Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 14 heures
Le procès de Cédric Jubillar prévu en septembre est renvoyé au premier semestre 2027. Après les recherches menées la semaine dernière, qui ont conduit à la découverte puis à l'identification du corps de Delphine Jubillar, comment les gendarmes ont-ils conduit l'une des enquêtes criminelles les plus médiatisées de ces dernières années ? Quels moyens ont été mobilisés et quels défis ont jalonné les investigations dans l'affaire Jubillar ? Le colonel Patrick Pégéot, chef du suivi des opérations judiciaires pour la gendarmerie nationale, est l'invité de Vincent Derosier dans RTL Matin
Regardez L'invité de RTL Matin avec Vincent Derosier du 22 juillet 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Vincent Derosier, RTL Matin.
00:03Cédric Jubilard a avoué, après avoir nié pendant 5 ans et demi,
00:06il a avoué à la justice avoir étranglé sa femme Delphine
00:09lors d'une dispute dans leur maison.
00:11C'était la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
00:14Et le procès de Cédric Jubilard, prévu au mois de septembre,
00:17est donc renvoyé au premier semestre 2027.
00:20Le colonel Patrick Pégeaud est avec nous dans ce studio.
00:22Bonjour à vous.
00:23Bonjour.
00:23Colonel, chef du suivi des opérations judiciaires pour la Gendarmerie nationale.
00:26Alors on va parler avec vous bien sûr de cette enquête hors normes de près de 6 ans.
00:31Mais d'abord, je voulais qu'elle se taise, je l'ai attrapée par le coup,
00:34je l'ai serrée, elle est tombée inerte.
00:36Ces aveux de Cédric Jubilard lors de son audition sont-ils crédibles selon vous ?
00:41Alors ça c'est l'enquête qui va le démontrer.
00:43De toute façon nous avons été saisis d'une nouvelle commission revogatoire
00:46par la juge d'instruction qui va permettre aux enquêteurs de la gendarmerie
00:51et plus particulièrement ceux de la section de recherche de Toulouse
00:53de déterminer et de confronter les déclarations de Cédric Jubilard
00:58à la réalité des témoignages et des faits qui seront relevés.
01:03Et donc ensuite nous apporterons ces conclusions lors du procès
01:07qui se tiendra au premier semestre 2027.
01:09Parce qu'il raconte également avoir improvisé, avoir placé le corps dans le coffre de la voiture
01:13et avoir roulé sans destination précise sur la route qui menait à Corte-sur-Ciel.
01:17Oui tout à fait, c'est-à-dire que le travail des enquêteurs va être de confirmer ou d'affirmer
01:21les déclarations de Cédric Jubilard, de comprendre comment Delphine Ossaguen a été tuée,
01:27à quelle heure, la manière dont elle a été tuée et est-ce qu'il y avait préméditation ou pas.
01:32En tout cas, est-ce que ce récit qu'il fait correspond au travail de vos enquêteurs
01:36pendant toutes ces années, même si vous le dites c'est l'enquête qui va le dire ?
01:39Ça, de toute façon, c'est compliqué de se positionner là-dessus.
01:45L'idée, ce n'est pas d'anticiper sur les futurs actes d'enquête,
01:49mais de vraiment mener une enquête avec le professionnalisme et la rigueur
01:54des enquêteurs de la Gendarmerie nationale.
01:56Vous avez parlé de préméditation, c'est la question.
01:59Pour l'instant, lui décrit une explosion de colère.
02:01Oui, c'est ce qu'il décrit, vous avez raison.
02:03Vous avez le sentiment qu'il a tout dit aujourd'hui ?
02:06Ça, lui seul le sait et le reste de l'enquête le déterminera.
02:10En fait, le travail d'enquêteur n'est pas un travail de sentiment.
02:14Nous n'avons pas à avoir des sentiments par rapport à ça.
02:16Nous devons garder les faits de manière impartiale, de manière professionnelle,
02:19de manière rigoureuse et ensuite, nous rendrons nos conclusions lors du procès.
02:25Pour prendre un exemple, un seul, il y a ce téléphone de Delphine Jubilard
02:28qui n'a jamais été retrouvé.
02:30Lui dit l'avoir jeté dans une poubelle à 50 mètres de la maison
02:33avec une paire de bouts et un manteau.
02:35Oui, tout à fait.
02:37Ensuite, à voir si c'est crédible ou pas.
02:40Il y a un certain nombre.
02:41Vous savez, c'est une enquête où il y a eu 15 000 actes de procédure,
02:4527 tomes d'instruction.
02:47Donc, on a déjà beaucoup enquêté.
02:48C'est une enquête qui a duré pendant 3 ans
02:50avec une dizaine d'enquêteurs de la section de recherche de Toulouse.
02:53Donc, tous ces actes vont être confrontés aux déclarations de Cédric Jubilard.
02:57On va parler des fouilles.
02:58Est-ce que vous confirmez que les fouilles sont arrêtées, qu'elles ne reprendront pas ?
03:02Les fouilles sont arrêtées parce que ces fouilles se sont déroulées jeudi et vendredi dernier.
