ?
14:33Pour que, tout simplement, les jeunes couples
14:35aient le nombre d'enfants qu'ils souhaitent avoir
14:37parce qu'ils auront un cadre agréable.
14:39Le logement, par exemple,
14:40on a une immense crise du logement,
14:41alors que vous avez des logements et des commerces
14:44qui ferment dans les petits villages.
14:46C'est vraiment un crève-cœur.
14:47Donc, c'est pas en ayant une politique du laisser-faire
14:51que les choses vont s'améliorer,
14:52c'est en ayant une vision pour le territoire.
14:54Et c'est ce qu'on va prôner
14:56en ayant une vision pour le territoire.
14:57Tous les sujets viennent avec.
14:59L'économie, l'école, la santé, bien sûr.
15:01Et le pouvoir d'achat.
15:03Et le pouvoir d'achat.
15:04Donc, on va prôner, par exemple,
15:05pour vous donner un exemple,
15:06et bien sûr, le pouvoir d'achat...
15:07Et on termine avec ça, Jean-Michel Blanquer, allez-y.
15:10C'est la régionalisation de la santé.
15:12Une des propositions qu'on va faire...
15:14On en a parlé sur cette antenne cette semaine.
15:16D'ailleurs, Xavier Bertrand fait partie des personnes présentes.
15:20C'est un ancien ministre de la Santé,
15:21il en dira un mot aussi.
15:22Mais c'est régionalisation de la santé,
15:25c'est-à-dire donner cette responsabilité aux régions
15:27et avoir une politique de prévention.
15:29Vous savez que notre santé,
15:30c'est 80% de la prévention,
15:3220% du curatif.
15:33Or, nous mettons tout l'argent sur le 20%.
15:35Merci.
15:36Comment demain, on peut avoir de la médecine
15:38et des infirmiers au plus près des gens ?
15:39Ça fait partie, évidemment, des enjeux majeurs.
15:42Merci infiniment, Jean-Michel Blanquer,
15:44de nous avoir accordé du temps
15:45et bonne université d'été du côté de Sens.
15:48Vous êtes ancien ministre de l'Éducation nationale
15:50et président du laboratoire de la République.