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  • il y a 6 semaines
Chaque soir, Alice Darfeuille vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Il est 22h37, nous allons évoquer la situation au Moyen-Orient.
00:05Va-t-on vers une reprise de la guerre ?
00:07La toute dernière information qui nous parvient, c'est que les Américains disent avoir lancé une deuxième salve de frappe
00:16aujourd'hui
00:17en direction du régime iranien du détroit d'Ormuz.
00:21On va faire le point sur les dernières informations.
00:23Je salue ceux qui sont avec moi sur ce plateau.
00:25Serguei Girneuf, bonsoir. Ulysse Gosset, évidemment. Nous sommes avec Nicolas Tenzer, bonsoir.
00:31Avec Bertrand Gallichet, bonsoir Bertrand.
00:33Bonsoir Alice.
00:34Et Olivier Lassmole, bonsoir.
00:36Bonsoir Alice.
00:37Nos équipes sont sur le terrain. On va filer tout droit du côté de Washington.
00:41Retrouvez Laurence Haïm, évidemment, qui est pas loin de la Maison-Blanche.
00:46Laurence, juste à côté, il me semble même.
00:48Laurence, que peut-on dire de cette dernière information ?
00:51Les Américains, donc, qui disent, il y a quelques minutes, avoir lancé une deuxième salve de frappe.
00:57Laurence.
01:00Oui, mais les bombardements, depuis maintenant 4 jours, ne cessent de s'intensifier sur l'Iran.
01:06Alors, on a évidemment peu de détails.
01:07C'est communiqué par le SINCOM, le centre de commandement militaire qui est basé à Tampa, en Floride,
01:12et qui fait très attention dans ces communiqués à dire voilà ce qui s'est passé.
01:15En tout cas, ce qu'on sait, c'est qu'il y a eu des bombardements la nuit dernière qui
01:19ont duré plus de 7 heures.
01:22Information confirmée par les militaires ici à Washington, par la Maison-Blanche et par le SINCOM,
01:27et que les sites qui sont bombardés par les Américains,
01:30eh bien, ce seraient des entrepôts qui abriteraient des missiles de croisière
01:35qui pourraient s'abattre sur les bateaux dans le détroit d'Hormuz.
01:38Et les Américains reconnaissent qu'il y a beaucoup d'infrastructures iraniennes
01:43qui sont bombardées aujourd'hui, mais aussi la nuit dernière.
01:47Tout à l'heure, le président Trump a quitté derrière moi la Maison-Blanche
01:50avec des mesures de sécurité extraordinaires.
01:53Bizarrement, son hélicoptère ne s'est pas posé où normalement il se pose.
01:57Mais juste à côté, le président Trump est en train de parler en ce moment au collège de guerre en
02:01Pennsylvanie.
02:02Et il vient de dire à l'instant que l'Iran doit négocier avant la semaine prochaine.
02:08Parce que dans son interview à Fox News hier soir,
02:11eh bien, le président Trump a dit que si l'Iran ne négociait pas très vite,
02:15ne revenait pas au deal, la semaine prochaine,
02:18il y aurait des bombardements extrêmement forts en Iran
02:21contre des centrales électriques et contre des ponts.
02:25Merci Laurence.
02:26Et à tout de suite, on va vous retrouver régulièrement sur place.
02:28C'est le Wall Street Journal qui titre sur ses frappes Ulysse Gosset
02:35et qui dit ce soir « Trump penche pour un renforcement des opérations militaires américaines en Iran »
02:41avec un sous-titre bien que privilégiant la diplomatie.
02:44Le président américain a été informé cette semaine des différentes options,
02:48notamment le recours à des troupes au sol et le bombardement de Piquex Mountain.
02:54Trump est dans l'usage de la force absolument.
02:56Il a lancé un ultimatum très clair aujourd'hui aux Iraniens.
02:59Si vous ne cédez pas, sous-entendu, si vous n'arrêtez pas de viser des navires commerciaux
03:04et de bloquer le détroit d'Hormuz,
03:06eh bien, les frappes reprendront de façon encore plus massive la semaine prochaine.
