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  • il y a 2 jours
Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On passe à l'autre gros dossier international évidemment de cette année 2026, c'est l'Iran.
00:05Avec cette question, est-on tout proche d'un accord pour rouvrir le détroit d'Hormuz ?
00:10C'est en tout cas ce que laissent penser certaines déclarations de responsables américains
00:14et notamment Marco Rubio, le secrétaire d'État américain en personne. Écoutez.
00:19Il y a actuellement des discussions entre Oman et l'Iran auxquelles nous participons
00:23pour permettre à davantage de navires de transiter en toute sécurité à court terme
00:27avant des négociations de plus long terme sur la dénucléarisation.
00:33Des progrès ont été réalisés mais aucun accord définitif n'a encore été conclu
00:37et nous espérons qu'il le sera très prochainement.
00:41Bonsoir Laurence Haïm, vous êtes notre correspondante à Washington.
00:44Est-ce qu'on peut prendre au sérieux, croire ces déclarations qu'on vient d'entendre de la part de
00:48Marco Rubio ?
00:52Écoutez, les déclarations de Marco Rubio sont aussi contradictoires
00:56que celles qui ont été faites par Scott Bessette, le secrétaire aux finances.
01:02Ce matin, Scott Bessette, chez nos confrères de CNBC, a dit
01:05« Mais tout va très bien, le D3 d'Hormuz va réouvrir demain, au plus tard, ou peut-être tout
01:11à l'heure. »
01:11Et Marco Rubio, lui, reste plus prudent.
01:13Donc on sent une dissension au sein du gouvernement Trump.
01:16Par contre, le président Trump, qui est parti il y a quelques instants de la Maison-Blanche,
01:20qui est en route pour Los Angeles,
01:22lui se dit toujours extrêmement confiant sur le fait qu'un deal avance,
01:27qu'il va y avoir un accord très vite trouvé sur le D3 d'Hormuz.
01:31Encore une fois, c'est une communication un peu bizarre avec des gens qui disent
01:34que tout va très bien côté américain.
01:36Et un président, lui aussi, qui reste confiant.
01:38Mais dans les faits, on l'a vu, depuis le début de la guerre
01:41et des bombardements entre Américains et Iraniens,
01:45eh bien 42 fois, selon mes comptes, le président Trump a dit qu'un deal allait se passer.
01:50Et finalement, rien ne s'est passé.
01:52Donc on est tous dans l'attente de savoir, ce dont les projets prochains jours,
01:56si le D3 d'Hormuz va s'ouvrir ou pas.
01:59Si Laurent Saïm, pour ses précisions.
02:02Mickaël Benhamou, Laurent Saïm a fait les comptes.
02:0442 annonces d'accords qui sont restées, on va dire, lettres mortes.
02:10On va rester donc évidemment extrêmement prudents
02:13après les déclarations de plusieurs hauts responsables américains.
02:16Comment expliquer, au fond, ces déclarations qui, malgré tout, vont dans le même sens ?
02:21On a entendu tout à l'heure le secrétaire américain aux finances.
02:23Là, c'est le secrétaire d'État américain, Marco Rubio.
02:26Il y a une volonté, en fait, c'est la pensée magique.
02:29On veut penser que ça va marcher.
02:33Ou il y a d'autres intérêts, peut-être agir sur les marchés.
02:36Comment vous analysez ces déclarations ?
02:38Déjà dire que Laurent Saïm est courageuse d'avoir fait le compte des mensonges du président Trump.
02:43Bravo à elle.
02:46Non, ce qu'on comprend tous, je pense, sur ce plateau,
02:49enfin, je parle juste pour moi,
02:50mais on a quand même l'impression que les Américains aimeraient une part des bénéfices dans cette affaire
02:54et qu'ils n'arrivent pas à l'obtenir,
02:56donc par des bénéfices, soit en touchant une part de ce fameux péage,
03:01ou alors dans la reconstruction de l'Iran.
03:04Et je pense qu'ils n'arrivent pas à l'obtenir,
03:05parce que les Iraniens ne donnent rien aux Américains, pour l'instant, de ce point de vue-là.
03:09Deuxièmement, les Américains aimeraient retrouver l'accès naval à cette zone qu'ils ont perdue
03:15et qui leur permettrait de revenir en tant que protecteurs des pétro-monarchies du Golfe Persique,
03:21ce qu'ils n'arrivent plus à faire.
03:22Ce que j'entends par accès naval, c'est accès à leur porte-avions et accès à leur destroyer.
