- il y a 6 semaines
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Également dans l'actualité, Donald Trump qui a rétabli ce soir le blocus des ports iraniens.
00:05Il est à nouveau en vigueur depuis 22h, heure française.
00:10Donald Trump qui tente de faire pression sur le camp iranien et qui poursuit par ailleurs ses frappes en ce
00:15moment.
00:16Nouvelle salve de frappes américaines en Iran, ça se tend du côté du détroit d'Hormuz également.
00:22Au moins deux morts suite à des attaques iraniennes.
00:25On va en parler avec nos invités ce soir, notre équipe.
00:30On est avec Nicolas Tenzer, avec Antoine Basbous et avec Sergei Jernoff.
00:36Qu'est-ce qui est en train de se passer en Iran ?
00:39On peut parler d'un gros retour en arrière, le blocus des ports iraniens qui est donc de nouveau entré
00:46en vigueur ce soir, Antoine Basbous.
00:49Je crois que la première campagne n'a pas abouti à des résultats concluants d'un côté et d'autre.
00:55Les Iraniens sont dans le déni, ils disent qu'ils ont gagné malgré toutes leurs pertes.
01:00Les Américains, M. Trump prend farone en disant j'ai gagné, j'ai détruit, j'ai tué, etc.
01:06Mais sur le terrain, il n'y a pas de fruit.
01:09Le rapport de force ne s'est pas traduit dans des accords qui sont compatibles avec l'issue de la
01:16guerre.
01:17Donc ils reprennent.
01:17Et cette reprise, pardon, cette reprise doit rappeler le rapport de force et doit rappeler aux Iraniens qu'ils ne
01:26sont pas, si les Américains mettent le paquet,
01:29évidemment il y a un rapport de force écrasant côté Américain par rapport aux Iraniens qui sont soumis depuis 47
01:37ans,
01:37depuis la naissance de la République islamique à des sanctions extrêmement sévères et qui nuisent énormément à la population iranienne.
01:46Toutes les ressources de l'Iran ont été consacrées aux militaires, aux sécuritaires et à l'exportation de la révolution,
01:56au point de créer un croissant chiite entre la Caspienne et la Méditerranée.
02:01Ce croissant chiite a été démantelé à deux endroits en 2024, c'est-à-dire Assad en Syrie est tombé.
02:09Et donc l'autoroute Téhéran-Beyrouth a été coupée, interrompue, et le Hamas a été décapité.
02:16Il n'y a plus grand-chose de Hamas à Gaza.
02:18Donc sur deux proxys, sur quatre proxys, deux proxys sont hors état de service.
02:25Le Hezbollah est épuisé, il a été lui aussi décapité, mais il reste toujours sous commandement à des passes d
02:31'Aran.
02:31Et le gros point qui reste aux Iraniens, c'est l'Irak auquel ils s'accrochent, parce que c'est
02:37un pays riche.
02:38C'est un pays qui leur sert de poumon économique à travers les dollars qu'ils prennent avec la vente
02:50de leur pétrole.
02:52Sauf que, alors oui, les Iraniens sont affaiblis, mais les Américains aussi, Donald Trump aussi est affaibli.
02:58Il ne sait plus très bien où il va.
03:01Laurence Saïm, notre correspondante à Washington, est avec nous ce soir.
03:06Est-ce que cette méthode, la méthode de remettre en place un blocus américain des ports iraniens,
03:12elle peut être efficace ? Est-ce qu'elle peut aider les Américains à réellement faire pression sur les Iraniens
03:17?
03:20Alors, l'idée de Donald Trump, c'est de gagner encore et toujours beaucoup d'argent à travers cette guerre.
03:25Et il ne cesse de l'affirmer, puisque, comme vous le savez, le blocus a été réinstitué à 22h-heure
03:31française,
03:32que Donald Trump avait dit lundi qu'il allait imposer 20% d'argent à tout bateau qui voulait passer
03:39le détroit d'Hormuz,
03:39qu'il a changé d'avis, parce que plusieurs investisseurs et plusieurs dirigeants de certains pays du Golfe
03:46l'ont appelé depuis 24h pour lui demander de ne pas imposer 20% sur ses bateaux qui voulaient traverser
03:55le détroit d'Hormuz.
03:56Donald Trump a accepté et dit que les Américains vont gagner énormément d'argent,
04:00parce qu'en fait, les dirigeants de ces pays paieront directement les États-Unis, une somme indéterminée.
04:05Ça, c'est ce qui se joue financièrement.
04:07Pour répondre à votre question, Julie, ce qui se joue militairement, c'est que factuellement,
04:11on est au quatrième jour de frappe américaine sur l'Iran, qu'on n'a absolument aucun bilan,
04:17ni de civils tués, ni de militaires tués, qu'on sait par les médias iraniens ce qui est en train
04:22de se passer,
04:23mais que les Américains communiquent très peu.
04:25C'est Sankom, le centre de commandement militaire basé à Tampa, en Floride,
04:29qui communique sur les réseaux sociaux et qui dit donc qu'en ce moment,
04:32eh bien, il y a des bombardements en Iran, des bombardements aériens.
04:37On ignore la location, alors que les Iraniens affirment, eux, via leur agence de presse,
04:43que ces bombardements touchent le sud du pays.
04:46Merci, Laurence. Vous restez avec nous, évidemment.
04:49Nicolas Tenzer, je vous lis ce que dit le commandement central.
04:53L'armée américaine a commencé à lancer une nouvelle série de frappes contre l'Iran
04:56afin de poursuivre la destruction des capacités iraniennes utilisées pour attaquer les navires commerciaux.
05:02Dans le détroit d'Hormuz, ces frappes, elles se poursuivent là,
05:07elles s'intensifient depuis maintenant plusieurs heures, plusieurs jours.
05:11Comment vous voyez les choses ? Est-ce que c'est une reprise de la guerre ?
05:14Alors, deux choses. Un, c'est une reprise de la guerre, oui,
05:16puisqu'il y a des frappes et il y a des frappes massives depuis plusieurs jours
05:19qui vont effectivement sans doute continuer.
05:22Ce n'est pas non plus, je dirais, la guerre telle qu'elle avait été menée
05:26dans les 40 premiers jours, où là, quand même, on était sur des bombardements massifs,
05:32sur des objectifs, sur le territoire, au centre même de l'Iran,
05:37contre des infrastructures militaires, contre des personnalités,
05:40y compris d'ailleurs l'ancien guide suprême et d'autres,
05:43contre aussi un certain nombre de sites extrêmement puissants.
05:46Là, on est sur quelque chose qui paraît limité,
05:48avec effectivement l'objectif d'empêcher autant que possible l'Iran
05:52de continuer à frapper des navires commerciaux
05:56qui passent par le détroit d'Hormuz.
