00:01BFM Business présente Good Morning Market.
00:05Dernière partie de Good Morning Market.
00:08Et comme chaque jour, on vous apporte des idées de valeur, des convictions de gérants.
00:11Et ce matin, c'est Joachim Herrmann qui nous accompagne, analyste chez Kepler Unigestion.
00:16Bonjour Joachim, merci de nous accompagner ce matin afin de nous partager un petit peu vos convictions, vos portefeuilles chez
00:23Kepler Unigestion.
00:25Avec vous, on va donc parler de BBVA, de Publicis et enfin de Singapour Télécom.
00:30Bon allez, commençons peut-être par une valeur française.
00:33Publicis, une valeur très américaine.
00:35C'est le groupe qui réalise, en termes de proportion, le plus, qui est la plus dépendante du marché américain.
00:42Je vais le dire comme ça, c'est peut-être plus simple.
00:44Oui, bonjour Etienne, merci de me recevoir.
00:46Publicis, c'est vrai, très américanisé et on va voir pourquoi.
00:49C'est un type qui vient de réintégrer notre modèle de sélection quantitative.
00:51Et c'est assez intéressant parce que le marché l'avait fortement sanctionné depuis début 2025,
00:57en le considérant comme une des valeurs les plus exposées à la disruption de l'IA.
01:00Et récemment, on commence à voir le titre « Retrouver des couleurs ».
01:04Les derniers résultats en juillet ont été plutôt rassurants, avec une croissance organique de 4,8% au deuxième trimestre,
01:09surtout une guidance de 2026 qui a été relevée.
01:12Le groupe continue également à générer beaucoup de cash.
01:15Donc pour un titre qui avait été considéré comme une victime de l'IA,
01:17les chiffres commencent plutôt à raconter une autre histoire.
01:19Et c'est là ça qui nous intéresse, c'est vraiment la transformation du métier.
01:23Il y a 20 ans, Publicis a aidé essentiellement les marques à construire leurs images, leurs campagnes.
01:28Aujourd'hui, dans le monde du marketing digital, une agence de publicité comme Publicis doit connaître le consommateur,
01:33elle doit cibler les bonnes audiences, acheter des médias,
01:36mesurer le retour de tous ses investissements pour ses clients.
01:39Et justement, Publicis a passé les 12 dernières années à faire évoluer son modèle via des acquisitions,
01:44surtout aux Etats-Unis, comme vous le mentionniez en introduction,
01:47qui lui ont chacune apporté des briques.
01:50Donc en fin 2014, ils ont acheté les nouvelles technologies, la transition digitale avec Sapient.
01:56Ensuite, ça a été les données avec Epsilon en 2019.
01:59On parle aujourd'hui d'une base de données de 2,3 milliards de profils consommateurs dans le monde entier.
02:04Donc c'est faramineux.
02:05Et le groupe attend encore la finalisation du rachat de LiveRamp d'ici la fin de l'année aux Etats
02:11-Unis aussi,
02:11qui va permettre à Publicis de connecter toutes ses données propriétaires avec celles de ses partenaires.
02:17Ce n'est donc pas simplement une agence qui essaie aujourd'hui de s'adapter à l'IA,
02:21c'est vraiment un groupe qui a progressivement construit son écosystème,
02:25qui combine données, technologies, hachamédia, création publicitaire.
02:29Il faut aussi donner beaucoup de crédit à Arthur Sadoun,
02:32qui dirige le groupe depuis 2017 et qui a eu la vision et surtout la capacité d'exécution
02:36pour transformer ses acquisitions en un modèle vraiment cohérent.
02:40Et c'est cette direction stratégique qui nous rend bien plus constructifs sur Publicis
02:43qu'on peut l'être sur ses concurrents.
02:45Par exemple, Omnicom a choisi la consolidation avec IPG,
02:50WPP, basé à Londres, est en pleine restructuration sur un exote massif de clients.
02:54Et rappelons au passage qu'ils avaient cédé une partie de leur data en 2019.
02:58Densu s'est recentré sur le Japon,
03:00tandis que Publicis a continué à investir dans son modèle.
03:03Donc une belle réussite française qui s'est tournée vers l'international,
03:06notamment les Etats-Unis.
