- il y a 12 heures
Avec Arlette Chabot et Franck Dedieu
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NewsTranscription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Maxime Liedot.
00:05Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 8h37, 0826 300 300, le site sudradio.fr, évidemment.
00:11Les réseaux sociaux ainsi que l'application pour participer à cette longue discussion qui va s'étendre jusqu'à 10h.
00:16Avec vous, bien sûr, amis auditeurs, on va s'intéresser à l'affaire Liana.
00:19Vous avez entendu hier le garde des Sceaux, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin,
00:23qui l'assure qu'il a été totalement terrorisé par ses nombreux dysfonctionnements dans la chaîne judiciaire concernant cette affaire
00:31Liana.
00:32D'où cette question ce matin, est-ce que vous comprenez le sentiment de colère contre la justice que certains
00:38qualifient de fautive déjà ?
00:39Parce qu'il y a eu des dysfonctionnements, parce qu'il n'y a pas eu les bonnes décisions, parce
00:42qu'il n'y a pas eu les bonnes transmissions de dossiers ?
00:45Ou est-ce que vous dites, on ne peut certainement pas commencer à accuser la justice dans un tel contexte
00:49?
00:49Il y a une famille en deuil, il y a aussi la société, peut-être, qui n'a pas été
00:53suffisamment vigilante aux nombreux signalements,
00:55ou même à cette affaire des enfants, quand on regarde ce qui se passe dans le périscolaire,
00:59quand on s'intéresse à ce qui se passe ici et là, avec des scandales d'une ampleur considérable.
01:04Est-ce que vous comprenez ce sentiment de colère contre la justice sautive ?
01:07Est-ce que vous-même, ce matin, vous êtes en colère, ou est-ce que vous êtes plutôt résigné face
01:11à cette longue, longue et longue liste, hélas, de scandales sexuels ?
01:160-826-300-300, en compagnie d'Arlet Chaboy et de Franck de Dieu, pour ce sujet, je me tourne
01:21d'abord vers vous, Franck de Dieu.
01:22Est-ce que vous comprenez le sentiment de colère qui monte, qui monte, qui monte, là précisément dans cette affaire,
01:28Liana,
01:29contre une justice qui serait fautive, qui serait responsable dans cette affaire ?
01:32Bien sûr qu'il faut comprendre ce sentiment de colère, il y a manifestement des dysfonctionnements.
01:39Maintenant, il faut aussi pouvoir se dire, pour éviter que ça se reproduise, de prendre du recul.
01:45C'est-à-dire qu'il peut y avoir des fautes individuelles, mais aussi un problème d'ordre systémique.
01:52Et je sais bien que tout n'est pas lié aux questions de moyens, mais en ce qui concerne la
01:58justice française,
02:00je me permettrai de vous donner quelques chiffres.
02:02C'est-à-dire que lorsqu'il y a un accident industriel dans les entreprises, vous remontez la chaîne
02:07et vous apercevez qu'en fait, il y a un problème de moyens, malgré tout.
02:11Juste un chiffre, la France, à proportion de sa richesse produite, je ne veux pas être trop technique,
02:19elle dépense pour la justice à peu près la moitié de ce que dépense l'Allemagne.
02:26Par rapport à l'Europe, les Européens dépensent 42% de plus, 42% de plus pour la justice que
02:34la France.
02:35Donc il y a, et c'est une tradition française, même s'il y a eu quelques efforts depuis quelques
02:43années
02:44avec le budget de la justice qui était prioritaire, malgré tout, il y a un sous-investissement dans la justice.
02:51Et à partir du moment où les dossiers s'accumulent, à partir du moment où les juges et tout l
02:57'appareil étant sous-effectifs,
02:59eh bien, il n'est pas normal, c'est toujours anormal, mais on s'expose, on s'expose, sur le
03:08plan presque statistique,
03:09on s'expose à des erreurs de cette nature.
03:11Et si je vous pose la question, c'est aussi parce que le maire de cette commune, justement, de Florence,
03:17qui s'appelle Grégory Bobateau, l'a dit, le maire de Florence, il dit, même si bien sûr il refuse
03:22toute polémique,
03:23il dit qu'il y a un dysfonctionnement de l'État et même de la France.
03:26Est-ce que vous comprenez, vous, Arlette Chabot, c'était aussi l'objet de votre édito,
03:30à savoir si cette affaire est en train de muter en affaire politique aussi,
03:33ce sentiment de colère contre la justice, qui serait fautive ?
