00:00Soyez libre sur Sud Radio avec ce matin Louis Nadeau, bonjour.
00:04Bonjour Maxime.
00:05Journaliste à Marianne et ce matin, vous êtes amusé à faire une petite liste
00:09et vous allez vous amuser à même comparer quelque chose qui, on va dire,
00:13approche les foules des politiques.
00:15Ah oui, là c'est la foule. Alors attention, vous êtes prêts pour la liste ?
00:19Nathalie Arthaud, François Asselineau, Gabriel Attal, Clémentine Autain,
00:23Jordan Bardella, Delphine Bateau, Xavier Bertrand, Karim Boimran,
00:26Bernard Cazeneuve, Nicolas Dupont-Aignan, Raphaël Glucksmann, Jérôme Gage,
00:30François Hollande, Anès Cazib, Selma Labib, Marine Le Pen, David Lissnard,
00:34Michel-Édouard Leclerc, Benjamin Lucas, Lydie Massard, Jean-Luc Mélenchon,
00:37Edouard Philippe, Florian Philippot, Mathieu Pigasse, Bruno Rotaillot,
00:40Ségolène Royal, Fabien Roussel, François Ruffin, Marine Tondelier,
00:45Dominique de Villepin, Éric Zemmour.
00:47On a même besoin d'une respiration.
00:48Ils sont tous candidats ou se préparent à l'être d'une manière ou d'une autre.
00:52Candidats à quoi ? Mais à l'Élysée, pardi, vous les connaissez tous, bravo.
00:56La moitié, c'est normal. Le tiers, voire le quart, c'est le plus probable.
01:01Ça n'empêche pas tout ce petit monde de prétendre à présider au destiné de la France, au moins en
01:07théorie.
01:08Mais attendez, quand on entend votre liste, ce ne serait pas une liste un peu trop longue, là ?
01:12Ah si !
01:13Alors, entendons-nous bien, être candidat, même quand les sondages vous mettent à 5%,
01:18c'est parfaitement légitime et c'est sain d'un point de vue démocratique.
01:22Une élection, surtout présidentielle, c'est le moment de mettre sur la table toutes les idées,
01:27y compris les plus radicales, y compris les plus minoritaires,
01:31et de les soumettre à la sagesse des Français.
01:34Sinon, pourquoi s'embêter à les faire voter ?
01:36Et on prend le chouchou d'Ipsos ou d'Iphop, on lui donne les clés du camion,
01:41et chacun économise deux dimanches et des mois de campagne.
01:45Et alors, pardon mon cher Louis, mais pourquoi j'ai l'impression dans ce cas-là de vous entendre râler,
01:48si c'est tout ça, si ça révèle un élan démocratique absolument en majeur ?
01:52Eh bien justement, parce que le souci de la représentation démocratique,
01:56du combat d'idées à la loyale,
01:58n'est pas du tout ce qui motive une bonne partie de ces égotripes.
02:02Prenons au hasard l'espace de la social-démocratie et même du centre-gauche.
02:07A-t-il vraiment besoin de huit candidatures différentes ?
02:12Pouvez-vous m'expliquer la différence profonde entre Hollande et Cazeneuve ?
02:17Entre Cazeneuve et Glucksmann ?
02:19Entre Glucksmann et Boamram ?
02:21Ça devient grotesque.
02:23Chacun s'y voit, chacun veut son quart d'heure orwellien, version politique.
02:28Un passage aux 20 heures, une invitation à France Inter,
02:31voire à quotidien pour les plus chanceux.
02:34Il s'agit de se montrer, de faire l'important.
02:38Ça pourra toujours servir.
02:39Qui sait, avec un peu de chance, on pourra avoir un ministère.
02:42On a posé des jalons pour la suite de sa carrière.
02:45On a passé une tête, on a fait de la com' comme Gabriel Attal.
02:49Coucou c'est moi, regardez comme je suis sympa.
02:52Ou bien, on a préservé la petite boutique, la marque, la chapelle.
02:56Expliquez-moi par exemple ce qui empêche Ruffin et Roussel de rouler ensemble
03:00si ce n'est le besoin impérieux et un peu puérile d'une candidature estampillée
03:07parti communiste français à la présidentielle.
03:10Elle est loin la rencontre d'un homme et d'un peuple.
03:13Pourtant, ça relève quelques aspirations.
03:15Est-ce que vous n'êtes pas un peu dur dans votre analyse, mon cher Louis ?
03:17Un peu, mais au fond, à force de transformer l'élection en casting de télécrochets,
03:22de faire passer les ambitions intimes avant les intimes convictions,
03:25c'est la fonction présidentielle elle-même qui finit par en pâtir.
03:29Ce que je reproche à toutes ces candidatures de pacotille, au fond,
03:33c'est de ne pas être tout à fait sincère.
03:35Quand on renonce à la volonté de convaincre pour flatter une clientèle,
03:38quand les petites mesquineries d'appareil remplacent la perspective majoritaire,
03:43on abîme la politique tout entière.
03:47La présidentielle doit être un moment de vérité, pas un instant de vanité.
03:51C'est ça, et j'attendais en effet la bonne punchline.
03:53Pardonnez-moi, merci beaucoup Louis Nadeau,
03:54qu'on retrouve journaliste à Marianne,
03:57qu'on peut d'ores et déjà retrouver bien sûr en kiosque.
03:58Et sur le site internet, vous restez avec nous mon cher Louis,
04:00parce qu'à partir de 8h30, vous revenez pour le grand débrief de la matinée.
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