00:00Vincent Derosier, RTL Matin.
00:02Et avec nous dans ce studio, Serge Papin, ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du
00:07tourisme et du pouvoir d'achat.
00:09J'ai tout dit, bonjour Serge Papin.
00:10Bonjour Vincent Derosier, vous avez tout dit.
00:12Alors, l'Assemblée Nationale a adopté cette nuit la loi d'urgence agricole qui permet notamment la réintroduction de deux
00:18pesticides,
00:19dont l'acétamipride qui tue les abeilles.
00:21Le gouvernement n'a pas voulu s'en mêler, des députés de la majorité ont dénoncé l'attitude du gouvernement.
00:27A titre personnel, vous le regrettez ce vote ?
00:30Écoutez, d'abord, ce vote, il est indispensable et attendu pour les agriculteurs.
00:34C'est ça d'abord qu'il faut voir globalement.
00:37Après, concernant l'acétamipride, le gouvernement a été loyal par rapport à ça,
00:40et notamment par rapport aux pétitions qui ont été portées contre la loi Duplomb.
00:45Il ne souhaitait pas introduire l'acétamipride dans le projet de loi.
00:51Maintenant, ça a été voté par le Parlement, il est toujours, je tiens à le dire, il est toujours interdit.
00:59Et simplement, par dérogation, dérogation qui sera donnée par l'ANSES, il faudra l'autorisation de l'ANSES,
01:07et il pourra dans ces conditions, et uniquement dans ces conditions, à ce moment-là, être donné,
01:11notamment pour, ça concerne 300 producteurs de noisettes, je crois.
01:16Donc il faut aussi regarder l'encadrement qui a été fait.
01:19Mais voilà, le gouvernement n'était pas pour sa réintroduction, je tiens à le dire.
01:25Alors, c'est votre vie d'avant, donc on va en parler.
01:27Est-ce que c'est un vrai texte utile pour les agriculteurs ?
01:29Ce texte, il est censé mieux encadrer les négociations commerciales
01:32pour défendre leurs revenus face à la grande distribution ?
01:35Alors, il y a deux points qui sont très intéressants dans ce texte pour les négociations commerciales,
01:41et pour les PME, singulièrement, dont je suis le ministre.
01:45D'abord, la date butoir de fin des négociations pour les PME, qui sera au 15 janvier.
01:51Donc ça, c'est quand même un élément important pour que les négo durent moins longtemps pour ces PME
01:59qui ont moins de force pour s'organiser, et qui ont besoin que ça dure moins longtemps,
02:06cette partie-là de leurs engagements pour les référencements de produits.
02:12Deuxièmement, on a remonté le seuil de la catégorie des PME.
02:19Ce qui veut dire que ça va être beaucoup plus large,
02:21puisque le seuil est remonté de 50 millions de chiffre d'affaires à 350 millions.
02:28Donc ça concerne un périmètre de PME beaucoup plus large.
02:31Donc vous voyez, dans ce PJL agricole, il y a pour cette partie, cette catégorie-là,
02:38il y a des choses qui sont intéressantes et qui avancent dans le bon sens pour les négociations commerciales des
02:43PME.
02:43Alors un autre dossier, Serge Papin, c'est les vacances pour beaucoup de Français qui partent.
02:48Avant d'aller se baigner, souvent il faut faire le plein de la voiture.
02:50La semaine dernière, tout est remonté.
02:52Le 100plom 95 flirte avec les 2 euros.
02:55On l'a dépassé pour le diesel.
02:56Ce sont les chiffres du gouvernement.
02:58En fait, la France est impuissante face à la situation dans le détroit d'Hormuz et le prix à la
03:02pompe ?
03:03Écoutez, sur l'inflation des prix, il y a ce qu'on maîtrise et ce qu'on ne maîtrise pas.
03:08Ce qu'on ne maîtrise pas, c'est en effet la crise géopolitique qui malheureusement a l'air de repartir.
03:16Alors le gouvernement a mis en place des aides ciblées et qui vont continuer,
03:22puisqu'elles durent jusqu'à la rentrée.
03:24Donc toutes les catégories d'activités qui sont concernées vont toujours être aidées.
03:32Donc ça, voilà, on va retrouver un tout petit peu ce qui s'était passé avant.
03:37On espère que tous les travaux aussi qui sont faits pour réouvrir le détroit d'Hormuz
03:44et toutes les initiatives qui sont prises par la France vont porter leurs fruits.
