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  • il y a 7 semaines
Regardez Face à Fogiel du 17 décembre 2025.

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Transcription
00:00RTL Matin, Thomas Soto.
00:05Il est 8h18, face à Fogiel, l'interview de Marc-Olivier Fogiel.
00:08Ces mots sont attendus pour tenter d'apaiser la colère agricole grandissante.
00:12Mais chacune de ces expressions peut aussi devenir inflammable dans le contexte du moment.
00:16Marc-Olivier, vous recevez donc Annie Gennevard, la ministre de l'Agriculture.
00:20Bonjour Annie Gennevard.
00:21Bonjour.
00:22A la suite d'une journée très tendue hier, de deux réunions de crise avec le Premier ministre,
00:25entouré de plusieurs ministres et préfets, vous proposez donc d'accélérer la vaccination
00:29en annonçant la vaccination de 750 000 bovins.
00:34Sur le terrain, les agriculteurs sont toujours en colère.
00:37Ils disent non à l'abattage systématique des troupeaux.
00:39Toujours des blocages ce matin, vous avez entendu.
00:41Est-ce que vous craignez que ça dégénère ?
00:44Moi je pense que le moment est venu de lancer cette très large campagne de vaccination très rapidement.
00:52C'est un vrai défi logistique, vous savez.
00:54Mais je disais que c'était un dialogue de source, c'est parce qu'il demande, vous entendez,
00:57le porte-parole de la Confédération Paysanne qui s'est dit atterré par vos annonces.
01:01Est-ce que finalement, vous nous dites ce matin, on ne reviendra pas en arrière,
01:05l'abattage systématique, on continue quoi qu'il arrive ?
01:08Alors, je crois que la meilleure façon de protéger et d'éviter précisément qu'on ne perde des animaux,
01:15c'est de vacciner.
01:15La vaccination, c'est la protection la meilleure, la plus efficace.
01:18On va faire quelque chose d'inédit, c'est le plus grand plan de vaccination sur le plus large espace
01:24que nous ayons conduit depuis l'arrivée de cette maladie.
01:27Pour cela, on a les doses, 500 000 doses que nous avons déjà aujourd'hui.
01:33Et cette nuit, nous sommes allés chercher aux Pays-Bas 400 000 doses supplémentaires.
01:38Donc vous en avez combien ce matin ?
01:40On en a 900 000 qui vont être disponibles.
01:45Alors, on a déjà commencé de vacciner avec les 500 000 dont nous disposons.
01:49Et aujourd'hui, nous aurons 400 000 doses supplémentaires,
01:52de façon à ce que je dis, nous ayons 900 000 doses pour vacciner 750 000 bovins.
01:57Vous redisez ce matin aux agriculteurs qui sont sur les barrages,
02:01l'abattage systématique, on continue, c'est la seule solution.
02:04Ils ne veulent pas vous entendre, Madame la Ministre.
02:05Alors, sur ce point, à la suite de ma visite en Occitanie,
02:11nous avons décidé, sur cette question qui est effectivement très débattue,
02:15vous le savez, de constituer une cellule de dialogue scientifique.
02:19Et le gouvernement se mettra à l'écart.
02:23On va mettre autour de la table des représentants du monde de l'élevage,
02:27cinq personnes qui représentent et ce territoire et cette profession,
02:31et puis des experts en santé animale.
02:33Donc, vous laissez la porte ouverte ce matin.
02:36Non, mais ils ont fait une proposition de protocole alternatif.
02:40Cette proposition, elle mérite d'être examinée.
02:44Je ne la rejette pas d'un revers de main.
02:47Je les considère.
02:48Nous les écoutons.
02:49Mais l'appréciation, moi je ne suis pas scientifique, je ne suis pas vétérinaire.
02:52Donc, on va les mettre en...
02:54Ils vont se mettre autour de la table et ils vont en parler.
02:56Je reviens, j'entends bien.
02:58Je reviens à ma première question.
03:00On approche de Noël.
03:01Est-ce que vous craignez que ce mouvement finalement s'amplifie et finalement soit impossible à contrôler ?
03:08Il faut des réponses précises.
03:10Vous savez, les agriculteurs, je les connais bien.
03:13Je travaille avec eux depuis tant d'années.
03:15Et je sais que ce ne sont pas des gens qui se payent de mots.
03:17Quand on leur dit en Ariège, d'ici au 31 décembre,
03:21les mille exploitations seront vaccinées, il faut tenir son engagement.
03:26Quand je leur dis, nous allons avoir les doses, nous les aurons dès jeudi, il n'y a pas de problème.
03:32Quand je leur dis, nous nommons un préfet coordonnateur
03:36pour qu'il organise presque militairement la vaccination, je ne me paye pas de mots.