03:10Il faut rappeler que ça fait cinq jours consécutifs que les États-Unis bombardent de l'Iran,
03:15essentiellement le sud du pays, des grands ports comme Bandar Abbas,
03:18et aussi une petite île, l'une des 34 îles iraniennes, l'île de la Grande Tombe, c'est son
03:25nom,
03:26qui a été bombardée.
03:27Et c'est important parce que c'est une île qui est contestée par les Émirats arabes unis.
03:31Les Émiratis considèrent que cela leur appartient.
03:33Et le fait que les Américains bombardent envoient un signal en disant
03:37« Nous ne reculerons devant rien pour faire plier l'Iran,
03:39quitte effectivement à installer ou à réinstaller les Émiratis sur cette île ».
03:43Donc, c'est un point, je dirais, de détail par rapport à ce qui se passe,
03:47mais on est vraiment dans une escalade qui est sans précédent depuis l'annonce du cessez-le-feu.
03:52Et le risque, c'est que cette escalade se transforme en une reprise de la guerre.
03:56Pour l'instant, ce n'est pas le cas.
03:58Il faut bien le comprendre parce qu'il y a d'abord cet ultimatum
04:01et non pas l'annonce de la reprise de la guerre.
04:03Trump espère faire revenir l'Iran à des positions plus sages.
04:06Et il faut rappeler que tout autour du Golfe, les pays s'activent,
04:10à commencer par le Qatar, mais pas seulement,
04:12pour essayer de convaincre l'Iran de revenir à la table de négociation
04:17et de ne plus bloquer le détroit d'Hormuz.
04:20Mais on voit bien que ce n'est pas, disons, encore le moment
04:23puisque probablement les frappes vont continuer dans les jours qui viennent.
04:26Écoutons justement l'un des dernières déclarations du président américain
04:31sur cet ultimatum et la nécessité que les Iraniens reviennent à la table des négociations.
04:38Les autres présidents n'ont pas fait ce qui était bon.
04:41Ils auraient dû le faire il y a déjà longtemps.
04:42Tout cela aurait été beaucoup plus facile.
04:44Ils veulent tellement que tout s'arrange.
04:46Ils n'aiment pas ce que nous faisons et ils veulent vraiment que tout se règle.
04:49Nous verrons donc bien si, oui ou non, nous nous accordons avec eux
04:52ou bien si nous finissons le travail.
04:5490 minutes de frappes menées aujourd'hui par les Américains.
04:57Si ce n'est pas la reprise de la guerre, Sergueï Gironov, c'est quoi alors ?
05:01Pour moi, il y a quand même quelque chose qui est très sérieux depuis 5 jours,
05:05comme vient de dire Ilus Gosset.
05:07En fait, on sent la différence par rapport au mois de juin, au mois de mai.
05:12Ce ne sont pas les escarmouches.
05:13Parce que là, on sent quand même que sur ces 5 jours,
05:16en fait, c'est les frappes qui sont massives, assez massives,
05:21qui visent quasiment toute la côte,
05:25toute la côte qui donne sur le golfe Persique, mais aussi le golfe de Mans,
05:30et qui visent en fait les installations iraniennes
05:33qui leur permettent d'attaquer les bateaux dans le détroit d'Hormuz.
05:39Et donc, vous vous souvenez, quand il y avait, avant,
05:44c'était petite frappe des Iraniens, petite réponse américaine.
05:48Mais il n'y avait jamais quelque chose d'aussi important.
05:50Là, vous avez dit, aujourd'hui, deux fois, deux salves, en fait,
05:54de 90 minutes, le matin et l'après-midi.
05:58Hier, la même chose, je crois.
06:00En tout cas, c'était aussi très important.
06:03Et moi, je sens là-dessus que Trump est quand même assez,
06:08comment dire, assez remonté.
06:10Parce que, souvenez-vous, la semaine dernière, on nous a dit,
06:12« En fait, le mémorandum n'existe plus. »
06:15Il a écrit, ça y est, il est enterré.
06:18Ces Iraniens, on ne peut rien signer avec eux, ils ne respectent rien.
06:22Et donc, en fait, il était clairement, il nous a annoncé quasiment la reprise de la guerre.
06:26Et bon, après, c'est du Trump.
06:28Ça veut dire, il dit ça, et cinq minutes après, il se contredit quand même.