03:26Et évidemment, les Iraniens, pour l'instant, n'acceptent pas le retour de ces navires américains.
03:31Et donc, là aussi, c'est un échec.
03:33Et donc, du coup, ce qui reste à Donald Trump, apparemment,
03:36c'est cette espèce de délit d'initié qu'il semble faire,
03:39puisqu'apparemment, de ce que je comprends,
03:41il faut maintenant payer 100 000 dollars chaque mois
03:43pour avoir accès aux tweets, aux posts en direct du président américain.
03:49C'est-à-dire que vous et moi, on a accès, en fait, à ces tweets.
03:53Je ne sais pas comment on appelle ça.
03:56Je crois que c'est 30 minutes après que les marchés financiers et eux...
03:59Sur le réseau du président.
04:01...aux informations.
04:02Donc, en fait, c'est quand même quelque chose d'assez hallucinant,
04:04qui accélère la confusion qu'il y a en Amérique entre public et privé,
04:08malheureusement, qu'il y avait déjà avant.
04:10Trump n'a pas inventé cette confusion.
04:12Mais clairement, il a malheureusement accéléré ce trait américain
04:16dans leur diplomatie.
04:18Et donc, ça nous donne, en fait, je pense,
04:19cette confusion que nous avons tous les jours.
04:21Il faut faire très attention à cette confusion,
04:23ne pas se faire avoir par ces déclarations,
04:26et bien comprendre qu'en fait, ce à quoi nous assistons vraiment,
04:30c'est à moins d'Amérique au Moyen-Orient,
04:32moins d'Amérique dans le monde,
04:33et beaucoup plus de régionalisation des conflits.
04:36C'est-à-dire qu'en fait, on gère les choses dans des bulles régionales.
04:39Et c'est un peu ce qui se passe chez nous en Europe avec l'Ukraine.
04:41Ça se passe, en fait, de plus en plus entre Européens et Russes.
04:44C'est la même chose au Moyen-Orient.
04:46En fait, là, maintenant, on a les Saoudiens et les Iraniens
04:48de plus en plus face à face.
04:50– Je m'incris complètement dans ce qui vient d'être dit.
04:54En fait, finalement, il n'y a pas de solution militaire
04:57sur l'ouverture du détroit d'Hormuz.
04:59Les frappes militaires menées par les Américains,
05:01on l'a montré, même sur la bande côtière.
05:03Ils ne sont pas arrivés à empêcher les Iraniens de tirer,
05:05et ils n'y arriveront jamais.
05:07Mais il y aura toujours un missile anti-navire qui pourrait être tiré
05:09de quelque part sur le territoire iranien,
05:11qui touchera un pétrolier, parce que ce n'est pas très compliqué
05:13de toucher un pétrolier.
05:14Donc ça, c'est une réalité.
05:16Et donc, effectivement, de par cette impasse,
05:18il n'y a plus qu'une seule solution, c'est la négociation.
05:20Donc la négociation, effectivement, les Américains, visiblement,
05:23ont sans doute des conditions qui ne sont pas acceptables
05:25pour les Iraniens.
05:26Donc ce que l'on est en train de voir,
05:28c'est qu'effectivement, il y a d'autres pays
05:30qui, eux, ont besoin de passer par le détroit d'Hormuz,
05:32qui disent qu'on va prendre les choses en main.
05:34Et on ne va effectivement peut-être pas donner 100% du contrôle
05:36du détroit d'Hormuz à l'Iran, parce que ce ne serait pas acceptable.
05:39Mais sans doute, effectivement, un partage.
05:41Alors là, les Qataris, les Omanais jouent des rôles,
05:43effectivement, négociateurs très importants.
05:45Mais on va effectivement, sans doute,
05:48se retrouver dans une situation qui sera pire
05:50que celle avant le 28 février.
05:52C'est-à-dire que l'Iran touchera, sans doute pas tout seul,
05:55mais touchera sans doute, effectivement,
05:57un péage ou une contribution volontaire
05:59de la part de toute ou partie des navires qui passeront.
06:03Et ce sera un échec américain.
06:05Et la vraie question, c'est est-ce que Donald Trump
06:08acceptera ce traité qui sera défavorable à la navigation mondiale
06:11ou est-ce qu'il décidera de repartir en guerre
06:13pour espérer obtenir un accord qui sera un peu meilleur ?
06:15C'est ça, en fait.
06:17Concrètement, c'est ça qui se joue actuellement.
