- il y a 4 semaines
Regardez L'invité de RTL Matin avec Vincent Derosier du 27 juillet 2026.
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00:01Vincent Derosier, RTL Matin.
00:037h44 sur RTL, c'est du jamais vu depuis 50 ans, les méga-feux ravagent la Gironde et les Landes.
00:08Deux maires sur le front sont avec nous ce matin, Laurent Perronnet, maire de Lacanau, et Jean-Yves Rosasa, maire
00:13de Andernos-Lébin.
00:14Bonjour à tous les deux.
00:16Oui, bonjour.
00:18Bonjour Laurent.
00:19Laurent Perronnet, maire de Lacanau, d'abord, quelle est la situation ce matin chez vous ?
00:24On nous dit que la situation est stable pour cette cinquième nuit de lutte.
00:28Comment vous l'avez vécu cette nuit ?
00:32On a vu arriver la pluie, mais bon, elle n'est pas tombée en quantité extraordinaire.
00:36Donc, on peut s'en réjouir parce que ça a quand même humidifié le territoire.
00:39Mais les équipes sont habillées d'oeuvre et on a des endroits encore à défendre.
00:42La situation est stable, mais le feu n'est pas stabilisé sur certains endroits.
00:47Donc, il faut continuer à lutter, à mouiller.
00:49Et puis, on est en train de travailler.
00:52Là, on est en bord de route pour imaginer les travaux, pour se protéger,
00:54pour ne pas que le feu saute la départementale et qui relie Lacanau à Bordeaux
00:59pour que le Médoc ne soit pas impacté derrière.
01:01Donc, si elle saute cette route, ça ne peut pas être une catastrophe derrière.
01:04Donc, ce point, il est dur à défendre.
01:07On va le défendre jusqu'au bout.
01:08C'est plutôt bien parti.
01:09Je suis un peu plus optimiste depuis hier soir.
01:13Mais on a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail à faire.
01:16La pluie, vous dites qu'elle est tombée cette nuit,
01:19qu'elle n'a rien réglé, qu'elle a fait du bien.
01:20Mais temporairement, c'est ça que vous nous dites ?
01:22Oui, bien sûr, parce qu'on a envie de faire le tour.
01:24Il y a encore des fumées partout.
01:26Il y a des reprises de feu.
01:27Donc, on peut saluer le travail à la fois des volontaires, des DFCI et des pompiers
01:33qui luttent sans remercier pour nuit et jour pour essayer de stabiliser cette incendie.
01:39Vous parlez de FCI.
01:41De quoi s'agit-il ?
01:42Alors, c'est les azins DFCI qui sont communaux, sous l'autorité d'une DFCI Gironde.
01:48C'est les associations de propriétaires, les mairies, tous ceux qui, tout au long de l'année,
01:52surveillent, entretiennent les passes et organisent l'activité en forêt.
01:57Vous disiez, je suis un peu plus optimiste que ces jours derniers.
02:00Qu'est-ce qui vous rend optimiste ?
02:02Alors, je parle pour mon territoire.
02:06C'est beaucoup plus.
02:09Laurent Perrondet, est-ce qu'on est encore avec la métropole ?
02:12Aujourd'hui, autour du sens.
02:14Oui.
02:15Non, non, on vous a perdu un instant.
02:17Allez-y, je vous en prie.
02:19D'accord.
02:20Non, non, on s'occupe de notre territoire.
02:23On n'a pas d'autorité ailleurs.
02:25Mais c'est vrai qu'on est tous solidaires les uns des autres
02:27parce qu'on a l'habitude de se rencontrer, de travailler ensemble.
02:31Mais c'est vrai que la Gironde va se relever dramatique.
02:34C'est incendie, donc il faut qu'il s'arrête.
02:36Jean-Yves Rozaza également avec nous, maire d'Andernos-Lébin.
02:39La pluie a fait du bien également chez vous ?
02:42La pluie, ça a été une vague courte, ondée.
02:47Non, ça a été bien sûr que ce petit épisode très court
02:52a satisfait peut-être simplement moralement les choses.
02:56Mais c'est tellement insuffisant par rapport aux besoins qu'il y a réellement,
03:02par rapport au sol.
03:03Le sol, actuellement, il suffit de voir ce qu'il se passe.
03:06J'ai fait tout un tour du territoire sur 15-20 bornes autour de ma ville.
03:12Oui, c'est lunaire, tout est cramé et le sol fume.
