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  • il y a 2 mois
Faut-il craindre un « septembre rouge » ? À quelques jours de la rentrée, le pouvoir d'achat des Français reste sous tension. Les prix dans les rayons pourraient encore bouger alors que les effets de la canicule se font sentir sur la filière agricole. Pour en parler, Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, est face à Marc-Olivier Fogiel dans RTL Matin.
Regardez Face à Fogiel du 26 août 2026.

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Transcription
00:01Faire RTL Matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:07Et avec Marc-Olivier Fogiel à 8h17 face à Fogiel.
00:11Bientôt le retour des vacances pour des millions de français.
00:14Et pour la rentrée, ils sont nombreux à redouter le passage en caisse.
00:17A quoi doivent-ils s'attendre ?
00:19Marc-Olivier, vous recevez ce matin le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard.
00:22Bonjour Alexandre Bompard.
00:23Bonjour.
00:23Et ces millions de français, pas chez vous chaque jour, dans vos rayons.
00:26Vous êtes une sorte de baromètre de la santé économique du pays.
00:30Alors pour cette rentrée, est-ce que ces français doivent s'attendre à un coup de bambou tarifaire à la
00:34caisse ?
00:34Ils vont payer beaucoup plus cher ?
00:36Non, vous le disiez d'ailleurs dans votre journal de 7h30, les français ne sont jamais autant serrés la ceinture.
00:41Ils ont deux bonnes nouvelles en cette rentrée.
00:43Deux bonnes nouvelles ?
00:44Il n'y en a pas tant que ça, il y en a deux.
00:46La première bonne nouvelle, c'est que les prix alimentaires sont stables, entre 0 et 1%.
00:52Ils ne vont pas augmenter, parce qu'Olivier Devers chez nous parlait de septembre rouge.
00:56Vous vous dites septembre vert.
00:57On a parlé tout le printemps de septembre rouge et carlate, etc.
01:00Les prix alimentaires ont été à 0 au cours de l'été.
01:04Ils sont entre 0 et 1%.
01:05Ça ne veut pas dire qu'à l'intérieur de ça, il n'y a pas des prix en forte
01:08augmentation.
01:09Les fruits et légumes, on y reviendra.
01:10Mais au global, le panier alimentaire est entre 0 et 1%.
01:14On va voir comment c'est possible.
01:16Première bonne nouvelle.
01:17Prix alimentaire stable.
01:19Deuxième bonne nouvelle, les prix de la rentrée scolaire sont en baisse.
01:24De combien ?
01:25Un élève qui rentre en sixième.
01:27En gros, son panier est en baisse de 14% pour faire ses courses de rentrée.
01:33Les sacs, les compas, les stylos, tout ça, ça baisse de 14%.
01:37Par rapport à l'année dernière.
01:38Par rapport à l'année dernière.
01:39Donc, l'année dernière, c'était 210 euros.
01:41Vous avez un élève de sixième, c'était 210 euros.
01:45Aujourd'hui, c'est 180 euros.
01:47Ça a baissé de 14%.
01:48Comment c'est possible ?
01:49Excusez-moi, on parle de la crise au Moyen-Orient, du coût du plastique qui flambe.
01:54D'ailleurs, dans un autre registre, Cristalline, votre eau, ce que vous vendez le plus, ça prend 6%.
01:59Comment c'est possible de nous annoncer moins 14% avec des hausses ?
02:04Il y a bien quelqu'un qui perd quelque part.
02:05La grande distribution a joué son rôle.
02:08C'est-à-dire ?
02:08Elle a négocié.
02:10Elle a négocié en décembre, en janvier, en février, jusqu'à la clôture des négociations.
02:15Oui, mais donc avant la crise au Moyen-Orient.
02:17Avant la crise, mais les prix s'appliquent pour l'année.
02:19Elle a négocié avec les grandes multinationales.
02:21Mais ça va dire que le coup de bambou, il arrive, après.
02:23Ça veut dire que, d'abord, prenons ce qu'on a.
02:25On avait beaucoup dit, septembre, vous verrez, ça sera très difficile.
02:28Les prix sont soit stables en alimentaire, soit à la baisse pour des catégories de rentrée scolaire.
02:34Bonne nouvelle pour les ménages qui le voient aujourd'hui quand ils font leurs courses.
