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  • il y a 6 semaines
Ce jeudi 20 août, les titres Publicis, BBVA et Singapore Telecom ont été abordés par Joachim Hermann, analyste chez Kepler Unigestion, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01BFM Business présente Good Morning Market.
00:05Dernière partie de Good Morning Market.
00:08Et comme chaque jour, on vous apporte des idées de valeur, des convictions de gérants.
00:11Et ce matin, c'est Joachim Herrmann qui nous accompagne, analyste chez Kepler Unigestion.
00:16Bonjour Joachim, merci de nous accompagner ce matin afin de nous partager un petit peu vos convictions, vos portefeuilles chez
00:23Kepler Unigestion.
00:25Avec vous, on va donc parler de BBVA, de Publicis et enfin de Singapour Télécom.
00:30Bon allez, commençons peut-être par une valeur française.
00:33Publicis, une valeur très américaine.
00:35C'est le groupe qui réalise, en termes de proportion, le plus, qui est la plus dépendante du marché américain.
00:42Je vais le dire comme ça, c'est peut-être plus simple.
00:44Oui, bonjour Etienne, merci de me recevoir.
00:46Publicis, c'est vrai, très américanisé et on va voir pourquoi.
00:49C'est un type qui vient de réintégrer notre modèle de sélection quantitative.
00:51Et c'est assez intéressant parce que le marché l'avait fortement sanctionné depuis début 2025,
00:57en le considérant comme une des valeurs les plus exposées à la disruption de l'IA.
01:00Et récemment, on commence à voir le titre « Retrouver des couleurs ».
01:04Les derniers résultats en juillet ont été plutôt rassurants, avec une croissance organique de 4,8% au deuxième trimestre,
01:09surtout une guidance de 2026 qui a été relevée.
01:12Le groupe continue également à générer beaucoup de cash.
01:15Donc pour un titre qui avait été considéré comme une victime de l'IA,
01:17les chiffres commencent plutôt à raconter une autre histoire.
01:19Et c'est là ça qui nous intéresse, c'est vraiment la transformation du métier.
01:23Il y a 20 ans, Publicis a aidé essentiellement les marques à construire leurs images, leurs campagnes.
01:28Aujourd'hui, dans le monde du marketing digital, une agence de publicité comme Publicis doit connaître le consommateur,
01:33elle doit cibler les bonnes audiences, acheter des médias,
01:36mesurer le retour de tous ses investissements pour ses clients.
01:39Et justement, Publicis a passé les 12 dernières années à faire évoluer son modèle via des acquisitions,
01:44surtout aux Etats-Unis, comme vous le mentionniez en introduction,
01:47qui lui ont chacune apporté des briques.
01:50Donc en fin 2014, ils ont acheté les nouvelles technologies, la transition digitale avec Sapient.
01:56Ensuite, ça a été les données avec Epsilon en 2019.
01:59On parle aujourd'hui d'une base de données de 2,3 milliards de profils consommateurs dans le monde entier.
02:04Donc c'est faramineux.
02:05Et le groupe attend encore la finalisation du rachat de LiveRamp d'ici la fin de l'année aux Etats
02:11-Unis aussi,
02:11qui va permettre à Publicis de connecter toutes ses données propriétaires avec celles de ses partenaires.
02:17Ce n'est donc pas simplement une agence qui essaie aujourd'hui de s'adapter à l'IA,
02:21c'est vraiment un groupe qui a progressivement construit son écosystème,
02:25qui combine données, technologies, hachamédia, création publicitaire.
02:29Il faut aussi donner beaucoup de crédit à Arthur Sadoun,
02:32qui dirige le groupe depuis 2017 et qui a eu la vision et surtout la capacité d'exécution
02:36pour transformer ses acquisitions en un modèle vraiment cohérent.
02:40Et c'est cette direction stratégique qui nous rend bien plus constructifs sur Publicis
02:43qu'on peut l'être sur ses concurrents.
02:45Par exemple, Omnicom a choisi la consolidation avec IPG,
02:50WPP, basé à Londres, est en pleine restructuration sur un exote massif de clients.
02:54Et rappelons au passage qu'ils avaient cédé une partie de leur data en 2019.
02:58Densu s'est recentré sur le Japon,
03:00tandis que Publicis a continué à investir dans son modèle.