05:58C'est un objectif limité, un peu comme si l'objectif de Trump
06:01était finalement de parvenir à une sorte de statu quo hanté,
06:06c'est-à-dire réouvrir le détroit d'Hormuz.
06:09Je n'ai pas sûr d'ailleurs qu'il y parvienne comme ça,
06:10parce qu'on sait très bien que c'est quelque chose qui est vital pour l'Iran.
06:14L'Iran a compris, je dirais, avec cette guerre,
06:16qu'il détenait une arme, il avait un peu compris avant,
06:19mais c'est la première fois qu'il l'utilisait de manière aussi claire,
06:22qu'il avait une arme massive de pression sur l'économie mondiale.
06:26Donc ça, c'est l'objectif pour l'instant.
06:29Est-ce qu'après, ça va aller plus loin ?
06:31Ou bien est-ce qu'on va avoir,
06:33et c'est probablement le scénario que je privilégie
06:35pour les prochains mois à venir,
06:37une forme de désescalade des uns et des autres ?
06:40On continue les négociations,
06:42qui n'ont pas d'ailleurs complètement cessé.
06:43Il faut quand même le noter, il y a quand même eu encore...
06:46Même si l'Iran accuse ce soir à les États-Unis
06:48d'avoir démanqué le protocole d'accord ?
06:50Oui, oui, ça c'est de la rhétorique.
06:52C'est de la rhétorique, je dirais, les États-Unis pourraient le faire.
06:55On va avoir ça, et puis après, on va avoir une reprise.
06:57Mais ça peut durer extrêmement longtemps.
06:59Moi, je ne vois pas, si vous voulez,
07:01d'abord, effectivement, cet accord,
07:03qui est un accord curieusement, très favorable à l'Iran,
07:06incroyablement, enfin, c'est absolument invraisemblable,
07:07même qu'il soit aussi favorable.
07:08Je ne vois pas l'Iran, je dirais, l'appliquer tel quel.
07:12Je ne vois pas les États-Unis, qui ont compris quand même le cadeau qui a été fait,
07:16l'accepter aussi en l'État.
07:17Donc, on peut avoir une sorte de jeu au chat et la souris,
07:20avec des conséquences terribles pour l'écadémie mondiale.
07:22Alors, Laurent Saïm, je crois que vous avez une information à nous donner depuis Washington.
07:28Oui, vous savez, dans cette guerre de communication,
07:31il y a plusieurs responsables officiels qui appellent des journalistes américains.
07:34Et là, nos confrères de CNN révèlent que deux responsables américains
07:38leur ont confirmé que les forces américaines avaient aidé ce mardi
07:44à défendre le Koweït attaqué par des bombardements iraniens
07:48avec l'aide de missiles patriotes.
07:50Donc, il ne s'agit plus simplement de bombardements américains sur l'Iran.
07:56Il s'agit aussi, depuis quelques heures, d'un élargissement à la région
08:00avec donc le Koweït qui a été attaqué par les Iraniens
08:03et surtout l'utilisation de missiles patriotes.
08:06Et pour ceux qui suivent précisément le stock que le Pentagone a de missiles patriotes,
08:13ce n'est pas illimité.
08:14Et en avril dernier, il y avait des think tanks à Washington
08:18et un centre qui s'appelle le Centre des études internationales et stratégiques
08:23qui avait déterminé qu'en avril dernier, les Américains avaient déjà utilisé
08:27la moitié de leurs missiles patriotes.
08:30Et donc, dans un moment de conflit tel qu'on assiste en ce moment,
08:34évidemment, c'est une information importante de voir qu'encore,
08:38il y a quelques instants, des missiles patriotes ont été tirés par les Américains
08:42pour aider à défendre le Koweït.
08:44– Sergei Jernov souhaite réagir à ça.
08:46– Effectivement, c'est une information très importante
08:49parce qu'elle va concerner aussi les Ukrainiens.
08:52Parce que les Ukrainiens voulaient insister auprès des Occidentaux
08:58pour leur fournir de nouveaux patriotes,
09:01les missiles pour les complexes patriotes,
09:03parce qu'ils en manquaient énormément.
09:05Et c'est pour ça d'ailleurs qu'ils ne pouvaient plus abattre quasiment
09:07tous les missiles balistiques russes qui s'abattaient sur Kiev.
09:13Et cette histoire, vous voyez, les deux conflits,
09:16ils sont en permanence, en fait, ils se croisent.
09:18Il y a des croisements parce que s'il y a des armements
09:21qui sont utilisés à nouveau dans le conflit iranien,
09:24ça veut dire que c'est autant d'armements
09:26qui ne seront plus livrés aux Ukrainiens,
09:30y compris en achat par les Européens auprès des Américains.
09:34Ce qui fait que, vous voyez, les répercussions, en fait,
09:37des deux conflits et vice versa.
09:40En même temps, pour le moment, aujourd'hui,
09:43ce qu'on sent, ce qu'on retrouve un peu dans les médias,
09:47c'est les frappes plutôt autour de Détroit d'Hormuz.
09:51En fait, il y a une sorte de croissant.
09:52Il y a deux ou trois provinces qui se croisent dans cet endroit.
09:59Et donc, il y a la zone côtière, en fait, qui a été visée.
10:02Et ça, ça ressemble plus à une frappe de représailles, en fait, des Américains
10:08par rapport aux frappes sur les navires que les Iraniens ont exécutées hier et, je crois, aujourd'hui.
10:14Et encore aujourd'hui, peut-être aussi en représailles, donc,
10:19aux frappes menées par l'Iran dans plusieurs monarchies du Golfe,
10:23dans plusieurs pays du Golfe,
10:25le Bahreïn, le Koweït.
10:27Et à chaque fois, les Iraniens disent, nous, notre objectif, il est très clair,
10:31c'est de viser, justement, les bases américaines.
10:33On les écoute.
11:14Voilà, les bases américaines de nouveau ciblées, Sergueï, par l'Iran.
11:19Il y a une fracture, c'est l'une des leçons qu'on tire de cette guerre qui se poursuit,
11:24ou, en tout cas, de ce conflit qui se poursuit,
11:27c'est cette fracture des pays du Golfe avec leurs alliés américains.
11:31Parce qu'ils ne sont pas, ils n'arrivent pas à être, à les protéger à 100%.
11:36Oui, mais si vous avez fait vraiment très attention,
11:39il y a, justement, quand même un changement un peu de frappe iranienne
11:44parce qu'on ne parle plus, par exemple, des mérins arabes unis,
11:51on parle de Bahreïn et de Koweït.
