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  • il y a 11 minutes
Regardez RTL Midi avec Vincent Derosier du 08 mai 2026.

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Transcription
00:00Les prix de l'électricité vont passer en négatif en France, oui, vous avez bien entendu.
00:05Alors Diane Berger, le prix du mégawatt-heure négatif, ça veut dire qu'il faut payer nos acheteurs pour utiliser
00:11l'électricité ?
00:11Oui, concrètement, la France ne dispose pas de moyens de stocker de grandes quantités d'électricité.
00:16Tout ce qui est produit doit donc être consommé rapidement.
00:20Résultat, quand trop d'électricité est produite, les producteurs se retrouvent à payer leurs clients habituels,
00:26les distributeurs, pour qu'ils absorbent ce qu'il y a en trop.
00:29C'est pour ça qu'on parle de prix négatifs.
00:31Un phénomène de plus en plus courant, car on a développé les énergies renouvelables depuis le début de la guerre
00:36en Ukraine en 2022.
00:38Or, les panneaux solaires carburent quand les journées rallongent et qu'il fait beau.
00:42On a donc en ce moment une hausse de la production.
00:44Les températures sont douces, l'activité se réduit, les jours fériés baissent de la consommation.
00:49On est donc quasiment certains d'avoir aujourd'hui des prix négatifs pendant plusieurs heures.
00:55Ça a été le cas la semaine dernière pour le 1er mai.
00:57Merci pour ces explications, Diane Berger.
00:59Et pour aller plus loin, nous sommes avec Patrice Joffron, professeur à l'université Paris-Dauphine,
01:05directeur du Centre de géopolitique de l'énergie et des matières premières.
01:09Bonjour.
01:10Bonjour.
01:11Donc, si j'ai bien compris, on vend un produit, mais on doit donner de l'argent ?
01:15Oui, c'est une affaire qui est un peu compliquée, qui peut paraître tout à fait paradoxale.
01:20RTE, qui transporte l'électricité, a indiqué qu'en 2025, pendant à peu près 6% du temps, les prix
01:29de l'électricité étaient négatifs.
01:31Ça s'exprime par le fait qu'en fait, il y a un certain nombre de nos moyens de production,
01:35c'est le cas pour le nucléaire, c'est le cas pour des centrales thermiques,
01:38ça peut être le cas également pour les renouvelables, qu'il est coûteux d'arrêter.
01:43Il peut être plus intéressant, en quelque sorte, de subventionner la consommation, ce qui aboutit à ses prix négatifs.
01:51Et donc, ses prix ne sont pas négatifs.
01:52En réalité, ce sont des subventions des producteurs aux consommateurs.
01:56Ça peut être préjudiciable pour la France de produire beaucoup trop d'électricité ?
02:00Ce qui est surtout préjudiciable, c'est de ne pas en consommer assez.
02:02On est au moment où nous parlons au cœur d'une crise dont on n'est pas encore sorti dans
02:06le détroit d'Ormouz,
02:07avec des prix du baril qui sont envolés, peut-être des pénuries à l'avenir, etc.
02:11Donc, une grande préoccupation.
02:12Il y a une partie de la solution qui va passer par l'électrification de nos consommations.
02:17Donc, c'est les véhicules électriques, c'est les pompes à chaleur, c'est l'industrialisation également,
02:21l'électrification de certains processus industriels.
02:25Ce qu'il faut surtout viser, c'est cette capacité à consommer plus,
02:30et puis la capacité également à exporter plus vers nos voisins.
02:33Les exportations l'an dernier ont apporté plus de 5 milliards.
02:36On exporte une électricité qui est très décarbonée, parmi les plus décarbonées du monde,
02:41moins de 20 grammes de CO2 par kWh.
02:44Ça ne dit pas grand-chose, sans doute, à la plupart des gens qui nous écoutent.
02:48Imaginons que l'Allemagne, c'est 10 ou 15 fois plus et qu'à ce niveau,
02:52on est parmi vraiment les premiers niveaux mondiaux pour les pays industrialisés.
02:58Donc, tout ça est assez remarquable.
02:59Le chénon manquant dans toute cette affaire, c'est l'augmentation de la capacité à consommer de l'électricité.
03:06Et donc, schématiquement, si on parvient à le faire, on importera moins de pétrole, moins de gaz.
03:09On sera moins en danger dans des périodes telles qu'on la vit actuellement
03:14et telles qu'on l'a vécu également en 2022, au plus fort du début de la crise en Ukraine.
03:18Patrice Geoffron, dernière question.
03:20Pourquoi le prix de notre facture ne bouge pas, alors ?
03:23Alors, ce n'est pas vrai qu'il ne bouge pas.
03:24Il a plutôt baissé tout dernièrement.
03:27Mais de fait, ce que l'on observe, c'est qu'en tout cas, il ne s'envole pas.
03:33Souvenons-nous de 2022.
03:34Les prix étaient devenus fous.
03:35Le prix du gaz, il avait été multiplié par 10.
03:37Le prix de l'électricité avait suivi.
03:39Et là, il y a une crise mondiale pétrolière et gazière.
03:43Les prix du gaz augmentent.
03:44Mais les prix de l'électricité ne s'envolent pas.
03:47Donc, ça montre la capacité à être à l'abri dans ce type de choc.
03:50Et donc, ça vient confirmer qu'une partie de la direction,
03:53pour éviter des drames tels que ceux qu'on observe à l'heure actuelle
03:57et qui entravent la capacité de mobilité au quotidien d'une partie de nos concitoyennes et concitoyens,
04:02une partie de la réponse va porter dans cette capacité à aller vers un monde plus électrique.
04:09Ça ne va pas permettre de tout résoudre.
04:10Il nous faudra également des gaz verts.
04:12Mais on a, dans le domaine de la qualité de l'électricité et de sa disponibilité,
04:17un gros atout à valoriser.
04:18Et merci Patrice Joffron, professeur à l'Université Paris-Dauphine,
04:21d'avoir été l'invité d'RTL Midi.
04:23Écoutez, merci de votre invitation.
04:24– Sous-titrage FR 2021
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