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  • il y a 37 minutes
Alors que les incendies qui frappent plusieurs régions entraînent des évacuations, des fermetures d'entreprises et de fortes perturbations de l'activité économique, Bercy estime à près de 130 000 le nombre de salariés actuellement empêchés de travailler. Rolland Lescure organise à Bercy une réunion demain l'après-midi avec les représentants des entreprises pour répondre à leurs inquiétudes, les conséquences économiques de cette crise et les mesures attendues seront au cœur des échanges. Michel Picon, président de l'U2Py participe et il est l'invité de Vincent Derosier dans RTL Matin.
Regardez L'invité de RTL Matin avec Vincent Derosier du 30 juillet 2026.

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Transcription
00:00Vincent Derosier, RTL Matin.
00:03Bercy estime que 130 000 salariés ne peuvent pas plus travailler et réunit donc ce matin à 9h les représentants
00:10des entreprises.
00:10Bonjour Michel Picon.
00:11Bonjour.
00:12Président de l'U2P, l'Union des entreprises de proximité.
00:15C'est près de 4 millions d'entreprises, des artisans ?
00:18Ah oui, le secteur artisanat, commerce et profession libérale c'est un peu plus de 3 500 000 entreprises dans
00:25notre pays.
00:25Voilà, c'est dit l'idée. Alors l'idée n'est pas de distribuer des subventions, c'est ce qu
00:30'a dit hier le ministre de l'Industrie.
00:31Il était à votre place ici dans ce studio. Vous risquez d'être déçu tout à l'heure à Bercy.
00:36Non mais déçu, on ne va pas forcément l'être tout de suite parce qu'on connaît la situation et
00:41les marges budgétaires du pays.
00:433 500 milliards de dettes, un emprunt aujourd'hui sur les marchés qui est à plus de 4% pour
00:49l'État.
00:49Donc on est conscient de tout ça. On connaît les possibilités mais ce n'est pas parce que c'est
00:57difficile qu'on doit abandonner tout un tissu économique d'une région.
01:02Il y a 3 catégories de gens qui sont touchés. Il y a ceux qui ont brûlé.
01:07Ceux-là, je pense que les assureurs vont prendre leur part et faire leur travail.
01:13Ils vont être aidés prioritairement.
01:15Je n'ai pas de doute là-dessus, y compris sur les pertes d'exploitation qui vont être accompagnés pendant
01:2012 mois, voire 24 mois selon les contrats d'assurance qu'ils ont souscrits.
01:24Et puis il y a ceux qui n'ont pas brûlé, qui sont dans un périmètre d'interdiction où ceux
01:29-là, selon les contrats des assureurs, ils pourront être accompagnés ou pas.
01:35Donc là, il faut, et c'est ce que je vais dire ce matin à Bercy, que l'on demande
01:40aux assureurs d'être un peu plus compréhensifs que ce qu'ils pourraient l'être par rapport à des clauses
01:46écrites dans leur contrat.
01:47Et puis après, il y a tous ceux qui, aujourd'hui, ne sont pas forcément dans le périmètre ni d
01:52'interdiction ni d'évacuation et qui n'ont pas brûlé, mais qui n'ont plus de clients.
01:56D'abord, parce qu'il y a eu quelques annonces locales, notamment de madame la préfète de Gironde, qui a
02:04dit ne venez pas en Gironde.
02:06Alors d'abord, ce n'est pas toute la Gironde qui est infectée.
02:09Il y a des zones encore où on peut aller passer des vacances agréables.
02:12Et moi, j'encourage, au contraire, tous nos concitoyens à privilégier cette zone-là.
02:16Et tous ces gens-là qui ne sont pas au cœur du sinistre, mais qui n'ont plus d'activité,
02:23c'est dramatique pour eux, parce que la saison, elle est plus qu'avancée.
02:27Donc, quelle est l'urgence à défendre pour vous à Bercy ?
