Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 semaines
Pouvoir d'achat des Français, inflation, coût des vacances... Alors que RTL dévoile les résultats de "L'addition RTL de l'été", qui compare le prix de sept produits emblématiques dans trois villes de vacances, le constat est sans appel : les prix continuent de grimper. Comment les restaurateurs font-ils face à la hausse de leurs propres coûts ? Ont-ils encore des marges de manœuvre pour préserver les prix ? Et quelles conséquences pour les vacanciers cet été ? Thierry Marx, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) est l'invité de Vincent Derosier dans RTL Matin.
Regardez L'invité de RTL Matin avec Vincent Derosier du 23 juillet 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01RTL Matin, Vincent Derosier
00:05Bonjour Thierry Marx, président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie et chef cuisinier doublement étoilé.
00:12Alors RTL a dévoilé ce matin l'addition RTL de l'été.
00:15On a comparé les prix de 7 produits emblématiques dans 3 villes de vacances.
00:19Salade César, pizza, margherita, boisson, glace, crêpe.
00:24Au total c'est plus 5 euros en moyenne par rapport à nos derniers relevés de 2022.
00:28Ça fait cher le petit moment en terrasse.
00:3018 euros ?
00:31C'est aberrant.
00:33Pour de la salade, des croutons, du parmesan et du poulet élevé en batterie à peine cuit ?
00:39Alors, est-ce que vous comprenez Thierry Marx la colère de cette cliente ?
00:42Non mais moi je peux toujours comprendre la colère des gens quand ils payent.
00:46Le problème, c'est de dire, je crois qu'on a parlé de 15 euros là.
00:5018 euros la salade.
00:5118 euros, il restera en gros 18 centimes au restaurateur en marge nette.
00:56Donc vous voyez qu'il n'y a pas non plus un restaurateur qui a volonté de voler.
01:01Tout ça, c'est qu'aujourd'hui les charges, l'inflation sur les produits font que les prix ont augmenté
01:07et continuent à augmenter.
01:09Et ça fait évidemment des mécontents.
01:11Ça fait des mécontents au niveau des clients et ça fait des mécontents au niveau du restaurateur.
01:17Parce que lui, il n'est pas non plus toujours enthousiaste de monter ses prix comme ça.
01:21Mais je peux comprendre.
01:22Après, il faut aussi une clarification.
01:24Qu'est-ce qu'il y a dedans ?
01:25Cette dame dit poulet en batterie, il faut le savoir.
01:27C'est pour ça que je défends une loi sur le fait maison pour qu'on puisse avoir une transparence
01:32de ce qu'il y a dans nos assiettes.
01:34Ce qui n'est pas défendu toujours par l'ensemble des syndicats.
01:37Moi je défends ça, il faut une loi sur le fait maison pour avoir une vraie transparence de ce qu
01:41'il y a dans nos assiettes.
01:42La marge dont vous parliez à l'instant des restaurateurs, toute petite en centimes là.
01:46C'est moins de 2%.
01:46C'est l'exemple de la Salane César, il ne reste que ça au restaurateur.
01:49Sur un menu à 25 euros, il vous reste 44 centimes exactement en marge nette.
01:55Vous voyez qu'avec l'inflation plus les coûts qui augmentent tout le temps,
02:00là vous prenez simplement le coût sur l'augmentation du SMIC,
02:03ça a une répercussion sur les coûts de l'entreprise.
02:07Donc tout ça, vous le retrouvez un petit peu dans votre assiette et pas toujours à juste titre.
02:12L'été dernier, on disait qu'il n'y avait personne dans les restaurants.
02:14Beaucoup de touristes dénonçaient les prix abusifs.
02:17Vous parlez de la marge des restaurateurs.
02:18Qu'est-ce qu'ils font pour contenir les prix ?
02:20Est-ce qu'ils ont tiré des leçons de l'été dernier ?
02:22Alors tirer des leçons, bien sûr qu'on tire toujours des leçons,
02:26mais à un moment donné, vous ne pouvez plus contraindre le restaurateur.
02:30C'est-à-dire qu'à un moment donné, quand vous voyez l'augmentation des coûts des matières premières,
02:34l'augmentation de l'énergie, quand vous voyez ce qu'a pris l'augmentation du gaz,
02:37quand vous voyez l'arbitrage qu'il faut faire sur la période de canicule,
02:44finalement, le restaurateur, il a de plus en plus de mal.
02:47Moi, je vais vous donner d'autres chiffres.