03:08Et vendredi après-midi, les magistrats ont eu la certitude
03:13que nous ne retrouverions plus d'autres éléments sur le champ.
03:17C'est des fouilles qui impliquaient des chiens spécialisés dans la recherche de restes humains.
03:23Ce sont des fouilles qui impliquaient aussi des drones.
03:26Ce sont des fouilles qui impliquaient une centaine de gendarmes.
03:28Et donc, nous avons eu la certitude que nous ne retrouverions plus rien sur ce champ.
03:32Donc, pour le moment, elles sont en effet arrêtées.
03:34Donc, il aurait été utile de retrouver, mais vous dites que c'est impossible
03:38et donc qu'il n'y a plus rien à retrouver.
03:40Sur le champ, nous considérons qu'il n'y a plus rien à retrouver.
03:42Nous avons retrouvé, comme vous le savez, quelques ossements.
03:45Mais nous considérons qu'il n'y a plus rien à retrouver sur ce champ.
03:47Pourquoi l'endroit où a été retrouvée la dépouille n'avait jamais été fouillée ?
03:51Alors, vous savez, l'endroit où a été retrouvée la dépouille, c'est à 10 km de Cagnac.
03:56Donc, à la fois, ça semble proche.
03:59Je veux dire, 10 km en secteur rural, vous le faites en 10 minutes.
04:02Mais néanmoins, la surface d'un cercle de 10 km de rayon, c'est 300 km².
04:07C'est trois fois la surface de Paris.
04:08Donc, vous imaginez bien que nous ne pouvions pas fouiller trois fois la surface de Paris,
04:13qu'il a fallu faire des choix qui correspondaient aux habitudes de Cédric Jubilard, notamment.
04:18Et donc, cet endroit n'a pas été fouillé parce que ce n'était pas possible de le fouiller, tout
04:21simplement.
04:22Qu'est-ce que ces ossements retrouvés ont permis d'apprendre,
04:25au-delà de la confirmation qu'il s'agit bien de Delphine Jubilard ?
04:28Alors, le principal fait, c'est bien entendu la confirmation qu'il s'agit bien de Delphine Osaguel.
04:35Ce qui n'était pas évident, je veux dire, les os étaient en mauvais état
04:38et il a fallu toute la technicité de l'IRCGN pour permettre de trouver cet ADN.
04:44Ensuite, les os continuent d'être exploitées, sachant qu'on en a trouvé, comme vous le savez, relativement peu.
04:49Ce qui fait que ce sera forcément compliqué d'avoir des éléments probants liés à ces ossements.
04:55Vous parlez d'expertise, quelles techniques ont été utilisées, justement ?
04:59Alors, ce sont des techniques d'extraction qui ont été mises en œuvre par l'IRCGN,
05:05sachant que les os étaient en mauvais état, étaient anciens.
05:08Donc, il y a un protocole d'os ancien qui permet de maximiser les chances de trouver de l'ADN.
05:13Encore une fois, nous n'étions pas sûrs de trouver de l'ADN sur ces os
05:15et nous sommes très satisfaits que l'IRCGN a réussi à en trouver.
05:19Vous dites qu'ils ont finalement peu parlé, malgré cette haute technicité,
05:24ils ont peu parlé ces ossements ?
05:25Alors, pour le moment, on en est au début.
05:27Je veux dire, pour le moment, la principale recherche qui a été faite,
05:30c'était l'ADN de Delphine Ossakène et donc que nous avons trouvé sur les os.
05:33Ils n'ont pas fini de parler ?
05:34Mais ils n'ont peut-être pas fini de parler.
05:36Sans les aveux de Cédric Jubilard, on n'aurait peut-être jamais retrouvé Delphine Jubilard, en fait ?
05:41Sans les aveux de Cédric Jubilard, je pense que nous n'aurions jamais retrouvé le corps, en effet.
05:45Ou en tout cas, les ossements qui en restent.
05:47C'est l'épilogue de presque six ans d'enquête de la gendarmerie, de vos enquêteurs.
05:51Est-ce que vous avez aujourd'hui un sentiment de fierté du devoir accompli ?
05:56Alors déjà, nous avons le sentiment qu'un pas vers la vérité a été fait.
06:00Et dans ce cadre-là, c'est vrai que nos premières pensées se tournent vers la famille et les proches
06:05de Delphine Ossakène,
06:07en espérant que ça va les aider à faire un petit peu le deuil.
06:10Et ensuite, nous avons le sentiment du devoir accompli, en effet.
06:14Notre devoir, c'est de rechercher la vérité.
06:17D'identifier ce qui s'était passé le jour des faits.
06:21Ça a été une enquête longue, comme vous le savez.
06:23Pas de corps, pas de pistes évidentes au début.
06:28Et néanmoins, au bout de trois ans d'enquête, nous avons réussi à trouver des indices graves et concordants
06:32qui impliquaient Cédric Jubilard, que nous avons présenté au procès, avec la condamnation que vous connaissez.
06:37Toutes les branches de la gendarmerie judiciaire ont été impliquées.
06:40Ça a été, pour le coup, on le disait, une enquête hors normes.
