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Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Bonsoir à toutes et à tous suite de notre édition spéciale consacrée au dernier développement de cette guerre au Moyen
00:05-Orient
00:05avec l'information principale de cette soirée pour la première fois depuis le début de ce conflit de navires de
00:12guerre américains
00:12ont franchi aujourd'hui le détroit d'Hormuz, deux destroyers dont la mission précise l'armée américaine
00:18est de débloquer cette voie maritime en repérant notamment les mines qui rendent aujourd'hui la zone impraticable.
00:24La question de ce détroit justement qui ce soir est au cœur des négociations entre l'Iran et les Etats
00:29-Unis
00:29qui conservera le contrôle d'Hormuz, c'est l'un des principaux points de blocage, vous le savez, les discussions
00:34risquent de se poursuivre.
00:36Bonne partie de la nuit, prenons sans plus attendre la direction de Doha.
00:39Bonsoir Boris Karlamov, vous avez gardé toute la journée un œil sur ce fameux détroit
00:45que deux navires de guerre de l'US Navy ont donc pu franchir pour la première fois Boris.
00:52Absolument, c'est un événement majeur alors que les négociations pour la paix entre les Etats-Unis et l'Iran
00:58ont donc débuté aujourd'hui au Pakistan.
01:01Deux navires de la marine américaine ont donc réussi à franchir ce détroit d'Hormuz.
01:06Objectif, eh bien, il menait une opération de déminage.
01:09L'annonce a été faite ce soir par le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient.
01:15Les deux destroyers ont opéré dans le cadre d'une mission plus large
01:19visant à s'assurer que le détroit ait entièrement débarrassé des mines marines
01:24précédemment posées par les gardiens de la révolution iranien.
01:28Précision apportée par le Centre Com dans un communiqué publié sur le réseau social X.
01:35A noter que l'armée américaine annonce également que des renforts américains,
01:39notamment des drones sous-marins, rejoindront les opérations de déminage dans les tout prochains jours.
01:45Depuis l'entrée en vigueur de ce cessez-le-feu, en moyenne, ce sont chaque jour 8 navires
01:52qui réussissent à franchir ce détroit d'Hormuz.
01:56C'était notamment le cas aujourd'hui d'un super-tanker chinois
01:59avec à son bord du pétrole en provenance d'Arabie Saoudite
02:03ou encore d'un pétrolier battant pavillon hongkongais.
02:07Avant la guerre, en moyenne, 120 navires franchissaient ce détroit
02:12qui cristallise aujourd'hui les tensions.
02:13– Merci Boris Karlamov avec Marc Gossef depuis Abu Dhabi.
02:18Deux destroyers américains dans le détroit d'Hormuz
02:20alors qu'on négocie en ce moment même au Pakistan.
02:24Général Philippe Sidos, on est encore ce soir dans la négociation ou dans le rapport de force ?
02:29– Les deux sont intrinsèquement mêlés, intimement mêlés.
02:32Ce matin, il y avait une dépêche qui disait que les Iraniens avaient perdu des mines.
02:36Ils ne savaient plus où elles étaient leurs mines.
02:38Donc ça voulait dire mine dérivantes un petit peu partout.
02:40Donc ça voulait dire que surtout n'allez pas dans le détroit d'Hormuz
02:44parce qu'on ne sait pas où sont nos mines.
02:46Vous allez sauter dessus.
02:47Et puis ce soir, on a deux destroyers américains qui sont passés,
02:51qui sont allés dans le golfe Persique et qui sont revenus.
02:54– Et qui n'ont pas explosé.
02:56– Heureusement.
02:57– Mais Général Sidos, quand on revient, ça veut dire qu'on ne démine pas ?
03:01– Non, mais ce ne sont pas des bateaux de déminage, attention, attention.
03:03– Mais quand Trump disait nettoyer, tout le monde a pensé très vite déminage.
03:06– Non, non, non, ce ne sont pas des bateaux de déminage.