02:48Aujourd'hui, c'est 25 restaurants qui ferment par jour.
02:51C'est ça la réalité.
02:52Donc, vous voyez bien que c'est très difficile dans ces métiers de la restauration,
02:57aujourd'hui, de maintenir des marges.
03:00Et elles sont très très faibles.
03:01Et en même temps, de satisfaire tout le temps le client.
03:05Il faut comprendre ça.
03:0725 qui ferment, vous savez combien de restaurants ouvrent par jour ?
03:0920, mais c'est plutôt des restaurants industriels, du monde industriel,
03:12que vous voyez en périphérie de vos villes, qui inondent depuis une trentaine d'années.
03:16Maintenant, ce n'est pas un phénomène nouveau, avec des produits très maîtrisés,
03:20dont vous ne connaissez pas forcément la provenance, d'ailleurs.
03:22Même voir la méthode de transformation.
03:24La dame évoquait une salade César avec un petit morceau de poulet, une sauce.
03:28Tout ça, si c'est fait maison, c'est de l'épluchage.
03:31C'est des personnes qui ont été formées pour le faire, etc.
03:35Aujourd'hui, le fait maison est en général remplacé par une industrialisation de la cuisine.
03:40On a subi trois vagues de chaleur.
03:42Les restaurateurs qui ne sont pas équipés de clim ont souffert.
03:46Les restaurateurs qui ne sont pas équipés de clim ont souffert plus que les autres.
03:49Mais les restaurateurs s'adaptent et ils finissent par s'équiper.
03:54Le problème, c'est que la canicule n'est pas un problème conjoncturel.
03:59Maintenant, ça va être structurel.
04:00On va s'habituer tous les étés à avoir ce problème.
04:02Donc, les restaurateurs s'équipent.
04:05Mais là, aujourd'hui, ce que nous constatons avec la canicule, c'est plusieurs phénomènes.
04:10Aujourd'hui, depuis le Covid, les restaurateurs n'arrivent plus à faire de trésorerie.
04:14Et dès qu'il y a un phénomène de décompensation comme ça de moins 30%,
04:18aujourd'hui, en termes de chiffre d'affaires, c'est moins 30%,
04:20et une augmentation des charges, parce qu'il y a une grosse augmentation des charges,
04:24charges sur l'énergie, charges sur l'alimentation, augmentation du SMIC,
04:28et bien l'entreprise n'arrive plus à faire de croissance suffisante pour payer tout ça.
04:32À cela s'ajoute le manque de bras dans l'hôtellerie comme dans la restauration.
04:36C'est toujours le cas ou ça va mieux ?
04:37Alors, c'est toujours le cas, mais il ne faut pas non plus faire seulement le cliché sur la restauration.
04:43Il manque en gros 200 000 postes dans la restauration,
04:45mais il en manque quasiment autant dans les métiers de la santé,
04:48quasiment autant dans les métiers de la logistique et du transport.
04:51Donc, ce n'est pas un phénomène lié uniquement à l'hôtellerie-restauration.
04:55Alors, on parlait de la chaleur, de la climatisation.
04:57Les vagues de chaleur, elles ont fait beaucoup de mal aux agriculteurs, aux éleveurs, aux maraîchers.
05:01Je vous donne quelques chiffres.
05:02Plus 32% sur le prix des courgettes, les tomates en gras, plus 31%, 24% pour les haricots verts.
05:09Voilà, c'est comme ça pour bon nombre de fruits et légumes.
05:12Là, ça fait mal aux restaurateurs et aux clients en même temps ?
05:15Augmentation du coût matière première.
05:17Donc, c'est ce qu'évoquait cette dame, c'est trop cher.
05:19Ben oui, mais il y a une augmentation du coût des matières premières,
05:22une augmentation du coût du personnel et une augmentation de l'énergie.
05:25Donc, à un moment donné, le restaurateur, ce qu'il n'ose pas faire, c'est de trop augmenter ses
05:30prix.
05:30Vous voyez bien que l'augmentation par rapport à l'année dernière n'est pas non plus énorme,
05:33parce qu'il perdrait ses clients.
05:36Et aujourd'hui, avec les problèmes d'énergie, notamment sur les pleins d'essence,
05:41les gens font un arbitrage entre aller au restaurant ou faire un plein dans la voiture.
05:45Ça va être ça, notre saison d'été aujourd'hui.
05:48Ces augmentations des fruits et légumes dont on parle,
05:50ça veut dire hausse mécanique des prix chez les grossistes aussi pour tous les restaurateurs ?