11:53Ça veut dire, en fait, les bases américaines et aussi les emplacements de Sainte-Combe,
11:58donc, en fait, les emplacements d'où partent les ordres
12:02pour l'action militaire américaine dans la région.
12:06Comme vous venez de dire, cher Antoine,
12:09il y a aussi les Irakiens, en fait, les milichites irakiennes
12:14qui sont aux ordres des Israéliens
12:17qui ont participé sur les frappes sur Koweït.
12:19Donc, bien évidemment, tout ça, ça nous fait revenir, en fait,
12:24dans cette guerre.
12:28Mais ce sont les cibles plutôt militaires, quand même, qui sont visées.
12:32Il y a une différence par rapport aux frappes du mois de mai.
12:35où beaucoup de monarchies du Golfe-Persique
12:41étaient visées dans les cibles civiles ou économiques.
12:47Alors, on va retourner à Washington, retrouver Laurence Haïm.
12:50On sait qu'il doit tenir un discours à la nation.
12:53Donald Trump, c'est jeudi.
12:56Est-ce que Hormuz, est-ce que l'Iran fait partie des sujets qu'il compte aborder ?
13:03Alors, vous me voyez sourire, Julie,
13:05parce que je peux vous dire que, selon nos informations,
13:07il veut parler de quelque chose, dit-il, d'extrêmement important.
13:11Et ses conseillers ne cessent de nous répéter depuis ce matin.
13:14Attention, ça va être une annonce exceptionnelle.
13:16Alors, évidemment, c'est une annonce à la nation,
13:18une allocution officielle, à une heure de grande écoute,
13:21qui se passera jeudi soir à Washington,
13:24dans la nuit de jeudi à vendredi, pour nous en France.
13:26Eh bien, il fuit aussi que ce sera sur la tricherie de l'élection présidentielle en 2020.
13:32C'est un thème récurrent dans la tête de Donald Trump,
13:35qui pense que l'élection en 2020 lui a été volée.
13:38Et donc, visiblement, d'après les informations qu'on a,
13:40jeudi soir, dans son adresse à la nation, dans le bureau Oval,
13:43vous verrez le président des États-Unis,
13:45accompagné du directeur de la CIA, John Radcliffe,
13:48accompagné sans doute du directeur du FBI, Keish Patel,
13:52parler non pas d'Iran.
13:53En tout cas, peut-être qu'il en parlera, parce qu'au dernier moment,
13:55on ne sait jamais ce que Trump va faire.
13:57Mais ils ont pour but de revenir sur la tricherie de l'élection présidentielle en 2020,
14:03pour dire aux Américains qu'ils ont trouvé beaucoup de choses,
14:06qu'il y a eu une ingérence d'une puissance étrangère
14:09dans cette élection présidentielle de 2020,
14:11que Donald Trump, on lui a volé l'élection,
14:13qui était un thème de campagne.
14:15Et donc, est-ce que c'est un détournement d'attention,
14:18en termes de communication qui va être fait
14:19par rapport à la crise mondiale qu'on est en train de traverser ?
14:23Eh bien, il faudra attendre jeudi pour le voir.
14:26C'est surprenant, quand même, Nicolas Tenzer,
14:28alors que la tension est à son comble,
14:34qu'il s'adresse à la nation jeudi
14:36et qu'il ne compte pas réellement parler de cette guerre.
14:40Je pense qu'il y a deux raisons.
14:42D'abord, Trump est quand même, si j'ose dire, une personnalité obsessionnelle.
14:47Ça, on l'a vu à plusieurs reprises.
14:49Et l'idée, effectivement, que l'élection lui a été volée,
14:53que l'élection a été « raked », comme on dit en anglais,
14:55c'est-à-dire faussée,
14:57qu'en fait, il n'y avait pas de légitimité.
14:59Alors, rappelez-vous déjà d'Obama,
15:01l'histoire du certificat de naissance, etc.
15:03Enfin bon, des choses à me ressemblure.
15:04Donc, il est en boucle là-dessus.
15:06Donc, il veut être là-dessus.
15:06Mais il veut être là-dessus pour une raison
15:08qui est une raison très importante de politique intérieure,
15:10c'est qu'il s'apprête déjà à assister à des résultats très mauvais
15:16pour les élections en mi-parcours de novembre
15:19à la Chambre des représentants
15:21et pour le renouvellement partiel du Sénat.
15:23Et donc, il veut en quelque sorte déjouer
15:26et dire qu'il y a une sorte de complot contre l'Amérique,
15:29pour reprendre le titre du livre de Philip Rose,
15:33qui est le grand thème conspirationniste déjà
15:35d'Amérique à force dans les années 39-40.
15:38Et il veut essayer de jouer là-dessus
15:40et beaucoup craignent aux États-Unis,
15:42sérieusement, j'en ai parlé avec des juges,
15:44avec des intellectuels, des professeurs de droit,
15:46que derrière, vous ayez une série de procédures
15:51en quelque sorte d'une forme d'harcèlement judiciaire
15:54contre des candidats démocrates qui auraient été élus.
15:57Mais donc, on est très très loin finalement
15:59de ce qui se passe là-bas, c'est l'objectif.
16:01Voilà, première raison, mais ça c'est vraiment la raison, je crois,
16:03de politique intérieure fondamentale sur l'obsession de Trump,
16:05on a pu le voir aussi avec le gouvernement, etc.
16:07Deuxièmement, c'est parce que quand même,
16:09l'opération en Iran, ça ne marche quand même pas
16:11du tonnerre des dieux, si j'ose dire.
16:13Donc, il veut parler d'autre chose.
16:14Oui, et puis que vous savez que 25% seulement des Américains
16:19considèrent que Trump a gagné en Iran.
16:23Donc, 75% considèrent qu'en fait, l'Amérique a perdu,
16:27y compris une grande partie de la base Maga.
16:29Donc ça, il ne veut pas en parler.
16:31Et il sait très bien qu'il est dos au mur,
16:33puisqu'il ne veut pas recommencer une guerre totale
16:35qui est extrêmement impopulaire aux yeux des Américains.
16:38Et il est en quelque sorte piégé aujourd'hui
16:41parce qu'il n'a pas de voie de sortie.
16:43Il est piégé, c'est ça, Laurent Saïm ?
16:45Il sait que cette guerre, elle est très impopulaire.
16:47C'est compliqué pour lui ?
16:52Alors, c'est extrêmement compliqué.
16:54C'est entre 75 à 80% d'Américains qui ne veulent pas de cette guerre.
17:00Là, il a une petite trêve parce que le Congrès américain
17:03lui a donné 60 jours d'extension pour mener et terminer cette guerre,
17:08ce qui amène à fin août.