03:07– Ça veut dire qu'on n'a pas le temps ?
03:08Parce que pour déminer, il faut rester sur place, c'est ça ?
03:09– Oui, le terme est impropre.
03:11Ils ont tracé un itinéraire qui était déjà déminé, où il n'y avait pas de mine.
03:17Mais justement, je mets en lien cette déclaration des Iraniens ce matin
03:20en disant qu'on a des mines un peu partout.
03:22Bon, ils ont leur chenal qu'ils avaient imposé, près des côtes iraniennes,
03:26entre l'île de l'Arak et la côte iranienne, en disant, vous devez passer là.
03:30Alors que l'itinéraire habituel, il est beaucoup plus au sud.
03:33Vous l'avez montré tout à l'heure, c'est un itinéraire assez proche d'Omane.
03:39Voilà, on voit la carte.
03:40Vous voyez l'itinéraire iranien, il est en rouge.
03:42L'itinéraire que les Iraniens voulaient imposer, taxer, etc.
03:45Et puis l'itinéraire traditionnel est en vert.
03:47Et en fait, les bateaux sont passés, là, quand on a pu le repérer sur le système marine trafic,
03:53on a pu repérer le bateau numéro 112, le Michael Murphy.
03:56Donc on dit qu'ils sont passés d'est en ouest, c'est ça ?
03:58Alors ils sont passés, oui, de l'est, c'est-à-dire de la mer d'Omane vers le golfe
04:03Persique
04:04et ils sont revenus.
04:05Donc ils ont bien montré, ils ne se sont pas imposés dans le golfe Persique.
04:09Vous voyez, ils ont fait un raid, un raid naval.
04:12C'était un test, c'est ça ?
04:13Oui, c'est typiquement un test.
04:14Mais c'est une démonstration, c'est une démonstration de force, c'est une démonstration diplomatique également
04:18pour dire, les Iraniens, ce n'est pas vous qui commandez.
04:21Donc on ne va pas aller sur votre côte, c'est votre côte, dans vos étrangers, on ne va pas
04:24y aller,
04:24mais on va aller dans les eaux internationales.
04:26On va montrer que ce que vous êtes en train de dire n'est pas vrai.
04:29Et que nous, on existe aussi, nous, marines de guerre américaines, US Navy,
04:35on montre qu'on peut naviguer dans les eaux internationales.
04:38Donc là, il y a eu effectivement un dialogue.
04:40Le matin, en pleine négociation, les Iraniens disent qu'on a des mines un peu partout, donc danger.
04:44Ils sont même allés jusqu'à dire, à un moment donné, on a 6 000, mais ça paraît fou comme
04:47chiffre.
04:48Oui, oui, oui.
04:50Combien de minutes il faudrait pour le bloquer ?
04:52Pour le bloquer, alors de mémoire, oui, 6 000, alors là, il est totalement bloqué.
04:56Non, c'est certain.
04:57De mémoire, il y a eu un blocage, pas très loin de Koweït, où les Américains n'avaient pas pu
05:01débarquer pendant un conflit.
05:03Le chiffre avait été donné de 3 000.
05:05Alors à 6 000, oui, la zone est saturée.
05:07Là, il n'y a aucun bateau qui y va.
05:09Là, ce n'est même pas la peine d'essayer.
05:11Mais là, donc, on était dans le bluff.
05:12On s'est posé les questions sur les mines.
05:14On en parle depuis quelques jours.
05:15On s'était posé la question de savoir bluff, pas bluff.
05:17De toute façon, bluff, pas bluff, les armateurs n'auraient pas joué à ça.
05:22Ils n'y seraient certainement pas allés.
05:24Là, c'était un risque énorme.
05:25Bon, là, les Américains ont utilisé un chenal, disons, vers Tour de Mane, Emirats Arabes Unis, qui est sûr.
05:35Alors néanmoins, l'amiral Cooper, le Senkom, le grand patron des opérations, a dit, bon, on va mettre les moyens.