06:32Donc, il s'est dit, les États-Unis, maintenant, vont être le gardien de détroit d'Hormuz,
06:37mais ils vont prendre 20% à tous les bateaux qui passent.
06:39Puis après, il change d'avis 24 heures plus tard.
06:42Il dit, bon, après, j'ai changé d'avis parce qu'il y a tous les pays du Golfe qui
06:46m'ont fait pression.
06:47Donc, le président manque de cohérence en ce moment.
06:50Mais en revanche, il a quand même tous les moyens militaires sur place.
06:53Donc ça, il ne faut jamais oublier ça.
06:55Les moyens militaires sur place, les différentes options lui ont été présentées à nouveau selon le Wall Street Journal.
07:01Laurence Aime est de nouveau avec nous.
07:03Laurence, parlez-nous de cette réunion qu'il y a eu aujourd'hui dans la Situation Room.
07:08Réunion de crise, qu'est-ce que l'on en sait ?
07:11Et est-ce qu'on sait qui chuchote à l'oreille du président en ce moment, Laurence ?
07:17Alors, c'est une très bonne question.
07:19Et d'après nos informations, en fait, la réunion a eu lieu hier soir, tard, dans le secret le plus
07:23absolu.
07:24Donc, dans la Situation Room, qui est cette pièce sécurisée en dessous de la Maison Blanche, où rien ne filtre
07:29normalement.
07:30Il y avait le vice-président J.D. Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, évidemment le secrétaire au Pentagone,
07:37qui aujourd'hui passe sa journée avec Donald Trump, c'est important, il faut le souligner, Pitexet, le directeur de
07:42la CIA.
07:43Alors, rien n'a filtré, mais en même temps, il y a une telle paranoïa dans cette Maison Blanche de
07:48Donald Trump,
07:49que tout à l'heure, il y a eu, et c'est vraiment un fait qui ne s'est jamais
07:53passé,
07:53des agents du FBI qui ont été voir les officiels à l'intérieur de la Maison Blanche pour leur confisquer
08:00leur portable,
08:01pour voir si ces gens qui travaillent à la Maison Blanche n'ont pas donné des informations aux journalistes.
08:07Alors, on espère évidemment qu'un de nos collègues du Wall Street Journal n'a pas communiqué avec un de
08:13ces officiels qui aurait fuité.
08:16Il y a véritablement dans la communication de guerre, là, quelque chose qui s'est accéléré.
08:20C'est le syndicat qui communique avec très peu de détails sur les bombardements en cours,
08:24et Donald Trump qui fait des interviews principalement à Fox.
08:27J'ai retenu quand même une phrase hier soir qui est très intéressante, et je terminerai là-dessus.
08:32Lorsqu'un journaliste de Fox a demandé hier soir à Donald Trump s'il s'est entretenu avec des responsables
08:38iraniens,
08:39Donald Trump a répondu que les représentants de son administration avaient parlé aux Iraniens.
08:46Il y a encore une heure hier, donc il y a quand même un dialogue qui est maintenu.
08:49Encore une fois, Donald Trump ne veut pas de cette guerre, il se dit prêt à frapper,
08:53et il va jusqu'au bout dans les négociations.
08:55Il veut faire ce deal, et il espère que ce deal made in Trump marchera avec les Iraniens.
09:00Personne ne sait évidemment ce qui se passera.
09:02Merci beaucoup, Loan Saïm, en direct de Washington.
09:06Je voudrais qu'on regarde ensemble ce titre du journal Libération aujourd'hui sur la situation au Moyen-Orient,
09:13détroit d'Hormuz, les Etats-Unis en pleine crise de contrôle.
09:17Olivier Lassmol, je trouve que ça résume assez bien la situation.
09:21Et est-ce que vous pensez qu'en ce moment, en menant les frappes qu'ils mènent,
09:25les Américains réussiront à reprendre le contrôle de ce détroit d'Hormuz ?
09:29Ça paraît très compliqué, surtout qu'on a un durcissement des Iraniens
09:33qui estiment qu'ils n'ont plus aucun projet de négociation avec les Etats-Unis.
09:37Ils menacent même.
