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  • il y a 19 heures
Écoutez le débat entre Yves Moalic, porte-parole des "Oubliés de la canicule", Olivier Moustacakis, co-fondateur du site Assurland.com, et Pierre Herbulot, chef du service économie et société de RTL.

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Transcription
00:0218h, 20h, RTL Soir, avec Anne-Sophie Lapix.
00:08RTL Soir vous informe et vous aide à comprendre l'actualité en répondant aux questions que vous vous posez.
00:14Et après l'été qu'on vient de vivre et l'automne qui s'annonce, vous êtes peut-être inquiet
00:18pour votre maison,
00:19menacée par les flammes, les inondations, les fissures, les risques ne manquent pas.
00:24Êtes-vous bien assuré ? Serez-vous remboursé en cas de sinistre ?
00:28Est-ce que face à l'explosion des catastrophes liées au réchauffement climatique, les assureurs vont toujours nous couvrir ?
00:35C'est la question à laquelle on va tenter de répondre dans la preuve par trois, notre nouveau rendez-vous.
00:41Une question, trois interlocuteurs pour vous répondre, spécialistes, témoins, journalistes.
00:45Et on va déjà essayer de comprendre comment cela fonctionne avec le chef du service économie sociale et transition écologique,
00:52Pierre Herbulot, bonsoir.
00:54Bonsoir.
00:54Alors quand un événement climatique, grêle, inondation, sécheresse, provoque des dégâts sur nos biens,
01:01est-ce que notre assureur prend tout en charge et doit rembourser toutes les réparations ?
01:05Alors oui, si c'est une catastrophe naturelle.
01:08Là c'est l'État qui décide après une inondation ou un séisme par exemple,
01:12de déclencher ou pas ce régime spécial, en délimitant une zone avec un certain nombre de communes.
01:17Ensuite il y a une petite franchise à payer, mais globalement oui, tout est pris en charge.
01:21Alors ça vaut aussi pour les incendies, puisqu'on sait que des dizaines de maisons sont parties en fumée cet
01:26été en Gironde notamment.
01:28Alors non, parce que les incendies ne sont jamais considérées comme des catastrophes naturelles.
01:32C'est souvent d'origine humaine, dans 9 cas sur 10.
01:35C'est vrai aussi d'ailleurs pour la grêle.
01:37Dans ces cas-là, pour l'indemnisation, ça dépend vraiment du contrat avec l'assureur.
01:41Évidemment, plus il est dense en protection, plus il est cher, mais plus vous êtes remboursé en cas de sinistre.
01:46A l'inverse, il peut y avoir des décotes liées à la vétusté du bien pour les contrats les moins
01:51robustes, on va dire.
01:52Si la toiture n'a pas été refaite depuis 30 ans ou si le réseau électrique est vieillissant par exemple.
01:57Si on s'intéresse aux seules catastrophes naturelles, la prime spécifique que l'on paie, qui leur est dédiée, elle
02:03augmente d'année en année ?
02:05Alors, elle a augmenté, et de beaucoup, au mois de janvier, sa part est passée de 12 à 20%
02:09dans les contrats d'assurance habitation,
02:11de 6 à 9% pour les assurances auto qui sont aussi concernées.
02:15En gros, ça veut dire une quarantaine d'euros de plus par an et par français assuré,
02:19mais le taux n'avait pas augmenté depuis 25 ans.
02:21Donc, il y avait du rattrapage à faire.
02:23Il sera désormais revu plus fréquemment tous les 5 ans parce qu'on sait qu'il y a de plus
02:26en plus de catastrophes naturelles.
02:28Alors, cette prime qui a donc augmenté, mais vous le disiez, c'est plutôt un rattrapage.
02:32Est-ce que c'est suffisant pour couvrir tous les sinistres liés au climat ?
02:37Est-ce que les assureurs gagnent toujours de l'argent, restent gagnants ?
02:40Oui. Alors, évidemment, avant le mois de janvier, non, ce n'était pas le cas.
02:43Le régime était largement déficitaire.
02:45Aujourd'hui, il est de retour à l'équilibre.
02:47Évidemment, ça change chaque année, mais globalement, la fréquence et la violence des sinistres augmentent.
02:52Et donc, si la surprime 4 nat ne suit pas dans les années à venir,
02:56évidemment, le régime sera de nouveau déficitaire.
02:58Je précise quand même, c'est important que tout le monde paye cette surprime d'assurance.