17:09Mais votre invité a raison de le rappeler.
17:11Les élections, les mi-termes, c'est-à-dire un peu les élections législatives américaines,
17:15ça va être en novembre, on voit que tous les candidats sont déjà en campagne
17:20et lorsque vous êtes ici à Washington, les gens ne parlent que de ça
17:23parce que si vous faites campagne en ce moment dans un petit bled de l'Amérique,
17:28on vous parle de l'économie et la seule question que les candidats ont,
17:33c'est mais ça va s'arrêter quand cette guerre en Iran ?
17:35Le prix de l'essence augmente, on n'en peut plus
17:37et on ne veut pas que l'Irak et on ne veut pas que l'Afghanistan se reproduise.
17:42Et ça, Donald Trump le sait très bien
17:43et donc d'une certaine manière, il est un peu coincé
17:46parce qu'il doit absolument faire que les mi-termes,
17:50eh bien il n'y ait pas un basculement de majorité,
17:52sinon ça serait très très embêtant pour lui
17:54et donc la guerre en Iran, elle est vraiment très impopulaire côté américain
17:58donc il doit la terminer au plus vite
18:00et si ça continue, on ne sait pas ce qui va se passer.
18:03Très rapidement Julie, je voulais quand même vous donner une information importante.
18:06Hier, il y a une journaliste de CNN qui a dit à Donald Trump
18:08mais voilà, est-ce que ça va être le Vietnam ?
18:11Parce qu'il y a quand même un syndrome du Vietnam dans ce pays
18:14et tout le monde pense que l'Iran, ça peut être une situation qui s'embourbe.
18:18Et Donald Trump, pour la première fois, a dit une phrase
18:20que j'ai trouvée particulièrement intéressante.
18:22Il a dit, bon ça va arrêter, là ça fait simplement 4 mois que ça dure
18:26et le Vietnam, ça a duré plus de 16 ans.
18:30Et donc c'est intéressant de voir qu'il a quand même évoqué une situation
18:35qui peut durer malgré les difficultés intérieures qu'il va rencontrer si ça dure.
18:40Il avait l'opportunité là de se sortir, il y avait ce protocole d'accord
18:43et là on est en train de rechuter dans un potentiel bourbier,
18:48quelque chose qui peut durer encore des mois et des mois.
18:50C'est un protocole d'humiliation des Etats-Unis et de M. Trump
18:54et de ses négociateurs, pardon.
18:57À vrai dire, que cherchent les Iraniens ?
19:01C'est un régime messianique.
19:04Depuis le départ, ils ont toujours programmé de chasser les Américains de la région.
19:10Une fois que les Américains étant chassés des pays du Golfe en face,
19:14eh bien qui saura le mettre à bord ?
19:16Ça sera l'Iran, forcément.
19:18Et donc là j'ai vu dans un papier qui a été publié il y a deux jours,
19:22signé par le ministre Omane des Affaires étrangères.
19:26Il faut connaître un peu la proximité des Omane par rapport aux Iraniens
19:30et qui dit qu'on a été dans l'erreur en parlant d'endiguer l'Iran.
19:38L'Iran, il faut traiter avec lui et ne pas l'endiguer.
19:41Qui est-ce qui cherchait à endiguer l'Iran ?
19:43Ce sont les monarchies du Golfe qui ont prêté des bases aux Etats-Unis
19:47et c'était les Etats-Unis.
19:48Rappelez-vous, endiguer les mauvais Etats, Irak, Iran et Corée à l'époque de Bush.
19:55Donc il y a un vent qui souffle en disant
19:59si vous voulez la paix, messieurs les golfiques,
20:01eh bien vous chassez les Américains
20:03et nous serons la puissance qui va vous protéger
20:06et avec qui nous allons collaborer ensemble.
20:10Les pays du Golfe qui se retrouvent effectivement en première ligne.
20:13On voulait s'arrêter, puisque Michel Polacco nous a rejoint également,
20:19on voulait s'arrêter sur un aspect purement militaire,
20:22sur cette nouvelle arme utilisée par les Etats-Unis pour la première fois.
20:27Ces drones aquatiques qui ont été utilisés, Michel Polacco,
20:32trois drones américains, là qu'on voit sur l'image,
20:34qui sont en train de foncer sur le port de Bandar Abbas en Iran.
20:40Qu'est-ce qu'on sait de ces drones aquatiques appelés Corsair ?
20:45Alors en fait, c'est une appellation, si vous voulez.
20:48Je dirais qu'un projectile non habité
20:52qui se déplace soit en surface, soit sous l'eau,
20:56c'est quelque chose qui ressemble de près ou de loin à une torpille,
21:00qui peut être philoguidé, qui peut être programmé.
21:03C'est une sorte de missile à changement de milieu, par exemple,
21:07qui peut partir depuis un sous-marin, qui peut passer en surface
21:10et éventuellement taper un bâtiment de surface, ce qui est le cas là.
21:15Alors je ne sais pas si c'est vraiment un drone,
21:17même s'ils appellent ça un drone.
21:18Ça peut appartenir à plusieurs familles d'appareils
21:21qui existent depuis très longtemps,
21:23puisque pendant la guerre de 39-45,
21:26les Allemands utilisaient aussi des petits appareils sous-marins
21:30ou qui étaient presque toujours en surface
21:33pour aller attaquer des bâtiments dans les ports.
21:35Et je me souviens notamment d'une très célèbre attaque
21:38qui s'était passée à Scapaflot, au nord-ouest de la Grande-Bretagne.
21:43Je peux t'y ajouter un mot, Sergei, là-dessus ?
21:45En fait, c'est les petits bateaux qui ressemblent à ceux
21:49que les Ukrainiens utilisent en mer Noire
21:52et donc qui ont démontré leur efficacité
21:55parce qu'ils ont réussi à chasser la flotte russe de Sébastopol
21:59et puis vers Novoresysk et puis après vers la ville d'Oteu-Apsé.
22:03Donc les Ukrainiens ont démontré qu'avec ces petits bateaux,
22:06de rien du tout, l'avantage...
22:08Est-ce que vous appelez ces petits bateaux, c'est ces drones-là ?
22:10C'est plutôt un petit bateau parce que l'avantage, c'est ça.
22:14Ça veut dire que ça ne nécessite pas la même technologie
22:17que de produire les torpilles qui sont lancées,
22:21soit des sous-marins, soit des bateaux.
22:24Et donc, en réalité, vous prenez...
22:27C'est comme un gros scooter, enfin un gros Zodiac un peu amélioré
22:35où il n'y a pas de conducteur.
22:36Oui, piloté à distance.