03:07Il y a une certaine ironie pour finir de l'histoire,
03:09c'est que Publicis et Omnicom avaient essayé de fusionner en 2014.
03:12L'opération avait échoué, mais avec du recul,
03:14on peut se demander si cet échec n'a pas été vraiment une chance.
03:17Parce que plutôt que de chercher à résoudre ses problèmes par la taille,
03:21à gagner du temps, Publicis a su se transformer en profondeur
03:24pour rester pertinent dans un métier qui a considérablement changé.
03:27Un titre qui gagne 14% depuis le début de l'année,
03:30101,30€ pour ce titre Publicis qui est en légère baisse de 0,25% ce matin.
03:36Valeur de rendement, je sais que vous aimez bien les valeurs de rendement aussi,
03:38Joachim Herrmann, on a un peu plus de 4% de coupons au cours actuel.
03:43Autre valeur de rendement, du côté du secteur bancaire, bien sûr,
03:46qui est un des secteurs phares en termes de coupons,
03:49BBVA aujourd'hui, que vous mettez en avant,
03:53Banque Espagnole qui gagne 50% en l'espace d'un an,
03:55et vous nous dites que ce n'est probablement pas fini.
03:58Oui, tout à fait.
04:00C'est un titre que notre modèle quantitatif apprécie déjà depuis plusieurs mois
04:03et qui figure aujourd'hui parmi les banques européennes
04:05qui sont vraiment les mieux notées dans nos systèmes.
04:08Comme vous le soulignez, c'est le troisième groupe bancaire espagnol
04:11avec une franchise domestique qui est solide
04:13dans une des économies les plus dynamiques de la zone euro, l'Espagne.
04:17Mais le vrai moteur du groupe est ailleurs,
04:19c'est là où on pense qu'il y a encore du potentiel,
04:21c'est le Mexique où BBVA est numéro 1
04:23avec environ 26% de parts de marché,
04:25dans un pays où seulement un adulte sur deux dispose d'un compte bancaire.
04:28C'est là le cœur de notre thèse.
04:30La faible bancarisation au Mexique
04:32et le développement du crédit offrent encore beaucoup de potentiel.
04:35Et en fait, ce qui est intéressant, c'est de voir,
04:36c'est que c'est indépendamment de la croissance du PIB américain.
04:39Ce n'est donc pas simplement pour nous un pari macroéconomique.
04:42Au passage, on ne voit pas de problème majeur sur le Mexique en ce moment.
04:46Les droits de douane américains ont eu moins d'impact que prévu.
04:48L'environnement politique nous paraît relativement stable.
04:52Ce qui rend finalement BBVA assez particulier pour un investisseur,
04:55c'est d'avoir cette banque d'une taille très importante,
04:57140 milliards de capitalisation,
04:59qui est cotée sur un marché développé, l'Espagne,
05:02avec un cœur de métier très développé ici.
05:05Mais aussi cette exposition concentrée sur un seul marché émergent,
05:08en l'occurrence le Mexique,
05:0940% des revenus, environ 60% des profits.
05:12Si on regarde le paysage européen bancaire,
05:15on a Santander, la cousine espagnole,
05:16mais elle, elle est beaucoup plus diversifiée.
05:19Si on regarde vers le Royaume-Uni,
05:21on a Standard Chartered,
05:22mais qui n'est quasiment que exposée aux émergents avec plein de pays.
05:26HSBC pourrait être un bon comparateur,
05:27ce qui est très exposé à Hong Kong,
05:29mais ce n'est pas non plus vraiment un pays émergent.
05:31Et le Royaume-Uni, maintenant,
05:32occupe une place assez petite dans le mix d'HSBC.
05:35Donc cette exposition émergente, en l'occurrence au Mexique,
05:37on pense d'ailleurs qu'on peut l'acheter assez efficacement avec BBVA.
05:41Sur les dernières années,
05:42si on compare ce qu'a fait BBVA avec des titres mexicains,
05:45de banques mexicaines indépendantes,
05:46y compris en neutralisant l'effet de change,
05:49on voit que BBVA a largement surperformé ses stocks mexicains.