03:36C'est le, comment on peut dire, politique, au sens, j'allais dire, noble du terme.
03:41Il faut quand même comprendre, effectivement, les problèmes budgétaires de la justice,
03:48les prisons qu'on n'arrive pas à construire, ça c'est un sujet, un budget qui était sanctuarisé
03:53et qui ne devrait plus l'être parce que dans le cadre des économies à réaliser
03:58pour répondre aux dépenses liées au conflit au Proche-Orient,
04:03même le budget de la justice va être un peu amputé de ce qu'il devait effectivement être
04:11annonce faite visiblement par Bercy dans les jours qui viennent.
04:14Donc, c'est vrai qu'il y a un problème de moyens, c'est vrai qu'il y a aussi
04:18un problème de responsabilité individuelle.
04:21Je parlais tout à l'heure de l'affaire et du rapport concernant le petit Elias.
04:25Pourquoi ne demande-t-on pas à ceux qui ont pris ou à celles qui ont pris des décisions
04:29d'expliquer pourquoi elles ont pris ces décisions ?
04:32Des décisions qui sont, on le savait totalement, ça ne juge pas que des magistrats,
04:37mais c'est aussi des éducateurs, des décisions qui étaient inapplicables,
04:42qui ne pouvaient pas être appliquées. Elles le savaient parfaitement.
04:45Donc, on peut quand même s'interroger sur les décisions de justice.
04:49Donc, il y a un problème, effectivement, de financement de la justice.
04:54Ça, c'est vrai que la France est en retard.
04:56Je crois qu'il y a quatre fois moins de procureurs en France qu'en Allemagne.
05:00Donc, ça signifie que c'est plus compliqué.
05:02Et ça rejoint les chiffres cités à l'instant par Franck.
05:04Oui, ça rejoint effectivement les chiffres cités par Franck.
05:07C'est une des raisons, mais en même temps, quand il y a dysfonctionnement,
05:10il faut le dire. Quand il y a une erreur qui est faite,
05:14il faut essayer de comprendre pourquoi elle a été faite.
05:18Il peut y avoir aussi des magistrats sanctionnés.
05:22Moi, je ne suis pas une malade.
05:23La question, beaucoup disent aussi, il faut peut-être non pas donner pour exemple,
05:27parce que ce n'est pas le but, mais quand on voit certains magistrats,
05:29on a en permanence l'impression qu'ils ne sont pas sanctionnables, d'une certaine manière.
05:34Est-ce qu'en permanence, les magistrats qui prendraient de mauvaises décisions seraient au-dessus des lois ?
05:39C'est un peu ce que des gens pensent en voyant des rapports qui se multiplient, des indignations.
05:44Ou alors, c'est la routine, c'est-à-dire, il y a une procédure qui est prévue.
05:48On l'a respectée, on n'a rien fait d'autre.
05:50On l'a respectée. Vous savez, il y a toujours des magistrats ou des porte-parole de diverses autorités
05:55qui, depuis d'hier, sur les plateaux de télévision, vous expliquent qu'en fond, tout ça est normal.
06:01Qu'ils se sont contentés, finalement, de suivre le code de procédure pénale.
06:04On l'a suivi, c'est prévu comme ça. La procédure, le dossier va passer de Toulouse, effectivement, à Hoche.
06:13Combien de temps ça prend ? Ce n'est pas très grave, mais bon, on transfère et puis on verra.
06:17Cette espèce de routine de lourdeur administrative.
06:20La lourdeur administrative, elle existe partout.
06:22Il n'y a pas d'urgence.
06:24Ou alors, tout est urgent et comment trouver l'urgence de l'urgence ?
06:28C'est toujours ça qui, effectivement, est mis sur la table.
06:31Moi, je crois quand même qu'il faut s'interroger.
06:34Parce que déploré et triste, comme l'est la France aujourd'hui, ce n'est pas supportable.
06:41Il faut comprendre pourquoi ça ne marche pas.
06:43Et éventuellement, il faut dire à des gens qu'ils n'ont pas fait leur boulot.
06:45Et ça arrive, parce que ça arrive, accessoirement, dans tous les autres secteurs.
06:49Donc, hors de question, que ça ne se produise pas dans celui-ci.