05:42On va mettre des drones, on va quand même vérifier.
05:44Là, il y a une prise de risque, quelque part, c'est vrai.
05:47Mais bon, avec des tankers, on va mieux assurer, on va mieux protéger pour rassurer tout le monde,
05:52pour que les prix des assurances ne montent pas, que le prix du pétrole ne monte pas, etc.
05:56Alors, Donald Trump dit que le nettoyage du Détroit a déjà démarré.
06:00Nous allons, en tout cas, déminer ce Détroit.
06:02Vous n'y croyez pas.
06:03Vous faites non de la tête.
06:05Je vous donne cette information-là que nous donnent ce soir nos collègues de Ouest France.
06:09Les renforts brestois de la marine nationale, qu'on parle de marine française, en escale à Toulon,
06:15vont rejoindre le Détroit d'Ormuz.
06:17On parle de deux chasseurs de mines et une frégate multimission brestois
06:20sont arrivés en escale à la base navale de Toulon.
06:22Première étape avant un engagement dans les opérations menées par la marine nationale au Proche et au Moyen-Orient.
06:28Ça va pouvoir aider, justement, à nettoyer, à libérer, à ouvrir ce Détroit ?
06:32Première étape.
06:33Donc, on ne sait pas encore quelles seront les étapes suivantes s'il y a une décision politique.
06:38En tout cas, il y a peut-être un prépositionnement à Toulon.
06:40Je n'étais pas informé de cela.
06:42Pour revenir à la démonstration américaine, c'est d'abord une mission de présence, en fait.
06:49De présence et puis de sécurisation.
06:53Présence, ça veut dire quoi ?
06:54Ça veut dire qu'on y est.
06:56En revanche, s'ils sont engagés...
06:58C'est toujours difficile de commenter comme ça à chaud, sans avoir tous les éléments.
07:01Mais ces deux bâtiments, comme l'a dit le général Sido,
07:04ce n'est pas des bâtiments de chasse contre les mines.
07:06Ce sont des bâtiments anti-aériens, anti-balistiques.
07:10Oui, donc quand il dit « je commence à faire le travail, à nettoyer ce détroit »,
07:13alors certains l'ont mal compris, certains ont dit « est-ce que c'est des mines ou pas ».
07:15Voilà, c'est la première étape.
07:16Moi, j'y vais.
07:17Et s'il y va, c'est qu'il avait des indications qu'il n'y avait pas de mines.
07:21Je rappelle qu'il y a un jeu de menteurs, de poker menteurs entre les deux parties.
07:26Un coup, il y a un mois, c'est les Américains qui ont annoncé qu'il y aurait peut-être
07:30des mines,
07:30une dizaine de mines iraniennes.
07:32Là, maintenant, ce sont les Iraniens qui disent « on en met, alors vous annoncez des chiffres de mille ou
07:35je ne sais pas combien ».
07:36Les Iraniens disaient « 6000 » il y a encore dix jours.
07:39S'il y avait eu le moindre soupçon de présence de mines, en tout cas dans un nombre en quantité
07:44suffisante,
07:45Sankom n'aurait certainement pas envoyé deux bâtiments qui ne sont absolument pas équipés pour détecter et chasser des mines.
07:54Et en revanche, il envoie deux bâtiments qui sont, eux, en mesure de se protéger contre des attaques de drones
08:00et des attaques de missiles.
08:00Oui, parce que ce sont des destroyers lance-missiles, c'est ça ?
08:02Ce sont des destroyers anti-aériens, majoritairement.
08:07Donc déjà, il y a des éléments qui montrent que c'est une carte jouée par les Américains.
08:12Et autant Trump, jusqu'à présent, nous a montré que d'un point de vue stratégique, il était en dessous
08:17de zéro, en parlant que de tactique.