09:39C'est toujours le frappé tout en négociant de fermer un autre détroit, celui de Bab el-Banded.
09:46Et donc là, ça serait extrêmement grave, puisqu'on aurait, je vais regarder rapidement,
09:5030% du transport conteneurisé qui serait bloqué, 22% du transport de pétrole,
09:57et ça coûterait 10 milliards par jour.
10:00Ça pèserait lourdement sur l'Iran.
10:02Mais aujourd'hui, je vois très mal comment les Etats-Unis pourraient récupérer le contrôle de ce détroit,
10:09dont ils ont perdu le contrôle déjà depuis plusieurs mois.
10:11La question, c'est, on parle toujours du fighting while talking,
10:14on négocie et on frappe en même temps, jusqu'où va-t-on aller.
10:17C'est-à-dire que là, ce principe de négocier tout en frappant,
10:21c'est pas bluffé, ça va bien au-delà, c'est qu'on a une force entre ses mains,
10:25l'Iran là, avec les outils, de dire, si vous continuez,
10:28on ira jusqu'à fermer le détroit de Bab el-Banded.
10:31Et ça, c'est un risque qu'on n'avait pas jusqu'à présent,
10:33qui est encore plus important, puisque l'on aurait tout un corridor qui serait fermé.
10:37Et ce corridor qui est fermé, ça veut dire que c'est une partie du commerce international qui est bloquée.
10:42– Naoufel El-Kawafi est avec nous en direct de Doha.
10:47Naoufel, que pouvez-vous nous dire, vous, ce soir, de la situation dans le détroit d'Hormuz
10:52et des frappes menées ces dernières heures par les Américains ?
10:56– À nuit et jour, on peut le dire que les États-Unis frappent l'Iran.
11:02Ce soir encore, plusieurs explosions, détonations ont été entendues.
11:05Les États-Unis qui confirment avoir lancé une nouvelle série de frappes sur l'Iran,
11:09c'est la deuxième aujourd'hui en l'espace seulement de 24 heures.
11:13Troisième nuit consécutive de frappes.
11:16Les États-Unis qui disent à chaque fois à cibler des infrastructures stratégiques.
11:19Mais Donald Trump expliquait tout à l'heure qu'il n'excluait pas la possibilité prochainement
11:23de cibler cette fois-ci des infrastructures civiles ou bien des centrales électriques.
11:28De son côté, la réponse iranienne, la riposte, ne s'est pas faite attendre.
11:32Bien au contraire, ça fait plusieurs jours que les gardiens de la révolution ciblent les pays du Golfe,
11:36notamment des sites américains.
11:38C'était le cas cette nuit du côté du Bahreïn.
11:40Une base militaire américaine a été touchée.
11:42Et le Koweït, à l'instant, qui dit avoir intercepté plusieurs missiles,
11:464 missiles de croisière et une vingtaine de drones en provenance de l'Iran.
11:51On est donc très loin de la calmie entre Téhéran et Washington avec une reprise des hostilités.
11:56Merci beaucoup Naofel El-Kawafi avec Benjamin Danan.
12:00On est d'accord, Nicolas Tenzer, que ces sites de missiles,
12:04ces bases navales qui sont visées ces dernières heures,
12:08nuit et jour, nous disait Naofel par les Américains,
12:10ces bunkers, ces tunnels,
12:12ça fait 40 ans qu'ils sont là, installés par les Iraniens sur cette côte et disséminés.
12:17Ma question est, est-ce qu'en menant ces frappes,
12:19les Américains vont vraiment réussir à empêcher les forces iraniennes
12:23de frapper les navires qui passent dans le détroit d'Hormuz ?
12:26Alors, ça peut effectivement peut-être atténuer un tout petit peu les frappes.
12:29Ça ne peut certainement pas les bloquer actuellement,
12:32sans compter qu'il est aussi possible d'envoyer des missiles contre ces navires de beaucoup plus loin.
12:36Et qu'aujourd'hui, d'après ce que l'on sait,
12:38il y a quand même eu une surestimation de la part des Américains
12:42des sites de missiles iraniens qui ont été touchés.
12:45Il y en a qui ont été.
12:45Encore une fois, l'Iran n'est pas aussi puissant qu'il ne l'était avant le 28 février.