06:510, 826, 300, 300, est-ce que vous aussi, vous êtes touchés par ce sentiment de colère
06:55qui, visiblement, montrent contre une justice qui serait fautive ?
06:59Alors, dans beaucoup d'autres affaires, mais dans celle-ci, visiblement,
07:01dans l'affaire de la jeune Liana, disparue il y a une semaine,
07:04un corps a été retrouvé.
07:06On en attend l'identification formelle.
07:08Est-ce que c'est la justice qui est fautive ?
07:10Est-ce que vous comprenez ce sentiment de colère ?
07:12Est-ce que peut-être même que vous le partagez ?
07:14Peut-être même que vous avez dû autour de vous
07:16et que vous avez pu être touchés par ce sentiment
07:18parce que vous avez des affaires où la justice n'a pas fait son travail ?
07:21Venez témoigner au micro de Sud Radio, 0, 826, 300, 300.
07:24Bonjour, Christian.
07:26Bonjour.
07:27Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, mon cher Christian.
07:29Est-ce que vous, vous faites partie des citoyens en colère
07:32contre cette justice que certains qualifient de fautive, déjà ?
07:37Maintenant, moi, ça fait un bout de temps qu'on est en colère.
07:40Je veux dire, ça cumule un petit peu, quand même.
07:43Donc, moi, j'en veux énormément aujourd'hui aux gens qui sont au gouvernement,
07:46qui, depuis des années, nous promettent de faire les choses qu'il faut
07:51pour pouvoir arrêter ce moment-là.
07:53Ils sont relâchés.
07:53Vous savez comment ça fonctionne.
07:54Regardez l'exemple de cette dernière histoire.
07:58Elle ne doit pas exister si la justice, elle a fait son boulot.
08:00On est bien d'accord.
08:02Mais ce n'est pas de guerre.
08:04Ça fait combien de temps ?
08:05J'ai écouté Mme Chaboul.
08:06Ça fait combien de temps que ça existe ?
08:09Tous les jours, on a un fait divers.
08:10Tous les jours, on a des meurtres.
08:12Et on dit, oui, mais la justice, la justice...
08:14Alors, la justice, je voudrais quand même dire une chose.
08:18La justice, c'est l'État.
08:19C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a un gouvernement qui ne prend pas ses bonnes décisions
08:23et qui préfère donner...
08:25Parce qu'on entend qu'on n'a pas assez d'argent.
08:26Et on a toujours des grosses excuses, en fait.
08:28À chaque fois, vous avez remarqué, on a l'excuse de...
08:31En attendant, il y a des enfants, il y a des mineurs, et ainsi de suite,
08:35qui meurent par des espèces de tarés qui sont à l'extérieur.
08:38Et on les connaît.
08:39Et on connaît.
08:40Et ils ont une liste totale.
08:42Alors, il n'y a pas assez de place pour les enfermer.
08:44Je ne sais pas, trouvons une solution.
08:45Qu'est-ce qu'on fait ?
08:46Déjà, regardons les affaires.
08:47Et peut-être évitons de dire aux victimes qu'elles n'ont rien à faire ici,
08:50dans l'enceinte du commissariat, pour porter plainte.
08:52Parce que c'est ce qui s'est passé dans le cadre de cette affaire de la jeune Yana.
08:55Une maman dont la fille avait été victime de ce fameux Jérôme B.
08:59Si vous voulez, on l'a accusé d'harceler la gendarmerie.
09:02Oui, c'est ça.
09:03Ben écoutez, on est bien d'accord que c'est tout et du n'importe quoi.
09:07Après, je ne sais pas, mais il y a la solution.
09:09On est capable de donner de l'argent partout.
09:11Si on n'est pas capable de prendre notre propre argent
09:14pour faire des choses dont on a vraiment besoin.
09:17Vous savez quoi ?
09:18Il y a urgence.
09:19C'est la mort d'enfant.
09:21D'accord ?
09:22Donc, il y a urgence.
09:23Il faut maintenant trouver quelqu'un qui puisse, je ne sais pas,
09:28mettre les mains dans le cambouis.
09:29C'est incroyable.
09:30On est toujours en train de parler de la même chose.
09:33Vous, les médias, ça alimente, ça alimente.
09:36Regardez, aujourd'hui, elle, il n'y a pas longtemps, c'était qui ?
09:39Et puis, qui c'est le prochain ?
09:41Donc, aujourd'hui...