08:20Là, il a joué une carte stratégique, dans le sens où l'administration, je ne sais pas qui, a joué
08:25une carte qui a une valeur stratégique,
08:26c'est-à-dire en tout début des négociations, il est en train de fragiliser la carte maîtresse iranienne.
08:34C'est comme ça que j'interprète.
08:36Maintenant, est-ce que les Iraniens vont répliquer ? Je ne sais pas.
08:41Une chose est sûre, c'est que ces deux bateaux, ces deux bâtiments de guerre américains sont capables de se
08:45protéger contre un tir de drone ou un tir de missile iranien.
08:48Ça ne sera pas le cas d'un bâtiment de commerce.
08:50Donc, la problématique reste...
08:54C'est-à-dire qu'un bâtiment de commerce, s'il décide de s'aventurer dans le Détroit, peut être
08:57à portée de tir iranien ?
08:58Oui, oui. Alors là, vous avez quantité de missiles antinavires de conception chinoise ou iranienne,
09:05qui sont dissimulés le long des côtes, qui ont des portées de 80 km, donc largement au-delà de la
09:12largeur du Détroit.
09:13Et donc, je ne pense pas que les Américains aient réussi à neutraliser toute cette menace.
09:20Adel Bakawad, qu'est-ce que vous dites ce soir ? C'est un joli coup stratégique de Trump ?
09:23Ou alors, attention, attention aux représailles iraniennes, dans les jours qui viennent ?
09:27Ni l'un ni l'autre.
09:28Ok, ça peut être clair.
09:30Mais je comprends parfaitement toutes ces grilles de lecture de nos militaires, et c'est tout à fait pertinent.
09:35Mais moi, je vois une autre dimension de toutes ces affaires-là.
09:39Depuis à peu près une semaine, même avec vous, à ce plateau, j'étais optimiste, je suis resté optimiste,
09:45et je tenais à ma grille de lecture que ce samedi-là, il y aura la négociation,
09:50que ce samedi-là, il y aura la délégation américaine.
09:53Vous l'êtes encore ce soir ?
09:53Et je le suis encore, et je le suis encore.
09:55Il y a des indicateurs très très positifs.
09:57Un, déjà depuis 47 ans, c'est la première fois que le grand Satan,
10:03imaginez, pendant 47 ans, on a tissé un récit national, voire international,
10:10autour des États-Unis d'Amérique, comme le plus grand Satan de tous les temps.
10:14Aujourd'hui, on est à table de négociation avec le...
10:17Qu'est-ce que ça signifie ?
10:19Ça veut dire que ce récit tombe, cette mythologie iranienne tombe.
10:23Désormais, on négocie face-to-face, face-to-face.
10:28Ça, c'est une barrière épistémologiquement très importante.
10:33Comme je dis, c'est tout le symbolisme, le référentiel iranien qui tombe désormais.
10:38Négocier directement avec les Américains, avec le grand Satan, n'est plus un tabou.
10:43Un.
10:43Deux, au-delà de ça, on dîne ensemble, ce soir, ensemble.
10:48Ils dînent ensemble, les Américains et les Iraniens.
10:52Les Iraniens, pardon.
10:53C'est quelque chose d'extraordinaire, sans précédent.
10:57Et le troisième, je viens de discuter avec un diplomate, un grand diplomate moyen-oriental,
11:02pour vérifier ce passage d'Anglo-Détroit-Dormoz.
11:05Moi, ma grille du lecteur, c'était...
11:07Tout s'est fait en pleine coordination avec les Iraniens.
11:10On était en guerre pendant 40 jours.
11:13Aucun navire américain, et pourtant, les Américains avaient tous les moyens de ne passer.
11:17Et qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?
11:19Pour quelles raisons ? Pour quelle légitimité ? En quel droit, aujourd'hui, les navires américains passent ?
11:25Donc, quand l'agent Stasny dit, on lui donne 30 minutes avant de le viser ?
11:30Ça, c'est de l'intoxication ?
11:31Non, non, non.
