- il y a 2 jours
Les débats de l'été avec Stéphanie Duraffourd, Chargée de Relations Presse pour Assurland, comparateur d’assurance / Nicolas Barthe, maire de Toulouges (Pyrénées-Orientales)
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00:0010h-13h, les débats de l'été, Noémie Alioua.
00:04Et notre premier sujet du jour, c'est donc cette autre bataille qui commence après les incendies,
00:09une fois que les flammes sont éteintes, les sinistrés qui entrent dans une nouvelle phase,
00:12celle des démarches, des expertises et de l'indemnisation.
00:15Et ces incendies posent une question qui dépasse largement les seuls sinistrés.
00:20Demain, combien coûtera le fait de s'assurer dans une région exposée aux risques climatiques ?
00:25Les tarifs des assurances habitations sont déjà en hausse dans les zones les plus touchées
00:29et certains propriétaires craignent de voir les prix continuer à grimper,
00:32voire de rencontrer des difficultés pour assurer leur logement.
00:36Alors face à la multiplication des catastrophes naturelles,
00:38comment protéger les Français sans rendre l'assurance inacceptable ?
00:44On en discute tout de suite avec mon invité, notre invité ce matin, Stéphanie Durafour,
00:49chargée des relations presse pour Assurland, comparateur d'assurance.
00:52Bonjour Madame Durafour.
00:54Bonjour.
00:55Bonjour, merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
00:57Alors d'abord, pour les sinistrés de Gironde et Deslandes, concrètement,
01:01est-ce que vous pouvez nous expliquer comment va se passer cette indemnisation ?
01:05Quels sont les délais, les démarches, les points de vigilance pour les habitants
01:08qui ont été touchés en premier lieu par les incendies ?
01:12Oui, bien sûr.
01:13Donc pour les particuliers, le délai de déclaration de sinistre a déjà été allongé.
01:17Normalement, vous avez cinq jours pour déclarer un sinistre incendie.
01:20Là, les sinistrés ont jusqu'au 31 août pour faire leur déclaration.
01:23Comment on fait ? On contacte son assureur.
01:26Aujourd'hui, les espaces clients en ligne sont plutôt bien faits.
01:29On l'informe qu'on a eu un sinistre.
01:30Et puis, il va falloir lister l'ensemble de ce qui a été endommagé.
01:34Donc, que ce soit sa voiture, son jardin, sa maison, ses biens mobiliers.
01:39Et comment va se passer l'indemnisation ?
01:42Eh bien, l'assureur va regarder ce pour quoi vous étiez couvert.
01:45Quelle est la formule que vous aviez souscrite ?
01:47Est-ce que c'était un rééquipement à neuf ou une formule avec le calcul du fameux coefficient de vétusté
01:53?
01:53Quel capital mobilier vous aviez déclaré ?
01:55Est-ce que votre voiture était assurée contre les incendies ou pas ?
01:58Est-ce que votre jardin était assuré ?
01:59Et puis, en fonction de tous les éléments que vous allez lui fournir, les factures, les photos,
02:03il va pouvoir déterminer le montant de ce que vous possédiez.
02:07Et vous proposez une indemnisation.
02:09Je rappelle que le sinistré n'est pas obligé d'accepter cette indemnisation.
02:13Il peut tout à fait demander une contre-expertise si ça ne le satisfait pas.
02:17En tout cas, ce qui va se passer, c'est que pour les personnes dont la maison a été malheureusement
02:21complètement détruite,
02:22on va estimer le montant de la reconstruction.
02:26C'est-à-dire combien ça coûte de reconstruire la maison à l'identique.
02:30Donc attention, ce n'est pas combien ma maison valait sur le marché immobilier si je l'avais revendue aujourd
02:36'hui.
02:36C'est combien ça coûte de la reconstruire.
02:38Donc là, on va faire intervenir des spécialistes du bâtiment pour estimer combien ça coûte de refaire la charpente, les
02:45murs, les huisseries, etc.
02:48Et là, ça peut prendre plusieurs mois.
02:49La question importante, Madame Durafour, combien ça coûte ?
02:52C'est la question que beaucoup d'auditeurs se posent actuellement.
02:54Est-ce qu'il faut s'attendre par exemple à une hausse des tarifs, notamment dans les zones exposées aux
02:58incendies ?