02:37C'est ça qu'on a aujourd'hui, c'est ça que les Français...
02:39Mais pendant combien de temps ?
02:40Ça, ça va nous conduire jusqu'à la fin de l'année, jusqu'à mars prochain, qui sera la clôture
02:46du prochain round de négociations.
02:48On ne sait pas ce que donnera ce prochain round de négociations avec les grandes multinationales.
02:51Mais prenons celui qu'on a déjà là.
02:53On avait dit septembre, et ça sera très difficile.
02:55Donc c'est les deux bonnes nouvelles que vous annoncez.
02:57Mais vous dites les prix et légumes.
02:58Les prix et légumes, avec l'été qu'on vient de passer, comment ils sont stables à la rentrée,
03:04avec des agriculteurs qui n'arrivent pas à boucler les fins de mois.
03:07Ça veut dire que, vous me dites, la grande distribution joue son rôle, elle égorge les agriculteurs.
03:11Alors, vous avez raison, les fruits et légumes, ils ne sont pas stables.
03:15Ils sont en augmentation forte pour un certain nombre de catégories.
03:19Et lesquels ?
03:20Les légumes à fruits, les tomates, les courgettes, les salades pour les légumes à tiges.
03:26C'est-à-dire, tous les produits qui sont des produits d'été.
03:30Parce qu'il y a eu une canicule, parce qu'il y a de la sécheresse, parce qu'il y
03:32a eu une très forte demande.
03:34Au global, là, il y a une augmentation forte, et les Français l'ont vu tout l'été.
03:37Quand je vous dis prix alimentaire stable, c'est l'ensemble du panier qui veut dire qu'il y a
03:41des produits en forte baisse,
03:43et d'autres produits qui sont les produits, notamment les fruits et légumes, en hausse.
03:47On a accompagné les agriculteurs dans cette hausse-là.
03:50Vous savez que dès le 14 août, Carrefour a été la première enseigne à dire
03:53quel est le plan d'urgence qu'on met en œuvre pour aider les agriculteurs.
03:57Et il y avait notamment accepter cette hausse, accepter des nouveaux cahiers des charges,
04:03accueillir dans nos magasins des nouveaux calibres.
04:03Les nouveaux cahiers des charges, c'est important, on en parle sur RTL depuis la rentrée,
04:07c'est-à-dire des fruits et légumes moches, on va dire, ou plus petits.
04:10Il faut s'habituer à ça.
04:11Avant, vous ne pouviez pas les accepter.
04:13Vous disiez aux agriculteurs, ceux-là, on ne les prend pas.
04:15Là, vous prenez des fruits et légumes à calibre plus petit, etc.
04:18Est-ce que, puisque cette canicule et cet réchauffement climatique,
04:22on a bien compris qu'il va falloir s'y habituer,
04:24est-ce qu'il va falloir s'y habituer à avoir des fruits et légumes moches ou plus petits
04:28et que finalement, ce n'est pas juste une dérogation pour le moment,
04:31ça va être quelque chose au long terme, au long cours ?
04:33L'agriculture, elle est en adaptation absolue face à l'aléa climatique.
04:38Et l'aléa climatique, ce n'est plus un aléa, il devient souvent très régulier année après année.
04:43Et ça, des traductions extraordinairement fortes, baisse des rendements, baisse des calibres.
04:48Et en effet, il faut qu'on soit capable, chaque année, quand ça surviendra,
04:51ça ne surviendra peut-être pas à chaque fois,
04:53d'accepter immédiatement les fruits et légumes d'un calibre différent.
04:58Donc vous avez raison, vous arrivez en magasin, vous avez des radis plus petits,
05:01vous avez des pommes de terre plus petites,
05:03vous retrouverez des frites dans quelques semaines plus petites,
05:05et il faut que le consommateur l'accepte.
05:09Et accepte de payer plus cher aussi ces fruits et légumes.
05:10Ce que vous dites aussi aux consommateurs,
05:13ok, il y a une rentrée stable, parce qu'il y en a, on a bien compris,
05:15des produits plus élevés et d'autres moins élevés,
05:17mais ces fruits et légumes, il faut que vous acceptiez de les payer plus cher.
05:20C'est ça la réalité.
05:21Et que vous ne retrouverez pas les prix d'avant inflation, d'avant 2021-2022.