11:31Tout simplement, c'est un geste des Iraniens, notamment du Kalipar,
11:35envers de Donald Trump et du Gidivance, pour dire, voilà, on prépare les conditions objectives.
11:41Et pourquoi les conditions objectives ? Je m'arrête tout de suite, parce que, tout simplement,
11:44les Américains comme les Iraniens, les Iraniens comme les Américains, ont besoin de cette négociation.
11:50Ni l'Eau-Détroit-Dormoz, ni le Liban ne peut pas mettre en danger la négociation à Islamabad.
11:57Laure Palais, Adèle Bakawan disait, c'est historique ce à quoi on assiste ce soir.
12:02Troisième round de négociations à Islamabad, au Pakistan, entre d'un côté les Américains,
12:06Gidivance, le vice-président de l'autre, le président du Parlement iranien, Halibaf, c'est du jamais vu.
12:11À ce niveau de représentation, depuis 1979, c'est du jamais vu.
12:15Donc, effectivement, c'est le storytelling qu'on entend à Washington, mais vous avez raison, c'est absolument historique.
12:22Par ailleurs, Gidivance, il est envoyé pour négocier.
12:25Je vous rappelle qu'il est surnommé le pitbull de l'administration, on se souvient des négociations au Groenland.
12:31Changement de négociateur.
12:32C'est-à-dire qu'il ne voulait pas de cette guerre, on le rappelle.
12:34Exactement.
12:34Et qu'il est prêt à prendre la main aux Iraniens aussi, il l'a dit.
12:36En tout cas, il est parti sur un ton plutôt optimiste et conditionnel, en pensant que les négociations allaient se
12:41passer positivement.
12:42C'est ce qu'on retient de ce qu'il a pu dire ce matin.
12:46Et puis, du côté iranien, changement de négociateur, changement de perspective également.
12:51C'est un ancien militaire et effectivement, il y va pour négocier.
12:56Et vous l'avez dit, c'est absolument historique pour les Américains.
13:00C'est tout un symbole, en fait.
13:03Pierre Berthelot, est-ce que vous êtes aussi optimiste que le sont nos invités pour le moment ?
13:08Partiellement.
13:09Je rejoins Adèle Bakawan sur un point, il faut se méfier des faux semblants.
13:13Oui.
13:13Parce qu'effectivement, quand on prend la guerre des 12 jours, qu'est-ce qui s'était passé ?
13:17On voit très bien que la frappe sur la base américaine du Qatar s'était téléphonée, comme on dit.
13:22C'est-à-dire, les Iraniens ont prévenu les Américains.
13:25De même qu'il semble que la fameuse frappe extraordinaire qui aurait détruit le programme nucléaire iranien,
13:35là aussi, les Américains auraient prévenu les Iraniens.
13:38Donc ça, c'est une première donnée qu'il faut se méfier des apparences, en particulier dans cette région.
13:44Après, est-ce que c'est gagné ?
13:48Non, parce qu'il peut y avoir les perturbateurs qui peuvent être, en l'occurrence, les Israéliens.
13:53Et je suis un peu plus nuancé.
13:55Les Iraniens parlaient de demandes exubérantes au sujet du détroit d'Hormuz.
13:57On n'a pas encore beaucoup d'informations, mais c'est ce que nous disait l'agence TASNIM aussi ce
14:00soir.
14:01On va voir. C'est sûr que s'ils exigent les Américains la libre circulation, non.
14:06Les Iraniens ne peuvent pas l'accepter parce que c'est la carte maîtresse.
14:10Par contre, sur le Liban, je ne suis plus nuancé parce que ça fait partie des dix exigences qu'ont
14:16mis les Iraniens dans la négociation.
14:18Et c'est un point nouveau parce que jamais avant, ils avaient mis dans la liste des revendications
14:23le fait que l'importance qu'ils accordaient à un proxy...
14:27Et si demain, on a une nouvelle opération comme Beyrouth, les 300 morts au Liban,
14:32je ne suis pas convaincu que le cessez-le-feu tienne.