06:19Et Donald Trump, à beau dire tout ce qu'il veut,
06:21au final, l'impression que ça donne,
06:22c'est qu'effectivement, les Américains sont de plus en plus
06:24hors-jeu de cette négociation.
06:26– Oui, ce que je voulais ajouter,
06:28chacun a ses interprétations,
06:30c'est que l'Américain, depuis 2019,
06:32ils ont une doctrine qui s'appelle le DAIMI.
06:35Diplomatie, Information, Military et Economics.
06:39Et ça, c'est les quatre leviers
06:40qu'a le président, le commander-in-chief, dans les mains.
06:43Alors, effectivement, il y a un mélange entre,
06:45comme vous le disiez, Michael,
06:46entre la partie privée, qui n'existe pas en France,
06:49dans les grands vieux États, et la partie publique.
06:52– En fait, la guerre, elle continuera tout le temps.
06:54Je suis désolé.
06:55Parce qu'en fait, tant que les Américains
06:57n'auront pas fait signer aux Iraniens
06:59ce qu'ils veulent leur faire signer,
07:00ils continueront.
07:01Alors les Iraniens, tant qu'ils pourront dire
07:02« on ne veut pas signer ce que les Américains nous proposent,
07:06ils le feront tant qu'ils pourront le faire ».
07:08Je parle du gouvernement iranien.
07:09En fait, le problème, il est le suivant.
07:11C'est qu'on ne sait pas qui a demandé
07:13à retourner aux négociations.
07:15Les Américains disent « les Iraniens ont demandé ».
07:17Et les Iraniens disent « non, non, non,
07:18nous, on veut continuer la guerre ».
07:20Sauf que, quand on regarde bien ce que disent
07:22certains analystes, alors je pense à M. Azizi
07:26qui est chercheur au Institut de Berlin,
07:29diplomatie, il dit « l'Iran, ils sont complètement usés
07:34économiquement et même militairement ».
07:36Alors bien sûr, ce n'est pas difficile d'envoyer un missile
07:38quand on en a construit des dizaines de milliers
07:41de temps en temps pour harceler le pétrolier
07:43qui passe dans le détroit d'Hormuz.
07:44Mais ce n'est pas ça qui va se...
07:46À la fin, c'est encore comme entre l'Ukraine et la Russie,
07:50c'est un duel entre l'Iran et les États-Unis.
07:53Et les États-Unis, 1000 milliards de budget
07:56de la défense tous les ans.
07:57C'est loin devant la Chine qu'on est à 247.
08:02Donc si vous voulez, c'est quand même les États-Unis.
08:05Donc moi, je pense que malheureusement pour nous,
08:06Européens, ça va se poursuivre.
08:08Et que peut-être dans un an, vous allez nous inviter
08:10autour du plateau pour commenter
08:13peut-être la 142e déclaration du président Trump
08:17qui voudra la paix.
08:17Michel Wershanski.
08:19Je crois que cette histoire du détroit d'Hormuz,
08:22elle décrit surtout l'échec du politique.
08:24Parce qu'il faut quand même se rendre compte
08:26qu'il y a très peu de temps,
08:27il y a moins de 24 heures ou 48 heures,
08:30aux États-Unis, on a demandé au CENCOM
08:32d'être inventif, de créer des hypothèses de travail
08:36pour, en fin de compte, aboutir à un résultat stratégique.
08:40Et le problème, ce n'est pas d'avoir un résultat stratégique.
08:43Aujourd'hui, c'est le politique,
08:45parce que tout simplement, Donald Trump,
08:46le président des États-Unis,
08:48a tiré des leçons à la fois de l'Irak et de l'Afghanistan
08:51en se disant, je ne veux plus de pertes humaines sur le terrain.
08:54Ce qui était déjà une partie de la doctrine américaine.
08:57Mais en refusant cela,
08:59il a refusé, en fin de compte,
09:00d'avoir un gain stratégique réel.
09:02Oui, il y aurait eu des pertes humaines américaines,
09:04mais il aurait pu gagner, au moins, Hormuz.
09:08Il faut se rappeler qu'il y a une semaine,
09:09on revoyait une sorte de cohérence dans la stratégie américaine.
09:12Le fait de bombarder Bandarabas,
09:14le fait de venir sur cette côte littorale,
09:17on pouvait se dire, voilà,
09:18ils vont passer à l'acte et ils vont envoyer des hommes
09:20et il y aura une opération combinée, peut-être, avec les Israéliens.
