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  • il y a 25 minutes
Prix de l'alimentation, carburants, marges : la grande distribution est au cœur des enjeux de pouvoir d'achat pour les Français confrontés à l'inflation. La hausse des prix touche-t-elle l'alimentation ? Un rapport du Sénat pointe les marges des distributeurs et dénonce des « pratiques prédatrices ». Dominique Schelcher, le Président Directeur Général de Coopérative U, répond pour le première fois dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Olivier Boy du 02 juin 2026.

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Transcription
00:00RTL Matin, Olivier Bois.
00:03Et l'invité d'RTL Matin est le PDG de Coopérative U.
00:05Bonjour Dominique Schelcher.
00:07Bonjour.
00:07Alors que voyez-vous, vous, aujourd'hui dans vos 1600 magasins ?
00:11Est-ce que les prix en rayon flambent, évidemment, dans le sillage des cours du pétrole ?
00:15On a beaucoup de questions à vous poser, très concrètes, là-dessus.
00:18Mais d'abord, vous répondez ce matin sur RTL pour la première fois aux mots qu'on a lus,
00:22vous savez, dans ce rapport d'une commission sénatoriale,
00:25publié il y a moins de 15 jours.
00:27Or, je cite les mots qu'on lit, de la part pratique, prédatrice,
00:31méthode de négociation basée sur la menace, l'intimidation et la contrainte.
00:36Pardon pour l'expression, mais si on résume, il vous accuse de vous gaver sur le dos des Français.
00:40Vous les avez lus ces mots aussi ?
00:42J'ai évidemment lu ce rapport, je dirais un rapport de plus à charge,
00:47vraiment à charge, et surtout, ce que je regrette,
00:49c'est un rapport une fois de plus qui oppose sous les acteurs de cette chaîne alimentaire.
00:53Or, une chaîne, voilà, elle doit se serrer les coudes et elle doit travailler ensemble.
00:59Et voilà.
01:01Mais maintenant, très important, demain après-midi, mercredi après-midi,
01:05notre fédération, la fédération du commerce et de la distribution,
01:07va répondre point par point à l'ensemble des détails du rapport.
01:10S'il y a ces mots-là, donc, pratique prédatrice, par exemple,
01:14c'est parce qu'eux, ils ont fait les comptes, en tout cas, les sénateurs qui sont dans cette commission,
01:17ils disent que sur 100 euros de course qu'un Français vient dépenser chez vous,
01:20en général, dans toutes les grandes enseignes,
01:22il y en a 40, 40 euros sur 100 euros qui vont dans votre poche,
01:27bien au-delà, par exemple, de ce que ça rapporte aux agriculteurs,
01:308 euros sur des dépenses totales de 100 euros.
01:3240% de marge, c'est pour ça qu'ils...
01:35C'est totalement faux, je m'inscris totalement en faux contre cette présentation-là.
01:40C'est 40% de valeurs captées dans le commerce, la restauration,
01:46les grossistes et un peu les distributeurs.
01:49Si on regarde que les distributeurs, le chiffre est exactement de 9%,
01:52et encore, ce n'est pas de la marge nette.
01:55Quand un consommateur vient dépenser 100 euros dans un magasin U,
01:58il reste aux commerçants 2 euros, 2 euros.
02:01Ces sénateurs qui ont travaillé 6 mois, qui vous ont reçu, vous et les autres,
02:05ils se sont trompés de chiffres, ils se sont trompés de calculs.
02:08Tout est faux dans ce qui est écrit dans ce rapport.
02:10C'est de la valeur ajoutée de partage dans cette chaîne,
02:14ce n'est pas du résultat net.
02:15Et ça, je regrette qu'elles aient jeté ce chiffre en pâture
02:18qui ne représente pas la réalité.
02:21Et encore une fois, je le répète, sur 100 euros,
02:24c'est 2 euros qui restent aux commerçants.
02:25C'est le minimum aujourd'hui pour qu'ils s'en sortent.
02:28Ils donnent un exemple concret.
02:29boîte de 6 oeufs, ils disent 85% de marge sur une boîte d'oeufs,
02:35qui, on le rappelle, est un produit aujourd'hui dont les Français raffolent,
02:38parce que justement, ils arbitrent largement en faveur des oeufs
02:40par rapport à la viande.
02:41Donc les Français ont besoin d'oeufs.