12:50Mais en même temps, il garde des moyens absolument considérables.
12:53Le vrai sujet, c'est qu'aujourd'hui,
12:55on a quand même l'impression que l'Iran,
12:57parce que c'est un régime aussi totalitaire,
12:59qui maîtrise complètement sa population,
13:01peut aller très très loin.
13:03Je dirais non seulement dans les frappes,
13:04mais aussi, je dirais, dans les souffrances infligées à sa population.
13:08Sa population souffre, sa population est de fait sous sanction.
13:12Il y a effectivement une crise alimentaire,
13:14une crise énergétique absolument monstrueuse.
13:17Mais ça peut aller très très loin.
13:18La réalité, c'est effectivement de savoir jusqu'où Trump véritablement voudra aller.
13:25S'il commence à frapper la semaine prochaine,
13:27les sites effectivement énergétiques,
13:30s'il commence à frapper peut-être un certain nombre de centrales,
13:34s'il frappe encore plus, peut-être avec l'aide d'ailleurs des Israéliens,
13:37pour le coup, un certain nombre de centres de commandement,
13:40ça peut aller très loin.
13:41Mais on sait très bien qu'il faudra quand même mener une guerre,
13:45en quelque sorte, à outrance,
13:47pour véritablement obliger le régime à capituler.
13:50Et ça, pour l'instant, encore une fois,
13:52Trump n'a jamais montré qu'il le voulait.
13:54Et ça, le vrai problème,
13:55et c'est ça qui tient, en quelque sorte,
13:57l'Iran, malheureusement, je dirais,
14:01à la fois en éveil,
14:02et finalement, lui permet de se continuer de se moquer de Trump.
14:05Comment vous évaluez la situation, Bertrand Gallichet ?
14:08C'est l'ancien Premier ministre et ancien chef de la diplomatie française,
14:11Dominique de Villepin,
14:12qui était tout à l'heure sur ce plateau,
14:13et qui disait, pour revenir plus fort dans les négociations,
14:17il faut que les Américains arrêtent de focaliser sur le détroit d'Hormuz,
14:20il faut ramener le sujet sur le nucléaire.
14:22– Le nucléaire, pour l'instant, on en est loin,
14:25parce que le détroit d'Hormuz, effectivement,
14:27capte l'ensemble de l'attention,
14:29et à juste titre, parce que c'est l'économie mondiale
14:33qui est menacée par ce blocage du détroit d'Hormuz.
14:36– Mais la situation s'enlise, non ?
14:38– Avec quand même un bémol,
14:38qui est que les pays producteurs
14:41commencent à trouver des biais de contournement.
14:45On le sait, il y a ce grand pipeline de l'Aramco
14:48qui va d'Arabie Saoudite au port de Yenbou,
14:50sur la mer Rouge, et c'est d'ailleurs la raison
14:53pour laquelle les Iraniens maintenant menacent
14:55de frapper les navires en mer Rouge.
14:58Et vous savez qu'il y a eu une réunion
15:00sur le nouveau statut que voudraient donner
15:03au détroit d'Hormuz les Iraniens.
15:06Il y a eu une réunion au Parlement iranien
15:08où il a même été évoqué, à titre de représailles,
15:13des bombardements sur le canal de Suez,
15:15parce que la mer Rouge, naturellement,
15:16elle a deux accès.
15:18Et si les Iraniens décidaient de tout bloquer,
15:21à la fois le détroit d'Hormuz
15:22et les deux accès de la mer Rouge,
15:24ça serait une catastrophe totale.
15:26Mais on voit bien dans la stratégie de Donald Trump
15:28que ce n'est pas une action militaire,
15:31en réalité, qui peut être décisive.
15:34Car ces bombardements, ça fait des jours
15:35qu'ils se poursuivent,
15:37et ils peuvent se poursuivre encore très longtemps.
15:39Ils n'arriveront pas à épuiser
15:41la capacité de nuisance,
15:42et notamment les tirs de missiles
15:44et de drones des Iraniens.
15:45Donc c'est un peu vain.
