- il y a 2 semaines
Prix des carburants : alors que le gouvernement en appelle à une solution internationale plutôt qu'à des aides publiques, Jordan Bardella réclame une baisse des taxes et la France insoumise un blocage des tarifs. L'Etat doit-il mettre en place des aides face à la hausse des prix ? Le président (LR) de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 12 mars 2026.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 12 mars 2026.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est le président LR de la région Hauts-de-France, il se verrait bien en successeur d'Emmanuel Macron
00:07à l'Elysée dans un an et il ne s'en cache pas.
00:09Xavier Bertrand est l'invité d'RTL Matin, bonjour et bienvenue sur RTL, Xavier Bertrand.
00:12Bonjour.
00:13Vous aimez dire que vous représentez la droite sociale, celle qui prétend ne pas laisser les plus démunis sur le
00:18bord de la route.
00:18Faut-il subventionner le carburant ? On vient d'écouter François Langlais, les barils qui repartent au plus haut.
00:24Déjà il faut plafonner les prix et pour ça il faut plafonner les marges.
00:27Les marges de qui ? De ceux qui ont profité de la situation.
00:31Qui ?
00:31Les pétroliers, très clairement, ils ont augmenté les prix de stock qu'ils avaient déjà.
00:36Ce n'est pas du pétrole qu'on a fait venir, c'est tout simplement ce qu'ils avaient en
00:40stock, ils ont augmenté les prix.
00:42Ça s'appelle un scandale et ça touche qui ? Vous avez raison de le rappeler.
00:46Ça touche ceux qui ont besoin de leur voiture particulière pour aller travailler.
00:50Ceux qui habitent plutôt la campagne, ceux qui habitent en banlieue dont les horaires ne correspondent pas aux horaires de
00:55train.
00:56Et puis aussi tous les professionnels qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler.
01:00Donc plafonner les marges...
01:01Vous dites scandale quand même ?
01:02Bien sûr.
01:03Attendez.
01:04Ce n'est pas du carburant qui aurait été renchéri parce que le coût du transport a augmenté.
01:09Ils l'avaient et ils ont augmenté.
01:10C'est de l'opportunisme.
01:11Ça s'appelle un effet d'aubaine.
01:12Ça s'appelle des profiteurs.
01:14Et cela très clairement...
01:15Comment vous voulez plafonner les marges ? Vous dites quoi ? Quelle est la règle que vous mettez ?
01:18Soit ils acceptent un plafonnement des marges et donc un plafonnement du prix de l'essence.
01:22Soit le gouvernement l'impose et l'impose sans tarder.
01:27Voilà exactement moi ce que je propose.
01:30Et quand vous dites plafonner les prix, c'est plafonner les prix à la pompe ?
01:32Bien sûr.
01:33Bien sûr.
01:34Et vous mettez où le plafon ?
01:35La seule chose qui est importante, ça se voit en fonction notamment de ce que disait François Langlais,
01:39en fonction de la durée de ce qui va se produire.
01:41Mais une chose est certaine aujourd'hui, on ne peut pas continuer à avoir des prix aussi élevés
01:47alors même que certains ont profité de la situation.
01:49Vous savez, je voyais le week-end dernier, je faisais mon plat et je regarde toujours...
01:54Il était à combien ?
01:55Chez moi, à 51, je peux faire de la pub ?
01:57Oui, allez-y.
01:58À l'intermarché, rue de Mulhouse, il était un peu en dessous de 2 euros le diesel.
02:02Donc il était encore en dessous de 2 euros et il l'était aussi, ce que je regarde tous les
02:05jours, encore hier.
02:07Bon.
02:07Je regardais combien les gens mettaient.
02:0920 euros.
02:10Ils ne mettent pas 20 litres, ils mettent 20 euros.
02:12Certains mettent 15 euros.
02:14Voilà exactement ce que ça représente pour des millions de Français.
02:16C'est la raison pour laquelle on doit imposer des solutions s'ils ne sont pas capables de plafonner eux
02:22-mêmes leur prix.
02:23Donc vous pointez les pétroliers et les stations-service ce matin, on est bien d'accord ?
02:26Oui, parce que l'État, regardons les choses, on demande à l'État de faire des efforts en première.
