00:00L'été 2026 a été marqué par de violents incendies, vous le savez, dans le Var, les Landes, la Gironde.
00:05Ces incendies ont directement touché des commerces, des entreprises, des salariés et l'activité touristique.
00:10Il est 8h18 et c'est le thème que l'on développe dans le Grand Entretien avec le patron de
00:16la Chambre de Commerce et d'Industrie,
00:18des Chambres de Commerce et d'Industrie de France, et c'est Alain Di Crescenzo qui est le patron et
00:23président de la CCI France.
00:25Bonjour M. Di Crescenzo, soyez le bienvenu sur Sud Radio.
00:31Quels sont les secteurs qui sont, parmi ceux qui sont les plus touchés, quels sont ceux qui ont pu se
00:39relever le plus vite ?
00:40Par exemple, est-ce que les bars, les restaurants, pour tout ce qui concerne le tourisme, sont ceux qui ont
00:45pu se relever ?
00:46Ou bien, on ne peut pas voir les choses exactement comme cela ?
00:51Alors, bon, pour maire, bonjour à vous toutes et à vous tous.
00:55Bon, moi je suis le président de la CCI France, le président de la CCI de Gironde, qui est bien
01:00plus églisé que moi sur le sujet.
01:01Mais bon, pour vous dire que, globalement, les entreprises telles qu'on les a soutenues se répartissent de la façon
01:08suivante.
01:0936% sont les entreprises du secteur du tourisme et de l'hôtellerie, 29% du commerce, 26% des
01:15services aux entreprises et aux particuliers,
01:166% de construction et 3% de transport. Tout ça, pour revenir à ce que vous disiez, les secteurs
01:22les plus touchés sont le tourisme et l'hôtellerie, restauration et le commerce.
01:25Pourquoi ? Parce qu'il y a eu des entreprises qui ont été touchées directement, vous le savez, qui ont
01:30dû fermer.
01:31Mais il y a eu de nombreuses annulations qui font que, quelque part, cette activité d'été, qui représente globalement,
01:38je dirais à peu près 40% de l'activité de l'année,
01:41elle a été sérieusement amputée. Donc, dire qu'elle se redresse aujourd'hui, je ne peux pas vous le dire
01:48parce que ce n'est pas le cas.
01:49Ça va prendre des mois et surtout, nous espérons et nous considérons les droits.
01:54Il faut absolument que le mois de septembre soit un grand mois de septembre touristique pour ces territoires.
02:01Autrement, la saison sera foutue.
02:03Et je ne vais pas vous apprendre la situation économique, elle est difficile.
02:08Elle était difficile avant ces intempéries et ces incendies.
02:12Et ça vient ajouter de la difficulté à la difficulté.
02:15Et vraiment, on n'avait pas besoin de ça.
02:17Quelles sont les mesures qui ont été apportées et qui sont, j'ai envie de dire, confirmées ?
02:22Parce qu'il y a le temps des déclarations politiques.
02:26Et puis, il y a la réalité.
02:28Lorsque passent quelques jours et qu'on commence vraiment à analyser les choses,
02:31quels sont les points positifs et les signaux positifs qui ont pu être donnés par le gouvernement
02:40et qui permettent aux chefs d'entreprise de repartir ?
02:43Alors, si vous voulez bien, avant de parler du gouvernement,
02:45je voudrais vous parler des entreprises et des populations.
02:47La question s'adresse en fait aux entreprises.
02:51Oui, oui.
02:51Mais le premier élément qui est majeur et que l'on voit de plus en plus souvent,
02:56c'est la solidarité.
02:57Il y a eu une énorme solidarité entre les entreprises, entre les chefs d'entreprise,
03:02celles qui ont été touchées et celles qui n'ont pas été touchées,
03:04et d'autre part, les populations.
03:06Et ça, c'est le point numéro un.
03:08Deuxième élément, il y a eu une grande solidarité d'entreprises
03:12qui étaient touchées, mais impactées indirectement.
03:16C'était le secteur des banques et des assurances.
03:17Et donc, on a vu des banques et des assurances lever des prêts
03:21de l'ordre de 10 à 15 000 euros d'urgence
03:25qui ont été distribués massivement aux entreprises
03:30de façon à lever un petit peu la tête.