15:46C'est simplement une façon
15:48de tordre le bras des Iraniens
15:50en espérant, à mon avis,
15:52sans résultat possible,
15:54que les Iraniens cèderont
15:56et accepteront de revenir au mémorandum
15:58qui a été signé le 17 juin à Versailles.
16:00Mais c'est illusoire.
16:02Ça n'est pas la bonne méthode.
16:03Et très vraisemblablement,
16:06sans m'avancer beaucoup,
16:07je pense que ça ne fonctionnera pas.
16:09Ce qui peut fonctionner en revanche,
16:10c'est une nouvelle concession
16:13faite par les Américains
16:14à partir de la trame
16:16qui a été signée le 17 juin,
16:18c'est-à-dire à partir de ce fameux
16:19protocole d'accord
16:20qui était déjà très défavorable à Trump.
16:24Et à un moment donné,
16:25il va être obligé de céder.
16:27Donc vous, vous dites,
16:28il faut que les Américains
16:30fassent une concession de plus.
16:31Je ne dis pas qu'il faut qu'ils le fassent.
16:33Je dis que c'est probablement
16:34ce qu'ils vont faire.
16:35Pour sortir de l'impasse
16:37dans laquelle ils se trouvent.
16:38Oui, parce que l'autre option,
16:39finalement, c'est celle
16:40qui a été évoquée par Trump.
16:41Mais vous savez, il menace beaucoup.
16:42Et quand il menace à l'avance,
16:43souvent, il ne concrétise pas ces menaces.
16:46C'est de dire,
16:47on va frapper les centrales énergétiques
16:49et les ponts, les infrastructures.
16:51Sauf qu'il sait très bien,
16:52et chacun le sait,
16:53que s'il le fait,
16:55eh bien ça veut dire
16:55une riposte immédiate des Iraniens.
16:58Et ils ont les moyens de le faire
16:59sur les infrastructures énergétiques
17:01des pays du Golfe,
17:03sur les usines énergétiques,
17:05sur les usines de désalinisation.
17:07Donc vous imaginez l'engrenage
17:09dans lequel on serait à ce moment-là.
17:11Laurent Saïm a une information.
17:12On fait un petit détour par Washington
17:13et je reviens vers vous ensuite,
17:15Ulysse et Sergeï.
17:16À la question que je vous posais,
17:18Laurence, est-ce qu'on sait en ce moment
17:19qui murmure à l'oreille de Donald Trump ?
17:26Oui, alors parfois ça se cache
17:28dans les détails d'analyser
17:29la communication de guerre.
17:31Ce qui est intéressant,
17:31c'est de voir que Donald Trump
17:33s'est entouré de ses amis très fidèles
17:35qui, pendant des dizaines d'années,
17:37l'ont accompagné dans ses deals.
17:39Par exemple, Steve Whitcoff,
17:40qui est un promoteur immobilier.
17:42Dans la situation room,
17:45hier, dans cette réunion
17:46sur la guerre en Iran
17:48et sur les bombardements,
17:49Steve Whitcoff est là.
17:51Il n'a pas été élu,
17:52mais c'est celui qui mène les négociations.
17:54Il y avait aussi dans le bureau ovale
17:55quelqu'un qui s'appelle Tom Barak,
17:57qui est l'ambassadeur américain en Turquie,
17:59qui accompagne Donald Trump
18:01depuis près de 40 ans.
18:02Donald Trump a toute confiance en lui.
18:05Et pendant la campagne 2020,
18:06il faisait souvent des blagues
18:07en disant « le bon Barak,
18:08c'est cet homme en qui j'ai toute confiance,
18:10à qui je demande souvent conseil ».
18:12Je voudrais simplement très vite
18:13vous donner les informations
18:14qui me parviennent à l'instant.
18:16Il y a Donald Trump qui,
18:17en ce moment,
18:19est fait en Pennsylvanie.
18:20un meeting avec à ses côtés
18:22le secrétaire à la Défense Pitexat
18:25et il vient de parler de l'Iran.
18:27Et c'est absolument incroyable
18:28d'entendre Donald Trump
18:30qui est sorti du prompteur,
18:32qui a improvisé,
18:33et Trump,
18:33il est toujours intéressant
18:34quand il improvise,
18:35et qui a dit « voilà,
18:36j'ai appelé un capitaine
18:38d'un navire dans le détroit d'Hormuz ».