02:42Vous en profitez pour augmenter les prix et augmenter vos marges.
02:44Là encore, c'est totalement faux ou pas ?
02:46C'est un chiffre sur, je crois, une boîte de bio, sans doute un cas particulier.
02:51Vous savez, quand vous prenez à gauche, à droite, que des cas particuliers...
02:55Donc ça existe ? Il y a parfois 85% de marge sur une boîte de 6 oeufs bio ?
02:58C'est pas chez nous.
02:59Ça peut sans doute arriver quelque part, mais c'est un cas extrême.
03:02Et donc, voilà, ce rapport a pointé des cas extrêmes,
03:05mais qui, pour moi, ne sont pas représentatifs du quotidien.
03:08Et vous savez, depuis une semaine, je ne fais que du service après-vente
03:12auprès de mes patrons de magasins, qui sont dans les territoires de France,
03:15qui ne comprennent pas, comment dire, ce rapport, une fois de plus à charge.
03:20On n'a pas senti la réalité de notre quotidien dans ce rapport.
03:23Et ce que je regrette le plus aussi, au bout du compte,
03:25c'est de ne pas avoir été écouté.
03:27On a l'impression que seuls les industriels, la partie adverse a été écoutée,
03:31et nos arguments n'ont pas été entendus.
03:33Alors évidemment, si le sujet est si important,
03:35c'est parce qu'on a peur que les prix montent aujourd'hui,
03:37boostés par la crise au Moyen-Orient,
03:39et par cette inflation, d'abord, des prix du carburant.
03:42Première question très concrète,
03:44est-ce que dans vos pompes, à vos pompes à essence, dans vos magasins,
03:46les Français achètent moins d'essence depuis 3 mois,
03:49depuis 2 mois, depuis 1 mois ?
03:50Quels sont les chiffres chez vous ?
03:51Je peux vous donner le chiffre de mai qui est tombé hier.
03:54C'est moins 18% de volume dans nos 1000 stations coopératives.
03:58Les gens se sont adaptés, circulent moins,
04:02se sont organisés pour faire du covoiturage,
04:04sont peut-être moins partis en week-end,
04:06dans les week-ends du mois de mai.
04:07Et donc, c'est une forte consommation en baisse, effectivement,
04:11parce que les gens s'adaptent, les gens arbitrent,
04:13les gens réduisent,
04:14les gens travaillent différemment leur budget.
04:18Est-ce que ça veut dire qu'il n'y a plus de risque de pénurie
04:20pour les semaines, pour les mois à venir,
04:21voire pour l'été à venir ?
04:22C'était une de vos inquiétudes le 2 avril dernier,
04:25sur RTL, vous aviez dit,
04:25si le conflit dure plus d'un mois et demi,
04:27on va rentrer dans le dur,
04:28ne serait-ce que pour approvisionner nos pompes.
04:31Est-ce que le risque est écarté ?
04:33Aujourd'hui, je n'ai aucun signe de pénurie,
04:36parce que la chaîne est résiliente,
04:38elle s'est réorganisée.
04:40D'ailleurs, le patron de Total Energy l'a dit,
04:42il fait tout pour que la France soit bien approvisionnée.
04:45Donc, moi, je n'ai aucun signe.
04:46Et en plus, je rajoute un point extrêmement important,
04:49on a des stocks stratégiques de sécurité en France
04:52qui feraient que,
04:53même s'il devait y avoir un problème ponctuel,
04:56le gouvernement pourrait décider
04:57de débloquer des stocks stratégiques
04:59qui permettraient de tenir plusieurs mois.
05:01Donc, pas d'alerte aujourd'hui sur ce point.
05:03Est-ce que le litre d'essence à 2 euros
05:06ou le litre de diesel autour des 2 euros, 2,10 euros,
05:08ce sera tout l'été comme ça ?
05:09Il n'y a pas d'espoir que ça rebaisse
05:11d'une vraie baisse de 20 à 30 centimes du litre.
05:14Qu'est-ce que vous voyez-vous ?
05:14Tant que le conflit durera,
05:16on restera à un prix relativement élevé.
05:18Il y a eu des bonnes nouvelles ces derniers jours.
05:20Le prix a baissé, le prix du baril.
05:22En conséquence, le prix des carburants
05:26a baissé sur plusieurs jours la semaine dernière.