02:59Alors, ça fait quand même déjà plusieurs années qu'on constate que ces zones beaucoup plus exposées aux risques climatiques,
03:06que ce soit les tempêtes, les grêles, la sécheresse, les inondations, les incendies,
03:12ces zones-là coûtent beaucoup plus cher et au fur et à mesure des années augmentent.
03:16Et donc oui, on peut effectivement s'attendre à des hausses de tarifs dans ces zones très exposées dans les
03:21mois, années qui viennent,
03:23d'autant plus qu'on n'a pas encore connaissance de ce qui va se passer dans la deuxième partie
03:27de l'année.
03:27Donc on pourrait avoir aussi d'autres événements climatiques qui viendraient potentiellement alourdir la facture en 2027.
03:33Est-ce qu'on pourrait arriver dans une situation où par exemple certaines maisons, certains territoires deviendront très difficiles,
03:38voire impossibles à assurer à cause des risques climatiques ?
03:42Alors aujourd'hui, on n'est pas dans une situation où il y a des zones inassurables,
03:47parce qu'en France, on a quand même une offre d'assurance qui est vraiment très très large.
03:51On a beaucoup d'acteurs sur ce marché, donc on peut toujours trouver une offre d'assurance.
03:54La difficulté pour les particuliers, c'est que dans les zones qui sont beaucoup plus tendues, beaucoup plus à risque,
04:00on peut avoir effectivement une raréfaction de l'offre et moins d'offres, ça veut dire moins de compétitivité,
04:06donc des prix beaucoup plus chers pour les particuliers.
04:08Donc la question, ce n'est pas tellement est-ce qu'on pourra continuer à s'assurer,
04:11mais plutôt à quel prix ça coûtera beaucoup plus cher dans ces zones.
04:14On pourrait avoir des assurés qui décident, par exemple, de s'appauvrir en garantie,
04:18prendre des formules un peu plus low cost pour pouvoir payer leur assurance.
04:21Et la question, c'est de savoir aussi le prix, le coût et surtout la responsabilité.
04:26Qui va endosser cette responsabilité de ces fameux coûts, de l'adaptation notamment au changement climatique ?
04:31Est-ce que ce sont les assureurs, l'État, les propriétaires eux-mêmes ?
04:35Est-ce qu'on prévoit une adaptation des changements dans les années qui viennent ?
04:38Parce qu'on sait que ce changement climatique et même ce dérèglement climatique dont on parle
04:43va être amené à se poursuivre dans les années qui viennent.
04:46Quelles sont les adaptations ?
04:48Vous avez tout à fait raison.
04:50Et c'est vraiment le maître mot, c'est d'accentuer les efforts de prévention
04:54et d'adaptation de nos bâtis face à ces événements climatiques
04:58pour pouvoir avoir une résistance un petit peu plus importante dans les années qui viennent.
05:01En fait, c'est vraiment un choix collégial.
05:04Ce sont des décisions de l'État.
05:06Ce sont aussi des mesures, notamment prises par les assureurs, qui font beaucoup d'actions
05:14et qui font beaucoup de recherches sur le terrain de la prévention.
05:19Et puis, c'est également des mesures prises par les particuliers.
05:24Nous, en tant qu'individus, des réflexes à avoir quand il y a des événements climatiques.
05:31C'est des réflexes tout bêtes, mais quand on sait qu'il va y avoir un orage,
05:34c'est rentrer tout ce qu'il y a dans notre jardin pour éviter que ça constitue des projectiles,
05:37fermer ses volets pour éviter d'avoir des grédons qui viendraient endommager les vitres.
05:42Voilà, ces petits réflexes-là.
05:43Mais globalement, c'est vraiment un choix de société
05:46et c'est des efforts de tout le monde pour pouvoir adapter nos bâtiments face à ces événements climatiques.
05:53Alors, c'est important parce que vous parlez justement de ces fameux réflexes à adopter pour mieux protéger les logements,
05:59peut-être pour les Français qui nous écoutent, qui habitent dans une zone à risque.
06:02Vous venez de nous en parler brièvement, mais qu'est-ce que vous leur conseillerez précisément
06:07pour éviter tout simplement les mauvaises surprises avec leurs assurances ?
06:10Alors, déjà, faire le point sur son contrat.