02:31J'ai entendu les propositions...
02:33Le RN qui dit qu'il faut baisser peut-être la TVA ou ce qu'on appelait avant la TICPE,
02:37la taxe des assises sur les produits pétroliers.
02:39Et c'est la preuve qu'ils n'y connaissent rien dans l'économie, ceux-là.
02:42Alors rien du tout, ils ne savent pas compter.
02:43C'est-à-dire que ce sont les pétroliers qui ont profité de la situation.
02:47Et on va dire à l'État, c'est-à-dire à nous, les finances publiques, de faire un effort.
02:51En plus, il faut savoir une chose, c'est que ça représente alors 17 milliards d'euros, 12 milliards d
02:56'euros, même 10 milliards d'euros.
02:57Où est-ce qu'ils vont les trouver au RN ? Ils vont faire une chasse au trésor pour les
03:01trouver ?
03:01Ce n'est pas sérieux ces gens-là.
03:03Et puis en plus, si vous décidez de baisser la TVA, qu'est-ce qui va se passer ?
03:07Ils ne sont pas pour la préférence nationale normalement ?
03:09Ça c'est compliqué au niveau européen de le faire comme ça.
03:09Ils ne sont pas pour la préférence nationale ?
03:11C'est-à-dire que vous allez avoir tous les étrangers, notamment les transporteurs étrangers, vont faire leur plein où
03:15?
03:16Ils vont faire le plein en France.
03:17C'est insensé.
03:18En revanche, il faut qu'on remette à plat la question de la fiscalité sur le carburant.
03:23Parce qu'on ne peut pas avoir à chaque crise, à la fois ces questions existentielles, ces atermoiements.
03:28Sur un litre de carburant, 55% du prix sur les taxes.
03:32C'est l'État, ça va dans les poches de l'État.
03:34C'est un problème ou pas ça ?
03:35Oui, c'est un problème tout simplement quand il y a une crise.
03:40Vous devez revenir à un principe.
03:41Moi, de toute façon, c'est ce que j'entends proposer dès l'an prochain.
03:45C'est que l'on revienne au système un peu de la TIPP flottante, même si maintenant la TIPP s
03:49'appelle la TICPE.
03:51Ça veut dire quoi, Thomas ?
03:52C'est exactement ce que propose Jordan Bardella.
03:53Non, il propose de baisser la TVA à 5,5.
03:55Non, non, non. Ils disent la TVA et la TICPE.
03:57La TVA baissée à 5,5, il faut trouver 10 milliards d'euros.
04:00Voilà. C'est-à-dire qu'on connaît la situation de nos finances publiques.
04:03C'est de l'argent qui manquera pour nos hôpitaux, c'est de l'argent qui manquera pour nos écoles
04:07et pour nos policiers.
04:08Il ne répond pas à la question...
04:09Est-ce qu'il y a un effet d'aubaine aussi pour l'État ou pas ?
04:12Est-ce que je peux vous expliquer ?
04:13Je propose de revenir à un système comme celui-ci.
04:16Ce n'est pas une proposition que je fais ce matin pour la première fois.
04:18Je la fais régulièrement.
04:20Le système nous permettrait, un, que les finances publiques aient exactement les recettes qui étaient prévues dans le budget.
04:27Mais en revanche, qu'il n'y ait pas non plus d'effet d'aubaine pour l'État.
04:32Donc, l'État en profite aussi aujourd'hui ?
04:34Quand il y a des augmentations de carburant, oui, bien évidemment.
04:38Il est normal que l'État reçoive les recettes prévues pour les finances publiques.
04:43Mais il n'est pas normal non plus que l'État ait un effet d'aubaine sur le dos des
04:47automobilistes.
04:48Donc, vous demandez une taxe lotante et un blocage des prix, c'est ça ?
04:51Oui, mais ce que je vous dis, c'est un système sur lequel, très clairement, moi, je le mettrai en
04:55place.
04:56Parce que je pense qu'on ne peut pas revenir à chaque fois à ces questions-là.
04:59Et il faut surtout que l'on protège les Français.
05:02Et je le dis d'autant plus, Thomas Soto, que je crois que la région des Hauts-de-France est
05:05la seule à aider aussi les automobilistes qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler.