02:30Ce n'est pas forcément pour ceux qui ont tout perdu parce que les assurances vont faire le boulot.
02:34C'est pour ceux qui ont dû évacuer ou qui ont perdu de l'activité ?
02:38Tout à fait. L'urgence, elle est pour ceux qui n'ont plus d'activité, plus d'activité parce que
02:44ça a été évacué.
02:45Donc là, il faut qu'on cadre.
02:46Et l'urgence, elle est pour tous ceux qui ne sont pas dans le périmètre et qui n'ont pas
02:50été évacués, mais qui n'ont plus de clients.
02:52Et plus de clients parce qu'il y a des fumées, parce qu'il y a plein de choses, voire
02:56même à Bordeaux aussi, c'est un peu compliqué.
02:58Voilà. Donc, il va falloir qu'on trouve tout de même les moyens avec l'État pour concentrer, cibler pour
03:04ceux qui en ont vraiment besoin, pour ceux qui sont dans une difficulté importante.
03:10Alors, des choses ont été faites. Déjà, le report des cotisations sociales, le report des engagements fiscaux.
03:16On va rentrer dans le détail des mesures.
03:18Alors, simplement, écoutez, c'était dans le journal de 7h30, ce restaurateur de Lacanau.
03:23Alors, lui, il a tout dressé, il est prême, il n'y a pas de clients.
03:26On a fait 16 couverts au lieu d'au moins 130, voire 150, 160.
03:31Là, l'après-midi, je vais fermer parce que normalement, aussi, l'après-midi, c'est important.
03:33Mais là, regardez sur le parking, il y a trois pédos.
03:35Donc, il y a tous les jeunes dans les campings, les saisonniers qui sont là, qui attendent de nos nouvelles,
03:40qui ne savent pas quoi faire et nous non plus, d'ailleurs.
03:43Alors, les restaurateurs, table vide, la saison est foutue pour eux. Qu'est-ce qu'on fait ?
03:46Ben oui, elle est très compromise, parce qu'on est le 1er août, là, en ce moment, et déjà, c
03:54'est difficile.
03:55Qu'est-ce qu'on fait ? Il faut d'abord, pour tous ceux qui ont des salariés, il y
03:59a le dispositif d'arrêt partiel.
04:01Je sais que ce n'est pas suffisant, parce que ça laisse un reste à charge important.
04:05Mais ça permet de délester les salaires que l'on doit payer au mois de juillet à ses salariés.
04:11Ensuite, après, il faut reporter ses échéances.
04:14Ce sont les dispositifs qui ont été pris.
04:17Nous avons des discussions avec la Fédération des banques.
04:20J'avais les directions générales de plusieurs banques hier, qui tous acceptent de reporter les prêts.
04:27Et puis, ensuite...
04:28Les étalements de paiement de cotisation.
04:30Les étalements de paiement.
04:31Il faut mettre ces gens dans la sécurité, qu'ils ne se retrouvent pas avec des intérêts sur des impayés
04:38qu'ils ne pourraient pas assumer.
04:40Et puis, il faut qu'on travaille avec l'État pour accompagner ceux pour qui l'entreprise risque de disparaître.
04:47Alors, comment on va le faire ?
04:49Moi, je sais bien que quoi qu'il en coûte, que l'on a connu pour le Covid, on n
04:55'est plus dans ces conditions-là.
04:58Pendant le Covid, les prêts garantis par l'État.
05:02L'État empruntait de l'argent en moins de 1%.
05:04On facturait aux gens 0,25%.
05:06Aujourd'hui, on en prend 4%.
05:08Il y a eu une promesse chiffrée du gouvernement hier.
05:108000 euros pour les professionnels, ceux qui ne peuvent vraiment plus faire autrement.
05:152000 euros maximum pour tous ceux qui se situent dans la zone d'évacuation.
05:19Le compte est bon, là ?
05:20Non, non, mais il est loin d'être bon.