18:40Eh bien, il m'a dit
18:41qu'il y avait 100 missiles
18:43qui étaient arrivés.
18:44Mais vous vous rendez compte,
18:45nous, on est tellement forts,
18:46les Américains,
18:47qu'on a pu intercepter
18:49pratiquement tous les missiles.
18:50Donald Trump a répété
18:51« il y a 111 missiles
18:52qui sont arrivés,
18:54tirés par les Iraniens
18:55qui vraiment ne respectent rien ».
18:57Eh bien, ce capitaine
18:58et Donald Trump dit
18:59qu'il ne transpirait,
19:00paraît-il même pas,
19:01a intercepter 100 missiles.
19:03Et Donald Trump
19:04est absolument persuadé
19:06que les bombardements marchent.
19:07Et dans toutes nos analyses,
19:09eh bien,
19:09on entend toujours
19:11des gens à Paris,
19:12des experts dire
19:13« ben voilà,
19:14les Iraniens ont beaucoup d'armes,
19:16c'est tout à fait possible,
19:17malheureusement,
19:17on n'est pas sur le terrain ».
19:18Mais côté américain,
19:19ce qui est incroyable,
19:20c'est Trump
19:21et ces hommes
19:22qui ne cessent de répéter
19:23« on a détruit la marine,
19:25on a détruit l'aviation,
19:26on est les plus forts,
19:27ils sont à terre,
19:28on va y aller une dernière fois
19:30et tout sera terminé ».
19:31Ça, c'est du verbatim.
19:32Ce sont ce qu'on entend
19:33ici à Washington.
19:36Merci beaucoup,
19:36Laurence Saïm.
19:38La tension monte,
19:39Ulysse Gosset,
19:40on l'a bien compris.
19:42Mais le canal
19:43de négociation,
19:44de discussion
19:44n'est pas totalement fermé.
19:45Aussi,
19:46qu'est-ce qu'il va falloir suivre
19:47attentivement dans les prochains jours ?
19:49Et suivre surtout
19:50ce qui se passe en Iran,
19:51puisque la clé du problème,
19:52elle est à Téhéran aujourd'hui.
19:54On voit bien
19:54la détermination américaine.
19:56Trump veut réouvrir
19:57le détroit d'Hormuz,
19:58quoi qu'il en coûte,
19:59si j'ose dire.
20:00Et il a effectivement
20:00une vingtaine de bâtiments de guerre
20:01qui peuvent bombarder l'Iran
20:03et essayer de faire passer
20:04des bâtiments.
20:06mais comment les Iraniens
20:07vont-ils réagir ?
20:08Pour l'instant,
20:09il n'est pas question du tout
20:10de céder à l'ultimatum de Trump.
20:12On a vu aujourd'hui
20:13le président du Parlement
20:14qui a été l'un des grands négociateurs
20:16de ce fameux mémorandum,
20:18Khalibaf,
20:19Mme Abed Khalibaf,
20:20président du Parlement,
20:21ancien gardien de la Révolution,
20:23qui a dit
20:24pour l'Iran,
20:25c'est une question existentielle.
20:27Et donc,
20:27l'Iran ne cédera pas.
20:29Et on s'aperçoit
20:30de plus en plus
20:31qu'en Iran,
20:32il y a différents points de vue.
20:33Évidemment,
20:34comme dans chaque pays.
20:35Mais là,
20:35il y a un affrontement très dur
20:37entre ceux qui veulent négocier
20:40et tirer profit
20:41des propositions américaines,
20:42notamment des 300 milliards de dollars
20:45promis en cas de cesser le feu
20:47et en cas de respect de l'accord,
20:48et ceux qui ne veulent pas céder
20:50et qui sont prêts
20:51à voir une partie de l'Iran détruite
20:53simplement pour afficher
20:55la volonté de l'Iran
20:57et la victoire de l'Iran.
20:59Regardez ce qui s'est passé
21:00pendant les obsèques
21:01de l'Ayatollah Khamenei
21:02qui a été éliminé
21:04au premier jour de la guerre.
21:05Il y avait des appels
21:06à la vengeance.