09:22Ce qui n'a pas été fait.
09:24Il faut se rendre compte, quand même,
09:25que le Tarkmark de Bernd-Gurion, en Israël,
09:28il y a plein d'avions américains qui sont là,
09:30en attente d'une opération potentielle.
09:32Donc, on a les moyens, les Américains ont les moyens,
09:35mais ils n'ont plus la volonté politique.
09:38Et je pense que le prêchi-prêcha, aujourd'hui, de Donald Trump,
09:41c'est cela.
09:42C'est de se dire, eh ben, je vais avoir une forme de statu quo.
09:46Et ce statu quo, il est permanent.
09:48Sur tous les conflits qu'a engagés, aujourd'hui, Donald Trump,
09:52que ce soit à Gaza, c'est du statu quo,
09:54que ce soit au Venezuela, c'est une forme de statu quo.
09:57Ce qui se passe là, c'est exactement la même chose.
09:59C'est-à-dire qu'il n'y a pas de volonté politique à transformer un gain stratégique à un
10:03moment donné.
10:04Et donc là, ça va durer.
10:07D'autant plus que, je suis persuadé d'une chose,
10:09c'est que Donald Trump a enjambé les minterms.
10:13Il a enterriné le fait que les minterms ne seraient pas un gain stratégique pour lui de demi-mandat.
10:19Et donc, voilà.
10:20Et on voit bien que toutes ces déclarations,
10:22elles ont lieu le week-end.
10:23Donc on a une baisse du brunt, donc du pétrole, et puis une hausse après.
10:27Et donc, ils jouent sur différents leviers.
10:29La pression sur les Iraniens,
10:31la pression sur l'espace financier des hydrocarbures
10:36et l'opinion publique américaine.
10:39Un petit mot, rapidement, avant de partir en Ukraine.
10:41Alors, juste sur tout ce qu'on vient de dire,
10:43moi, j'aimerais juste insister sur les manquements de l'armée américaine.
10:47Aujourd'hui, les Iraniens ont été capables de faire voler des drones FPV,
10:50comme on a vu en Ukraine, au-dessus d'une base américaine.
10:54Ensuite, les Américains et les pays du Golfe ont essayé d'intercepter des missiles Shade
10:57avec des missiles Patriot qui coûtent extrêmement cher.
11:00Et aujourd'hui, il y a des réserves qui manquent.
11:02Enfin, il y a les missiles balistiques qui sont très difficiles à intercepter.
11:05Tout ce que je dis là, c'est des faiblesses américaines.
11:07Les États-Unis sont la première puissance du monde de loin.
11:10Ça doit nous interroger sur notre façon en France de faire la guerre.
11:12Tout ce que je viens de décrire.
11:13On n'est pas capable d'intercepter les drones FPV.
11:15On n'est pas capable d'avoir des défenses aériennes contre des Shades.
11:18On n'est pas capable de prévoir une guerre face à des missiles balistiques.
11:21En France, aujourd'hui, on n'a pratiquement aucune défense,
11:23même s'il y en a une qui est en préparation.
11:25Donc, mon point, c'est qu'aujourd'hui, face à cette guerre moderne,
11:28face à la guerre aérobalistique, face à la guerre des drones,
11:30il y a quand même une question pour se dire
11:32qu'est-ce qu'on ferait de mieux
11:33et qu'est-ce qui nous manque aujourd'hui pour être prêt à ça ?
11:36Éric Bunard, on voit Trump qui promet une décapitation s'il n'y a pas d'accord.
11:42Alors, bon, ce n'est pas la première déclaration de ce type de Donald Trump,
11:45mais au fond, est-ce qu'il y a la possibilité d'une reprise du conflit très rapidement ?
11:49Bien sûr, oui, effectivement, il y a encore des moyens militaires sur place
11:52et il est tout à fait possible.
11:53Les Américains restent effectivement la première puissance mondiale.
11:56Ils n'ont aucun problème à relancer des dizaines de chasseurs de bombardiers.
11:59Mais encore une fois, pour quel effet politique ?
12:02Décapiter le régime, ça a été fait le 28 février.
12:04Ce n'est pas pour ça que la République islamique s'est effondrée derrière.
12:06Donc, encore une fois, il n'y a pas, à mon sens,
12:08il n'y a pas de solution militaire à part une invasion à grande échelle.
12:11Mais ça nécessite 600 000 hommes et le soutien de la population.
12:14Merci.
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