05:29Malheureusement, avec les dernières nouvelles
05:31de non-règlement de ce conflit en Iran,
05:33c'est remonté un peu.
05:35Donc voilà, tant qu'il n'y aura pas
05:36de règlement clair, net et précis
05:38de la situation en Iran,
05:39on risque d'avoir des prix plus élevés
05:41que d'habitude.
05:42Encore une fois, nous, ce qu'on fait,
05:43on ne prend pas ou quasiment pas de marge
05:46sur ce produit-là.
05:47C'est un produit d'appel.
05:48Et vous ne pouvez pas faire moins ?
05:49Total, on le sait,
05:50réussit à plafonner ces prix
05:52à la fois sur le diesel et sur l'essence
05:54et pas vous.
05:55Pourquoi est-ce que vous n'y arrivez pas ?
05:56Mais parce qu'il est raffineur.
05:58Il maîtrise toute la chaîne de production.
06:00Nous, on ne fait qu'acheter et revendre
06:02en prenant une toute petite marge.
06:04Voilà, donc pas de possibilité
06:06de faire plus actuellement.
06:07La flambée des prix du carburant,
06:09on le constate pour le coup,
06:10c'est très concret.
06:11Et ce, depuis plusieurs mois maintenant.
06:12En revanche, on a cette question,
06:13savoir si ça va se répercuter
06:14sur les prix en rayon.
06:16Dans le journal de 7h30,
06:17on entend ces Français
06:18qui arbitrent sur certaines dépenses
06:20en particulier.
06:20Par exemple, l'ordinateur
06:21qui vaut presque 50% de plus
06:23par rapport à il y a quelques mois.
06:24Là encore, dans vos magasins,
06:26est-ce que des prix augmentent
06:28dans vos rayons ?
06:29Il n'y a aucune augmentation
06:31de prix aujourd'hui
06:32liée à la guerre en Iran.
06:34Aucune.
06:34Il y a plutôt,
06:35après les dernières négociations,
06:37des prix qui ont baissé.
06:38Quelques produits qui augmentent.
06:39La viande, les œufs,
06:40effectivement, c'est plus cher
06:42parce qu'il y a des difficultés
06:43d'approvisionnement.
06:44Mais les produits de droguerie,
06:46parfumerie,
06:47les produits à base de blé
06:48ont fortement baissé.
06:49Et ça va continuer ?
06:50Ça va rester ?
06:51Là encore, vous avez,
06:52à échéance d'un mois,
06:53deux mois,
06:53j'ai écouté Michel-Edouard Leclerc
06:55qui lui dit
06:56on sera peut-être à 4%
06:57en juillet ou en août.
06:58Il voyait lui une hausse.
07:00Alors là, je suis obligé
07:01de vous dire,
07:01je ne comprends pas
07:02la position de mon confrère
07:04Michel-Edouard Leclerc.
07:05Je ne vois pas ces chiffres-là.
07:07La seule question,
07:08c'est si le conflit dure,
07:09il peut y avoir,
07:11à terme,
07:11peut-être à l'horizon
07:12de la rentrée,
07:13une répercussion
07:14avec certains fournisseurs
07:16qui viennent actuellement
07:17nous voir
07:18pour rediscuter.
07:19Mais pour l'instant,
07:20certains industriels
07:21toquent à votre porte
07:21en disant
07:22les prix de février,
07:23on n'y arrive plus,
07:24il faut renégocier.
07:25Exactement.
07:25Quand il y a une grande part
07:27de transport,
07:28par exemple,
07:29quelques producteurs laitiers,
07:30mais quelques producteurs
07:31de soda
07:31sont déjà venus aussi.
07:33Donc pour l'instant,
07:33on discute,
07:34il n'y a pas encore
07:35d'impact concret
07:36de la guerre en lien.
07:37Moi, j'ai entendu
07:37que l'eau minérale,
07:38par exemple,
07:39toquait à votre porte
07:39parce qu'eux,
07:41ils transportent
07:41d'énormes volumes,
07:42assez peu de valeur
07:43dans des camions
07:44qui leur coûtent
07:44de plus en plus cher
07:45et que, pour l'instant,
07:47Crystalline,
07:47le groupe Danone,
07:48le groupe Nestlé
07:48pourraient venir rapidement
07:49toquer à votre porte
07:50pour augmenter les prix.
