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Avec Dr Robert Cohen, pédiatre et président du Groupement français d’infectiologie pédiatrique
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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE-2026-08-06##

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Transcription
00:00Le gouvernement a-t-il cherché à nous cacher les chiffres de la mortalité infantile ?
00:05C'est une révélation du canard enchaîné de cette semaine et on en parle dans un instant avec Robert Cohen.
00:15Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jacques Cardoz.
00:19Il est 7h et presque 34 minutes, soyez les bienvenus sur Sud Radio, Robert Cohen, pédiatre.
00:24Face à la problématique de la surmortalité infantile, Robert Cohen qui est président du groupement français d'infectiologie pédiatrique.
00:34Bonjour docteur, soyez le bienvenu.
00:37Alors je vous disais en 2024, 2709 enfants sont décédés avant leur premier anniversaire, soit un taux de 4,1
00:46décès pour 1000 naissances.
00:48Alors il faut bien comprendre que ça, ça nous place au 23ème rang sur 27 au sein de l'Union
00:55Européenne.
00:56J'ai envie de vous poser la question très cash et très simple, pourquoi sommes-nous si mauvais ?
01:02Alors il y a beaucoup beaucoup de raisons pour lesquelles on est si mauvais.
01:07Alors prenons-les une par une alors.
01:09Voilà, alors d'abord c'est pas quelque chose de nouveau, c'est-à-dire qu'il y a eu
01:13plein de rapports ces dernières années des publications internationales
01:17qui montravaient tout à fait ce phénomène.
01:21Donc le rapport vient après un rapport, un rapport, etc.
01:25Mais c'est tout sauf une surprise pour nous, parce que depuis 4-5 ans il y avait une alarme
01:30qui était de dire que la mortalité infantile revenait.
01:34La première chose qu'il faut noter c'est surtout une mortalité des très jeunes enfants, c'est-à-dire
01:40une mortalité néonatale.
01:43D'accord ? Et pour beaucoup ça traduit une prise en charge à la fois disparate et à la fois
01:53de qualité très très variable
01:55au sein de la France des grossesses et des tout petits enfants.
02:03Et donc c'est des signes d'alarme diverses, multiples.
02:07D'abord il y a eu quelques années des assises de pédiatrie qui ont souligné ce fait.
02:12Ensuite il y a eu les sociétés de néonatologie qui s'occupent des plus près des enfants qui ont signalé
02:19leur difficulté,
02:20la difficulté du maillage territorial, la difficulté d'établir des équipes de garde complètes.
02:28Vous savez c'est des métiers où il y a une constance des soins qui doit être permanente.
02:35Or vous savez qu'aujourd'hui avec la démographie médicale qui n'étonne plus personne,
02:41vous venez d'en parler juste avant pour dire on augmente le nombre de médecins,
02:47mais il y a un rapport bien entendu avec tout ça.
02:50Et quand je parle de médecins, je parle de l'ensemble des professions de santé
02:58qui sont souvent en nombre insuffisant.
03:02Mais Robert Cohen, pédiatre, et on parle avec vous de la problématique de la surmortalité infantile,
03:07certes qu'on ne découvre pas ce matin, ça c'est sûr.
03:10En revanche ce qu'on découvre c'est les révélations du canard enchaîné
03:13qui nous apprend que c'est l'Institut National de la Statistique qui révèle les chiffres
03:16et que la ministre aurait voulu les cacher.
03:19Pourquoi cette réaction ? Qu'est-ce qui se passe ? On a honte de notre politique ?
03:25Je ne suis pas dans les cabinets ministériels pour vous dire pourquoi la ministre a éventuellement voulu casser ses chiffres.
03:36Mais comme souvent, ses chiffres, il n'y a qu'à lire des articles publiés dans les plus grandes revues
03:45françaises
03:45par des pédiatres français pour savoir que c'est un vrai phénomène.