05:26Alors d'abord, en général, sur l'alimentaire, on ne retrouvera pas les prix d'avant Ukraine.
05:30Les Français, ils ont vécu dans leur chair cette augmentation de 20% des prix.
05:34Sur les fruits et légumes, en effet, vous avez raison,
05:36quand il y a des crises aussi fortes que celles que connaissent les agriculteurs.
05:41Sécheresse, canicule, grêle, excès d'inondation,
05:43vous avez une augmentation naturelle.
05:45Il y a deux choses qui doivent être faites.
05:46Nous, il faut qu'on soit encore plus rigoureux sur nos marges commerciales,
05:50qu'on les comprime, qu'on soit plus efficace.
05:52Et puis, le consommateur, il faut qu'il achète français.
05:55Il faut qu'il décide...
05:56Les Français, ils adorent leur agriculture.
05:58C'est le moment d'acheter français.
06:00Les prix agricoles français...
06:01Vous leur dites payer plus cher.
06:02Les prix agricoles français sont un peu plus chers dans un certain nombre de catégories
06:06que les prix européens.
06:08Il faut soutenir les prix français.
06:10Et il faut accepter les petits caléments.
06:11Pour les Français, ils ne sont pas nombreux,
06:13mais qui ont la chance de partir en vacances à l'étranger.
06:15Ils voient bien, pas si loin, en Italie, etc.,
06:17qu'ils les payent beaucoup moins cher que chez vous, les fruits et légumes.
06:20Pourquoi les fruits et légumes français sont plus chers qu'ailleurs ?
06:23Ça, c'est le grand sujet de la compétitivité de la ferme France.
06:26Quand vous parlez aux agriculteurs, ce que je fais toutes les semaines,
06:30contraintes réglementaires, coût du travail plus élevé,
06:34normes excessives, difficulté de structuration des fermes, au global...
06:37Ce n'est pas marge excessive de Carrefour sur les fruits et légumes ?
06:40Parce que comme vous n'en faites pas sur Nutella et sur les industriels,
06:42vous les faites sur le dos des agriculteurs.
06:44D'abord, c'est un sujet sur lequel je suis très à l'aise.
06:46Les fruits et légumes chez Carrefour sont les moins chers de France.
06:48Et chaque jour, un porteur de carte Carrefour,
06:50il a 15% de remise sur les fruits et légumes.
06:52Premier sujet.
06:53Deuxième, qui est plus important, c'est qu'au global,
06:57ce n'est pas du tout lié à ça.
06:58C'est que les prix, la production dans les autres pays européens
07:03se fait à des niveaux de contraintes beaucoup plus basses.
07:05C'est lié à ça.
07:06Et donc, les prix sont plus bas, les fraises sont plus basses.
07:09Tous les prix, tous les produits qui viennent d'autres pays européens
07:12sont en général à des prix plus bas que les prix de l'agriculture française.
07:17Et la consommation a un mot.
07:18Est-ce que les Français continuent à consommer normalement
07:21ou alors il y a une baisse de la consommation
07:23parce que les Français n'ont plus les moyens de consommer ?
07:25Les Français se sont habitués à cet environnement de crise.
07:27Et donc, la consommation, elle tient.
07:30Elle tient, la consommation.
07:31Elle tient depuis le début de l'année.
07:32Là aussi, j'ai entendu au moment d'Ormose,
07:34vous allez voir ce que vous allez voir.
07:36La réalité, c'est que la consommation, elle tient.
07:39Elle est assez solide.
07:41Les Français ont essayé, dans toutes les mesures de leurs moyens,
07:44de se faire plaisir.
07:45Et donc, ça tient.
07:45Donc, vous nous annoncez deux bonnes nouvelles.
07:47Finalement, une consommation qui tient.
07:48Des Français, finalement, qui consomment.
07:50Pas de façon flamboyante, mais ils consomment.
07:52Et avec des prix qui vont être stables à la rentrée,
07:55assez longtemps.
07:56Et une baisse significative sur les produits de rentrée scolaire.
08:00Tout ça dans un contexte économique compliqué.
08:02Le budget, Céline recevait David Damiel lundi.
08:06Tout le monde va devoir se serrer la ceinture.
08:08On se souvient de cette surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises.
08:11Vous êtes une énorme entreprise.
08:13Le plus grand employeur privé français.