07:51Certains viennent à la porte
07:52parce que les bouteilles,
07:54c'est aussi du plastique
07:55et le plastique coûte
07:56un peu plus cher
07:56ces derniers temps.
07:57Donc voilà,
07:58encore une fois,
07:59si le conflit est dur,
08:00il pourra y avoir des impacts
08:01mais ce n'est pas encore le cas.
08:02Est-ce que les...
08:03On parlait des arbitrages.
08:05Le panier moyen chez vous,
08:07pour le coup,
08:07chez U,
08:08est-ce que vous voyez,
08:09vous avez commencé à évoquer
08:10les oeufs,
08:10la viande ?
08:10Est-ce qu'il y a quand même,
08:13à cause de ces contraintes budgétaires,
08:14des choses qui évoluent
08:15dans le panier des Français ?
08:16Les gens viennent un peu
08:17moins souvent
08:17parce que venir souvent,
08:19c'est utiliser du carburant
08:21donc ils viennent moins souvent
08:21et ça fait un panier
08:23un peu plus élevé.
08:23Par contre,
08:24on est vraiment
08:24dans les arbitrages.
08:26On réduit
08:27ou on repousse
08:28donc ça confirme
08:29votre enquête
08:29de tout à l'heure
08:31et notamment
08:31sur les gros achats.
08:32Les gros achats
08:34en non alimentaire
08:35sont vraiment boudés.
08:37Vendre un salon de jardin
08:38actuellement,
08:39c'est très difficile.
08:40Par contre,
08:41très bonne nouvelle
08:41la semaine dernière,
08:42avec la belle météo,
08:44avec la fête des mers
08:46qui est une fête
08:46qui vraiment rassemble
08:47les Français,
08:48la consommation était très forte
08:49la semaine dernière
08:50dans nos magasins.
08:50Sur quels produits par exemple
08:51pendant la canicule ?
08:52Sur les produits frais.
08:54On n'arrivait pas
08:55à suivre en livraison
08:56de fruits et légumes.
08:57On ne trouvait plus
08:58assez de camions
08:59pour faire face
08:59au volume supplémentaire.
09:00Les rayons surgelés
09:02ont été dévalisés
09:02du côté du sucré
09:03et des glaces
09:04bien évidemment.
09:05Et puis,
09:06tout ce qui était viande
09:07pour les barbecues,
09:09tout ça a eu
09:10beaucoup de succès
09:11la semaine dernière.
09:12C'est positif
09:13parce que la consommation
09:14permet de faire tenir
09:15l'économie française
09:16actuellement.
09:17Alors,
09:17Dominique Schellcher,
09:18si vous étiez aux commandes,
09:19si vous aviez
09:19des responsabilités politiques,
09:20on a toujours du mal
09:21à voir une mesure.
09:23On entend beaucoup
09:23de la part des politiques
09:24qu'on ne peut rien faire
09:24en ce moment
09:25à cause des marges budgétaires
09:26très faibles.
09:27Est-ce qu'il y a une mesure,
09:28pouvoir d'achat,
09:29qui serait vraiment efficace
09:30pour faire gagner
09:30concrètement aux Français
09:32des vrais pourcents
09:34de pouvoir d'achat
09:35sur le panier
09:36qu'ils vont acheter ?
09:37La mesure majeure
09:38pour moi,
09:38pour 2027,
09:39c'est de revaloriser
09:40le travail.
09:41Revaloriser le travail,
09:42ça veut dire quoi ?
09:43Ça veut dire qu'il y a 50 ans,
09:45les Français touchaient
09:4670% du super brut
09:48sur leur fiche de paye.
09:49C'est-à-dire,
09:49quand on enlevait
09:50toutes les charges,
09:51il restait 70%.
09:52Aujourd'hui,
09:53sur une fiche de paye,
09:54il ne reste plus
09:55que 52%.
09:56On fait trop porter
09:57au travail
09:58les charges,
09:59il faut les réduire
10:01pour augmenter
10:02les salaires
10:02et nous,
10:03on s'y engage
10:03et mesure majeure
10:05de 2027.
10:06Merci beaucoup Dominique Lecher
10:07de nous avoir expliqué
10:08tout cela ce matin.
10:09Évidemment,
10:09vous restez avec nous.
10:10– Sous-titrage FR 2021
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