06:13Là, on parle beaucoup des incendies.
06:15Il y a quand même beaucoup de personnes qui vont constater que leur jardin, par exemple, n'était pas assuré
06:20parce que ça fait partie des options à souscrire dans son contrat d'assurance habitation.
06:24Donc, déjà, premier point, si on habite dans une maison, qu'on a un beau jardin avec la clôture qu
06:28'on vient de refaire,
06:29qu'on a fait installer une piscine, etc., vérifiez quand même que c'est pris en charge.
06:32On fait poser des panneaux solaires, on vérifie que c'est bien aussi, ça fait bien partie du contrat d
06:38'assurance.
06:38Si on a un véhicule, on vérifie quel est le type de garantie.
06:42Les personnes qui étaient assurées au tiers, en l'occurrence, s'ils ont eu un incendie sur leur voiture, ne
06:47seront pas indemnisées.
06:47Donc, c'est important déjà de savoir ce pourquoi on est assuré.
06:51On peut également revérifier ce qu'on appelle le capital mobilier.
06:54Donc, je pense malheureusement à toutes ces personnes qui ont perdu l'ensemble de ce qu'ils possédaient dans un
06:59incendie.
07:00Le capital mobilier, c'est ce qu'on déclare à l'assureur quand on signe le contrat.
07:04C'est l'ensemble de ce qu'on possède à l'intérieur des murs.
07:07Eh bien, bien souvent, on ne fait plus attention, mais au fur et à mesure des années, on fait des
07:11achats de grande valeur.
07:12Mais on oublie de réévaluer ce capital mobilier.
07:14Donc, ça, ça vaut la peine de regarder un petit peu ça.
07:17Et puis après, des réflexes aussi.
07:20Par exemple, avoir ces factures réunies au même endroit dans une pochette.
07:24Ou alors, constituer un petit dossier sur le cloud pour pouvoir les récupérer facilement.
07:29Et puis, connaître aussi tout simplement son assureur et son numéro de client.
07:34On a encore des gens qui ne savent pas chez qui ils sont assurés.
07:36Donc, ça, c'est aussi des choses toutes bêtes à avoir en tête.
07:38Oui, vous avez raison de le rappeler.
07:40Des choses toutes simples, garder son contrat, le ranger à un endroit avec le numéro et le nom de son
07:45assureur,
07:46au cas où, à un moment donné, on en aurait besoin.
07:49Peut-être une autre question sur les moyens de contestation.
07:51Est-ce qu'il existe à l'heure actuelle des moyens de contestation ?
07:54Si on considère, par exemple, qu'une décision qui a été prise par un assureur n'est pas légitime,
08:00est-ce qu'il est possible de la contester ?
08:02Si un assureur décide de ne pas payer ou de ne pas payer suffisamment, que peut faire un administré ?
08:09Alors, tout à fait.
08:11En tant qu'assuré, on n'est pas obligé d'accepter la proposition d'indemnisation qui a été faite par
08:16l'assureur.
08:17Il est tout à fait possible de demander une contre-expertise.
08:20Parfois, certains contrats prennent en charge la demande d'un contre-expert.
08:28Et puis, si les deux experts n'arrivent pas à se mettre d'accord,
08:30on demande un troisième expert qui va venir les départager.
08:33Donc, il ne faut pas hésiter, il ne faut pas attendre et accepter l'indemnisation.
08:37Si on n'est pas d'accord, il faut se manifester.
08:40Et puis, si on rentre également dans un conflit, il y a également un médiateur de l'assurance qui peut
08:44être saisi.
08:44Donc, c'est un médiateur de l'assurance qui peut être saisi.
08:47C'est l'une des démarches par lesquelles il est possible de faire entendre sa voix
08:50si on considère qu'une décision qui a été prise n'est pas légitime, n'est pas juste.
08:55Oui, tout à fait.
08:56Alors, le premier réflexe, c'est tout de même de demander une contre-expertise.
09:00Ça, ça se fait très facilement et ça permet d'être rassuré aussi
09:05par rapport au fait que l'assureur a bien respecté les termes du contrat
09:09et que l'indemnisation est bien conforme à ce qui a été déclaré.
09:12Parfait. Merci beaucoup. Merci Stéphanie Durafour.