05:10On les aide.
05:11Ce n'est normalement pas la responsabilité de la région.
05:13On aide ceux qui prennent les transports en commun, ce qu'on finance, vous le savez, quasiment au deux tiers
05:18le prix des billets de train.
05:19Mais j'aide aussi ceux qui prennent la voiture.
05:21Donc, ce que je vous propose là est en totale cohérence avec ce que je fais dans ma région.
05:25Bon, ce n'est pas encore la campagne des régionales.
05:26On va parler plutôt des municipales.
05:27Tiens, le RN qui espère bien gagner plusieurs villes-symboles lors du scrutin qui débute dimanche.
05:32Toulon, Menton, Nice avec Eric Ciotti.
05:34Il peut rêver de Marseille, peut-être de Nîmes, peut-être de Lens.
05:36Ils sont devenus plus gaullistes que les gaullistes au RN.
05:38Marine Le Pen a dit que l'objectif, c'est de rassembler les Français, pas la droite.
05:42C'est certainement pas les extrêmes, ni la France Insoumise, ni le Rassemblement National qui vont savoir rassembler les Français.
05:49Eux, ils ont besoin de bouc émissaire, ils ont besoin de diviser.
05:51Mais ils sont prêts à tout.
05:52Ils sont prêts à tout en campagne électorale.
05:54On l'a vu notamment avec les propositions.
05:56Les Français aussi, ils ont l'air d'être prêts à tout et prêts à voter RN, non ?
05:59On en reparlera.
06:00Vous comprenez qu'ils n'en revivent pas ?
06:01On en reparlera, on verra.
06:02Ce qui se passe surtout, c'est que je le vois moi notamment avec les candidats des Républicains.
06:06Les candidats des Républicains ont les mêmes priorités que les Français dans ces élections municipales.
06:11Ce que l'on fait dans nos villes, c'est-à-dire la sécurité, la fiscalité.
06:15Je suis moi-même candidat sur la liste à Saint-Quentin.
06:18Depuis 2007, nous n'avons pas augmenté le taux des impôts locaux quasiment 20 ans.
06:22Est-ce qu'on peut parler des candidats des Républicains de manière unie ?
06:26Parce qu'on a l'impression qu'il y a quand même une bonne partie de vos troupes qui est
06:29de moins en moins étanche au RN.
06:30Eh bien, il faut clarifier.
06:32Il faut clarifier très clairement.
06:35Clarifier très clairement, c'est le moins qu'on puisse dire.
06:36Il faut être vraiment intraitable sur cette question.
06:38Mais ça veut dire quoi ? Le PS a fait des comptes.
06:41Il parle de fusion cachée et silencieuse sur tout le territoire.
06:44600 candidats qui seraient passés du LR à RN, du RN à LR.
06:48Il parle d'un pacte du déshonneur.
06:49On a vu François Fillon, votre candidat à la présidentielle en 2017, aller dîner et soutenir Éric Ciotti à Nice.
06:55C'est une attitude irresponsable de sa part.
06:57Oui.
06:57Alors, je vais aller jusqu'au bout de mon raisonnement.
07:00Aujourd'hui, on doit dire très clairement que ceux qui sont avec le RN ou avec Mme Cnaffo ou avec
07:10M. Ciotti n'ont plus rien à faire chez LR.
07:13Je vais prendre deux exemples.
07:15Je voudrais terminer, si vous voulez bien, à Bourg-en-Bresse, il y a un candidat reconquête avec des candidats
07:21qui sont LR.
07:22Ils n'ont plus rien à faire chez LR.
07:24À Nice, j'attends que la tête du parti, j'attends que Bruno Retailleau dise clairement que notre candidat,
07:31c'est Christian Estrosi et que nous avons investi, comme chef de file des Républicains, Dominique Estrosi-Sassonne,
07:38une sénatrice de talent qui est engagée, et que l'on dise très clairement qui est notre candidat face à
07:44un M. Ciotti
07:44qui a en plus le RN honteux, qui n'affiche pas qu'il est rassemblement national, qui s'en cache.
07:50Il faut que l'on dise les choses clairement.