03:47Oui, voilà, mais ça, on ne le maîtrise pas.
03:51Mais encore une fois, les aides sont là pour franchir l'été avec cet accompagnement.
04:00Après, puisque vous parlez d'inflation, il y a ce que l'on maîtrise.
04:05Et vous savez, on a une inflation en France qui est de l'ordre de 1,8% en juin.
04:11Et donc, on est la plus petite inflation des pays européens.
04:15Et dans cette inflation, les produits alimentaires notamment, sont bien sous contrôle,
04:22puisque les prix sont maintenus.
04:25L'inflation n'est que de 0,6%.
04:27Donc on a là aussi, au niveau du pouvoir d'achat, des choses qui vont plutôt dans le bon sens
04:35pour l'alimentation.
04:36On parlera un peu de l'alimentation, parce qu'avec les canicules à répétition, il y a des produits qui
04:40ont également flambé.
04:41Sur le carburant, simplement, Total a réduit son dispositif de plafonnement des tarifs à 1 200 stations.
04:46Ça s'est fait plutôt discrètement, enfin avec un communiqué.
04:50Alors, Total a accompagné, je ne sais pas quelle va être sa position maintenant,
04:54avec de nouveau la fermeture du détroit d'Hormuz.
04:57Mais il a quand même accompagné, il faut saluer ce qui a été fait pendant le départ des vacances.
05:03Je note aussi que pendant les grands week-ends, je note aussi que pour ces départs en vacances,
05:11singulièrement la grande distribution a fait beaucoup d'opérations au prix coûtant,
05:14qui ont permis d'avoir un prix du carburant, qui jusqu'à maintenant était à moins de 2 euros,
05:20je parle pour le diesel, et qui là a franchi cette barre.
05:26On va voir ce que ça va donner dans les jours qui viennent.
05:28Vous leur demandez ce matin peut-être de maintenir le plafonnement, de l'élargir de nouveau ?
05:32Oui, bien sûr, bien sûr.
05:34Les opérations au prix coûtant pendant ces périodes de déplacement, bien sûr.
05:38Et puis aussi maintenir le plafonnement, oui, évidemment,
05:42qu'ils fassent le travail d'accompagnement qu'ils ont fait dans les périodes qui étaient un peu plus difficiles,
05:46bien sûr.
05:47Alors, les carburants sont chers, il y a eu 3 vagues de chaleur, la coupe du monde,
05:51et pourtant vous nous dites ce matin que la France a la cote.
05:55La France est le pays le plus visité au monde.
05:59Et singulièrement, ce qui va se passer,
06:03toutes les clignotants qui sont à ma disposition sont au vert.
06:08Pourquoi ? Parce que les Français vont rester encore plus en France, compte tenu du contexte.
06:15Ils étaient un peu attentifs jusqu'à maintenant, et là on a une confirmation.
06:18Les réservations, par exemple, ont augmenté entre 1 et 5%.
06:23Donc ça va plutôt bien, et je dirais que ça va bien dans tous les lieux et sur toutes les
06:30catégories.
06:31Ça va bien du camping au palace.
06:33Donc on parle des réservations de Français en France.
06:36De Français en France, et les étrangers vont venir aussi très nombreux.
06:43Il faut savoir qu'on est le pays le plus visité par les étrangers au monde.
06:49C'est 105 millions de visiteurs étrangers pour un chiffre d'affaires en gros de 80 milliards pour situer.
06:57Et on a 3% de plus de réservations sur les billetteries des compagnies aériennes.
07:03Et on a des pays comme ça qui ont un vrai engouement.
07:06Je pense que les Australiens, c'est plus 20%.
07:08La Corée du Sud, c'est plus 16%.
07:11Ça a presque l'air de vous faire prendre ces chiffres.
07:14Non, parce que, vous savez, moi je me suis beaucoup déplacé, là, ces derniers temps.
07:17J'ai même fait des rencontres avec des ministres de tourisme d'autres pays.
07:24Et qu'est-ce qu'ils nous disent ?
07:25La France est le pays où il y a plus de diversité.
07:27Et ils ont envie de découvrir, au-delà de nos grands spots,
07:30de nos grands blockbusters comme la Riviera ou la côte atlantique,
07:35ils ont envie de ce tourisme de diversité que la France est la seule à pouvoir offrir.