03:17Le sol fume, le sol brûle encore un peu.
03:20Et heureusement, Laurent le disait, Laurent Perrandet le disait,
03:24heureusement, grâce au travail des pompiers, évidemment, il mérite.
03:27Mais il y a aussi tous ces bénévoles qui sont loin d'être des inorganisés, irresponsables,
03:34qui sont venus spontanément en aide pour justement être derrière ce travail de maîtrise du foyer réel
03:43pour apaiser ceux qui fument, les fumoroles et qu'il y a encore.
03:46Ils sont là à justement faire en sorte qu'on ne revienne pas sur ce qu'on a déjà fait.
03:54Vous disiez que vous aviez fait le tour quelques kilomètres.
03:56Où est le feu autour d'Andernos-les-Bains ce matin ?
03:59Non, mais autour d'Andernos-les-Bains, il n'y a pas de feu vif.
04:03Mais je suis allé un peu plus loin.
04:05Mais c'est hier soir, uniquement pour voir l'étendue à 15 kilomètres à la ronde
04:12de ce qui s'est passé réellement.
04:15Et effectivement, 15 kilomètres à la ronde, il n'y a plus un arbre.
04:20Il n'y en aura plus.
04:22C'est cramé.
04:23Et je sais, nous on échappe sur notre ville à des dégâts matériels tels que les maisons pour l'instant.
04:31Mais ce n'est pas le cas des communes avoisinantes.
04:35Au Porges, par exemple, c'est 150 ou 170 maisons qui sont...
04:41On n'a pas connu ça de mémoire de gens d'ici.
04:47On n'a pas connu ce genre de sinistre aussi violent pour les populations.
04:50Parce que vous, depuis le départ, en fait, vous avez été en première ligne pour accueillir les évacués du Cap
04:55Ferret et du Porges
04:56avant d'être menacés par les fumées.
04:58Oui, oui.
04:59Mais ça a été un jeu de dominos.
05:03Ça n'a duré que 24 heures.
05:05On était hôtes, puis on était évacués ensuite chez quelqu'un.
05:11Ares, pareil.
05:12Et puis ainsi de suite, tout le monde était tour à tour.
05:16Hôtes, puis...
05:18J'allais dire réfugiés.
05:20Mais oui, oui, c'est comme ça.
05:22C'est d'ouest à l'est pour ce qui concerne le bassin d'Arcachon.
05:27À mesure que le feu progressait vers l'est, vers la métropole.
05:31Vous parlez des bénévoles très impliqués.
05:33Vous accueillez combien de personnes aujourd'hui ?
05:37Combien d'évacués ?
05:39Ah, mais moi, je n'ai plus d'évacués.
05:42Tout le monde est parti.
05:43Les Andernosiens, il y a bien quelques personnes qui sont restées dans leur maison.
05:49Et on ne le sait pas trop.
05:50Mais globalement, ce serait faux de dire que l'évacuation n'a pas été faite.
05:55Il y a une véritable évacuation.
05:56Les gens sont partis avec sagesse.
06:00Ils sont partis.
06:01Et les gens dont je vous parle, ce sont ces gens qui, spontanément, pour des raisons précises,
06:07parce qu'ils sont aptes à servir, parce qu'ils ont les moyens matériels, les moyens humains,
06:13et la connaissance des lieux de la forêt, ce ne sont pas des professionnels pompiers.
06:19Ils l'ont été parfois, mais ce sont des agriculteurs, ce sont des artisans,
06:23ce sont des gens qui, avec leur 4x4 ou leur moyen, leur citernes et tout ça,
06:27sont en appui extrêmement important pour les pompiers.
06:31Tous les pompiers, vous le diront.
06:33Leur emperonné ?
06:34Alors, combien ils sont ceux-là ?
06:37Moi, je suis sur ma ville, il y en a peut-être avec l'air de rien,
06:39peut-être une centaine, rien qu'en n'en a.
06:42Et comment vont-ils ce matin ?
06:44Quand vous les voyez, quand vous discutez avec eux ?
06:47Mais ils sont, c'est très compliqué.
06:49C'est toujours ces périodes où on est en situation de considérer que c'est bien de servir,
06:56plutôt que de rien faire, parce qu'on ne leur a rien demandé du tout,
06:59ils sont venus, c'est la spontanéité face à un problème.
07:05Non, ils sont prêts à continuer.
07:08C'est souvent des jeunes, hein.