03:43Militairement, justement, vous avez vu que les vétérinaires sont menacés.
03:47Même le syndicat vétérinaire invite ses adhérents à faire jouer le droit de retrait
03:51s'ils se sentent menacés.
03:52Est-ce que vous craignez que vous n'ayez pas suffisamment de bras
03:54ou de devoir protéger les vétérinaires qui vont devoir vacciner les troupeaux ?
03:58Moi, je voudrais adresser aux vétérinaires un immense remerciement et ma gratitude
04:04parce que ce sont les piliers du sanitaire en France.
04:07Et ce sont aussi les interlocuteurs naturels des éleveurs.
04:11Un éleveur connaît son véto, il a l'habitude de travailler avec lui, ils sont très respectés.
04:16Mais vous les entendez, ils ont aujourd'hui peur au ventre.
04:19Depuis quelques temps, ils sont menacés et ça, c'est insupportable.
04:24Le faire exercer sous la protection de la gendarmerie, c'est une option ?
04:27Non, je me souviens très bien d'une vétérinaire me disant
04:30qu'il est hors de question qu'on aille vacciner entre deux gendarmes.
04:32Ce n'est pas possible.
04:33Donc, j'appelle tout le monde à la raison et à abandonner toute violence
04:38à l'égard de quiconque, mais spécialement à l'égard de ceux qui sont là pour les aider.
04:42Alors, en matière de véto, on va mobiliser les libéraux, les vétérinaires d'État,
04:48les retraités, les étudiants.
04:50Il nous faut des bras.
04:51On a des doses, il nous faut des bras maintenant.
04:53Les doses, vous en aurez donc 900 000 jeudi.
04:56Vous excluez toujours la vaccination généralisée aujourd'hui.
05:00L'objectif, c'est un million de bovins.
05:02Alors, c'est 750 000 bovins sur toute la zone qui englobe 10 départements dans le sud-ouest.
05:11C'est une très, très large zone.
05:12C'est la plus large, c'est deux fois plus qu'en Savoie, par exemple.
05:17Donc, c'est déjà très conséquent.
05:18Il faut savoir que quand on vaccine, ça emporte des conséquences.
05:22On ne peut plus, par exemple, sortir de la zone pour commercer.
05:25On ne peut plus vendre, non seulement en France, mais aussi à l'étranger.
05:29Or, la France exporte beaucoup.
05:31C'est bien même l'objet.
05:32L'épidémie, elle est sous contrôle ce matin.
05:34Il n'y a plus de foyer actif ?
05:35Il y a un foyer actif.
05:37Qui est où ?
05:38Un foyer actif.
05:39Je ne saurais vous dire, mais...
05:41Il y a un foyer actif.
05:42Oui.
05:42Mais vous dites que c'est sous contrôle.
05:43C'est sous contrôle parce qu'on a l'impression, à entendre certains,
05:48que l'épidémie flambe et qu'elle n'est pas contrôlée.
05:51En réalité, elle l'est et il faut qu'elle le soit.
05:54Parce que l'enjeu, c'est de protéger 16 millions de bovins.
05:57C'est une fierté de l'agriculture française.
05:58Est-ce que vous craignez que ces bovins ne puissent pas participer au salon de l'agriculture ?
06:01On le disait au journal de 7h.
06:02La question se pose.
06:03Est-ce qu'elle se pose pour vous, madame la ministre ?
06:05Alors, bien sûr, il faudra se la poser le moment venu.
06:08Mais vous savez, le salon de l'agriculture, nous n'y sommes pas encore.
06:12C'est dans deux mois.
06:12Nous verrons bien où nous en serons.
06:13Oui, mais il faut ce délai d'incubation.
06:15Est-ce que vous êtes inquiète, à minima ?
06:17Non, parce que l'essentiel du territoire national est indemne aujourd'hui.
06:21Il faut quand même raison garder.
06:23On n'est pas dans une épidémie généralisée.
06:26Aujourd'hui, on a eu 4 cas en Occitanie, en dehors des Pyrénées-Orientales.
06:32D'ailleurs, qui sont probablement venus des Pyrénées-Orientales par des mouvements non contrôlés.
06:36Et je veux dire d'ailleurs à votre micro, combien il est important de ne pas bouger les animaux en zone réglementée.
06:44Parce que c'est comme ça qu'on peut diffuser la maladie.
06:46Donc, l'immense majorité du territoire national est indemne de cette maladie aujourd'hui.
06:51Il faut le dire quand même.
06:53Donc, pas inquiète pour le salon de l'agriculture, mais l'option est sur la table malgré tout.