03:01C'est un régime de solidarité.
03:03Donc, un Lyonnais qui vit au sixième étage d'un appartement,
03:06il va lui aussi payer pour un risque d'inondation qu'il ne connaîtra jamais.
03:10Ça évite de voir les prix trop s'envoler dans les zones à risque.
03:13En revanche, juste cette enveloppe que touchent les assureurs, le régime 4 nat,
03:17il ne peut être utilisé que pour une catastrophe naturelle.
03:21Donc, si une année est plus calme, les assureurs ne vont pas gagner davantage d'argent.
03:26Et puis après, ils ne sont pas non plus bénévoles.
03:28Donc, oui, les prix augmentent et ils ne perdent pas d'argent d'année en année.
03:32Ça, c'est sûr.
03:33Notre question, c'est est-ce que les assureurs peuvent arrêter d'assurer les particuliers
03:38dans certaines zones jugées critiques ? C'est possible ?
03:40Oui, c'est possible.
03:41Il n'y a aucune obligation pour un assureur de travailler.
03:44C'est un marché privé qui est tout à fait libre.
03:47Donc, il n'y a pas de recours possible pour un particulier qui voudrait se retourner
03:51contre son assureur.
03:52En revanche, c'est assez encadré.
03:53Il ne peut pas décider du jour au lendemain comme ça après un sinistre.
03:56Il y a des dates précises et donc, il a le temps, le particulier, de se retourner.
03:59Aujourd'hui, la chance qu'on a en France, c'est qu'il n'y a pas de zone blanche
04:02assurantielle.
04:03Donc, il peut y avoir moins d'assureurs dans certaines régions, mais il n'y en a jamais aucun.
04:07En revanche, ça fait forcément gonfler les prix parce qu'on fait moins jouer la concurrence.
04:11Dans le dernier baromètre du comparateur Assurland, on voit par exemple que les tarifs augmentent
04:15beaucoup plus vite dans les régions où il y a beaucoup de sinistres.
04:18C'est le cas de la Nouvelle-Aquitaine.
04:21Les prix ont progressé de 20% l'an dernier.
04:23Ça va continuer à progresser l'année prochaine.
04:24Alors, on va entendre le représentant d'une association qui défend les victimes d'intempéries
04:28qui ont du mal à se faire rembourser par les assureurs.
04:31C'est Yves Moualik qui est porte-parole des oubliés de la canicule.
04:34Bonsoir, Yves Moualik.
04:36Bonsoir.
04:37Est-ce que parmi ceux que vous représentez, certains ont perdu leur assurance et ont dû
04:42faire face à un refus de leur assureur de continuer à les assurer ?
04:47Alors, nous sommes une association nationale, donc on a des référents dans plusieurs régions.
04:52Ils nous remontent effectivement des informations du type certains sinistrés après avoir déclaré
05:00un sinistre et éventuellement après avoir été indemnisés.
05:04À la fin de leur contrat, ils reçoivent une lettre de l'assureur qui leur dit qu'il ne
05:11renouvellera pas.
05:12Et donc, ils n'ont plus d'assurance.
05:14Ils ont donc la nécessité de trouver un autre assureur.
05:17Mais comment...
05:18Il semble que ce soit de plus.
05:19Oui.
05:19Pardon.
05:20Comment les assureurs motivent cette décision ?
05:23Ils leur disent, vous nous avez coûté trop cher, il y en a marre ?
05:26Alors, soit ils ne motivent pas, ils disent, voilà, nous mettons fin au contrat, soit ils
05:32disent que le risque dépasse très largement les capacités de remboursement, d'indemnisation
05:41et donc, voilà, à ce titre-là, ils n'assureront plus dans cette région-là.
05:47Alors, généralement, c'est sur le territoire.
05:49C'est une décision que les assureurs prennent par rapport à un territoire qui est très impacté
05:55par le retrait gonflement des argiles.
05:58Donc, il se trouve qu'il y a moins d'assureurs ensuite qui acceptent et donc les prix augmentent
06:03et évidemment, les sinistrés doivent chercher un assureur qui accepte et accepter donc des
06:09tarifs souvent beaucoup plus élevés.
06:10Parce qu'on est obligé d'assurer son habitation ?
06:14C'est-à-dire que oui, tout le monde doit avoir une assurance qu'on appelle de multirisque
06:21habitation, dans laquelle il y a la prime spéciale contre les catastrophes naturelles.