03:03Donc une belle réussite française qui s'est tournée vers l'international,
03:06notamment les Etats-Unis.
03:07Il y a une certaine ironie pour finir de l'histoire,
03:09c'est que Publicis et Omnicom avaient essayé de fusionner en 2014.
03:12L'opération avait échoué, mais avec du recul,
03:14on peut se demander si cet échec n'a pas été vraiment une chance.
03:17Parce que plutôt que de chercher à résoudre ses problèmes par la taille,
03:21à gagner du temps, Publicis a su se transformer en profondeur
03:24pour rester pertinent dans un métier qui a considérablement changé.
03:27Un titre qui gagne 14% depuis le début de l'année,
03:30101,30€ pour ce titre Publicis qui est en légère baisse de 0,25% ce matin.
03:36Valeur de rendement, je sais que vous aimez bien les valeurs de rendement aussi,
03:38Joachim Herrmann, on a un peu plus de 4% de coupons au cours actuel.
03:43Autre valeur de rendement, du côté du secteur bancaire, bien sûr,
03:46qui est un des secteurs phares en termes de coupons,
03:49BBVA aujourd'hui, que vous mettez en avant,
03:53Banque Espagnole qui gagne 50% en l'espace d'un an,
03:55et vous nous dites que ce n'est probablement pas fini.
03:58Oui, tout à fait.
04:00C'est un titre que notre modèle quantitatif apprécie déjà depuis plusieurs mois
04:03et qui figure aujourd'hui parmi les banques européennes
04:05qui sont vraiment les mieux notées dans nos systèmes.
04:08Comme vous le soulignez, c'est le troisième groupe bancaire espagnol
04:11avec une franchise domestique qui est solide
04:13dans une des économies les plus dynamiques de la zone euro, l'Espagne.
04:17Mais le vrai moteur du groupe est ailleurs,
04:19c'est là où on pense qu'il y a encore du potentiel,
04:21c'est le Mexique où BBVA est numéro 1
04:23avec environ 26% de parts de marché,
04:25dans un pays où seulement un adulte sur deux dispose d'un compte bancaire.
04:28C'est là le cœur de notre thèse.
04:30La faible bancarisation au Mexique
04:32et le développement du crédit offrent encore beaucoup de potentiel.
04:35Et en fait, ce qui est intéressant, c'est de voir,
04:36c'est que c'est indépendamment de la croissance du PIB américain.
04:39Ce n'est donc pas simplement pour nous un pari macroéconomique.
04:42Au passage, on ne voit pas de problème majeur sur le Mexique en ce moment.
04:46Les droits de douane américains ont eu moins d'impact que prévu.
04:48L'environnement politique nous paraît relativement stable.
04:52Ce qui rend finalement BBVA assez particulier pour un investisseur,
04:55c'est d'avoir cette banque d'une taille très importante,
04:57140 milliards de capitalisation,
04:59qui est cotée sur un marché développé, l'Espagne,
05:02avec un cœur de métier très développé ici.
05:05Mais aussi cette exposition concentrée sur un seul marché émergent,
05:08en l'occurrence le Mexique,
05:0940% des revenus, environ 60% des profits.
05:12Si on regarde le paysage européen bancaire,
05:15on a Santander, la cousine espagnole,
05:16mais elle, elle est beaucoup plus diversifiée.
05:19Si on regarde vers le Royaume-Uni,
05:21on a Standard Chartered,
05:22mais qui n'est quasiment que exposée aux émergents avec plein de pays.
05:26HSBC pourrait être un bon comparateur,
05:27ce qui est très exposé à Hong Kong,
05:29mais ce n'est pas non plus vraiment un pays émergent.
05:31Et le Royaume-Uni, maintenant,
05:32occupe une place assez petite dans le mix d'HSBC.
05:35Donc cette exposition émergente, en l'occurrence au Mexique,
05:37on pense d'ailleurs qu'on peut l'acheter assez efficacement avec BBVA.
05:41Sur les dernières années,
05:42si on compare ce qu'a fait BBVA avec des titres mexicains,
05:45de banques mexicaines indépendantes,
05:46y compris en neutralisant l'effet de change,
05:49on voit que BBVA a largement surperformé ses stocks mexicains.