09:42Le sentiment, malheureusement, que la longue liste ne pourra pas s'arrêter.
09:47Est-ce que vous êtes en colère contre la justice ?
09:49Est-ce que vous vous accusez peut-être la justice ce matin,
09:51beaucoup, notamment dans ce village d'Angers, à Florence,
09:54accusent, en effet, la justice ou qualifient la justice de fautif,
09:57de responsable, d'une certaine manière, de ce qui s'est passé à la Juliana,
10:00notamment quand on découvre, bien sûr, le pédigré judiciaire
10:03de celui qui est le principal suspect aujourd'hui.
10:05Une main courante classée sans suite en 2017,
10:08licenciée en 2021,
10:09d'un lycée précisément pour un comportement inappropriant vers une mineure.
10:13Une plainte pour viol en 2024, classée sans suite aussi.
10:16Puis, une plainte pour viol répétée sur un enfant de 10 ans en 2025.
10:18Et une dernière plainte aussi déposée, forcément, cette semaine, ça fait beaucoup.
10:22Est-ce que vous, amis auditeurs, vous rendez la justice responsable ?
10:25Est-ce que la justice est fautive ?
10:27Et puis, quand on regarde plus largement la longue liste des victimes ces dernières années,
10:31que ce soit Liana, que ce soit Lola, que ce soit Shaina,
10:33est-ce que l'État est encore capable de protéger nos enfants ?
10:360826 300 300, on en discute ensemble sur l'antenne de Sud Radio.
10:39A tout de suite.
10:42Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Maxime Liedot.
10:490826 300 300, on discute avec vous, amis auditeurs.
10:52Bien sûr, comme chaque jour, on s'intéresse à cette affaire Liana qui tient la France en haleine.
10:56Il faut le dire, surtout quand on voit aujourd'hui le mécanisme judiciaire.
11:00Parce que, bien sûr, il y a cette main courante classée sans suite en 2017
11:03concernant le principal suspect de cette affaire, le fameux Jérôme B.
11:07Une main courante classée sans suite en 2017, licenciée en 2021 d'un lycée
11:11pour un comportement inapproprié.
11:12Une plainte pour viol en 2024 classée sans suite.
11:15Et une plainte pour viol répétée sur un enfant de 10 ans en 2025 sans suite.
11:20Et faut-il encore le répéter que, quand on dit la justice, c'est toute la chaîne.
11:25Et notamment la chaîne à un premier maillon.
11:26Et ce premier maillon, dans ce cas, c'est notamment une maman.
11:30Une maman de la petite Rosa qui, quand elle veut porter plainte,
11:32parce que sa toute petite fille porte sur elle des traces de viol,
11:37la gendarmerie refuse de prendre la plainte.
11:40Et menace même, en réalité, cette maman de déposer une main courante pour harcèlement.
11:44Parce qu'elle insiste au numéro de la police en disant
11:46« Mais puisque je vous dis que ma petite fille a été violée. »
11:49Donc est-ce que vous comprenez, vous amis auditeurs,
11:50le sentiment d'une colère qui monte contre cette justice qui serait fautive ?
11:54C'est en tout cas ce que disent beaucoup d'habitants à Florence
11:57et plus largement quand on voit la suite des affaires.
11:59Liana, Lola, Chahina, est-ce que l'État est encore capable de protéger nos enfants ?
12:03Ça c'est une question qui est profonde,
12:05mais sur laquelle il est intéressant de vous entendre,
12:07amis auditeurs, au 0826 300 300.
12:10Franck de Dieu, vous écoutiez à l'instant Christian
12:12qui a passé un coup de gueule, qui a fait « Mais c'est horrible de se dire qu'aujourd
12:14'hui,
12:15si la justice, et une fois de plus, du premier maillon qui s'appelle les gendarmes,
12:18jusqu'aux nombreuses décisions judiciaires qui auraient pu être prises,
12:21on va dire, en accélérées à différentes étapes de la procédure,
12:25ça aurait pu être évité. »
12:27Oui, alors il y a un mot qui est revenu souvent dans la bouche de Christian,
12:30c'est le mot « urgent » ou « urgence ».
12:32Effectivement, je pense qu'il y a le temps de l'émotion,
12:35qui est parfaitement légitime,
12:37et puis il y a aussi le temps de la réflexion,
12:40mais de la réflexion vite.
12:41Il ne s'agit pas de... il s'agit d'agir vite.