09:15Je rappelle que vous êtes chargé des relations presse pour Assurlande, comparateur d'assurante.
09:19Merci pour cet éclairage sur cette question qui va prendre de plus en plus de place, malheureusement, dans les années
09:24qui viennent.
09:24Celle de la facture, celle de l'assurance.
09:27Qui va payer pour ces nouveaux risques climatiques ?
09:30Et puis, une pensée évidemment pour toutes les personnes touchées par les incendies en Gironde,
09:33dans les Landes, qui vivent aujourd'hui une période particulièrement difficile.
09:37On se retrouve tout de suite, juste après la pause,
09:39on se retrouve tout de suite avec notamment le maire.
09:43Un maire qui va nous expliquer les difficultés auxquelles il est confronté tous les jours
09:47avec la question des gens du voyage.
09:49A tout de suite.
09:51Sud Radio.
09:52Les débats de l'été, Noémie Alioua.
09:54Et en notre retour sur l'antenne de Sud Radio, on poursuit notre tour de l'actualité
09:58avec une colère qui monte chez certains élus locaux.
10:01Des maires qui disent se sentir démunis face aux installations illégales des gens du voyage.
10:05Des terrains occupés sans autorisation, des procédures jugées trop longues
10:08et des élus qui expliquent parfois avoir le sentiment de ne pas avoir les moyens
10:12de faire respecter les décisions prises.
10:14Le sujet a été relancé ces derniers jours après la prise de position de Gabriel Attal,
10:19ancien Premier ministre, qui a dénoncé en Vendée plusieurs occupations illégales de terrain.
10:23Mais derrière la polynmique, une question revient.
10:26Les maires ont-ils aujourd'hui les moyens d'agir face aux occupations illégales ?
10:30Et vous, dans votre commune, avez-vous déjà été confronté à ce type de situation ?
10:35Appelez-nous, racontez-nous en détail ce qui vous arrive,
10:38ce que vous pensez d'ailleurs de cette question 0826 300 300, 0826 300 300.
10:45Et on en discute aussi ce matin avec notre invité Nicolas Barthe,
10:49maire de Toulouse dans les Pyrénées-Orientales.
10:51Bonjour Monsieur le Maire.
10:53Bonjour.
10:54Bonjour, merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
10:56Voilà, vous êtes le maire d'une commune qui a été confrontée à ce type de problématiques.
11:01Concrètement, qu'est-ce qui se passe quand des caravanes s'installent sur un terrain sans autorisation ?
11:06Alors là, on remonte aux souvenirs de l'année dernière, même si cette année on était encore confrontés.
11:13En juin dernier, un samedi, sur un samedi, je suis appelé par le club de foot et de rugby de
11:21ma ville de Toulouse,
11:22qui subissait une invasion de 50 caravanes issues de la communauté des gens du voyage avec une entrée assez musclée
11:32sur le terrain.
11:33Moi, je me suis ce jour-là interpellé puisque je n'étais pas loin et nous avons vécu des moments
11:41difficiles.
11:43Alors, il faut dire que ma ville et ma situation a été sûrement l'un des éléments déclencheurs de la
11:51prise de conscience de ce problème même,
11:53si ce problème était vécu par plusieurs maires depuis de longues années.
11:56Mais à partir de ce moment-là, nous avons été, et je tiens à le dire, sans faire de politique,
12:03c'est important de le souligner,
12:05bien accompagnés par l'État et le ministre de l'Intérieur de l'époque qui était M. Retailleau, qui a
12:10réagi immédiatement.
12:12En clair, quand vous êtes au sein d'une ville qui siège dans l'agglomération qui est Perpignan-Méditerranée pour
12:21notre département,
12:22il faut que la communauté d'agglomération soit conformité avec ce que l'on appelle le schéma d'accueil des
12:29gens du voyage.
12:31Il faut qu'à l'échelle des 36 communes qui constituent l'agglomération, vous puissiez proposer à ces communautés une
12:39terre d'accueil
12:42où il y a de l'eau, où il y a une possibilité de branchement à l'électricité pour leur
12:46amener une solution.
12:46Et une fois que vous avez cela, vous êtes en conformité avec la loi et vous pouvez, par la force,
12:53après avoir notifié par arrêté l'occupation illégale,
12:58sortir les gens de la zone qui est occupée.
