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  • il y a 1 jour
Face au changement climatique qui frappe particulièrement la Bretagne, et alors que nos agriculteurs s'interrogent sur l'avenir de leurs exploitations légumières, Eureden appelle la distribution et les autres acteurs de l'aval à la responsabilité économique pour assurer la pérennité de la filière.
Dany Rochefort, président d'Eureden et Olivier Dauvers, journaliste spécialiste consommation de RTL, sont les invités de RTL Matin.
Regardez L'invité de RTL Matin avec Vincent Derosier du 06 août 2026.

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Transcription
00:01RTL Matin, Vincent Derosier
00:05La Bretagne subit une sécheresse d'une gravité exceptionnelle amplifiée par la canicule
00:09et c'est toute la filière légumes qui est en danger.
00:11Bonjour Dany Rochefort.
00:13Oui bonjour.
00:14Président de Reden, groupe agroalimentaire coopératif breton
00:17et bonjour Olivier Davers, je ne vous présente plus.
00:20Bonjour Vincent, bonjour à tous.
00:21Monsieur Conceau, ici RTL et en ce moment vous êtes dans le sud-ouest
00:24pour visiter des supermarchés, vous préparez déjà la rentrée pour RTL.
00:27Exact, pour Julien Courbet notamment.
00:30Alors Dany Rochefort, vous lancez un SOS aux consommateurs et surtout à la grande distribution.
00:36Vous réclamez aujourd'hui une hausse des prix immédiate pour les légumes, c'est ça ?
00:41Voilà, effectivement aujourd'hui la sécheresse frappe de plein fouet notre région et notre agriculture
00:45et je souhaite vous parler d'une filière essentielle mais trop souvent invisible,
00:50celle des légumes destinés à la conserve et à la surgélation.
00:53les plus grands légumes que vous pouvez connaître, les petits pois, haricots et flageolets.
00:58Et aujourd'hui au niveau de notre organisation de producteurs de légumes Eureden
01:02qui regroupe 1200 agriculteurs, la baisse des rendements et donc des volumes produits est très très forte
01:08puisque l'on parle de moins 35% en petits pois.
01:13La campagne est terminée aujourd'hui en petits pois et alors que nous sommes en pleine campagne de récolte des
01:19haricots verts,
01:19on observe aujourd'hui des baisses dans le rendement de moins 50%.
01:22Donc derrière ces chiffres, c'est un triple danger qui menace.
01:27D'abord l'avenir des exploitations légumières en premier lieu mais aussi la vitalité des territoires
01:32puisque l'emploi est très fort à la fois dans les exploitations agricoles et dans les usines de transformation de
01:37ces légumes
01:38qui tournent aujourd'hui au ralenti.
01:41Et puis dernier élément, dernier enjeu, c'est la souveraineté alimentaire française
01:45par l'approvisionnement des rayons de la grande distribution et la restauration hors domicile.
01:50Donc c'est directement les négociations avec la grande distribution que vous êtes en train de préparer,
01:55c'est à eux que vous vous adressez aujourd'hui ?
01:57Eh bien ce que l'on souhaite aujourd'hui effectivement face à ces conséquences dramatiques,
02:00c'est que je lance un appel d'urgence à la grande distribution et au sens large aux clients de
02:06Laval
02:06avec la restauration hors domicile pour accepter de pouvoir repart les prix
02:12et hausse de prix naturellement pour couvrir ces charges.
02:17On va rentrer dans le détail bien sûr.
02:19Olivier Davert, c'est une demande légitime ?
02:21Ah oui, elle est légitime quand on regarde l'évolution de la production des rendements,
02:25c'est-à-dire que c'est la loi de l'offre et de la demande.
02:27Quand il y a moins d'offres, c'est assez logique que les prix augmentent.
02:30Mais ensuite, vous savez, il ne faut jamais oublier que le vrai payeur,
02:33ce n'est pas Carrefour, ce n'est pas Leclerc, ce n'est pas Pomona pour la restauration,
02:36c'est le consommateur final.
02:39Donc si en bout de chaîne, vous avez Mme Michu, M. Dupont qui ne veut pas payer plus cher sa
02:44boîte de petits points,
02:45même si Carrefour a accepté les hausses, on n'en vendra pas.
02:48Donc c'est la quadrature du cercle.
02:49Oui, c'est hausse, elles sont légitimes parce que la production a été objectivement abîmée par la canicule,
02:55mais le consommateur, son pouvoir d'achat n'est pas extensible.
