00:057h34, ils sont bons pour commenter le réel mais pas pour prendre des mesures concrètes.
00:11Cette phrase a été entendue à la sortie du débat hier qui a opposé les candidats à la présidentielle.
00:16Sept candidats face au patron du MEDEF.
00:19Le MEDEF avait organisé à l'occasion de ces réunions annuelles ce grand débat
00:25qui en réalité a été le premier de la saison.
00:27C'était un examen de passage obligé à 8 mois de la présidentielle dans le stade Roland-Garros.
00:33Et nous sommes en ligne avec Vincent Furlan.
00:36Vincent Furlan, il est représentant des jeunes entrepreneurs en Haute-Garonne.
00:40Bonjour Vincent Furlan, merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:44On vous a vu face aux 7 candidats hier.
00:47Vous êtes à la tête d'un cabinet de recrutement.
00:48Et vous avez posé, j'ai envie de dire, la question qui intéresse le plus les Français.
00:52C'est celle de la fiche de paie et concrètement la différence entre le super brut, le brut et le
00:59net.
01:00Alors, est-ce que vous avez, c'est ma première question, été convaincu ou pas ?
01:04Est-ce que vous avez été convaincu par les réponses ?
01:08Alors, merci de me recevoir.
01:11En effet, pour le coup, les réponses ont été quand même assez floues.
01:17Je n'ai pas eu de réponse exacte à mes questions.
01:19Il y a des candidats qui n'ont pas répondu du tout.
01:22Mais c'est vrai que je reste un peu sur ma faim.
01:25Même si, dans l'ensemble, le débat s'est bien passé.
01:28Je n'ai pas forcément de réponse à ma question concrète.
01:32Vincent Furlan, qui a été le plus proche à ce moment-là de votre question ?
01:37Je dirais que, peut-être que M. Attal, M. Rotaillot, ont proposé des solutions qui étaient assez concrètes.
01:46Mais, encore une fois, je n'ai pas de préférence spécifique pour les réponses, en tout cas.
01:51Mais c'est peut-être eux qui se sont rapprochés le plus de la question.
01:55Oui, on rappelle que l'écart entre le super brut et le net, c'est la somme que...
01:59Le super brut, c'est celle que le patron doit payer.
02:02Parfois, elle n'est pas sur la fiche de paie.
02:04Et le net, c'est celui que touche le salarié.
02:07Et il y a une très grosse différence.
02:09Hier, quel est l'exemple que vous avez donné ?
02:11Rappelez-le-nous, peut-être.
02:13Alors, moi, j'ai donné l'exemple d'un salarié qui était embauché à 2 900 euros brut.
02:19J'ai choisi ce chiffre parce que je me fais un porte-voix de l'ensemble des chefs d'entreprise
02:25de France.
02:25Bien sûr.
02:26C'est vrai qu'il n'y avait pas de choix qui a été spécifique.
02:30Mais c'est vrai qu'on est quand même en dessous d'un salaire moyen en France aujourd'hui.
02:35Et j'expliquais qu'on est sur un salaire net à 2250 et que ça coûte aujourd'hui à une
02:41entreprise 4 100 euros,
02:42ce qui est presque le double.
02:43Et ce qui fait qu'aujourd'hui, ça bloque quand même la compétitivité,
02:47le développement de sociétés de services comme la mienne,
02:50qui quand même depuis deux ans souffront quand même pas mal.
02:53Oui. Dans les réponses de Gabriel Attal et de M. Retailleau,
02:56qui ont essayé d'être les plus proches, enfin les plus précis en tous les cas,
03:00est-ce que vous avez senti une volonté et un mécanisme qui pourraient faire en sorte
03:05qu'il y ait du super brut et il y ait des charges qui disparaissent un peu pour qu'il
03:09y ait un peu plus de net ?
03:12Alors, je pense que les efforts qu'ils souhaitaient réaliser,
03:16notamment M. Attal, portaient plutôt sur les charges sociales
03:19pour passer du brut honnête de manière plus importante.
03:26Et oui, en fait, ils ont lancé un peu leur campagne,
03:33mais ils n'ont pas donné d'explication précise sur comment on va faire,
03:37de combien on va descendre et comment on va faire aussi pour réaliser
03:40cette économie.
03:41Oui, on va dire, peut mieux faire, ce n'est pas encore satisfaisant.
03:44Vous qui avez assisté à l'ensemble de ce meeting,
03:48non, de cette campagne, de ce moment, en tous les cas,
03:54de questions-réponses entre les patrons et les candidats,
03:59la question de la réindustrialisation,
04:01lorsque la gauche dit qu'il faut savoir faire des bons choix,
04:05ceux de M. Glucksmann ou de M. Mélenchon,
04:07qui disent qu'aujourd'hui on fait du saupoudrage et qu'il faudrait choisir.
04:10Est-ce que ça, par exemple, ça fait partie des choses, vous vous dites,
04:13c'est plutôt une bonne direction ?
04:19Difficile de se prononcer, pour le coup, pas forcément.
04:25Ça reste des discours, en fait, qui sont un peu trop flous pour nous.
04:31La seule chose que je retiens de ce débat,
04:34c'est que j'ai l'impression qu'ils sont venus pour nous écouter,
04:37que la relation entre les patrons et les politiques s'équilibre,
04:41là où avant c'était très descendant et on devait un peu subir tout ce qui se décidait.
04:46Oui, si on oppose les deux extrêmes,
04:48on a le sentiment que Marine Le Pen a essayé de rassurer,
04:50pendant que Jean-Luc Mélenchon, lui, n'a rien fait pour.
04:53Est-ce que c'est également votre sentiment ?
04:55Oui, complètement.
04:57Certains de vos collègues disaient que c'est le programme qui inquiète le plus,
05:00celui de Mélenchon.
05:02C'est celui qui se rapproche le moins d'une croissance économique rapide
05:07et d'un relant que tous les chefs d'entreprise attendent de ce prochain quinquennat.
05:14Vincent Furlan, représentant de Jeunes Entrepreneurs en Haute-Garonne.
05:17Deux petites questions pour terminer.
05:19D'abord, la concurrence chinoise.
05:21J'ai entendu qu'Edouard Philippe voulait essayer d'établir un donnant-donnant,
05:24une forme de réciprocité qui consiste à obliger les entreprises étrangères
05:28à investir avec un partenaire français en France.
05:31Par exemple, ça, du point de vue du patron, est-ce que ça vous paraît réaliste ?
05:37C'est quelque chose qui peut être intéressant.
05:39Encore une fois, c'est des idées qui sont un peu lancées en l'air.
05:43Sans de propositions concrètes de comment établir les choses.
05:47Mais pour le coup, oui, c'est quelque chose qui peut être quand même assez intéressant
05:50d'un point de vue industriel.
05:52Finalement, le meilleur moment, Vincent Furlan,
05:54c'était la petite passe d'armes entre Edouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon.
05:57Lorsqu'il lui dit qu'on va devenir interdit bancaire avec vos idées, c'est ça ?
06:04Oui, le débat s'est quand même bien passé.
06:06C'est vrai qu'ils ont été assez virulents entre eux.
06:10Mais pour le coup, je pense qu'on peut dire que pour un premier débat face au patron,
06:14l'atmosphère a été quand même très positive.
06:16En tous les cas, merci infiniment, Vincent Furlan, de nous avoir partagé votre sentiment.
06:20Peu mieux faire, il y a quelques idées.
06:22Mais voilà, ce n'est pas encore totalement satisfaisant pour les patrons.
06:26On l'a bien compris.
Commentaires