07:10C'est souvent des jeunes, des jeunes du pays, des jeunes agriculteurs,
07:14des jeunes qui sont prêts à écouter ce que leur demandent de faire les pompiers sur le terrain.
07:21Laurent Perronné, maire de Lacanot, vous avez encore des évacués chez vous,
07:25des personnes qui ont besoin de vous, qui ont besoin d'aide ?
07:28Oui, parce qu'on n'a pas évacué la ville à part sur deux hameaux au sud.
07:31On a réussi à tenir le feu au sud après des travaux.
07:34Donc aujourd'hui, on concentre aussi tous les centres qui nourrissent les pompiers tous les jours.
07:39Et on a les centres médicaux.
07:41On a réussi à mettre en place une organisation avec l'État qui est tout à fait pertinente.
07:46Et aujourd'hui, sur la ville, il y a à peu près 400 personnes ou 500 personnes qui sont mobilisées.
07:51C'est à peu près 1000 repas par jour depuis déjà 5 jours.
07:57Et on doit tenir cette organisation pour permettre au personnel et à tous ceux qui interviennent,
08:01et en particulier les DFCI plus les bénévoles, à être nourris et de ne pas penser à tout ce qui
08:08est une tendance.
08:09Donc c'est plutôt bien qu'on continue à organiser ça.
08:11Et on va essayer de tenir le plus longtemps possible.
08:14Là, il faut que nous, maires...
08:16Vous avez besoin de quoi pour tenir et combien de temps vous pouvez tenir ?
08:19Non, mais là, il y a une solidarité extrême aussi avec les restaurateurs, les supermarchés, les centrales d'achat.
08:26On n'a aucun problème de logistique et on ne manquera pas de nourriture et de moyens.
08:32Mais le travail va être très très lourd, le temps d'arroser.
08:35On va passer l'été avec des camions à justement éteindre toutes ces fumeroles et ces reprises de feu.
08:41Donc ce travail-là, il est colossal.
08:44Dans l'intervention que j'ai entendue avant, il y a l'industrie touristique qui va être très très touchée
08:48sur notre territoire.
08:49On va avoir un peu de mal à se relever.
08:52Donc on serre les coudes, mais je pense qu'une fois que ce feu sera maîtrisé,
08:56je pense que nous, quand on traverse nos communes, Jean-Yves Rosaza a parlé du porge.
09:01J'ai traversé le porge, j'ai pleuré.
09:03C'est terrible ce qui est arrivé.
09:05Ce n'est jamais arrivé sur le territoire.
09:07Donc on aura sûrement un diagnostic à faire de ce feu.
09:10Il va falloir qu'on se dise les choses et que chacun assume sa part de responsabilité,
09:15qu'on se regarde droit dans les yeux, parce que ça s'oublie vite des événements comme ça.
09:202022, c'était il y a 4 ans.
09:21Finalement, tout le monde avait été champion du monde, mais on n'est pas champion du monde.
09:25Donc il faut qu'on se parle et que à chaque échelle puisse faire le constat de ce qui s
09:30'est passé sur ce feu-là.
09:31Donc on a besoin de ça.
09:32Ce n'est pas le moment de faire des critiques ou de faire de la polémique.
09:36Mais il ne faudra pas oublier, dès que tout feu se sera arrêté, qu'il faut qu'on nous mette,
09:40nous élus locaux, autour de la table.
09:42Parce qu'on est la seule collectivité aujourd'hui en France qui tient encore le coup.
09:45Vous aviez dit que l'État devrait mieux préparer, anticiper les feux.
09:50Qu'est-ce qu'il faut faire de plus ?
09:56Laurent Perronnet ?
09:57Jean-Yves Rosaza, est-ce que vous êtes avec nous ?
10:00Oui, oui, moi je suis avec vous, mais je peux répondre si vous voulez à cette question.
10:03Mais oui, allez-y. Qu'est-ce qu'il faut faire de plus ?
10:05Je pense que Laurent vient de le dire, ce n'est pas l'heure exacte de faire remonter des polémiques.
10:12Oui, oui, il y a certainement, et croyez-moi du côté des forces des sapeurs-pompiers,
10:18il leur tarde la fin de l'épisode pour essayer de structurer un peu des demandes
10:26qui soient couronnées d'obtention de moyens supérieurs.
10:33Jean-Yves Rosaza, on parlait du coût économique.
10:37C'est 6700 entreprises qui sont touchées selon la Chambre de commerce et d'industrie de Gironde.