12:45Il faut tout à fait...
12:47Arlette avait raison.
12:48D'abord, lister les défaillances.
12:50Il faut lister l'ensemble des défaillances,
12:52et légiférer vite,
12:54ou réglementer vite,
12:56pour qu'elles ne se reproduisent plus.
12:58Mais Franck, je vous coupe beaucoup,
12:59et je crois que c'est un peu aussi le propos de Gérard Darmanin hier,
13:02qui se dit certes terrorisé par ses nombreux dysfonctionnements,
13:05mais là, ce n'est pas un problème de loi.
13:07Là, ce n'est pas un problème de loi.
13:08Bien sûr qu'il y aurait d'autres dispositions à prendre,
13:09mais là, c'est visiblement des problèmes humains,
13:11des problèmes de lenteur,
13:13des problèmes, finalement, de chaîne,
13:14qui met du temps, finalement, à s'agencer de maillon en maillon.
13:18Non, mais après, c'est la question,
13:20quand je parlais de liste des défaillances,
13:22de la part du ministère,
13:24il y a évidemment l'idée de la sanction.
13:26C'est-à-dire que comment on va faire,
13:28quelle va être l'attitude des uns et des autres,
13:32pour, évidemment, je parlais de légiférer,
13:35mais aussi regarder concrètement qui a failli.
13:39Arlette Chabot ?
13:39Oui, je pense qu'il faut suivre ce qui n'a pas marché,
13:42les petites habitudes, effectivement.
13:44On parlait tout à l'heure de la transmission d'un dossier
13:47comme dit Gérald Darmanin,
13:48on envoie le dossier par mail,
13:51voilà, d'une gendarmerie, un parquet,
13:55ça va très très vite,
13:56on n'envoie pas par courrier,
13:58voilà, donc, qui, pour certains, d'ailleurs,
13:59dans d'autres affaires,
14:00on s'est aperçu que le courrier avait disparu,
14:03ou n'était jamais parvenu jusqu'au destinataire.
14:06Donc, je pense qu'il faut lister,
14:07ce n'est pas besoin de légiférer, forcément,
14:09il faut voir ce qui ne marche pas.
14:11Pourquoi ça n'a pas marché ?
14:13Est-ce qu'il y a des négligences de certains fonctionnaires ?
14:17Une mauvaise appréciation de la situation ?
14:20Les dossiers, regardez,
14:21moi, je ne comprends pas très bien,
14:22quand on aurait dû retrouver le nom de cet homme,
14:25très facilement,
14:26de s'apercevoir en remontant
14:28que son nom a été cité dans plusieurs autres affaires.
14:31Pourquoi ça n'est pas arrivé ?
14:32C'est la question que se pose.
14:34Moi, je suis inquiète quand je retends le ministre
14:36qui se pose la même question que moi.
14:38Donc, je me dis,
14:38comme tous les Français,
14:40il est à la tête.
14:40Donc, on se dit qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
14:43Donc, il y a sans doute des habitudes
14:47de lenteur, d'administration
14:48qui ont été prises,
14:51et des mauvaises habitudes,
14:52il faut les chasser.
14:53Le maire de Florence,
14:54et c'est pour ça qu'on vous pose la question ce matin,
14:56parle, même s'il veut naturellement éviter toute polémique,
14:58quand même de dysfonctionnement de l'État
15:00et de la France.
15:01Et on a le porte-parole du ministère de la Justice
15:03qui, depuis plusieurs heures,
15:04est obligé de reconnaître
15:06ce que lui-même appelle quand même
15:07un constat d'échec sur cette affaire.
15:080,826, 300, 300.
15:10Est-ce que vous comprenez cette colère
15:11qui monte contre la justice,
15:13notamment que certains accusent d'être fautifs ?
15:15Bonjour, Dominique.
15:16Bonjour, bonjour à tous,
15:17bonjour à tous les auditeurs.
15:18Est-ce que vous êtes aussi en colère
15:20contre cette justice ?
15:21Alors, non, moi,
15:22je ne suis pas forcément en colère
15:23contre la justice.
15:24Je suis en colère contre le politique
15:27qui ne prend pas ses responsabilités.
15:29Parce que pour moi,
15:30le plus grand responsable de tout ça,
15:32c'est l'homme politique.
15:33Et, in fine,
15:34le citoyen qui les a maintenus au pouvoir
15:36depuis, on va dire, 30 ans.