22:38Piloté à distance et pour ce modèle-là, si j'ai bien compris,
22:42bon, tout en sachant que je ne suis pas un vrai spécialiste de ce domaine,
22:46mais ce que j'ai compris, c'est que c'est un bateau qui,
22:49lorsqu'il est lancé, il ne peut plus revenir.
22:51Ça veut dire que c'est un aller simple.
22:54Ça veut dire que lorsque vous le lancez,
22:56c'est un tout petit peu comme la torpille aussi.
22:58Quand vous la lancez, soit elle se perd, soit elle percute le but.
23:04Là, en l'occurrence, sur ces images-là, pourquoi c'est important ?
23:07Parce qu'en fait, il peut porter quand même une charge utile
23:10qui est assez importante, jusqu'à une demi-tonne de charge utile.
23:15Et donc, il peut frapper des cibles quand même d'une manière assez importante.
23:19Et là, sur ces images, on nous montre la destruction d'un petit sous-marin
23:23qui était, en fait, dans ce port de Bandarabas.
23:28Et donc, c'est une action très efficace.
23:31Une action très efficace.
23:32Et vous le confirmez, donc c'est un aller simple, Michel Polacco ?
23:34– Oui ou non. Encore une fois, vous avez des appareils qui sont philoguidés,
23:40des appareils qui sont programmés.
23:42Vous pouvez les entrer dans la catégorie des drones, dont parle Sergeï, par exemple.
23:46Ou bien vous pouvez les entrer dans la catégorie des missiles
23:49ou dans la catégorie des torpilles.
23:52Vous voyez, ça peut être dans les trois catégories.
23:54Mais dans tous les cas de figure, il y a une chose qui est extrêmement importante,
23:57c'est que c'est très bruyant.
24:00C'est-à-dire que les Américains tirent vers les Iraniens.
24:04Je dirais qu'ils ont beaucoup de chances de toucher leur but
24:06et très peu de risques que leurs projectiles soient interceptés.
24:11Dans l'autre sens, les capacités de lutte anti-surface
24:15ou de lutte anti-sous-marine des Américains
24:18ou des pays évolués comme la France
24:21permettent d'intercepter, de détecter, d'intercepter
24:24et de détruire, en principe, tous ces appareils.
24:28Et là, c'est donc la première fois
24:30que ces engins sont utilisés par les Américains pour attaquer.
24:35Comment on explique qu'ils ne les utilisent que maintenant ?
24:41Je ne sais pas, parce que jusqu'à maintenant,
24:43ils attaquaient très peu ces cibles-là.
24:45Ils les attaquaient plutôt depuis le ciel, d'ailleurs.
24:47Et que là, ils ont changé de tactique
24:49parce que ce ne sont pas des appareils qui coûtent très cher,
24:52que les cibles présentent un intérêt, je dirais, moyen
24:56parce que ce ne sont pas des gros sous-marins qu'ils attaquent.
24:59Ce sont des bâtiments qui n'ont pas une grande valeur.
25:01Je ne connais pas leurs raisons,
25:03mais ce dont je suis sûr, c'est qu'ils font ça
25:05parce que ça doit être le meilleur rapport,
25:07si je puis dire, efficacité, coût et simplicité d'emploi.
25:12D'autant qu'il faut préciser que c'est la première fois
25:14qu'ils sont utilisés pour attaquer.
25:16En revanche, ils ont fait leur preuve lors de l'opération de sauvetage
25:19de ces deux pilotes américains qui s'étaient retrouvés
25:22en danger au-dessus de l'Iran.
25:26Antoine Bassebouille.
25:27Moi, j'ai envie de les appeler des drones anecdotiques.
25:31Pourquoi ? Parce que dans un pays comme les États-Unis,
25:35qui ont les B2, les B52, toutes sortes d'aviation,
25:38de bateaux, de marines, de sous-marins,
25:41utiliser ces drones, en parler, montrer des images,
25:44c'est de la propagande.
25:46Ce petit sous-marin qu'on a vu exploser sur le port de Bandarabas,
25:52il aurait pu être touché par un missile tiré par un avion.
25:56Donc ça, c'est un peu pour occuper la scène.
25:59En revanche, quand les Ukrainiens, qui n'ont pas d'aviation,
26:03qui fabriquent, qui ont été les pionniers dans la fabrication de ces drones,
26:09et qui ont coulé des dizaines de navires russes en mer Noire,
26:16eh bien là, je dis, bravo, c'est un exploit.
26:18Parce que ça ne peut pas être remplacé par d'autres moyens.
26:21En revanche, les États-Unis disposent de tellement d'autres moyens
26:24que ça, ça reste pour moi des drones anecdotiques.
26:30Je voulais qu'on fasse un point aussi sur ce qui se passe du côté du détroit d'Hormuz.
26:36Au moins deux morts et plusieurs blessés.
26:39C'est le bilan des frappes contre des navires commerciaux
26:41depuis lundi soir dans ce détroit d'Hormuz.
26:45Les Émirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens
26:48contre deux de leurs pétroliers.
26:50Un pétrolier norvégien a été touché par une explosion au large des côtes d'Omane.
26:55Michel Polacco, on a l'impression que les choses dégénèrent sévèrement à Hormuz.
27:02– Moi, j'ai l'impression qu'on est toujours dans les événements anecdotiques,
27:08intempestifs qui sont assez marginaux.
27:11Il n'y en a pas beaucoup, ce n'est pas massif.
27:14Ça a des effets militaires qui sont très réduits.
27:17Ce n'est pas très gentil de le dire, mais si vous voulez,
27:19quand on attaque un bâtiment et qu'on fait deux blessés ou deux morts,
27:23ce n'est pas un effet militaire très important.
27:26Donc voilà, je crois que ce sont des coups de semence tirés par les Iraniens
27:32avec les moyens qui leur restent,
27:35qui sont manifestement de moins en moins importants et de moins en moins nombreux,
27:39puisque l'effet à la fois militaire et politique est très très réduit.
27:44– Vous partagez cette analyse, Sergei Gironov ?
27:46– Je dirais qu'on pourrait aller dans cette direction,
27:51mais je crois que c'est un peu plus important que ça.
27:54– On a l'impression que là, en l'espace de quelques heures,
27:57il y a des morts, des blessés, choses qu'on n'a pas toujours observées dans le détroit d'armôtre.
28:01– Vous savez, si on prenait la même logique,
28:05Poutine, quand il utilise 74 missiles pour tuer 30 personnes,
28:13en fait, l'attaque sur Kiev il y a deux semaines,
28:18ça lui a coûté 258 millions de dollars pour tuer 30 personnes
28:23et blessé une centaine de personnes.
28:24Donc en fait, l'efficacité est aussi nulle militairement parlant.
28:29Et si on restait d'une manière un peu cynique.
