00:007h09, c'est le coup de fil actu, votre rendez-vous témoignage.
00:04On aborde maintenant l'histoire de ce village envahi par les déchets.
00:07Tout est parti d'un arrêté de la préfecture de Paris qui autorise l'implantation d'une usine de stockage
00:12de déchets à 500 mètres d'habitation.
00:14650 personnes vivent aux côtés de 200 000 tonnes de déchets toxiques déversés chaque année.
00:20Le site pourrait passer jusqu'à 250 000 tonnes.
00:24On est avec Pascal Potier, habitant de la ville de Guitrancourt, secrétaire de l'association Allianz Nature Guitrancourt et Environ.
00:32Bonjour Pascal Potier, soyez le bienvenu sur l'antenne de Sud Radio.
00:37Est-ce que vous pourriez d'abord nous expliquer quelles sont les nuisances pour les habitants de ce village au
00:43quotidien ?
00:45Au quotidien, on a peu de nuisances.
00:50Cependant, régulièrement, on sent des odeurs de gaz H2S qui est issu de la putréfaction des déchets.
00:58Et puis, par le passé, on a eu des tirs de mines.
01:01Il faut dire que la carrière est ouverte depuis 1984.
01:04On y stock des déchets depuis cette époque-là.
01:07Et donc, on a eu des tirs de mines qui n'existent plus aujourd'hui.
01:11On a eu des tirs de mines tous les mercredis avec des maisons qui tremblent.
01:13Et aujourd'hui, on nous annonce donc une énième extension de l'activité.
01:20Depuis 1984, on a eu pas loin de 18 autorisations préfectorales pour augmenter les dimensions de la carrière,
01:29augmenter le type de déchets, les produits chimiques, etc.
01:32C'est ce que je vois.
01:33Le lieu existe depuis 1984.
01:34S'étend sur 76 hectares à réceptionner près de 4 millions de tonnes de déchets non dangereux
01:39et 6 millions de déchets dangereux qui, pour la plupart, proviennent des travaux du Grand Paris.
01:45C'est ça aussi.
01:47Comment en est-on arrivé là ?
01:49Vous n'avez pas dit stop avant ?
01:52Alors, je vais juste préciser que le Grand Paris contribue, évidemment.
01:57Mais nous accueillons aussi des déchets ménagers, des déchets de tous types,
02:03sauf le nucléaire et les déchets d'hôpitaux.
02:06Oui. Mais le fait que vous ayez quand même des habitations à 500 mètres
02:10devrait inquiéter et sensibiliser peut-être la préfecture.
02:13Vous les avez, j'imagine, depuis un petit moment sollicitées.
02:17Qu'est-ce qu'ils vous disent ?
02:18Même si notre association est récente, elle n'a que deux mois,
02:23nous avons, au sein d'un collectif, écrit à la préfecture.
02:27Pas eu de réponse.
02:28Nous avons écrit à Benjamin Lucas, notre député des Yvelines,
02:33qui, lui, est intervenu auprès de la ministre à l'Assemblée nationale.
02:37Mais ça ne va pas plus loin pour le moment.
02:39Nous avons pas mal de journalistes qui nous suivent.
02:42Et nous avons écrit un recours gratieux auprès du préfecture
02:47pour attaquer l'arrêté d'autorisation environnementale.
02:50Pascal Potier, est-ce que vous croyez que, finalement,
02:53dans la tête des politiques, ils se disent,
02:55de toute façon, il faut bien qu'il y ait un endroit où on stocke les déchets.
02:59On le fait là depuis 1984, donc tant pis, on continuera.
03:04Eh oui, c'est exactement ça.
03:06C'est une fuite en avant.
03:07On va continuer de stocker les déchets au même endroit.
03:10Et surtout, on va éviter de se poser la vraie question qui est,
03:14mais comment on crée les déchets ?
03:15Comment on pourrait les stocker à l'origine de l'émission ?
03:20S'en occuper les trier ?
03:23Voilà.
03:23Ça, on évite de se poser la question.
03:25C'est très facile de stocker toujours sur les mêmes, ça c'est sûr.
03:29Oui, oui, vous avez raison.
03:30Il y a un deuxième site en Ile-de-France et à Ville-Parisie,
03:34je pense qu'ils ont la même problématique.
03:36Est-ce qu'il y a un risque environnemental avec ces déchets qui sont stockés,
03:41dont certains sont dangereux ?
03:43Alors, même si ça n'a plus rien à voir avec la gestion des décharges en 1950 et 1960,
03:51aujourd'hui, il reste quand même le risque d'émanation,
03:56puisque, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, il y a du H2S, donc on le sent.
04:01Régulièrement, on peut aussi avoir des incendies, c'est possible,
04:05avec le déploiement des forces de pompiers pour aller éteindre des déchets,
04:09parce qu'en fait, quand les déchets arrivent, il peut y avoir à peu près n'importe quoi dedans,
04:13et peut-être même du combustible, et donc de temps en temps, ça peut brûler.
04:17Très rapidement, Pascal Poitier, est-ce que vous lancez un appel ce matin ?
04:20Est-ce que vous profitez du micro de Sud Radio pour lancer un message ?
04:25Très clairement, moi, j'appelle effectivement tous les riverains de notre village,
04:31mais aussi des riverains des villages voisins, à venir nous rejoindre.
04:35On va sortir un flyer sous peu, pour essayer de lutter et porter notre parole à la préfecture
04:42et chez les ministres.
04:43Merci infiniment, Pascal Poitier, habitant de la ville de Guy Trancourt,
04:46secrétaire de l'association Alliance Nature Guy Trancourt,
04:50et environ au sujet de ce village envahi par les déchets.
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