14:35Donc, il faudra voir aussi le jeu israélien, d'où ce soir les déclarations de Netanyahou
14:40pour dire qu'il a gagné, il a réduit le programme nucléaire iranien,
14:44il a écrasé tout sur son passage, peut-être pour lui permettre de se retenir sous question.
14:49Et il veut un accord de paix qui tiendra pour des générations, dit-il.
14:51Avec le Liban, voilà.
14:53Donc, il faut qu'il apparaisse comme fort pour ne pas avoir à utiliser cette même force
14:57et ne pas venir rompre le cessez-le-feu.
15:01Peut-être juste deux remarques pour...
15:03Très heureusement, allez-y.
15:03Rapport à ce que vous avez dit ?
15:05Allez-y.
15:05Oui, oui.
15:06En fait, c'est vrai qu'on oscille entre ouverture diplomatique et coercition maximale.
15:12Et ça, depuis le début de la guerre.
15:13Donc, c'est vrai qu'il faut se méfier des apparences.
15:15Et voilà, néanmoins, c'est quand même un signal d'envoyer un nouveau négociateur
15:20qui est le numéro 2 de l'État en la personne de J.D. Vance.
15:24Voilà.
15:25Je voudrais qu'on revienne sur cette information que vous donnait en début de soirée.
15:27Donc, frères de Ouest-France, très important, puisque des renforts de la marine française,
15:32cette fois française, sont en route vers le Proche et le Moyen-Orient.
15:38Donald Trump s'en est pris une nouvelle fois, justement, aujourd'hui, au pays qui, selon lui,
15:41ne faisait pas assez pour dégager le Détroit.
15:45Il cite notamment la France.
15:47Regardez, de manière incroyable, ils n'ont ni le courage, ni la volonté de s'atteler eux-mêmes à cette
15:51tâche.
15:52Général Sarchelet, est-ce que le fait d'envoyer ce soir des renforts...
15:56C'est pas moi le général, c'est mon ambassadeur.
16:00Pardon, excusez-moi.
16:01Est-ce que le fait d'envoyer ce soir des renforts vers la France,
16:06vers le Proche et le Moyen-Orient, c'est une réponse de la France ?
16:10Écoutez, je veux dire, le président avait déjà décidé l'envoi du porte-avions
16:15et de toute une armada avant.
16:19Et il avait toujours été dit très clairement que, naturellement, nous serions prêts,
16:23une fois qu'il y aurait un cessez-le-feu, à contribuer à la sécurité du transit dans le Gaulle.
16:30Je ne crois pas que la position ait changé.
16:32Ça s'édifie simplement, et on a l'habitude, si vous voulez, des rodeaux montades de M. Trump.
16:37Ce n'est pas la première fois qu'il s'en prend ni à la France, ni aux présidents français.
16:39Oui, non, non, si vous voulez, les gens n'y font plus autant attention.
16:43Mais, en revanche, si vous voulez, ce qui me paraît clair, c'est que c'est un signe, quand même,
16:46plutôt d'optimisme.
16:47Si, effectivement, on envoie des bâtiments, c'est qu'on estime qu'on va rentrer peut-être dans une phase
16:52où, s'il y a un cessez-le-feu qui le tient, à ce moment-là, il faudra sans doute
16:56contribuer à assurer ce qui a été proposé.
17:00Donc, je crois qu'on en est là.
17:01Mais, encore une fois, il faut revenir, je crois, aux fondamentaux.
17:04Dans cette affaire-là, on voit bien que les Iraniens ont été écrasés, leur pays est en ruine,
17:10tout en conservant une véritable capacité de nuisance.
17:13Et ils conservent cette capacité de nuisance dans le Golfe.
17:16Encore une fois, il n'y a pas que des mines.
17:18Ils ont de tout autres moyens.
17:20Et, encore une fois, des bâtiments militaires, c'est une chose.