13:01Voilà, donc c'est ça. Donc, à partir du moment où vous prenez des décisions, qu'est-ce qui se
13:06passe ?
13:07Alors, il y a 24 heures. Ils ont 24 heures pour quitter les lieux.
13:11Et je le souligne également, sur le département, le préfet des Pyrénées-Orientales est intransigeant avec la loi
13:20et signifie administrativement l'occupation illégale.
13:29Et passer le délai signifie par la force l'évacuation du lieu occupé.
13:34L'année dernière, sur cette situation qui a été douloureuse pour la ville,
13:39nous avons eu la possibilité d'évacuer ces gens-là avec la compagnie des CRS de Montpellier.
13:47Il y avait plus de 100 hommes mobilisés pour amener ce signal, qui est un signal important,
13:55qu'une fois que la loi est respectée, que le schéma d'accueil territorial est respecté,
14:01les gens doivent se conformer à la loi et quitter les lieux.
14:04Et s'ils ne les quittent pas, eh bien là, le préfet emploie la force.
14:08Mais sur l'affaire de Toulouse, cela a duré deux heures et demie.
14:12Quand ils ont vu arriver la colonne de CRS, le PSIG, les drones,
14:20ces gens-là sont partis au bout de deux heures en laissant l'état du terrain propre avec quelques dégâts.
14:26Mais c'était relativement en bon état.
14:29Donc, qu'est-ce que cela nous prouve ?
14:31Allez-y, allez-y.
14:33Qu'est-ce que cela nous prouve ?
14:34C'est qu'une fois qu'on est en conformité avec la loi, qu'on est raccord avec la légalité,
14:38il ne faut pas hésiter à utiliser la force.
14:41Et finalement, le premier à nous accompagner sur ce modèle-là, c'est le préfet,
14:46avec les forces qu'il a à disposition.
14:49Sur Toulouse, il y a un an, ça s'est vraiment bien passé.
14:54Et là, dernièrement, on a eu une petite invasion de huit caravanes.
15:01Notification de l'arrêté, occupation illégale, schéma territorial d'accueil en conformité avec la loi.
15:08La gendarmerie et l'État se sont mis ensemble pour amener cette preuve de force.
15:13Ils sont restés 24 heures et ils sont partis.
15:15Alors, vous dites quand même qu'il y a eu une mobilisation assez exceptionnelle,
15:18d'abord du préfet, du ministre de l'Intérieur de l'époque.
15:21100 personnes des forces de l'ordre mobilisées,
15:24ce ne sont peut-être pas les moyens qu'ont toutes les communes de France
15:27pour pouvoir lutter contre ce fléau.
15:29Non, mais il faut être accompagné.
15:31Il suffit de la volonté des préfets et de l'État d'accompagner les maires de terrain que nous sommes.
15:39Oui, c'est ça.
15:42La première des choses, c'est qu'important, c'est que la ville qui siège au sein de la communauté
15:47d'agglomération
15:50doit être en conformité avec le schéma d'accueil.
15:53Si vous n'avez pas d'air, comme la loi le demande, capable d'accueillir ces gens-là,
15:58vous ne pouvez pas mettre en avant la signification administrative et après la force.
16:03Et je pense que l'État, et vous l'avez vu dernièrement avec M. Attal,
16:11vous l'avez dit, qui était en Vendée,
16:14a pris conscience de la lourdeur de ces occupations et du stress
16:18que cela pouvait générer pour les maires et pour les populations.
16:22Si vous deviez donner un conseil aux maires qui sont confrontés à cette situation,
16:28quelle est la meilleure démarche, selon vous, pour pouvoir faire en sorte de lutter contre ça ?
16:36Déjà, savoir si au sein de leur agglomération,
16:39le schéma d'accueil territorial des gens du voyage est respecté.
16:43Ça, c'est la première des choses.
16:45de passer l'arrêté d'occupation illégale, quand cela arrive,
16:51et de se tourner directement vers le préfet de leur département.
16:57Et si encore je m'en tiens à ce que je vis sur les Pyrénées-Orientales,
17:03les préfets sont à l'écoute et mobilisent les forces qu'il faut.