06:42Ça a été une enquête hors normes, avec 15 000 pièces de procédure.
06:45Toutes les branches de la gendarmerie judiciaire, mais aussi les gendarmes départementaux,
06:49les gendarmes mobiles pour les recherches, les hélicoptères, les maîtres de chiens,
06:52les plongeurs, les spécialistes de l'IRCGN, des sciences comportementales.
06:59Toute la gendarmerie a été appliquée en appui de la section de recherche de Toulouse.
07:03Patrick Pégeot, est-ce qu'on connaîtra un jour la vérité ? Comment allez-vous faire ?
07:07Nous allons continuer d'enquêter. Nous espérons, bien entendu, découvrir la vérité.
07:12Nous allons continuer d'enquêter jusqu'au futur procès,
07:14pour essayer d'apporter la vérité à la famille Delphine Ossaguel.
07:19Des doutes ont parfois été exprimés sur votre travail,
07:22le travail de la gendarmerie judiciaire pendant l'enquête.
07:25Par exemple, au tout départ, la défense avait dit que la scène, quand vous êtes arrivée,
07:28n'avait pas été suffisamment sécurisée.
07:31Vous savez, au début, vous avez deux gendarmes primo-intervenants qui interviennent
07:34et qui, à mon avis, ont le bon réflexe de considérer que c'est une affaire qui est grave.
07:40Et dès le début, font appel aux renforts et aux enquêteurs de la section de recherche de Toulouse.
07:44Donc, je pense que les réactions étaient extrêmement bonnes.
07:48Ensuite, à deux gendarmes, vous ne pouvez pas tout faire en primo-intervenant à 4h du matin
07:52sur une scène et dans un décor que vous ne connaissez pas.
07:56Vos enquêteurs avaient la conviction, mais pas de preuve, en fait, au départ.
08:00Au début, vous n'avez pas de conviction.
08:01Vous arrivez à un certain nombre d'hypothèses.
08:03Il y avait de très nombreuses hypothèses.
08:05L'hypothèse de la disparition volontaire, l'hypothèse de l'enlèvement, l'hypothèse du meurtre.
08:10Au début, une enquête judiciaire, c'est de nombreuses hypothèses.
08:13Et au fur et à mesure, on ferme les hypothèses pour arriver aux indices graves et concortants
08:17qui impliquaient Cédric Jubilard.
08:18Vous avez l'impression que Cédric Jubilard s'est joué de vous à jouer avec vous, en niant, puis en
08:24changeant ?
08:25Je pense qu'il n'est pas question de jeu.
08:27Je pense qu'il y a une stratégie de défense qui a été mise en place,
08:30que nous, de notre côté, comme je le répète, nous avons enquêté.
08:33Nous avons enquêté d'une manière rigoureuse, d'une manière minutieuse,
08:36en récoltant des preuves.
08:38Et c'est notre travail.
08:38Vous parlez de preuves, il y a eu ces lunettes cassées pendant l'enquête.
08:42La seule paire que Delphine Jubilard portait, déjà abîmée, retrouvée en plusieurs morceaux.
08:46Vous pouvez nous raconter ce détail de l'enquête ?
08:49Alors, sur ce détail, pas forcément.
08:53C'est vrai que nous avons trouvé un certain nombre d'éléments.
08:56Ce sont les lunettes cassées.
08:59Ce sont aussi des témoignages.
09:00Des témoignages de cris dans la nuit.
09:03Les témoignages, comme vous le savez, de la mère de Cédric Jubilard, de son fils.
09:06Et l'ensemble de ces éléments nous ont poussés à avoir quand même une certaine idée
09:15sur la mise en cause de Cédric Jubilard.
09:17Une double expertise avait permis de montrer que les dommages causés sur ces lunettes
09:22n'avaient pu être provoqués que par un point des coups physiques adultes.
09:26Tout à fait.
09:26Ça devait être une intervention extérieure sur ces lunettes.
09:29Ça ne pouvait pas être des lunettes qui étaient juste tombées ou sur lesquelles on s'était assis dessus.
09:33Ça sous-entendait une intervention extérieure.
09:35Quelle leçon vous tirez de cette enquête qui a presque duré six ans, on le disait ?
09:39Alors la leçon de cette enquête, je dirais que déjà, la détermination et la pugnacité.
09:44Je veux dire, cette enquête a duré six ans, c'est extrêmement long.
09:47Mais à la fin, on commence à toucher à la vérité.
09:49C'est une grande satisfaction.
09:51Et puis pour nous, juste pour dire que la gendarmerie,
09:54ce qui anime les enquêteurs de la gendarmerie, c'est de trouver la vérité.
09:57La vérité et de rechercher la vérité.
09:59Ce n'est pas de chercher un coupable, c'est de chercher le coupable et la vérité.
10:02Son procès qui devrait se tenir au premier semestre 2027 permettra, selon vous, de découvrir la vérité ?
10:08Je l'espère.
10:09Merci beaucoup, colonel Patrick Pégeot, d'avoir été ici.
10:11Merci.
Commentaires

Recommandations