05:54Et pour nous, c'est vraiment l'illustration de la qualité de la franchise BBVA au Mexique.
05:58Pour finir, les derniers résultats du deuxième trimestre
06:02ont une nouvelle fois confirmé cette qualité.
06:04On ne va pas rentrer dans les détails,
06:05mais on retient surtout la capacité de BBVA à générer du capital.
06:09L'euro T est désormais à 22%.
06:11Et comme vous le soulignez,
06:12c'est une valeur de rendement,
06:13donc un dividende important,
06:14mais surtout, ce qu'on aime bien aussi,
06:16c'est que le groupe vient d'annoncer 2 milliards d'euros supplémentaires de rachat d'actions.
06:19Et ce titre qui s'échange à 24,62 euros ce matin à la Bourse de Madrid.
06:24Et puis, il nous reste un peu moins d'une minute trente,
06:27Joachim Herrmann, pour parler du segment des télécoms,
06:30avec une valeur que l'on n'aborde pas, il faut le dire,
06:32parce qu'elle est assez méconnue en Europe,
06:34c'est Singapour Télécom.
06:36Oui, c'est pour ça que je voulais la proposer,
06:38que je pense que c'est assez original.
06:39C'est rapidement sur Singapour Télécom,
06:40plus connu sous le nom de Singtel,
06:42c'est une valeur de fond de portefeuille pour nos stratégies défensives globales.
06:45Et nos systèmes quantitatifs l'apprécient depuis longtemps déjà.
06:48C'est un dossier assez atypique,
06:49c'est bien plus qu'un opérateur historique de Singapour.
06:53C'est un groupe qui est présent dans de nombreux pays en Asie,
06:55et qui est même numéro 2 en Australie.
06:59Surtout, Singtel possède une participation économique d'environ 27%
07:02dans le deuxième opérateur téléphonique indien,
07:04qui s'appelle Bharti Artel,
07:06c'est un mastodonte au niveau mondial,
07:07avec près de 700 millions d'abonnés en Inde,
07:10mais aussi en Afrique.
07:11C'est une entreprise qui affiche des taux de croissance de chiffre d'affaires
07:13de plus de 10%,
07:14et qui commence à remonter davantage le dividende de ses actionnaires,
07:17ça bénéficie bien sûr au groupe.
07:20Et pour nous, cette participation indienne
07:22représente environ 50% de la valeur de Singtel.
07:24Mais il y a plus,
07:25parce que par ailleurs,
07:26Singtel est en pleine phase de recyclage de capital.
07:28Le groupe allège certaines de ses participations,
07:31cède des actifs non stratégiques,
07:32dans l'énergie par exemple,
07:33et redirige ses flux de trésorerie
07:35vers des infrastructures beaucoup plus porteuses.
07:38Data center, du cloud, de la cybersécurité,
07:41et des activités qui sont déjà présentes,
07:43qui sont déjà rentables,
07:43mais qui pourraient représenter jusqu'à un tiers de l'EBITDA à terme.
07:46Et c'est là que réside notre tête d'investissement.
07:49Singapour peut avoir une carte à jouer
07:50en tant qu'hub régional extrêmement connecté,
07:54stable politiquement et réglementairement,
07:56et qui peut bénéficier de la volonté des entreprises,
07:58voire de certains États asiatiques,
08:00de diversifier leur infrastructure
08:02sans être dépendant de la Chine.
08:04Et pour finir,
08:04les derniers chiffres trimestriels
08:06qui ont été publiés la semaine dernière
08:07vont plutôt dans le bon sens.
08:09Alors les activités historiques matures à Singapour,
08:12en Australie,
08:13pèsent sur la croissance et les profits,
08:14mais les deux piliers du dossier,
08:16donc l'Inde et les infrastructures numériques,
08:19ont clairement de quoi rassurer les investisseurs.
08:20Merci beaucoup Joachim Herrmann
08:22de nous avoir accompagné ce matin,
08:23analyste chez Kepler Unigestion,
08:25pour nous partager vos convictions.
08:28Ce ne sont pas bien sûr des recommandations,
08:29mais vous nous ouvrez un petit peu
08:30les portes des valeurs
08:31que vous appréciez en ce moment.
08:33Merci.

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