17:06Enfin, du moins, c'est ce que je vis ici, dans les Pyrénées-Orientales,
17:10pour faire évacuer les communautés vers des aires mises à disposition,
17:17préparées pour les accueillir.
17:20C'est un investissement que Perpignan-Méditerranée Métropole a mis en place.
17:26Ça nous coûte beaucoup d'argent, mais au moins, on est en conformité avec la loi.
17:30Et là, on peut agir avec la force, passer le délai administratif de signification.
17:34C'est ça, parce que certains rappellent quand même que les communes ont le devoir.
17:38Elles doivent prévoir des aires d'accueil pour les gens du voyage.
17:41Est-ce que les collectivités jouent suffisamment leur rôle, selon vous ?
17:45Nous, c'est une compétence qu'on a délivrée à Perpignan-Méditerranée, à l'agglomération.
17:52Donc, les aires d'accueil sont mutualisées.
17:57Je ne veux pas vous dire de bêtises, mais au sein de Perpignan-Méditerranée,
18:02je crois que nous avons trois aires capables d'accueillir les gens du voyage,
18:07qui sont équipés en eau, en électricité.
18:11Donc, il faut se mettre en conformité avec la loi, c'est normal.
18:14Et une fois qu'on est en conformité avec la loi, là, on peut agir.
18:17Mais le préfet, il ne peut pas agir par la force si, au préalable,
18:23la communauté d'agglomération ou la ville ne s'est pas mise en conformité.
18:27Est-ce que vous pouvez nous raconter aussi les témoignages des habitants ?
18:32Comment ont vécu vos habitants cette situation ?
18:35Est-ce que certains sont venus se plaindre auprès de vous de nuisances, d'inquiétudes ?
18:39Comment vous avez senti, vous avez pris le pouls de votre population au moment où c'est arrivé ?
18:46Alors, j'ai eu déjà un pouls, on va dire, direct par les associations qui occupaient le stade.
18:52Parce que vous savez, quand ces gens rentrent, là, ils sont rentrés par la force,
18:56avec une idée en tête, rentrer, coûte que coûte.
18:59C'est-à-dire que j'avais les gens des associations qui fermaient les portes,
19:03il y a eu des dames qui ont été malmenées,
19:07moi, je me suis mis opposé, ils sont venus à Sète, ils m'ont déplacé sur le côté,
19:12ils ont ouvert les portes et ils rentraient à toute blinde dans le stade.
19:16Parce que leur seul objectif, c'était rentrer.
19:19Il y avait 55 caravanes ce jour-là, sur un stade, c'était impressionnant.
19:23Attendez, vous voulez dire que vous, en tant que maire, on vous a déplacé pour pouvoir rentrer dans le stade
19:28?
19:28Ah oui, moi, je me suis opposé, je me suis opposé physiquement à ces gens-là.
19:34Vous avez porté plainte ?
19:35Oui, oui, il y a une plainte qui est en cours, ça va être jugé la prochaine.
19:39Et vous étiez avec d'autres administrés ? Expliquez-nous un petit peu comment est-ce que ça s'est
19:42organisé.
19:43Alors, il y avait les associations, les associations fréquentées de football et de rugby,
19:48donc fréquentaient le stade.
19:49Ils sont arrivés, ils ont pété le cadenas,
19:53donc ils ont ouvert en grand les portes du stade
19:56et ils se sont introduits dans le stade.
19:59Et leur but, à ce moment-là, c'est rentrer coûte que coûte.
20:02Et ils doivent rentrer rapidement, très rapidement,
20:05pour ne pas être repoussés.
20:06Donc les voitures accélèrent, sans regarder les piétons,
20:10les personnes qui s'imposent sont menacées physiquement et sont mises de côté.
20:19Et c'est parti.
20:20Et les voitures arrivent, s'installent, tout est organisé,
20:22c'est travaillé au sein des communautés.
20:24C'est ce que j'ai pu sentir, c'est que les rôles sont bien répartis.
20:29Il y a des gens qui sont missionnés,
20:32c'est le plus dur finalement de ces communautés-là,
20:36qui sont missionnés pour favoriser le passage.
20:39Et après, une fois que c'est passé,
20:42vous avez les plus anciens qui viennent et qui commencent à négocier.
20:45avec l'élu, avec les associations, avec le propriétaire du terrain,
20:48que ce soit la ville ou un propriétaire privé.