05:22D'abord, c'est une mesure qui a été prise par le CPSTI, c'est-à-dire la sécurité sociale
05:27des indépendants.
05:28Elle est ciblée sur les toutes petites entreprises, sur les travailleurs indépendants.
05:33Bon, pour les aider, les 8000 euros, c'est sur ceux qui sont véritablement sinistrés.
05:38Les 2000, mais je ne dis pas que c'est dérisoire parce que ce n'est pas le mot,
05:42mais ce n'est pas à la hauteur des besoins de ce monsieur qui vient de s'exprimer,
05:47un restaurateur qui n'a plus de clients.
05:49Lui, ça va se chiffrer par beaucoup, beaucoup d'argent.
05:52Donc, il faudra que l'État, nous trouvions ensemble les moyens.
05:56Alors, est-ce que nous nous appelons à la création d'un fonds de solidarité ?
05:59Parce que je pense qu'il y a une émotion dans le pays,
06:02comme on a pu la connaître au fond, sur Notre-Dame de Paris,
06:07en proportion toute gardée, bien évidemment.
06:09En fond de solidarité, de soutien financier, qu'est-ce qu'il faut mettre dedans ?
06:12Il faut qu'on appelle l'ensemble de nos concitoyens, l'ensemble des entreprises,
06:16parce que vous savez, quand ce monsieur ne travaille pas, ce restaurateur derrière,
06:19c'est toute une chaîne qui ne travaille pas.
06:21Ce sont les gens qui le fournissent,
06:23ce sont les agriculteurs qui lui font dans les circuits courts,
06:27leur donnent leurs produits.
06:28Mais qui contribue à ce fonds et combien il faut mettre dedans ?
06:30Il faut que tout le monde puisse contribuer, tous ceux qui peuvent le faire.
06:34Il faut que l'État incite à ça, avec un dispositif fiscal,
06:38qui permet à ce que tous ceux qui vont donner pour reconstruire la Gironde,
06:43et la reconstruire, ce n'est pas que planter des arbres,
06:46c'est aussi soutenir son secteur économique,
06:48et bien puisse déduire de leurs impôts le don qu'il ferait.
06:52C'est vrai pour les grandes entreprises aussi.
06:54Je sais qu'il y en a déjà, Engie a annoncé, versé 25 000 euros, je crois.
07:01C'est peu, à la hauteur de Engie, mais je souligne quand même qu'ils l'ont fait.
07:05Et beaucoup d'autres peuvent le faire.
07:07Donc on va travailler là-dessus.
07:09Faut-il que l'État accepte les déductibilités fiscales de ses dents sur ce fonds de solidarité ?
07:14Le gouvernement a donné assez peu de chiffres pour l'instant.
07:16Vous, vous parliez de ces petites structures qui risquent de mettre la clé sous la porte.
07:20Vous arrivez à évaluer le nombre de patrons vraiment en danger aujourd'hui ?
07:24Écoutez, oui.
07:25Le périmètre, c'est 10 000 entreprises.
07:27Quelles sont celles qui sont susceptibles d'y laisser leur peau ?
07:31On n'a pas encore d'éléments précis,
07:34mais je pense qu'on peut affirmer qu'il y a plus de la moitié de ces 10 000
07:39qui sont en danger de disparition.
07:42Et donc ça nécessite une mobilisation générale de tous.
07:47Alors la sécurité sociale, les caisses d'assurance maladie, le CPSTI y participent,
07:54les URSAF participent, tout le monde va se mettre, les banques vont s'y mettre.
07:58Il faut que les assureurs soient un peu compréhensifs sur les clauses
08:01pour ceux qui n'ont pas brûlé mais qui sont dans des zones d'interdiction.
08:05Voyez-vous, si tout le monde fait un petit effort,
08:07si tout le monde se colle là-dessus,
08:09enfin on n'est pas face à l'ensemble du pays qui est paralysé.