21:07Il y avait des portraits
21:08de Donald Trump
21:09avec une cible
21:10pour demander son assassinat.
21:13Et aujourd'hui,
21:13à Téhéran,
21:14sur l'un des plus grands murs
21:15de la ville,
21:16on voit un cercueil
21:18de Donald Trump.
21:19On va la voir,
21:19cette image,
21:20cette banderolle.
21:21Ce qui est très important
21:22aujourd'hui,
21:23c'est que,
21:23quelles que soient
21:24les menaces
21:24et la capacité militaire
21:26des Américains
21:27d'infliger de très gros dégâts
21:29à l'Iran,
21:30ça ne suffira pas
21:31à faire céder
21:32les plus radicaux,
21:34les plus déterminés
21:34du régime.
21:35Mais qu'est-ce qui serait
21:36susceptible de débloquer
21:37la situation ?
21:39C'est un régime neuf.
21:40Et je précise que
21:40lorsque Donald Trump
21:41dit,
21:42c'était à la une
21:43du Wall Street Journal,
21:45s'il ne dégocie pas,
21:47nous allons toucher,
21:48je vais retrouver
21:48l'information dont je vous parlais,
21:51Trump qui penche
21:51pour un renforcement
21:52des opérations militaires
21:53américaines
21:53et qui dit
21:54s'il ne se passe rien,
21:55nous bombarderons
21:56Piquex Mountain.
21:57En fait,
21:57Piquex Mountain,
21:58c'est la montagne
21:59de la pioche
22:00où se trouve
22:01le fameux site nucléaire iranien
22:03très important
22:04qui est dans le viseur de Trump
22:05depuis le dégouement.
22:06Moi,
22:07je suis très pessimiste
22:07par rapport à ça
22:08parce que,
22:08souvenez-vous,
22:10ce même random,
22:11en fait,
22:11il ne satisfaisait personne
22:13même s'il y avait
22:14des concessions extraordinaires
22:15qui étaient données
22:16aux Iraniens.
22:17Mais Trump,
22:18en fait,
22:19au bout de trois semaines,
22:21je suppose
22:22ce qui a été dit
22:23à Washington
22:24dans son dos
22:25en disant
22:25il a tout perdu,
22:27en fait,
22:27il se comparait à Obama,
22:29il se comparait à Biden
22:30en disant que
22:31eux,
22:31ils avaient des accords
22:32qui étaient abominables
22:33mais l'accord
22:34avec lequel il sort
22:35avec les Iraniens,
22:36c'est un accord
22:37encore pire
22:38de tout ce qui a été signé
22:39et donc
22:41actuellement,
22:42puisqu'il n'a plus
22:44des célébrations,
22:46il n'a plus
22:46de sommets à faire
22:48et les Iraniens
22:49ont intérêt
22:50à la terre
22:51comme il dit,
22:52à mon avis,
22:53ça risque
22:53de revenir
22:55à la guerre
22:56des deux côtés.
22:56L'armée américaine,
22:58donc,
22:58dernière information,
23:00l'armée américaine
23:01qui annonce
23:01avoir tiré
23:02sur un navire
23:03qui tentait
23:04de forcer
23:05le blocus,
23:06c'est la toute
23:06dernière information
23:07qui me parvient
23:08à l'instant
23:09donnée par Washington.
23:11Dans le deuxième détroit,
23:13on parlait d'Hormuz
23:13et de Babel-Mandel,
23:14il y a des frégates françaises
23:16qui actuellement patrouillent,
23:17il y a également
23:18des chasseurs de mines français
23:19qui escortent
23:21des bâtiments commerciaux,
23:22des navires commerciaux.
23:23Si la guerre
23:24s'étendait
23:25à ce deuxième détroit,
23:27on imagine
23:28les conséquences
23:28sur le plan commercial
23:29et les risques
23:30pour les armateurs
23:31et les navires
23:32qui traversent
23:33ce détroit
23:33en arrivant du Canada.
23:34Et le fait que l'armée américaine
23:35dise ce soir
23:36qu'elle va tirer
23:37sur un navire
23:38est quand même
23:39loin d'être anodin.
23:40On va continuer
23:40à suivre la situation.
23:42Merci beaucoup, messieurs.
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