06:28Et si on ne le fait pas, de toute façon, ce serait un risque énorme pour le sinistré
06:36parce que le jour où un dégât arriverait, il devrait réparer entièrement à sa charge
06:42qui, pour certains, est absolument impossible.
06:44Les sommes engagées sont énormes.
06:46Aujourd'hui, simplement, Anne-Sophie, pour vous dire, c'est 99,8% des propriétaires
06:50qui sont assurés.
06:51Donc, le risque est connu et les propriétaires sont responsables.
06:55Yves Moilic, vous représentez plus particulièrement les victimes de la sécheresse avec ce phénomène
07:00désormais bien connu, retrait-gonflement qui est désormais une sorte de bombe en puissance.
07:04Ça va concerner un nombre considérable de maisons.
07:08Voilà.
07:08Alors, actuellement, le ministère de l'écologie nous dit que 55% des pavillons construits
07:14sur le territoire français sont concernés, c'est-à-dire potentiellement impactables
07:18parce que construits sur des sols argileux, avec des argiles sensibles, ce qu'on appelle.
07:24Donc, c'est absolument énorme.
07:27Actuellement, ça représente 16 millions de pavillons, de maisons individuelles,
07:32parce que les immeubles ne sont pas concernés, en tout cas pas pour l'instant,
07:35parce qu'ils ont des fondations beaucoup plus profondes.
07:37Mais les maisons individuelles, 16 millions, dont 10,4 millions classés en risque moyen ou fort,
07:46ce qui est vraiment très problématique.
07:49Mais on n'imagine pas les assurances indemniser les propriétaires de toutes ces maisons,
07:53ça les mettrait sur la paille, non ?
07:55En tout cas, la Fédération des assureurs fait des projections,
08:03et en fonction en particulier de la saison que nous vivons actuellement,
08:092026, qui marque une espèce de rupture climatique,
08:13on a des conditions qu'on n'a jamais connues.
08:16Les projections actuellement les plus réalistes concernant les indemnisations
08:22pour le RGA à l'avenir, indemnisations qui sont partagées par les assureurs
08:29et la Caisse Centrale de Réassurance,
08:31eh bien on considère que pour la période 2027-2031,
08:35les cinq années à venir, ce sera 12 milliards d'euros,
08:39ce qui est effectivement très très important.
08:41On va donner la parole à un représentant des assureurs.
08:44Est-ce que les compagnies, face à cet avenir qu'on nous prédit,
08:47fait de plus de canicules, de sécheresses, d'événements climatiques violents,
08:49vont continuer à nous assurer ?
08:52Nous sommes en ligne avec Olivier Moustakakis,
08:54cofondateur d'assurelante.com, un comparateur d'assurance.
08:57Bonsoir Olivier Moustakakis.
08:58Bonsoir.
08:59Ça arrive aux assureurs d'abord de refuser d'assurer des particuliers
09:02parce que ça coûte trop cher,
09:04parce que les intempéries et les dégâts se répètent ?
09:06Alors oui, les assureurs ont le libre choix de souscrire les contrats qu'ils veulent.
09:10Donc ils ont des portefeuilles,
09:11et puis il arrive qu'ils résilient certains « membres » de leur portefeuille,
09:16parce qu'il y a des déviations statistiques fortes.
09:19Donc ça mettrait en fait l'ensemble du portefeuille, si vous voulez, en péril.
09:23Donc ça, ce sont des choses qui arrivent.
09:25Quel est le risque naturel qui coûte le plus cher aujourd'hui aux assurances ?
09:30Alors aujourd'hui, en risque naturel, en régime 4NAT,
09:33c'est la sécheresse qui va coûter le plus cher.
09:36Alors, le vrai problème sur la sécheresse,
09:38ce n'est pas tant le montant, c'est vraiment le parcours d'indemnisation.
09:41Parce qu'il faut savoir que quand, en gros, sur 100 propriétaires qu'il faut une déclaration,
09:46il n'y en a que 50 qui voient leur commune reconnue en état de catastrophe naturelle,
09:50pour le risque de retrait-gonflement des sols argileux.
09:53Et in fine, il n'y en a que 25% qui sont indemnisés.
09:56Ça vous arrange ?
09:58Ça arrange les assureurs ?
09:59Ça n'arrange personne, en fait.
10:01Le vrai sujet, c'est qu'aujourd'hui, il y a beaucoup d'expertises
10:04qui disent que la cause principale,
10:05ce n'est pas simplement, on va dire, le RGA qui a eu lieu
10:10par rapport à un événement climatique.