08:12On a une zone, on a deux départements en difficulté,
08:15les Landes et la Gironde.
08:17Ce n'est pas insurmontable.
08:19Ce n'est pas insurmontable.
08:20On doit pouvoir arriver à dégager des ressources et des moyens
08:26si on s'y met tous, assureurs, banquiers, Etats
08:30et puis l'ensemble des Français qui adorent cette région
08:33parce que c'est une région magnifique.
08:35Et moi je dis aux Français, ça va s'arrêter là, enfin je l'espère.
08:38Votre fonds de soutien là, vous vous dites, c'est une formalité ?
08:41Bercy va vous mettre un coup de tampon et vous pourrez appeler le don.
08:43Une formalité, oui, c'est une discussion après difficile.
08:46Et puis ce fonds, il pourra aussi être abondé par l'Etat
08:49dans les moyens qui sont les siens aujourd'hui.
08:51Etat, les Français malheureux, les...
08:53Les collectivités locales, je pense que la région ouest doit jouer son rôle,
08:58les départements doivent jouer leur rôle.
08:59Les plus grosses entreprises, les ultra-riches aussi, vous les avez à donner...
09:02Oui, bien sûr, bien sûr, bien sûr.
09:03Bien sûr, tous ceux qui le peuvent et le petit coup de main de l'Etat,
09:07c'est de dire, pour encourager, il y aura une déductibilité fiscale de ces dons.
09:11Et ça, on le concentrera.
09:13Il ne s'agit pas d'arroser très large, comme on l'a fait pendant le Covid,
09:18parce que parfois, ça a été un peu décrié d'ailleurs par la suite,
09:21des aides ont été données alors qu'elles n'étaient pas vitales
09:24pour ceux qui les ont reçues.
09:26Là, il faudra qu'on soit très précautionneux sur chaque euro d'argent dépensé,
09:31que ce soit vraiment pour sauver une entreprise et ses salariés.
09:34Et entre les assurances et les aides, si elles doivent être très ciblées,
09:37qu'il faut vérifier avant que l'entrepreneur en a vraiment besoin,
09:40est-ce que ce laps de temps ne risque pas de leur être fatal pour les plus petites structures ?
09:44Oui, c'est pour ça qu'il faut aller vite.
09:46C'est pour ça qu'il faut aller vite.
09:47Et en fait, le lien, c'est les banquiers.
09:51J'étais encore hier avec le directeur général d'une banque
09:55qui s'est engagée à ce que tous ces conseillers rencontrent, appellent ses clients
10:00en leur disant, on va vous faire une facilité de caisse à taux zéro
10:04pour vous permettre d'attendre qu'un jour, trois semaines,
10:09que des choses un peu plus structurées se mettent en place.
10:12Et puis, tout de même, tout n'est pas perdu.
10:14Je dis, moi, à tous les Français, dès que ça va se calmer,
10:18on a tous, si on ne donne pas au fond de solidarité,
10:21on a tous le devoir d'aller là-bas et de donner un coup de main au mois d'août,
10:26au mois de septembre.
10:27Je pense à tous nos amis recités.
10:28Donc, c'est un appel à aller passer ses vacances là-bas ?
10:30Oui, mais bien sûr.
10:31Mais bien sûr, en septembre, tous ceux qui ont prévu de partir en septembre,
10:35les choses seront classées, terminées, je le souhaite.
10:38Vous leur dites, là où les pompiers ne doivent pas être gênés,
10:41partez en Girondeur.
10:42Eh bien sûr, aller donner un coup de main,
10:44simplement en allant dans un restaurant, en allant à l'hôtel,
10:47en allant dans un camping, au mois de septembre,
10:49il fait beau là-bas.
10:51Et si on a une mobilisation de tout le pays,
10:53on arrivera à sortir toutes ces entreprises et leurs salariés,
10:57cette économie régionale du bazar dans lequel malheureusement elle se trouve.
11:02Merci beaucoup Michel.

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