06:56Ah ben, le moment venu, il faudra décider en responsabilité.
06:59Mais on a deux mois devant nous.
07:00Vous avez entendu certains agriculteurs, éleveurs, qui redoutent cet abattage systématique,
07:06puisque même si vous laissez la porte ouverte ce matin, c'est toujours la doctrine,
07:10menacent de contourner les règles, de ne plus informer les autorités sanitaires
07:14quand l'une des bêtes est malade.
07:16Que leur dites-vous ce matin ?
07:18Alors, je leur dis que cette maladie exige une déclaration obligatoire.
07:23Ils le savent.
07:24C'est la loi.
07:25Ils disent, on va contourner les règles.
07:27J'en ai interviewé moi-même, qui disent, on va en arriver là.
07:30Et ça va être pire, finalement.
07:31Le remède va être pire que le mal.
07:33Alors, je dirais deux choses.
07:34D'abord, on commet un délit, donc on se met en défaut vis-à-vis de la loi.
07:38Deuxièmement, on expose ses voisins.
07:40On expose ses amis.
07:42Voilà.
07:42Donc, est-ce que c'est ça qu'on veut promouvoir ?
07:46Parce que cacher la maladie n'empêche pas la maladie d'être là et de se propager.
07:51Est-ce que, pour conclure, encore deux questions,
07:53vous craignez finalement, malgré ce que vous nous dites ce matin, que la colère ne retombe pas ?
07:57Ou que dites-vous, je vais le dire autrement, aux agriculteurs qui, ce matin, sont sur les barres ?
08:01Bien sûr, bien sûr. C'est une colère. En fait, c'est une colère qui vient de loin aussi.
08:06Il faut la mesurer, il faut la comprendre.
08:08Il y a la question de l'ADNC qui, sur ce territoire d'Occitanie, qui est un territoire pauvre,
08:14et c'est une difficulté.
08:18Mais je dis d'abord, pas de violence.
08:20Pas de violence.
08:21Et pas de dégradation non plus.
08:24On est à un moment particulier
08:26où on essaie de répondre
08:28à cet immense défi
08:30qui est dû lutter contre une maladie
08:32très grave qui peut exposer
08:34tout le cheptel français.
08:3516 millions de têtes de bovins, quand même.
08:37C'est de ça qu'on parle.
08:38Un agriculteur sur trois est un éleveur.
08:41Donc, ma responsabilité, c'est de les protéger tous.
08:44Votre responsabilité, celle du Premier ministre,
08:46on voit depuis hier qu'il semble avoir repris la main.
08:48Est-ce que vous avez l'impression, finalement, aujourd'hui,
08:51d'être désavouée ?
08:52Non !
08:53Avez-vous déjà vu un Premier ministre
08:56qui, quand une crise est nationale, ne s'en mêle pas ?
08:58Enfin, bon, soyons sérieux.
09:00Donc, aujourd'hui, vous êtes en soutien,
09:02le Premier ministre en soutien de votre action, c'est ça ?
09:05Mais bien sûr !
09:06Là, c'est même non seulement le Premier ministre,
09:07mais tout le gouvernement.
09:09Enfin, c'est une affaire qui concerne tout le gouvernement.
09:11D'abord, parce que tous les ministres viennent de territoire,
09:14peu ou prou, il y a de l'élevage, il y a de l'agriculture.
09:17Donc, on est tous concernés.
09:18Je ne comprends pas si vous êtes inquiète ou pas, ce matin, pour conclure.
09:22Je suis, bien sûr, préoccupée.
09:24Comment ne le serait-on pas quand on voit les mouvements, les blocages ?
09:31Alors, la question des blocages routiers, quand même,
09:34pose un sujet à un moment tout à fait particulier de l'année,
09:37où les familles vont rejoindre pour Noël leurs familles.
09:41Donc, moi, je dis pas de blocage.
09:43Pas de blocage, parce que les Français sont auprès de leurs agriculteurs.
09:48Mais si ils empêchent les gens de rejoindre leurs familles,
09:52d'aller fêter Noël avec leurs proches,
09:56là, je pense que la population ne sera plus du tout d'accord.
09:58Donc, j'invite chacun à l'apaisement, à l'approche de Noël.
10:03Merci, madame la ministre, d'être venue ce matin sur RTL.
10:04Merci à vous.
10:05Merci.
10:06Merci, Marc-Olivier.
10:07On retient donc un 400 000 doses de vaccins arrivées des Pays-Bas
10:10cette nuit pour vacciner dans l'urgence le cheptel français.
10:13Et il y a ce matin un foyer actif,
10:16même si la ministre n'a pas su nous dire où.
10:17Merci.
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