03:34Ça, c'était le premier point.
03:35Deuxième point, l'action des chambres de commerce et d'industrie,
03:39des chambres de métier ensemble,
03:41parce que les entreprises demandaient à être contactées,
03:44demandaient à être visitées, à faire des diagnostics.
03:46Parce que quand vous avez brûlé ou quand votre activité est arrêtée,
03:50vous n'avez pas toute la documentation pour acter.
03:53Et donc, nous avons soutenu ces entreprises pour faire les formalités,
03:58faire les déclarations auprès des assurances.
04:00Et puis, il y a le soutien de l'État.
04:02Vous avez entendu parler des millions d'euros qui sont là.
04:05En tous les cas, ce qui est clair aujourd'hui,
04:07c'est que sur tout ce qui est d'aide fiscale et sociale,
04:11les éléments ont été mis en place.
04:13Et donc, il n'y a pas de relance des entreprises là-dessus.
04:15Ce qui fait qu'elles peuvent poser un petit moment,
04:19le temps de se recomposer.
04:23Qu'est-ce qui a été décidé sur le plan fiscal précisément ?
04:26C'est un gel pour le moment ?
04:28C'est une suppression ?
04:30C'est des gels pour le moment.
04:31Des gels pour le moment et on verra.
04:32Et plus, peut-être plus tard, on verra.
04:36Écoutez, on attend toujours plus et on aura besoin de plus.
04:39Je crois qu'il ne faut pas ignorer, lorsqu'on regarde le nombre d'entreprises
04:43qui ont été touchées, c'est 40 000 entreprises aujourd'hui qui ont été touchées.
04:46Et vous parlez des emplois, le nombre d'emplois menacés, c'est 200 000 emplois.
04:51Donc, quand on regarde l'économie de notre pays, l'économie de ces territoires,
04:54c'est-à-dire aujourd'hui qu'on a 40 000 entreprises et 200 000 emplois,
04:57il y a absolument nécessité de mettre en place des plans à la bonne dimension et d'urgence.
05:04Et c'est ce que fait le gouvernement.
05:06Bon, avec les moyens qui sont les siens, je ne vais pas reparler des difficultés de la France.
05:10Mais dans tous les cas, il faudra trouver les moyens.
05:12Mais encore une fois, la solidarité du monde des assurances, du monde bancaire,
05:15du monde des entreprises, des chambres de commerce et d'industrie,
05:18des chambres des métiers a été exemplaires.
05:21Et je tiens à le saluer.
05:22Je salue aussi les syndicats patronaux et de branches.
05:24Alain Di Crescenzo, est-ce que vous pouvez nous donner des exemples d'entreprises
05:29qui, aujourd'hui, ont justement besoin qu'on les aide ?
05:33Parce qu'il y a des situations qui seraient trop compliquées
05:37et que, malgré les premières mesures qui ont été annoncées par le gouvernement,
05:42et on pense évidemment à ce que vous venez de dire sur le gel d'un certain nombre de levées
05:47d'impôts,
05:48mais pour faire relancer une entreprise, si on a brûlé ou si, j'en sais rien,
05:53une partie du stock est inutilisable ou des choses comme ça,
05:57et forcément, ça va prendre beaucoup plus de temps.
05:59Est-ce que vous avez quelques exemples à nous donner ce matin ?
06:02Les besoins de trésorerie des entreprises du tourisme, essentiellement, et du commerce.
06:05Voilà, les entreprises ont besoin de trésorerie.
06:07Et vous savez qu'on a demandé des PGE incendies.
06:12Donc, aujourd'hui, ils ne sont pas là.
06:17La démarche n'a pas été acceptée.
06:19Je crois que la priorité vient à l'injection de trésorerie dans ces entreprises-là.
06:25Il faut absolument qu'elles arrivent à trouver de la trésorerie pour tourner,
06:29pour passer le cap de ces entrandis, de la reconstruction, bien sûr.
06:34Et d'autre part, ce qui est important aussi, c'est de la réamorce de l'activité.
06:38Quel est le moral des entrepreneurs ?