05:54Hausse mécanique chez les grossistes, parce qu'ils ont un coût de transport qui a augmenté.
05:58Donc, finalement, toute la chaîne est impactée.
06:01Comment on fait et quels conseils vous pouvez donner aux gens qui ont envie de bien manger,
06:05de continuer à bien manger, d'aider les restaurateurs sans se ruiner et sans se prendre l'inflation ?
06:09C'est-à-dire que d'abord, il faut essayer de décrypter qui est restaurateur et qui ne l'est
06:13pas vraiment.
06:14Moi, c'est pour ça que j'insiste beaucoup sur le fait maison et d'avoir un label fait maison,
06:19parce qu'au moins, on aura une transparence au niveau du produit et une transparence pour le consommateur.
06:25Maintenant, il faut un petit peu choisir ses établissements, regarder un petit peu ce qui se fait,
06:29qu'est-ce qu'on souhaite faire.
06:31Quand on va dans un restaurant, il y a des restaurants, j'en connais certains,
06:34qui font des menus à 25 euros, qui sont très bien, et c'est du fait maison,
06:37entrée plat ou plat dessert, et on peut arbitrer un petit peu comme ça.
06:41Et puis, peut-être décaler un petit peu les instants qu'on veut s'offrir au restaurant
06:46pour aller vers une meilleure qualité.
06:48Et c'est des arbitrages que doit faire le consommateur aujourd'hui.
06:52Est-ce que la chaleur, d'un point de vue gustatif, vous qui êtes chef,
06:55est-ce que la chaleur dégrade le goût des aliments, la qualité gustative ?
06:58Non, pas vraiment.
06:59C'est-à-dire qu'on pourrait le mesurer, les sciences savent le mesurer,
07:02mais effectivement, quand il fait de fortes chaleurs,
07:05les restaurateurs s'adaptent à faire des plats plutôt froids, plutôt tempérés, etc.
07:09Donc ça, on sait le maîtriser.
07:11Non, ce qui est très difficile, ce qui augmente beaucoup le coût du restaurateur,
07:15c'est les problèmes techniques sur le matériel,
07:20c'est-à-dire que les moteurs de réfrigérateur qui claquent
07:22parce qu'il y a une sûre chaleur autour.
07:25Donc beaucoup, beaucoup de problèmes de maintenance dans les restaurants
07:28pendant les périodes de canicule.
07:29Vous militez depuis longtemps pour le respect des saisons,
07:32avec toutes les vagues de chaleur.
07:34Est-ce que la notion de saisonnalité a encore du sens ?
07:36Oui, elle aura toujours du sens, bien qu'elle ait évolué.
07:40Moi, je commence la fraise à partir de fin avril, début mai,
07:43notamment la fraise de verre,
07:45et puis je vais avoir des fraises jusqu'à la mi-octobre, à peu près.
07:49Donc ça, la saisonnalité évolue.
07:51Mais l'adaptabilité à la saisonnalité,
07:53c'est aussi un moyen de maîtriser un peu mieux ses coûts matières premières
07:55et d'avoir des fois des cartes moins pléthoriques,
07:59plus rationnelles et avec des circuits beaucoup plus courts.
08:01Mais la saisonnalité fera toujours partie de notre conception de la cuisine.
08:06Allez Thierry Marx, on vous donne quelques secondes
08:09pour nous donner une bonne recette d'été à faire chez soi, sans se ruiner.
08:13Ce qui est génial l'été, je vous donne une recette de tomate.
08:19Vous voyez, c'est simple, la tomate, on en trouve partout.
08:20Et là, en ce moment, on a de la marmandèse qui est merveilleuse.
08:23Une petite tomate mélangée avec de l'huile d'olive et une pointe de vanille.
08:27Et vous servez de vanille, oui.
08:29Et si vous voulez aider un petit peu les éleveurs de fromage de chèvre en Val-de-Loire,
08:33achetez du fromage de chèvre, ils ont besoin d'un coup de main.
08:35Et vous prenez un petit Pouligny-Saint-Pierre,
08:37vous faites votre composé ou un Saint-Mort un peu frais
08:40et vous composez concassé de tomate, juste coupé en quatre, c'est rien.
08:44Une huile d'olive mélangée avec un petit peu de vanille,
08:47une fleur de sel là-dessus, vous allez vous régaler.
08:49Merci beaucoup Thierry Marx.
08:51On va vous demander le détail de cette recette et essayer de la mettre sur rtl.fr.
Commentaires

Recommandations