28:33Mais j'ai l'impression que, en fait, ce sont les pourparlers sur ce mémorandum.
28:39Vous savez, le fameux mémorandum qui a été signé au mois de juin.
28:42– C'est un peu d'accord signé le 17 juin dernier.
28:44– Il a été signé, mais en fait, il ouvrait les pourparlers qui devaient durer 60 jours.
28:50Dans ce mémorandum, il stipulait que pendant 60 jours,
28:54la circulation dans le détroit d'armôtre serait libre.
28:58Et donc, en réalité, l'Iran viole, en fait, ce mémorandum.
29:04Mais on sent qu'en réalité, l'Iran n'est pas content
29:08parce qu'il y avait l'histoire de déblocage des milliards iraniens,
29:14en fait, dans les banques, principalement dans les banques du Golfe Persique.
29:20Et en fait, les Américains ne voulaient pas, en fait, les libérer.
29:24Ils disaient que c'est suivant le développement des pourparlers
29:28qu'on va voir si on débloque, etc.
29:30Et donc, j'ai l'impression que les Iraniens commençaient à utiliser ces frappes
29:35pour peut-être faire pression sur les Américains.
29:38Mais ils ont sous-estimé la volonté de Trump, en fait, de faire une escalade.
29:43Et d'ailleurs, tout le monde a été surpris que Trump a fait vraiment une escalade
29:47et est prêt à faire un vrai retour de la guerre.
29:50– Il y est prêt, Laurent Saïm, à retourner en guerre ?
29:56– Il est prêt à finir la guerre, mais on ne sait pas comment.
29:59Et ce qui frappe ici, Julie, lorsque vous êtes au département d'État,
30:02c'est ce patriotisme qui est affiché.
30:04Regardez derrière moi ce mur, je n'ai jamais vu ça sous Hillary Clinton
30:08ou sous Anthony Blinken, ces drapeaux américains.
30:12Regardez là aussi, qui sont absolument partout.
30:14Ce patriotisme, cette communication, je suis le sauveur de l'Amérique,
30:19je vais vous défendre, l'Amérique est la plus forte.
30:22Et en même temps, une communication sur cette guerre extrêmement contrôlée
30:25parce que c'est très compliqué de savoir, il y a combien de blessés,
30:28il y a combien de morts côté américain et côté iranien sur les bombardements.
30:32Est-ce que vous pouvez nous dire précisément,
30:34est-ce que vous avez été bombardé des zones civiles ?
30:37Vous dites que ce sont des zones militaires,
30:39il y a eu des bombardements qui ont été faits avec des drones,
30:43il y a aussi des explosifs, des explosions qui ont eu lieu sous l'océan.
30:48Mais on n'a pas beaucoup d'informations, ce qui rend notre travail un peu compliqué.
30:52Comme on est en direct, Julie, et très rapidement,
30:54une information qui va être importante, et ce n'est pas de la politique américaine,
30:58c'est quelque chose qui peut bloquer Trump.
31:00Il y a des démocrates là qui refusent depuis 5 minutes un projet de loi.
31:06Trump demandait plus d'un milliard de dollars sur la politique de défense.
31:10Et les démocrates disent qu'ils sont totalement frustrés par la guerre en Iran.
31:14Ils considèrent que Donald Trump est totalement incapable de mener cette guerre.
31:19Et le leader de la majorité démocrate, Chuck Schumer, dit
31:22« Trump a commencé cette guerre sans autorisation, sans stratégie et sans sortie. »
31:27Donc vous voyez que dans un climat de radicalisation que traverse la démocratie américaine,
31:32la guerre en Iran est un sujet politique extrêmement sensible à 3 mois et demi de terme.
31:36Sergueï ?
31:37C'est très important ce que vient de dire Laurent Saïm.
31:40Ça veut dire que, n'oublions pas qu'aux États-Unis, ils sont en campagne.
31:44Ils sont en campagne des midterms.
31:47Et donc en fait, tout ce que fait Trump va être utilisé contre lui par les démocrates,
31:53par le camp démocratique d'ailleurs qui, selon moi, n'est pas suffisamment fort en fait dans l'organisation.
32:00Parce que je crois qu'il manque un tout petit peu de guidance, de leadership en fait dans ce parti.
32:10Trump leur facilite la vie en quelque sorte.
32:13Parce qu'effectivement, cette guerre est extrêmement impopulaire aux États-Unis.
32:17Et donc, c'est quelque chose qui peut se retourner contre lui.
32:24Mais en même temps, si vous prenez son réseau social Truth Social,
32:29aujourd'hui, si vous regardez, il a publié une photo qui date du 18 août 2025,
32:37lorsque la délégation européenne avec Zelensky est revenue à la Maison-Blanche
32:41après la rencontre avec Poutine d'Alaska.
32:45Sans commentaire, sans rien.
32:47Et donc, on ne comprend pas en fait.
32:49Il fait la guerre en Iran et en même temps, il publie ça.
32:52En même temps, il a publié plein de photos sur les monuments historiques à Washington
33:00sur lesquels on a enlevé la crasse et qui ont été blanchies en quelque sorte,
33:11mais dans le sens propre du terme.
33:13Donc après, il publie sa fameuse salle de balle.
33:17– Non, on a du mal à le suivre, ça c'est un fait.
33:20– C'est tellement, excusez-moi, c'est tellement bordélique
33:23qu'on a du mal à comprendre en fait où il va mener l'Amérique
33:28et où il va aller dans cette guerre.
33:30– Alors, justement, on va quand même malgré tout essayer d'y voir plus clair
33:33dans sa stratégie dans les prochains jours, puisque la guerre,
33:37alors on ne sait pas si elle reprend réellement,
33:39mais en tout cas, les tensions sont bien là.
33:41Le sud-ouest de l'Iran est en ce moment visé par les Américains.
33:44C'est une zone pétrolifère plus particulièrement qui est touchée.
33:49Et il y a ces menaces, cet avertissement de Donald Trump
33:52qui avertit l'Iran de se tenir prêt,
33:55qui menace le complexe souterrain de la pioche.
34:01C'est un complexe enfoui à environ 100 mètres sous terre.
34:04Votre regard là-dessus, Michel Polacco, est-ce qu'il peut aller jusque-là,
34:07c'est-à-dire s'attaquer à cette montagne de la pioche
34:09et s'en prendre au nucléaire iranien ?
34:14Évidemment, il peut s'attaquer à ça, mais ce n'est certainement pas une priorité.