03:50C'est un vrai phénomène, mais docteur Cohen, vous parliez de la pénurie de médecins
03:55et lorsqu'on regarde en détail les chiffres, on s'aperçoit qu'il y a deux types de centres de
03:59natalité
04:00en Suède, enfin l'Europe du Nord et l'Europe du Sud,
04:03les très grands centres et les maternités plus adaptées au modèle français.
04:10Et dans les deux cas, finalement, il y a une mobilisation de médecins ou de personnels qui sont très différents
04:15et pourtant les chiffres sont meilleurs.
04:17C'est-à-dire qu'en fait, quel que soit le biais par lequel on le prend,
04:21la France n'est pas bien placée.
04:22Donc on se demande si finalement c'est vraiment qu'une question de soignants,
04:26enfin d'accompagnement, s'il n'y a pas d'autres raisons.
04:30Alors, il y a d'autres raisons.
04:32D'abord, vous avez tout à fait raison.
04:34J'ai parlé au début de maillage territorial,
04:36d'avoir des équipes qui étaient peut-être moins nombreuses,
04:43moins de centres, mais des centres qui soient plus, j'allais dire, plus équipés.
04:50Aujourd'hui, il y a un vrai problème de recrutement de médecins
04:54pour avoir une continuité des soins quand on a beaucoup de soins.
04:57Donc, vous avez raison, par rapport au modèle suédois, c'est très très important.
05:01Il y a aussi le problème du suivi des grossesses
05:05et des familles en difficulté qui ont augmenté ces dernières années
05:11et qui vont probablement demander plus de soins,
05:18plus de médecins que ce qui se passait il y a quelques années.
05:20Quelles sont les raisons de ces mortalités infantiles ?
05:24Vous disiez, dans beaucoup de cas, c'est à la naissance,
05:28mais est-ce que vous pourriez...
05:29Autour de la naissance.
05:30Autour de la naissance. Que pourriez-vous nous donner les 2-3 raisons de ces décès précoces ?
05:37Je crois que l'essence...
05:39D'abord, il faut savoir que notre système de surveillance
05:43ne permet pas de dire le plus souvent de quoi sont morts précisément ces enfants.
05:50D'accord.
05:52Mais vous avez des études, vous avez...
05:54Ah oui, oui, les études vont plutôt pour une non prise en charge de la grossesse,
06:02une prise en charge insuffisante, un accompagnement insuffisant des familles les plus défavorisées,
06:07parce que ça ne touche pas, bien entendu,
06:11comme beaucoup de ce type de phénomène, les familles les plus favorisées.
06:17Oui, et c'est vrai que c'est souvent dans les milieux les moins favorisés,
06:23finalement, mais on a quand même, nous, en France, un système de santé
06:26qui est quand même très, très...
06:29Enfin, qui a un maillage qui est quand même assez bien représenté.
06:32Donc, c'est vrai qu'on a du mal à comprendre les vraies raisons de cette surmortalité infantile.
06:40Robert Cohen, est-ce qu'au-delà de ce que vous nous dites, il y a d'autres raisons ?
06:48Je ne crois pas.
06:49Je crois que vraiment, c'est une raison d'organisation, d'accord,
06:55de moyens sûrement, mais encore plus d'organisation.
07:00Il y a énormément de propositions qui ont été faites au niveau des assises de pédiatrie
07:06qui n'ont finalement pas abouti à grand-chose.
07:09Il y a un travail qui a été énorme, il y a deux ans, il y a trois ans,
07:12tout le monde s'est mobilisé, mais finalement, à la fin du rapport,
07:16comme souvent, il n'y a pas beaucoup de mesures qui ont été prises derrière.
07:20C'est très dommage.
07:21Merci beaucoup, Robert Cohen, pédiatre, de nous avoir éclairé
07:24sur cette problématique de la surmortalité infantile
07:27et sur ces révélations du canard enchaîné qui nous apprend que,
07:30alors certes, nous le savions déjà, que nous sommes assez mal placés,
07:33mais surtout que les chiffres auraient été cachés par la ministre de la Santé.
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