05:54Et pour nous, c'est vraiment l'illustration de la qualité de la franchise BBVA au Mexique.
05:58Pour finir, les derniers résultats du deuxième trimestre
06:02ont une nouvelle fois confirmé cette qualité.
06:04On ne va pas rentrer dans les détails,
06:05mais on retient surtout la capacité de BBVA à générer du capital.
06:09L'euro T est désormais à 22%.
06:11Et comme vous le soulignez,
06:12c'est une valeur de rendement,
06:13donc un dividende important,
06:14mais surtout, ce qu'on aime bien aussi,
06:16c'est que le groupe vient d'annoncer 2 milliards d'euros supplémentaires de rachat d'actions.
06:19Et ce titre qui s'échange à 24,62 euros ce matin à la Bourse de Madrid.
06:24Et puis, il nous reste un peu moins d'une minute trente,
06:27Joachim Herrmann, pour parler du segment des télécoms,
06:30avec une valeur que l'on n'aborde pas, il faut le dire,
06:32parce qu'elle est assez méconnue en Europe,
06:34c'est Singapour Télécom.
06:36Oui, c'est pour ça que je voulais la proposer,
06:38que je pense que c'est assez original.
06:39C'est rapidement sur Singapour Télécom,
06:40plus connu sous le nom de Singtel,
06:42c'est une valeur de fond de portefeuille pour nos stratégies défensives globales.
06:45Et nos systèmes quantitatifs l'apprécient depuis longtemps déjà.
06:48C'est un dossier assez atypique,
06:49c'est bien plus qu'un opérateur historique de Singapour.
06:53C'est un groupe qui est présent dans de nombreux pays en Asie,
06:55et qui est même numéro 2 en Australie.
06:59Surtout, Singtel possède une participation économique d'environ 27%
07:02dans le deuxième opérateur téléphonique indien,
07:04qui s'appelle Bharti Artel,
07:06c'est un mastodonte au niveau mondial,
07:07avec près de 700 millions d'abonnés en Inde,
07:10mais aussi en Afrique.
07:11C'est une entreprise qui affiche des taux de croissance de chiffre d'affaires
07:13de plus de 10%,
07:14et qui commence à remonter davantage le dividende de ses actionnaires,
07:17ça bénéficie bien sûr au groupe.
07:20Et pour nous, cette participation indienne
07:22représente environ 50% de la valeur de Singtel.
07:24Mais il y a plus,
07:25parce que par ailleurs,
07:26Singtel est en pleine phase de recyclage de capital.
07:28Le groupe allège certaines de ses participations,
07:31cède des actifs non stratégiques,
07:32dans l'énergie par exemple,
07:33et redirige ses flux de trésorerie
07:35vers des infrastructures beaucoup plus porteuses.
07:38Data center, du cloud, de la cybersécurité,
07:41et des activités qui sont déjà présentes,
07:43qui sont déjà rentables,
07:43mais qui pourraient représenter jusqu'à un tiers de l'EBITDA à terme.
07:46Et c'est là que réside notre tête d'investissement.
07:49Singapour peut avoir une carte à jouer
07:50en tant qu'hub régional extrêmement connecté,
07:54stable politiquement et réglementairement,
07:56et qui peut bénéficier de la volonté des entreprises,
07:58voire de certains États asiatiques,
08:00de diversifier leur infrastructure
08:02sans être dépendant de la Chine.
08:04Et pour finir,
08:04les derniers chiffres trimestriels
08:06qui ont été publiés la semaine dernière
08:07vont plutôt dans le bon sens.
08:09Alors les activités historiques matures à Singapour,
08:12en Australie,
08:13pèsent sur la croissance et les profits,
08:14mais les deux piliers du dossier,
08:16donc l'Inde et les infrastructures numériques,
08:19ont clairement de quoi rassurer les investisseurs.
08:20Merci beaucoup Joachim Herrmann
08:22de nous avoir accompagné ce matin,
08:23analyste chez Kepler Unigestion,
08:25pour nous partager vos convictions.
08:28Ce ne sont pas bien sûr des recommandations,
08:29mais vous nous ouvrez un petit peu
08:30les portes des valeurs
08:31que vous appréciez en ce moment.
08:33Merci.