07:52Et il faut aussi que Bruno Retailleau retrouve le chemin des municipales.
07:55Il est trop mou ?
07:56C'est surtout aujourd'hui sur le dossier des municipales.
07:59Nos candidats ne sont pas aidés.
08:01On ne prend pas les décisions qui s'imposent à Bourg-en-Bresse, pour prendre ce seul exemple,
08:05et on ne prend pas les décisions qui s'imposent à Nice.
08:07Un exemple.
08:09Christophe Gomart, député européen, est allé faire un tour à Nice.
08:11Et il a dit que son candidat, c'était Ciotti.
08:14Et bien dehors, il n'a rien à faire.
08:15Sauf que, comme il a dit qu'il soutiendrait Bruno Retailleau à la présidentielle,
08:19je ne sais pas s'il pense que ça va lui conférer un totem d'immunité.
08:22Il n'a plus rien à faire chez vous.
08:24Votre ligne est claire, il faut mettre dehors tous les questions qui ont ambiguïté.
08:26Parce que quand vous n'avez pas la cohérence et la clarté,
08:28comment vous voulez que les Français nous fassent confiance ?
08:32Les Français n'y comprennent plus rien à votre famille politique.
08:34Si on en croit l'express, Nicolas Sarkozy, qui a quand même incarné,
08:37qui est le dernier président de droite républicaine, comme vous dites.
08:41Il a déjeuné avec Jordan Bardella le mois dernier.
08:43Il en est ressorti avec une conviction.
08:44Le président du RN est le mieux placé pour devenir le prochain président de la République.
08:48Bon, deux choses.
08:48Moi, je ne déjeune pas et je ne dîne pas avec les responsables du Front National.
08:52Je les combats.
08:53C'est une faute ?
08:54Bien sûr.
08:54Et pourquoi ?
08:55Parce que du coup, il y a des électeurs qui n'y comprennent plus rien.
08:58Vous avez raison.
08:59Vous me parliez de clarification et de clarté tout à l'heure.
09:01Je vais vous donner deux exemples.
09:03Un Roubaix.
09:04Il y a le risque que la France insoumise...
09:06Attendez, j'ai encore une question si vous voulez bien sûr.
09:07Attendez, mais vous me laisserez répondre sur ce point parce que vous me parliez de cohérence.
09:10Je veux vous montrer où elle est la cohérence.
09:11Vous avez été ministre Nicolas Sarkozy.
09:12Qu'est-ce qui vous reste en commun avec lui aujourd'hui ?
09:15L'action qu'on a pu mener de 2007 à 2012.
09:18Des liens, des liens qui sont des liens personnels,
09:20mais d'un point de vue politique.
09:21Quand il dit que Bardella, c'est Chirac, je suis désolé.
09:25Rien à voir avec Chirac.
09:26Rien à voir.
09:27La position de Chirac vis-à-vis des extrêmes a été très claire.
09:29Et je voudrais encore une fois être clair vis-à-vis des deux extrêmes.
09:32À Roubaix, il y a le risque que la France insoumise arrive en tête dimanche prochain
09:36et soit en position de l'emporter.
09:38Je le dis, je me battrai de toutes mes forces
09:40pour qu'il n'y ait qu'une seule liste face à la France insoumise
09:45pour faire maximum pour que les filles ne l'emportent pas.
09:47Et à Cambrai, par exemple, s'il y a le risque que le RN l'emporte,
09:51je me battrai de toutes mes forces pour que toutes les listes puissent s'entendre
09:54et qu'il n'y ait qu'une seule liste.
09:56Vous voyez, le RN et les filles, je combats clairement les deux.
10:00Si jamais Sarak Nafou s'allie avec Rachida Dati,
10:02Rachida Dati devra sortir des Républicains.
10:04Mais ça ne risque pas parce que de toute façon,
10:06Sarak Nafou allait d'extrême droite, très clairement.
10:08Sarak Nafou et Eric Ciotti, c'est la même extrême droite que le Front National.
10:11Voilà.
10:12Merci beaucoup.
10:13Vous êtes en forme.
10:14Merci.
10:14Olivier Bertrand, merci.
10:15Restez avec nous.
Commentaires