17:23Mais, ce qui importe, notamment aux assureurs, c'est, effectivement, les métaniers et les pétroliers.
17:29Et ça, si vous voulez, on n'en est pas du tout là.
17:31Donc, on n'est pas du tout dans la réouverture du détroit d'Ormuz.
17:34Mais, ça signifie simplement que la négociation de Président Trump voit très bien qu'aujourd'hui, il est coincé,
17:43étant donné la situation économique, enfin, la capacité des Iraniens de perturber l'économie mondiale.
17:49Il voit bien la pression de ces milieux d'affaires, y compris des milieux du Pentagone.
17:54Et, donc, pour toutes ces raisons, il veut sortir de la crise.
17:58Et, quant aux Iraniens, effectivement, ils sont quand même écrasés.
18:00Ils ont intérêt aussi à sortir de la crise.
18:02Donc, c'est quand même ça qui explique qu'on a des raisons d'être un peu optimistes.
18:08Le problème, c'est, naturellement, M. Netanyahou, qui, dans cette affaire-là, depuis le début,
18:12essaye de perturber, de faire dérailler le processus.
18:16Oui, mais, en même temps, ce qui est important de voir, on va y revenir peut-être plus loin,
18:21mais ce qui est important, c'est de voir que le Président Trump lui a quand même tordu le bras
18:24une première fois, une deuxième fois.
18:25Oui, il y a eu trois coups de téléphone dont un tendu cette semaine nous disent nos confrères de CNN.
18:30Général Sidos, est-ce que ça vous paraît plausible, ce que nous disent nos confrères de Ouest-France ce soir
18:34?
18:35À savoir qu'il y aurait une contribution française.
18:37Quand on entend encore Emmanuel Macron, qui, il y a une semaine, nous dit « Attendons la fin de la
18:40guerre ».
18:41Mais là, on a quand même bien évolué. On a quand même beaucoup évolué.
18:44C'est le moment opportun pour justement…
18:46Pour reprendre pied quelque part. Pour reprendre pied sans trop se faire presser.
18:50De toute façon, c'est évident, on a été les premiers à agir quand même.
18:53Le porte-avions, il est quand même parti. Il est en Méditerranée.
18:55L'autre porte-avions américain, lui, a été obligé de partir parce qu'il avait un incendie dans la laverie.
18:59Nous, il est toujours sur place, déjà.
19:02Ensuite, on a quand même une frégate dans la mer Rouge.
19:04Et je crois même qu'il y en avait une autre dans la mer d'Arabie.
19:08Donc voilà, elle est à disposition.
19:10Oui, c'est le moment de reprendre pied, bien sûr.
19:13Le président Macron a demandé à un responsable saoudien d'intervenir.
19:18Bon, peu importe. Je veux dire, on a besoin de rentrer dans le jeu.
19:21Et donc, c'est une occasion rêvée.
19:23On l'avait fait quand il y avait eu les opérations en 87-88.
19:27On avait envoyé le porte-avions, on avait envoyé les chasseurs de mines, on avait envoyé des bateaux.
19:31Je crois que c'était l'opération Prométhée, ça s'appelait.
19:33Le président était sur le porte-avions, d'ailleurs, à l'époque Mitterrand.
19:35Vous voyez, il y a besoin de jouer ce rôle.
19:37Sinon, effectivement, on est absent.
19:39Et les Américains avaient escorté aussi, si je me souviens bien, des pétroliers koweïtiens.
19:43Oui, exactement. Ils avaient escorté des pétroliers koweïtiens.
19:46Il y avait un destroyer qui avait sauté sur des mines.
19:48Et il y avait aussi un tanker qui avait sauté sur une mine.
19:50Il avait poursuivi sa route parce qu'il avait une double coque.
19:52Et il avait poursuivi sa route.
19:55Donc, c'était risqué.
19:56Il y avait une bataille navale entre la flotte américaine et la flotte iranienne,
20:00qui avait totalement perdu.