10:41Donc au-delà du coût environnemental, va y avoir un coût économique ?
10:48C'est une saison qui avait déjà démarré sous des auspices assez défavorables,
10:55parce que les choses ne vont pas bien globalement dans le pays, on le sait,
11:00mais il ne manquait plus que ce coût d'arrêt pour, vous vous rendez compte,
11:03une ville qui a 40 jours pour essayer de faire quelque chose de sérieux pour les commerçants,
11:11pour faire un peu de trésorerie pour l'année, il n'y a plus rien.
11:17Et c'est cuit, parce que si on me demande, moi, est-ce qu'on peut venir bientôt sur le
11:22bassin ?
11:22Ben non, essayez de ne pas venir.
11:24Qu'est-ce que vous voulez que je dise ?
11:25Je ne vais pas dire, venez dans une souris chère.
11:28Non, pour l'instant, aimez-nous toujours.
11:31Pensez à revenir nous voir, mais laissez-nous réparer les plaies.
11:34Ne venez pas.
11:36Merci beaucoup, Jean-Yves Rosaza et Laurent Perrondet, maire de Lacanau et maire d'Andernos,
11:40Jean-Yves Rosaza, d'avoir été les invités de RTL Matin.
11:44On va accueillir Marie, qui nous a appelé au 3210.
11:48Bonjour Marie.
11:49Oui, bonjour.
11:50Vous vivez au Leige-Cap-Ferret, vous avez été évacuée.
11:54Oui, on a été évacuée le premier jour du village de Leige.
11:58Et on a atterri à Martignas.
12:00Et comme beaucoup, on a fait des sauts de puce.
12:01On a été évacuée de Martignas.
12:03Et là, on est dans le Libourné.
12:05On s'est beaucoup plus éloignée du feu.
12:08Autant qu'on pouvait.
12:10Vous êtes partie.
12:11L'évacuation, on voit que c'est un traumatisme pour de nombreux évacués.
12:14Ça s'est passé comment ? Très vite pour vous aussi ?
12:17Très vite, vous avez les policiers qui tapent à 1h30 du matin.
12:21Bon, mais il faut partir.
12:22Alors qu'on ne s'y attendait pas, puisqu'on pensait que le feu était au porge
12:25et qu'on avait largement le temps d'arriver.
12:27Enfin, de le voir arriver et de préparer des affaires.
12:29On ne pensait pas être évacuée avant le lendemain, au moins.
12:32Voir pas du tout, même.
12:33On pensait que ça allait s'arrêter.
12:35Et en fait, vous prenez le minimum.
12:38Une culotte, un t-shirt, les enfants, le chat, le chien.
12:42Et vous partez, en fait.
12:43Et on a tout laissé.
12:45Mais on a de la chance.
12:46Nous, notre maison est debout.
12:48Avant de parler de votre maison, vous vous étiez préparée à ça ?
12:51C'est-à-dire que vous aviez un petit sac prêt à partir ?
12:52Pas du tout.
12:54Pas du tout.
12:55Absolument pas.
12:56Donc, c'est un chat qu'il faut tout faire en quelques minutes ?
12:59Oui.
13:00Et puis, en fait, on s'aperçoit qu'on ne pense absolument pas à des choses logiques.
13:04On est un peu en sidération.
13:06Et on n'arrive absolument pas à être dans un état conscient de prendre les bonnes choses, en fait.
13:12On ne prend pas les bonnes choses.
13:13Comment vous savez que votre maison n'a pas brûlé, qu'elle est debout ?
13:18Alors, grâce à la commune, déjà, qui a fait des maraudes, qui nous a informés.
13:24Il y a toujours, enfin, au mieux qu'il pouvait, bien sûr, parce que la crise est quand même compliquée.
13:30Mais tenu au courant, ses habitants, par des points de situation, par Internet, par des vidéos.
13:36Il y a quelques habitants, bien sûr, qui sont encore là, qui font quelques vidéos.
13:40Les élus locaux qui sont passés, là, ces derniers jours, c'est-à-dire hier,
13:43et qui ont fait quelques états, quand même, pour prévenir les gens.
13:48Donc, oui, oui.
13:48Non, non, franchement, une prise en charge, à un niveau communal, exceptionnelle.
13:55Merci beaucoup pour votre témoignage, Marie.
13:57Merci de nous avoir appelés au 3210.
13:59C'est une matinale spéciale.
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