34:18De toute manière, comme tout le monde le sait,
34:20si ça fait 100 mètres de profondeur et que c'est dans le granit,
34:24ça veut dire beaucoup d'avions, beaucoup de bombes,
34:26beaucoup de matériel, etc., avec des résultats tout à fait incertains,
34:30alors qu'il est beaucoup plus intéressant de détruire toutes les issues,
34:35les capacités d'alimentation en eau, en électricité, en air,
34:40des installations souterraines.
34:41Parce que toutes les installations souterraines qui abritent des humains,
34:44par nature, elles ont besoin d'avoir des communications avec l'extérieur
34:48et de s'alimenter de l'extérieur.
34:50Mais est-ce qu'ils vont le faire ou pas ? Je ne sais pas.
34:53Je ne connais pas leur plan de ciblage.
34:55Je crois que pour l'instant, les choses se jouent surtout autour du Golfe Persique
34:59et du détroit d'Hormuz.
35:01Je crois que c'est le sujet intéressant pour tout le monde,
35:04pour les Iraniens, pour les Américains,
35:06et évidemment pour les, je dirais, victimes et observateurs que nous sommes.
35:10Oui, mais il y a une obsession, Nicolas Tenzer,
35:13une obsession du nucléaire aussi chez Donald Trump.
35:15Il faut qu'il puisse sortir de là en disant, même aux Américains,
35:18voilà ce que j'ai fait sur ce dossier-là.
35:21Oui, mais le problème, c'est que, regardez la question du nucléaire,
35:25en admettant effectivement que les Iraniens n'acceptent pas
35:29les inspections de l'AIEA,
35:32n'acceptent pas de donner leur stock d'uranium enrichi à plus de 60%,
35:36enfin les 441 kilos,
35:38n'acceptent pas des inspections régulières,
35:41un contrôle de la destruction,
35:44s'ils ne donnent pas ces matières mais qu'ils décident de les déduire.
35:47Donc, si les Iraniens ne bougent pas là-dessus,
35:50les Iraniens ne veulent pas bouger là-dessus,
35:53même malgré leur grande déclaration,
35:55qu'est-ce que Trump fait ?
35:56Et c'est là où on retrouve un certain nombre d'options
35:59qui avaient été examinées au début de la guerre,
36:03qui seraient effectivement une destruction directe,
36:06une saisie directe par les Américains du stock.
36:08Mais là, on sait très bien que toutes les options,
36:10ce n'est pas des bombardements.
36:11c'est qu'il faut avoir des commandos
36:14qui aillent récupérer au sol,
36:16mais ça, Trump ne voudra jamais.
36:18Non, mais il ne pourra pas.
36:20Et il ne pourra pas.
36:21Les 6 sont à 700 kilomètres de la mer,
36:25de l'endroit le plus proche,
36:26le plus accessible pour les Américains.
36:29Non, mais ça supposerait des opérations massives.
36:31Mais est-ce que ça,
36:32s'il n'est pas capable d'ouvrir le létroit d'Hormuz,
36:35il n'est pas capable d'aller chercher le nucléaire,
36:38la poudre nucléaire à 700 kilomètres de la mer.
36:40Bien sûr, on est d'accord.
36:41C'est pour ça que Trump n'a pas la volonté.
36:44Mais il est dans une impasse.
36:45Mais il est dans une impasse totale.
36:47Parce que, justement,
36:48il ne peut rien démontrer aux Américains.
36:49Il ne peut pas vendre cette guerre comme un succès.
36:52Parce que ce n'est pas un succès.
36:53Et donc, c'est là où vous avez, je dirais,
36:57cet impasse terrible.
36:58Et même, si vous me permettez,
36:59juste un petit point quand même
37:00sur l'histoire du détroit d'Hormuz.
37:01Parce qu'elle est quand même très importante.
37:03Quand vous regardez,
37:04vous lisez l'article 5,
37:07du protocole d'accord.
37:09Il est dit,
37:10les Iraniens sont chargés,
37:12dans un délai de 30 jours, d'ailleurs,
37:14sur les 60,
37:15de procéder à la réouverture, etc.
37:18Enfin, ça dit à peu près comme ça.
37:19Ça veut dire qu'en fait,
37:20et c'est là aussi, effectivement,
37:22tout à l'heure, vous parliez, Antoine Bassebouche,
37:23de l'absence de professionnalisme des Américains,
37:26que les Iraniens, par ce texte-là,
37:29disent, mais c'est nous
37:31qui avons...
37:31On nous a reconnu un droit
37:33de contrôler, de fait,
37:35le détroit.
37:36Et ça, c'est une violation
37:39absolument terrible
37:40de la convention de 1982
37:42de Montego Bay,
37:43la convention des Nations Unies
37:44du droit de la mer,
37:45qui est fondatrice.
37:47Et Trump, en fait,
37:48d'ailleurs, parce que les États-Unis,
37:49comme l'Iran,
37:49ne sont pas signataires de cette convention.
37:51Et quand Trump, à un moment,
37:52il semble y avoir renoncé,
37:53a dit,
37:54moi, je vais imposer les 20%,
37:55c'est une violation totale
37:57de la même convention.
37:58Donc, on est dans une politique
37:59totalement incohérente,
38:01contraire au droit international,
38:03et qui ne parvient absolument pas
38:05à mettre fin aux menaces de l'Iran.
38:06Et effectivement, il a annoncé ce soir
38:07qu'il renonçait à son projet de taxe
38:09de 20% sur les navires.
38:10Je crois que Michel Polacco
38:12voulait réagir.
38:13– Oui, je voulais dire que
38:15je pense que tout ce qui relève
38:17du nucléaire iranien
38:18en matière de menaces
38:20a été traité dans les 37 jours
38:23d'opération au début de cette guerre.
38:25Et maintenant,
38:26il reste évidemment des tas de choses.
38:27Il reste de l'uranium enrichi,
38:29peut-être à récupérer,
38:31je ne sais où.
38:32Et d'ailleurs, qui sait où c'est.
38:33Mais je pense que ça ne fait plus partie
38:35des urgences.
38:36Aujourd'hui, le nucléaire iranien,
38:38c'est le détroit d'Hormuz
38:39et c'est le golfe Persique.
38:40C'est ça, leur capacité de pression.
38:42Et c'est ça, leur puissance.
38:45– Alors, le ressort de M. Trump,
38:49c'est quoi ?
38:49C'est le mercantilisme.
38:51Toute l'équipe de Trump
38:53et ses gendres, ses copains,
38:55sont mûs par l'appât du gain.
38:58Regardez, il a gagné combien ?
38:592 milliards en une année de présidence
39:01avec le crypto-monnaie et tout le reste.
39:04Ses copains, ses proches
39:06ont obtenu combien de contrats
39:08à cause ou grâce
39:10à leur introduction politique.