15:39Dominique, je vais vous laisser poursuivre,
15:40mais est-ce que ce n'est pas un peu facile
15:41d'accuser le politique
15:42quand Gérald Darmanin
15:44ne peut pas décider pour le gendarme
15:45dans le Gers ?
15:46Quelle est la responsabilité du politique ?
15:49Moi, je suis confronté en ce moment
15:50à une histoire qui m'est arrivée
15:52face à la justice.
15:54Le législateur,
15:55mon fils s'est fait enlever.
15:58Donc, ils sont venus l'enlever
15:59devant chez moi, mon gamin.
16:00Il a été tabassé.
16:02Et, en fait,
16:03les ravisseurs venaient enlever
16:04le fils du voisin
16:05parce que c'était un petit génie informatique
16:07qui avait miné des bitcoins
16:08sur une clé USB.
16:10Ils se sont trompés de gamin.
16:11Ils ont enlevé le mien.
16:11Ils me l'ont rendu en morceau.
16:13Les gars se sont fait attraper.
16:15Et je dois remercier
16:16la gendarmerie locale
16:17qui a fait un boulot
16:18mais exceptionnel.
16:19Ils ont remonté les mecs
16:20jusqu'à Valence.
16:21Ils ont remonté toute la filière.
16:23On habite à 200 km de Valence.
16:25Ils les ont arrêtés
16:26dans le mois.
16:28Il se trouve qu'en fait,
16:31le législateur a décidé
16:32que si c'était un enlèvement
16:34de moins de 7 jours,
16:35ce n'était pas si grave que ça.
16:36Ils risquaient quasiment rien.
16:38Un enlèvement de plus de 7 jours,
16:39là, c'est du pénal.
16:40Donc, comment un législateur
16:42a pu définir
16:42qu'un homme politique,
16:44un député,
16:45un sénateur
16:46ont pu définir
16:47que 7 jours d'enlèvement,
16:48ce n'est pas grave
16:49par rapport à plus de 7 jours ?
16:51Eh bien, voilà à quoi
16:52on est confrontés aujourd'hui.
16:53En fait, c'est l'absurdité
16:54de la loi que vous dénoncez aussi,
16:55Dominique.
16:56Mais pas que l'absurdité.
16:57C'est l'incompétence
16:58des législateurs,
16:59l'incompétence des ministres,
17:01l'irresponsabilité
17:02de tous ces gens
17:03et nous qui les remettons au pouvoir.
17:05Aujourd'hui,
17:06qu'a fait Emmanuel Macron
17:07pour nous protéger ?
17:08Vous parlez de protéger les enfants
17:10mais on est protégés
17:11de rien du tout.
17:12Vous, citoyens,
17:13moi, citoyens,
17:14mes enfants ne sont plus protégés
17:15dans un pays
17:16où je paye le plus d'impôts
17:18au monde
17:18et on les maintient au pouvoir.
17:20Non, les responsables,
17:22les vrais,
17:23sont les ministres,
17:24les sénateurs,
17:25les députés
17:25et le président
17:26de la République.
17:27Ceux qui ont la main
17:28dans le cambouis de la loi.
17:29Merci beaucoup, Dominique,
17:30d'avoir été avec nous ce matin,
17:31d'avoir passé ce coup de gueule
17:32et d'avoir partagé avec nous
17:33quand même cette expérience
17:34qu'on imagine
17:34plus que traumatisante
17:35pour un parent,
17:36l'enlèvement d'un enfant
17:38avec en plus,
17:38tout d'un coup,
17:39le fait d'être confronté
17:40comme ça
17:41à l'inertie de la loi,
17:43ça doit être un traumatisme fou
17:44et j'espère, bien sûr,
17:45que vous arrivez,
17:46mon cher Dominique,
17:46à vous reconstruire
17:47si cela est possible
17:48après un tel drame.
17:49Merci beaucoup
17:50d'avoir été avec nous
17:50et d'avoir partagé cela
17:51au micro de Sud Radio
17:530826 300 300.
17:54Merci beaucoup,
17:55Franck Daudieu.
17:55Merci beaucoup,
17:56Arlette Chabot.
17:56Dialogue se poursuit
17:57dans un instant,
17:58toujours sur ces thématiques,
17:59sur cette question,
18:00dans la vérité en face,
18:01sur Sud Radio.
18:01A tout de suite.
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