02:58Et d'ailleurs, sans même attendre les négociations et les boîtes de concert pour l'année prochaine,
03:03on le voit déjà, ceux qui font leurs courses, à quel prix achètent-ils leurs salades aujourd'hui ?
03:08À des prix jamais vus.
03:09Hier, dans un supermarché dans le Sud-Ouest, elle était à 1,89 la feuille de chêne.
03:13J'ai vu des concombres à 2 euros.
03:15Quand il y en a, parce qu'il n'y en a pas toujours des salades.
03:17Oui, bien sûr, c'est bien la preuve que le sujet, c'est l'offre et la demande.
03:20C'est-à-dire que le distributeur qui, de toute façon, ne veut pas payer plus cher sa salade,
03:24il n'est pas livré.
03:25Donc il est obligé de la payer plus cher.
03:28Mais en bout de chêne, quand vous avez des consommateurs qui voient de la salade à 1,89 euros,
03:32vous entendez bien, dans un supermarché normal, pas une épicerie fine,
03:36forcément, ça tique un peu.
03:38Dany Rochefort, vous avez parlé des petits pois, des haricots verts.
03:41Ça concerne quoi ?
03:42Quels sont les légumes ?
03:43Et j'imagine que ça va bien au-delà, qui souffre le plus aujourd'hui.
03:48Les campagnes de reprêt en cours sont, comme je vous disais, le petit pois est terminé.
03:53Nous sommes dans le haricot.
03:55On précédait les épinards.
03:57Ce sont vraiment les légumes, j'ai envie de dire, de saison actuelle qui nous concernent.
04:04Ce sont les principaux légumes qui rentrent aujourd'hui dans nos outils industriels
04:09à destination de la fabrication des boîtes de conserve ou des produits surgelés.
04:13L'augmentation que vous réclamez, est-ce que vous savez déjà de combien elle est ?
04:18Et qu'est-ce que ça va changer sur l'étiquette, bien sûr ?
04:21Aujourd'hui, je ne peux pas vous donner d'éléments concrets.
04:25Juste pour pondérer les propos d'Olivier Dauvert, c'est qu'il faut savoir que la revalorisation du prix de
04:31légumes
04:32que nous demandons, il faut savoir que le légume n'est qu'une des composantes du coût de production
04:36de la boîte de conserve ou du produit surgelé.
04:39Donc, ce que je veux dire, c'est que proportionnellement, le consommateur final
04:48va avoir quelque part cette augmentation moindre au travers de l'achat de la boîte de conserve ou du produit
04:53surgelé.
04:54Allez-y, Olivier Dauvert, vous pouvez lui répondre.
04:56Oui, bien sûr, parce que dans le coût de revient d'une boîte de haricots verts,
05:00il y a de l'énergie, il y a du transport, il y a la boîte elle-même.
05:03Donc, effectivement, là-haut, ça sera moins élevé.
05:04Mais cela dit, encore une fois, moi, je vous le redis, le sujet, c'est l'acceptation,
05:08non pas par Carrefour ou par Leclerc, mais par le consommateur.
05:11Et là, il y a quelque chose qu'il faut qu'on active, c'est la transparence de l'origine.
05:16Parce que, Dany le sait bien, sur les boîtes de conserve,
05:18le légume qui est utilisé pour remplir la boîte, il peut être français, il peut être belge,
05:23il peut être espagnol, il peut venir d'autres pays, il peut venir des Pays-Bas.
05:26Mais le consommateur, il ne le sait pas nécessairement.
05:28On ne lui donne pas la transparence de l'origine.
05:31Je ne sais pas si vous savez, Vincent, mais quand vous achetez une boîte de haricots verts,
05:33on n'est pas obligé de vous dire d'où il vient.
05:35Alors, quand il est français, on vous met un gros drapeau.
05:37Mais quand il vient d'ailleurs, on ne vous le dit pas et on vous le cache.
05:40Là, vous voyez, il y aurait un bon exercice pour la souveraineté alimentaire
05:44si la France, par exemple, est en difficulté pour produire suffisamment, ce que Dany a expliqué.
05:49Peut-être qu'il y aura des filières sur lesquelles il faudra aller acheter de la matière première ailleurs.
05:53Oui, mais dans ces cas-là, on le dit au consommateur,
05:55et avec la même force qu'on lui dit l'origine quand c'est français.
06:00Donc, c'est ça la transparence de l'origine pour que le consommateur sache que,
06:03ben oui, il y aura peut-être des haricots verts qui seront plus chers demain,
06:06mais c'est parce qu'ils sont français.