20:00Ils avaient incendié deux plateformes.
20:03Et ça coûtait très cher.
20:04Je crois que ça coûtait un million de dollars à l'époque, par jour.
20:05Oui, certainement, bien sûr.
20:06Oui, oui, ils réparaient le bateau.
20:08Mais c'était quand même une belle petite bataille navale.
20:09C'était quelque chose d'assez solide.
20:11Et effectivement, ils avaient fait sortir des tankers
20:14et en mettant le drapeau américain dessus.
20:16Vous voyez, il y a eu un jeu diplomatico-opérationnel qui était assez intéressant.
20:20Donc, forcément, ils ont ça en tête.
20:21En 87, le jeu a été fait.
20:23C'est pour ça que quand j'ai vu ces deux bateaux y aller,
20:24je me suis dit qu'ils reprennent pied, le terme est impropre,
20:28dans le golfe Persique.
20:31C'est assez intéressant.
20:32Les Américains, là, il y a eu du culot.
20:33Et en 87, il y a eu du culot aussi pour le faire.
20:36Alors, effectivement, c'est peut-être géré avec les Iraniens.
20:38Mais ça, je ne sais pas.
20:39Ça, c'est ce que pensent, effectivement, les vacances ce soir.
20:41C'est que tout ça, finalement, est une sorte d'accord tacite entre les deux pays.
20:45Il n'y a pas des dossiers dissociés.
20:49Tout est complet.
20:50C'est un contexte complet.
20:52Et pourquoi j'ai parlé des navires américains, le dîner, la rencontre, les exigences iraniennes, etc.
20:59C'est un ensemble.
21:01On ne peut pas, ou bien tout ensemble, ou bien jamais séparément.
21:04Et ensuite, si vous me permettez, le dossier libanais.
21:06On a parlé du dossier libanais.
21:08Regardez ce qui s'est passé cette semaine-là.
21:10L'État libanais, le gouvernement libanais, malgré la faillite, j'étais le premier et parmi les premiers qui déclaraient la
21:18faillite de l'État.
21:19Mais malgré tout ça, le gouvernement libanais a parfaitement réussi avec l'aide des Américains, et je pourrais même dire
21:25des Israéliens aussi, à dissocier ce dossier-là.
21:28Ce dossier-là du dossier iranien.
21:30Pourquoi ? Parce que le Liban n'est pas un État perse, n'est pas un État iranien, n'est
21:35pas un État chiite, c'est un État arabe.
21:38Cet État a été entraîné dans une guerre qui n'est pas sa guerre.
21:41Maintenant, cet État souhaite reprendre la main sur le dossier libanais en négociant avec les Israéliens, ou pas à Islamabad,
21:49pas à Pichat, même pas à Washington.
21:52Et qui est l'intermédiaire ?
21:53Ce n'est pas les Égyptiens, ce n'est pas les Turcs, ce n'est pas les Saoudiens, ce sont
21:57les Américains.
21:58Et donc, mardi prochain, les Libanais et les Israéliens vont négocier ensemble sans les Israéliens.
22:04Et ça aussi, ce sera historique.
22:05Et selon les informations que je dispose, c'est une des réponses des Américains pour les Iraniens.
22:11Lorsque Alibab a exigé d'associer le dossier libanais aux autres dossiers, les Américains, ils ont dit, mais non, les
22:18Libanais nous demandent d'intervenir directement pour régler ce problème israélo-libanais.
22:23Parce qu'avant tout, c'est un problème israélo-libanais.
22:26C'est pourquoi, les Iraniens, il y a un vrai retour vers le nationalisme iranien contre ce qu'ils appelaient
22:33auparavant les proxys.
22:34Désormais, ils sont entrés dans un processus de se débarrasser petit à petit, pas tout de suite, des proxys.
22:41À condition que les Américains donnent des garanties aux Iraniens, plus jamais l'agression.
22:47Merci.
22:47Merci.
22:47Merci.
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