20:52Donc ils arrivent avec leur caravane,
20:54et ils négocient avec vous pour pouvoir rentrer sur le terrain,
20:57quand même ils savent que c'est illégal.
20:59Ils ne négocient pas.
21:00Ils rentrent coûte que coûte.
21:02C'est un coup de force.
21:03Ils ne négocient jamais.
21:05Ils ont dans leur communauté des gens qui sont chargés de réaliser cela.
21:09C'est-à-dire rentrer coûte que coûte par la force.
21:10Et c'est quoi ? Ils vous intimident par la force ?
21:12Ils ont des gros bras bien musclés, c'est ça ?
21:14Oui, c'est ça.
21:14C'est ça, en clair, c'est ça.
21:16Et une fois qu'ils sont rentrés,
21:18qu'ils ont réalisé leur coup de force,
21:20là on arrive sur la période de négociation.
21:23Mais moi, je l'ai bien senti, je l'ai bien vu.
21:24Et là, vous avez des personnes un peu plus âgées,
21:26un peu plus posées,
21:27qui viennent entamer le dialogue.
21:29Et ils se répartissent les rôles comme cela.
21:32Il y a les personnes fortes de la communauté,
21:35qui, elles, rentrent par la force,
21:38et les négociateurs,
21:39qui sont souvent les personnes un peu représentatives
21:43de la communauté,
21:45et elles, elles négociaient avec vous en douceur.
21:47C'est en deux états.
21:48C'est très organisé ce que vous nous décrivez là.
21:50Est-ce que du côté de l'État,
21:52c'est aussi organisé ?
21:53Est-ce qu'il y a les moyens
21:54de contrer ce fléau rapidement,
21:56à partir du moment où on sait
21:58qu'il y a eu une installation illégale ?
22:01Là, on voit que tout est très organisé,
22:02tout est très pensé.
22:04Est-ce que du côté de l'État,
22:05du côté de la préfecture,
22:06du côté de l'agglomération,
22:09les procédures sont aussi bien organisées ?
22:12Oui, oui.
22:14Dans les Pyrénées-Orientales,
22:16au sein de Perpignan-Béterranée,
22:17métropole, oui.
22:19Et ailleurs ?
22:21Ailleurs, je l'espère.
22:24Parce que si les maires
22:26ne se sentent pas aussi protégés
22:29et accompagnés que vous, malheureusement.
22:32Mais il faut que, politiquement,
22:33déjà, ils se mettent en conformité.
22:36On a voté tous,
22:37nos parlementaires ont voté un cadre légal.
22:40C'est que chaque communauté d'agglomération
22:42ou chaque ville
22:43doivent bénéficier d'une aire
22:46devant accueillir les jeunes du voyage.
22:47Une fois que ça, c'est respecté.
22:50Il y a la signification administrative.
22:52Et après, s'ils ne veulent pas partir,
22:53c'est la force.
22:54Il n'y a pas d'autre solution.
22:55Donc, généralement,
22:56ce n'est pas des gens qui rentrent...
22:58De la part des élus
22:59et ensuite, par la force,
23:01par la procédure plus directe.
23:03Par le respect du cadre légal.
23:04Par le respect du cadre légal.
23:05J'ai l'impression,
23:07et j'ai l'impression, quand même,
23:08que ça fait son chemin.
23:13Cette démonstration,
23:14j'avais pris la parole
23:15il y a quelques mois
23:18sur cette antenne-là.
23:21Oui, oui, vous nous avez raconté...
23:22Je pense que maintenant,
23:24il faut muscler nos interventions
23:26face à ces personnes-là.
23:27Le respect du cadre légal.
23:29On retiendra ça.
23:29Merci beaucoup, Nicolas Barthe.
23:31Je rappelle que vous êtes maire
23:32de Toulouse, dans les Pyrénées-Orientales.
23:34On est bien sur Sud Radio.
23:35Il est 10h29.
23:36Et dans un instant,
23:37comme vous en avez habitude,
23:39vos grands débats de l'été.
23:40Les chroniqueurs sont déjà là.
23:41Ils sont entrés.
23:42Ils sont installés autour de la table.
23:43Ils se préparent à des déblas
23:45enflammés.
23:46Et à tout de suite sur Sud Radio.
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