10:12Parce qu'une maison peut se fissurer pour plein d'autres raisons.
10:15Il peut y avoir une racine d'arbre,
10:16il peut y avoir une fuite, un défaut de fondation.
10:19Donc, il y a très peu de personnes qui sont indemnisées.
10:20Parce que disent les victimes, souvent.
10:22Mais votre activité...
10:23Il y a des expertises, si vous voulez, qui démontrent l'inverse.
10:27Non, mais je pense aux chiffres du ministère de l'écologie
10:30que citait notre précédente invitée.
10:33L'activité d'assureur reste rentable.
10:36On n'assure pas par simple solidarité, j'imagine.
10:38À quel moment les assureurs diront stop ?
10:41Est-ce qu'il y a une réflexion chez les assureurs sur cette question ?
10:44La réflexion de fond qui est menée, mais ça ne date pas d'aujourd'hui,
10:48c'est quelles sont les mesures de prévention à mettre en œuvre
10:51pour éviter, si vous voulez, que la facture n'augmente.
10:53Parce que se retrouver sur un territoire ou des zones non assurables
10:56pour un assureur, ce n'est pas intéressant.
10:58L'assureur a besoin de développer son chiffre d'affaires.
11:01Donc une zone non assurable, ça n'intéresse personne
11:03et encore moins les assureurs.
11:05Donc le vrai sujet, c'est quelles sont toutes les mesures
11:07à mettre en œuvre ?
11:07Il y en a d'ores et déjà qui sont mises en œuvre.
11:10Mais comment amplifier ces mesures
11:12pour qu'il y ait un effet sur du moyen et du long terme
11:15pour justement, on ne va pas pouvoir éviter un orage de graines,
11:17on va pouvoir éviter l'inondation.
11:20En revanche, on peut en limiter, si vous voulez, le montant des dégâts.
11:23C'est sûr qu'il y a de la prévention à faire,
11:25mais est-ce que vous vous imaginez un monde
11:27où vous ne pouvez plus assurer les maisons en France ?
11:31Non. La réponse, c'est non.
11:33Aujourd'hui, il y a suffisamment d'offres sur l'ensemble du territoire.
11:36Et puis, il y a quand même des mesures de prévention
11:37qui sont mises en œuvre, qui vont être intensifiées.
11:40Puis il y a aussi le gouvernement, les services publics,
11:43le pouvoir public qui doit, au niveau des infrastructures,
11:46au niveau des constructions.
11:48Sachez qu'aujourd'hui encore, on continue à donner des permis,
11:52à délivrer des permis de construire sur des zones inondables
11:55sans la prise en compte de mesures spécifiques sur la construction,
11:59ce qui est une aberration.
12:00Pierre Herbelot ?
12:01Oui. Non, simplement, est-ce qu'il ne faut pas aussi responsabiliser
12:04parfois les particuliers ?
12:05Je sais que certains assureurs rajoutent des clauses.
12:07Pour les incendies, par exemple,
12:09un particulier qui ne débroussaillerait pas dans son jardin
12:11pourrait payer, j'allais dire, une surprime d'assurance ?
12:15Il va y avoir une franchise qui peut aller jusqu'à 5 000 euros.
12:18Le vrai sujet de la prévention, c'est qu'en effet,
12:21que ce soit appliqué partout,
12:22parce que toutes les communes ont des plans de prévention,
12:24notamment pour l'incendie.
12:26Et quand on se réfère, il y a deux ans,
12:28il y a eu un énorme incendie dans le nord de Marseille,
12:31et toutes les habitations qui avaient été touchées par l'incendie
12:35étaient malheureusement, on n'avait pas débroussaillé correctement,
12:38on n'était pas débroussaillé du tout,
12:39donc on n'avait pas respecté, si vous voulez,
12:40le plan de prévention de la commune.
12:42Et celle qui avait été épargnée, c'est celle qui avait respecté ce plan de prévention.
12:47Donc je pense qu'il faut en effet développer la culture du risque
12:49au niveau du particulier,
12:51mais il faut aussi que les pouvoirs publics, si vous voulez,
12:54mettent en œuvre les vrais moyens
12:55pour justement aider les gens à respecter les mesures de prévention,
12:59quitte à remplacer en fait leur rôle.
13:02Merci beaucoup, merci à tous les trois
13:05d'être intervenus dans cette preuve par trois.
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