08:16Cette surtaxe, elle devait être provisoire.
08:18On a bien compris que vous allez devoir repasser à la caisse,
08:20cette année encore.
08:22Le provisoire est devenu définitif.
08:24Quelle surprise.
08:25Je le savais il y a deux ans.
08:27Donc, la taxe et la surtaxe va être à nouveau votée.
08:30J'en suis certain.
08:31Qu'est-ce qu'elle a comme conséquence ?
08:32D'abord, sur 145 pays, on a le taux d'impôt sur les sociétés le plus élevé.
08:36145ème sur 145.
08:38Qu'est-ce que ça a comme conséquence ?
08:39Une négative pour les grandes entreprises, mais ce n'est pas le problème.
08:42Non, parce que là-dessus, vous n'allez faire pleurer personne.
08:43Vous avez de l'argent, vous en donnez.
08:44Et je cherche à faire pleurer personne.
08:45C'est surtout très négatif pour les Français.
08:47Mais pourquoi pour les Français ?
08:48Vous avez de l'argent, vous le redistribuez aux Français.
08:49Parce que quand les grandes entreprises ne sont plus compétitives en France,
08:53qu'est-ce qu'elles font ?
08:54Elles investissent moins.
08:56Elles passent moins d'accords avec les petites entreprises.
08:59Elles ont moins d'innovation.
09:00Et au final, qu'est-ce qui se passe ?
09:02Il y a moins d'emplois.
09:03Le taux de chômage...
09:04Donc là, vous dites ce matin clairement au gouvernement, vous allez nous taxer.
09:07Mais finalement, c'est vous qui allez le payer, puisque finalement, votre taux de chômage va flamber.
09:10C'est ce que vous dites ce matin.
09:11Je ne leur dis pas le taux de chômage va flamber, ce n'est pas aussi direct.
09:13Mais je leur dis, et ils le savent, pourquoi ils ont mis en place une politique de l'offre
09:16à l'arrivée d'Emmanuel Macron.
09:17C'est justement sur cette idée, il faut être compétitif pour investir, pour innover, pour créer de l'emploi.
09:22Donc Macron fait de l'anti-Macron.
09:23Quand on est à la fin du mandat aujourd'hui, et qu'on a la situation des finances publiques dans
09:27laquelle on est,
09:28et qu'on augmente l'impôt sur les grandes entreprises,
09:30qui sont désormais 10 points au-dessus de la moyenne européenne,
09:33et bien vous fragilisez cette politique de l'offre.
09:35Il y a moins d'investissement, il y a moins d'innovation, et il y a moins d'emploi.
09:38Ça, c'est dans les grandes entreprises.
09:40Donc vous allez repasser à la caisse.
09:41Les riches vont repasser à la caisse.
09:42Vous entendez cette rentrée, c'est les riches.
09:44On parle de la succession, on parle de qui va être...
09:47LFI veut prendre tout au-dessous de 12 millions.
09:50Vous comprenez qu'on demande aux riches de faire des efforts, indépendants de nos entreprises, aux riches tout court ?
09:54Le vrai sujet qu'on a collectivement dans cette campagne,
09:58c'est le sujet de l'état de nos finances publiques.
10:01On n'est plus capable aujourd'hui de mener des grandes transformations.
10:06On le sait ça Alexandre Bompard, mais est-ce que les riches doivent plus contribuer que les autres largement ?
10:09Et c'est eux qui vont être mis à contribution.
10:11Ce n'est pas la même bonne façon de prendre le problème.
10:13On peut réfléchir à tous les éléments.
10:15La question c'est sur 5 ans, qu'est-ce qu'on met en place ?
10:17Pour baisser les dépenses publiques, pour stabiliser les impôts de tous les Français ?
10:22Donc ce n'est pas la bonne façon de faire.
10:23Je ne crois pas que ce soit la bonne façon.
10:24La bonne façon, c'est de transformer notre état, c'est de transformer nos finances publiques.
10:29Et c'est d'avoir une approche sur 5 ans constante, sans aller-retour permanent.
10:33Merci beaucoup Alexandre Bompard, président, directeur général de Carrefour,
10:36pour ces bonnes nouvelles ce matin au micro d'RT.
10:38Merci à vous.
10:38Et merci Marc-Olivier Fogiel.

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