39:13Donc, ce mercantilisme-là,
39:14même si aujourd'hui,
39:15il a renié ce qu'il avait dit hier.
39:17– Une méthode de corruption, même.
39:19– Oui.
39:20Même s'il est revenu là-dessus,
39:22mais son premier élan,
39:23son premier ressort,
39:24c'est le mercantilisme.
39:25Et avec les Iraniens,
39:26il faut rappeler une chose essentielle,
39:28c'est que jamais la confiance
39:29n'a été présente.
39:31Elle ne le sera jamais.
39:33C'est l'homme qui a tué Suleymane,
39:35qui a tué le guide,
39:36qui a tué plein de dirigeants.
39:38Et quand il signe quelque chose,
39:41il n'a pas livré l'argent bloqué
39:43dans les banques qatariennes.
39:45Il n'a pas accepté les effets
39:50du protocole ou du mémorandum
39:52du 17 juin.
39:53Donc, la confiance est totalement rompue.
39:56Et je ne sais pas comment la rétablir.
39:58Ils ne vont pas pouvoir négocier ensemble.
40:00– Et donc, ça veut dire quoi ?
40:01Ça veut dire que cet accord,
40:03il ne tient plus la route ?
40:04Il n'y aura pas d'accord ?
40:05– Mais de toute façon, vous savez,
40:06quand il a été signé,
40:08tout le monde était très sceptique
40:10par rapport à ça, en fait.
40:12On se disait, ni l'une partie,
40:14ni l'autre, en fait, n'étaient pas contents.
40:16En fait, les Iraniens étaient plutôt contents,
40:18en fait, de cet accord.
40:18– Oui, ce protocole d'accord
40:20était totalement sableur des Iraniens.
40:21– On a fait un énorme cadeau.
40:23Et donc, je crois, ce qui s'est passé,
40:25qu'une fois, lorsque Trump a eu la gueule de bois,
40:28en quelque sorte, après la signature
40:30de ce mémorandum,
40:32on lui a démontré, peut-être,
40:33dans son parti politique,
40:35y compris dans les conditions
40:38de la campagne interne des midterms,
40:40quand, en fait, il a fait une énorme connerie,
40:42excusez-moi,
40:44d'avoir signé ce protocole,
40:47enfin, d'avoir poussé à la signature
40:48de ce protocole.
40:50Et donc, c'est lui qui veut
40:53revenir en arrière.
40:54Mais, quand il le présente,
40:57vous savez, devant les journalistes,
40:58on lui pose la question,
40:59il a dit, ce sont les Iraniens, en fait,
41:00qui ne sont pas contents de cet accord
41:03et qui reviennent sur cet accord.
41:04Donc, en fait, il utilise la même technique
41:06que Poutine.
41:07Quand il n'est pas d'accord,
41:08en fait, il vous accuse
41:09des choses dont lui doit être accusé.
41:14Et donc, dans ces conditions-là,
41:17déjà, je vous disais
41:18que j'étais assez sceptique
41:21par rapport à ça.
41:22Et en même temps,
41:23il y a toute la force militaire
41:24qui est gardée dans la région.
41:25Donc, en fait, la flotte,
41:26et Trump l'ont rappelé lui-même,
41:27qu'il y a plus de 20 bateaux américains
41:29qui participent actuellement
41:30aux frappes sur l'Iran,
41:32qu'il y a des centaines d'avions
41:33qui participent en Iran.
41:35En plus, on a mentionné
41:39préalablement
41:40que les Israéliens,
41:42ils ne rêvent que de reprendre
41:43encore les frappes.
41:45Et là, ils sont prêts
41:46à repartir,
41:47malgré toutes les difficultés.
41:51Daniel Netanyahouk a averti
41:52aujourd'hui les dirigeants iraniens
41:53qu'Israël riposterait
41:54de manière décisive
41:55en cas d'attaque.
41:56Donc, c'est le moindre faux pas,
41:58entre guillemets,
41:59et on rentre dans la guerre.
41:59Ça veut dire,
42:00ils cherchent le moindre prétexte.
42:02Et d'ailleurs,
42:02ce prétexte ne pourra
42:04ne venir même pas d'Iran,
42:06mais n'importe quel proxy à côté...
42:08Et ils rentreront
42:09à dire dans la guerre.
42:10Et c'est d'ailleurs le paradoxe,
42:11c'est-à-dire qu'en fait,
42:12Trump a besoin
42:13de sortir de la guerre
42:14pour espérer, disons,
42:16minimiser les dommages
42:17des élections à mi-parcours,
42:18alors que Netanyahou,
42:20pour les élections législatives
42:21d'octobre,
42:21lui a besoin de la guerre.
42:23C'est une sorte de chiasme
42:27assez extraordinaire.
42:28Les négociations,
42:28pour autant,
42:29se poursuivent.
42:30Il y a des discussions
42:31toujours en cours
42:31à l'heure où on parle ?
42:32Alors, il y a trois négociateurs,
42:34trois intermédiaires.
42:35Pardon.
42:37L'intermédiaire,
42:38Qatari et Omane
42:39ont été bombardés
42:41malgré leurs efforts,
42:43les efforts qu'ils ont déployés
42:44pour rapprocher
42:46les États-Unis de l'Iran.
42:48En revanche,
42:49l'intermédiaire pakistanais,
42:50lui,
42:51il est tenu en respect
42:53ou il tient l'Iran en respect
42:54parce que c'est une puissance nucléaire
42:56qui pèse trois fois l'Iran
42:58et qui est capable de riposter.
43:01Et même,
43:01les Pakistanais
43:03qui ont signé
43:04en septembre 2025
43:06un accord de défense
43:08avec l'Arabie
43:09protègent aujourd'hui l'Arabie.
43:11Si vous avez remarqué,
43:13la Jordanie,
43:14le Koweït,
43:16le Qatar,
43:17Bahreïn
43:19et Omane
43:20ont été frappés,
43:21mais pas l'Arabie
43:22parce que
43:23la protection pakistanaise
43:25de l'Arabie
43:25a joué,
43:26ce n'est pas la protection américaine.
43:28Et donc,
43:29il y a en plus
43:29en Arabie
43:30trois brigades
43:34pakistanaises
43:35et une quinzaine
43:36d'avions de chasse
43:37pakistanaises.
43:38Donc,
43:38l'Iran,
43:40comment dirais-je,
43:41n'ose pas frapper l'Arabie
43:43parce que le Pakistan,
43:44qui est un vrai négociateur,
43:46assure la protection de l'Arabie.
43:49Merci beaucoup.
43:50Merci à tous les trois.
43:51Merci Nico Atazer,
43:52Antoine Basbous
43:53et Sergei Jernoff.
43:54Merci à tous les deux.
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