06:07Et puis d'autres qui ne seront pas plus chers qu'avant,
06:09mais c'est parce qu'ils viennent d'Espagne ou qu'ils viennent d'Italie
06:11ou qu'ils viennent d'Allemagne ou qu'ils viennent de Belgique, peu importe.
06:13Dany Rochefort, vous le dites dans votre communiqué, il y a urgence.
06:16Sinon, il se passe quoi ?
06:17C'est l'avenir de la filière qui est en danger ?
06:19Les étals français pas approvisionnés ?
06:22Effectivement, en premier lieu, les étals français non approvisionnés,
06:25mais c'est aussi et surtout, j'ai envie de dire, la pérennité de nos exploitations légumières
06:29et de la filière toute entière avec nos usines au sein du groupe Reden.
06:36J'ai envie de dire que cette année va être une passe très très difficile.
06:39Ce qu'il faut, c'est qu'effectivement, on demande une revalorisation des prix
06:43parce que seuls aujourd'hui, les producteurs et nos usines ne peuvent pas supporter,
06:47ne peuvent pas porter 100% du risque climatique qui nous affecte aujourd'hui.
06:52Mais je crois que ça, bien au-delà de la revalorisation urgente des prix
06:58que nous demandons aujourd'hui, c'est aussi d'avoir une réflexion sur l'avenir.
07:02C'est-à-dire que j'ai souvent pour habitude de dire que nous produisons le légume
07:05une seule fois dans l'année alors qu'il est consommé tout au long de l'année.
07:09Il faut sans doute imaginer de se mettre autour de la table avec aussi les acteurs,
07:15nos acheteurs, la grande distribution et la restauration hors domicile
07:18pour pouvoir peut-être mettre plus de production en place
07:21et co-gérer quelque part des stocks pour gommer quelque part les aléas climatiques qui reviendront, on le sait.
07:30Mais vous savez Vincent, ça pose un autre problème aujourd'hui, c'est l'accès à l'eau.
07:34Parce que pour une part, pourquoi ces cultures sont en difficulté ?
07:37Pourquoi il y a moins de petits pois ?
07:38Pourquoi on a du mal à avoir des salades ?
07:39Et la salade est un très bon exemple.
07:41Parce qu'on n'a pas organisé la rétention de l'eau quand il y en a, et notamment en
07:46hiver,
07:46pour l'utiliser quand on en a besoin, et notamment pour l'été.
07:50Et donc aujourd'hui, on est en train de payer à retardement plein de choses en matière agricole,
07:55et notamment aujourd'hui la gestion de l'eau.
07:57On a besoin d'eau pour faire pousser des salades.
07:59On est en train de découvrir, et quand il y a la canicule et la sécheresse,
08:02la salade ne bouge pas, voire même elle ne germe pas, on ne peut même pas semer.
08:07Vous imaginez ? Parce que les sols sont trop secs.
08:10Donc, il y a une grande réflexion à mener, pas au niveau uniquement du prix d'achat par Carrefour,
08:14au niveau de l'agriculture, la gestion de l'eau, la gestion de la ressource.
08:19Sinon, il faudra s'habituer durablement, en été, à ne pas avoir de salade.
08:23C'est un choix, mais il faut le faire en toute connaissance de cause,
08:25si on ne veut pas retenir l'eau quand il y en a.
08:28Dernière question, Olivier Dauvert, et réponse courte si vous le pouvez,
08:31mais pourquoi la grande distribution refuserait cette hausse de prix ?
08:35Il y a un jeu à attendre le plus possible ?
08:37Oui, bien sûr, entre distributeurs, vous savez, c'est la guerre des prix, matin, midi et soir.
08:41Donc, celui qui accepte l'offre, la revalorisation de prix, pardon, le dernier,
08:47même s'il sait qu'il va devoir de toute façon, parce que sinon il ne sera pas livré,
08:51celui qui accepte la hausse de prix le dernier, il a profité de l'ancien prix plus longtemps
08:55que celui qui a accepté la hausse de prix le premier.
08:57Donc, il apparaît plus compétitif aux yeux de ses clients.
09:00Donc, il y a toujours ce jeu qu'on peut qualifier un peu de malsain entre distributeurs,
09:04de celui qui acceptera la hausse de prix le dernier.
09:07Ça s'appelle la guerre des prix, mais quelque part, c'est nous consommateurs qui en sommes responsables,
09:11parce qu'on va plutôt chez les moins chers, parce qu'on est très précautionneux sur notre pouvoir d'achat.
09:15Et merci beaucoup Olivier Dauvert, merci Dany Rochefort, président.
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