06:41On sait que le président que vous êtes,
06:44évidemment, vous avez des chambres de commerce et d'industrie partout en France.
06:49Et vous faites un gros travail sur le terrain.
06:51Vous avez des équipes qui vont sur le terrain.
06:52Vous y faisiez allusion tout à l'heure sur tous les travails de paperasserie qu'il y a à faire.
06:57Et les patrons, évidemment, dans ces cas-là, ont besoin d'être aidés, d'être secondés.
07:02Quel est le moral, globalement ? Vous avez fait des études ?
07:05Oui. Écoutez, depuis 2015, on sort une étude tous les mois
07:11qui mesure à la fois le moral des entrepreneurs
07:14et aussi un taux de confiance dans leur entreprise et dans l'économie française.
07:18Sur le moral, il était en légère hausse.
07:21Donc, il est à 69 aujourd'hui.
07:23C'est un indice qui était à 100 en 2015.
07:26Et simplement, ce que je peux vous dire, c'est qu'Opio, il est monté à 140,
07:29au plus bas à 49 pendant la période Covid.
07:31Et la moyenne longue période est à 120.
07:34Donc, je ne vais pas...
07:35Donc, 69, ce n'est pas terrible.
07:36C'est ce que vous êtes en train de nous dire.
07:3769, ce n'est pas terrible.
07:39Voilà. Alors, le moral n'est pas très bon.
07:41Moyen dans quoi ils ont envie de se battre.
07:43Et le chiffre, moi, qui me plaît, si vous voulez,
07:47et qui me donne beaucoup d'émotion quand je vous parle aujourd'hui,
07:50c'est qu'on a 64% des entrepreneurs
07:53qu'on confie dans leur entreprise pour la développer.
07:56Vous voyez, avec tout ce qui se passe,
07:57avec toutes les difficultés qu'il y a,
07:59on a encore 60% d'entrepreneurs qui disent
08:01« Oui, j'y crois, j'ai la capacité, je vais m'en sortir et je ne lâcherai rien. »
08:06Donc, le moral global n'est pas terrible,
08:08mais dans leur entreprise, les entrepreneurs ont cette confiance,
08:12une confiance qui n'est pas du tout la même
08:14à la fois dans l'économie mondiale et française,
08:16puisque les taux des alentours de 15 à 16%.
08:19Vous voyez, il y a cette défiance,
08:20mais les entrepreneurs ont envie de se battre.
08:22Ils nous livrent un autre message, si vous le permettez.
08:25On imagine souvent des grands besoins des entrepreneurs.
08:28Vous savez, ils nous disent quatre grands besoins.
08:31Les quatre grandes entreprises des entrepreneurs.
08:31Allez-y, rapidement, s'il vous plaît.
08:33Il y a une règle d'or pour nous.
08:34On veut de la stabilité, de la visibilité, de la simplicité
08:38et accompagner-nous.
08:39Voilà ce qu'ils nous demandent.
08:41Vous voyez, ce n'est pas extraordinaire.
08:43Sur ces quatre points, on ne peut pas ne pas répondre à nos entrepreneurs.
08:47En tout cas, en ce qui concerne les chambres de commerce et d'industrie,
08:49nous sommes mobilisés sur l'accompagnement.
08:51On a accompagné l'an dernier 1 167 000 entreprises.
08:55Ce n'est pas suffisant.
08:57Et on se bat pour être au plus près du terrain,
08:59comme l'ont fait mes collègues,
09:00notamment de Gironde, du Var et des Alpes pendant ces incendies.
09:05Merci beaucoup Alain Dicreschenzo d'être intervenu ce matin
09:08sur l'antenne de Sud Radio,
09:10patron des chambres de commerce et d'industrie de l'ensemble de la France.
09:13Et on l'a bien compris, le besoin d'abord, c'est la trésorerie.
09:17Dans un instant, je vais vous proposer une bonne adresse
09:19dans notre comptoir Sud Radio à 8h34.
09:21On va faire escale à Mérignac, tiens,
09:23dans un bar à tapas qui commence à retrouver
09:24une activité presque normale.
09:26C'est lié exactement à ce dont on vient de parler.
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