07:39Parce que quand on, par exemple, le tourisme à vélo est en train d'exploser...
07:43Il partout, faites-nous une petite carte de France, là, dès le départ.
07:47La mer, la montagne ?
07:48Alors, les deux.
07:50Alors, il y a des endroits sur la mer qui, tout d'un coup, se révèlent.
07:54Comme, par exemple, le Cotentin, qui est magnifique.
07:58Vous savez, toute la côte de la Hague, par exemple.
08:00Eh bien, c'est très demandé.
08:03Des gens qui fuient de la chaleur, peut-être ?
08:04Un peu, aussi.
08:05Puis, qui veulent découvrir.
08:07Vous avez la Loire à vélo.
08:09On peut aller dans des espaces complètement sécurisés, faire le Tour de France à vélo.
08:15Vous avez le tourisme de patrimoine, le tourisme aussi de savoir-faire.
08:20Et puis, vous avez, par exemple, Disney, qui est quand même très attractif,
08:24qui a agrandi avec la Reine des Neiges.
08:28Notre-Dame, qui fait venir aussi beaucoup de gens.
08:31Vous allez avoir des événements en France.
08:33Vous avez, par exemple, les championnats du monde de e-sport qui vont se passer en France.
08:40À la rentrée, il va y avoir les concerts de Céline Dior.
08:44Ça amène aussi beaucoup de monde.
08:45La visite du pape, au mois de septembre.
08:46La visite du pape.
08:47Donc, c'est à la fois de l'événement, des infrastructures.
08:52Donc, la France est le pays le plus visité du monde.
08:56C'est un vrai leadership.
08:58Vous vous rendez compte, notre industrie touristique...
09:00Là, on parle de ça.
09:01Je ne parle pas de tous ceux...
09:02De presque 10% du PIB dans ce pays.
09:04Tous ceux qui peuvent partir en vacances.
09:06Il y a ceux qui ne peuvent pas.
09:07Alors, il y a ceux qui ne peuvent pas.
09:09Et c'est pour ça qu'on va fêter les 90 ans des congés payés.
09:14Et à cette occasion, je vais me déplacer dans un lieu touristique en Vendée cette semaine.
09:19Et on va marquer ce que fait l'Agence nationale des chèques vacances.
09:26Et on va, grâce à cette agence nationale, aider 300 000 familles à partir en vacances,
09:33qui sont souvent des familles monoparentales, qui ne partiraient pas.
09:36C'est un budget de 40 millions qui va être doté par l'Agence nationale des chèques vacances.
09:42D'un mot, qui sont choisis comment, ces familles ?
09:44Eh bien, en fonction des...
09:46Donc, c'est localement.
09:48Il y a un certain nombre de critères.
09:50Ce sont beaucoup des familles monoparentales,
09:52qui ne partiraient pas avec des enfants en bas âge.
09:55Donc, ça va concerner presque un million de personnes.
09:58300 000 familles.
09:59Une dernière question, Serge Papin.
10:00Vous parliez de l'alimentaire, les prix, l'inflation qui ne bougeaient pas trop.
10:04Les canicules ont fait flamber les prix de certains produits.
10:07La chaleur a fait griller les cultures sur pied ou en plein champ.
10:10les courgettes, les fraises, les fruits et légumes.
10:13Oui, alors, il n'y a pas...
10:14Quel levier d'action ?
10:17Écoutez, à ma connaissance,
10:19parce que j'ai quand même passé quelques coups de fil récemment,
10:22il n'y a pas de problème d'approvisionnement.
10:24Il n'y a pas de problème de flambée de prix.
10:28Il y a des problèmes, par contre, il faut faire attention,
10:31parce qu'il y a beaucoup de casses dans les transports,
10:33avec la chaleur.
10:35Mais actuellement, c'est plutôt sous contrôle.
10:38Il y a plutôt une stabilité, y compris dans les fruits et légumes.
10:42Il y a eu des augmentations, en revanche, sur la viande et le poisson.
10:46Le poisson, ça s'explique par le prix des carburants qui a joué.
10:50Et la viande, ça s'explique aussi par toutes les conséquences de la crise sur la viande.
10:57Des abus ou des augmentations logiques ?
10:59Des augmentations logiques.
11:00Mais honnêtement, en moyenne, encore une fois, on est à plus 0,6%.
11:04Donc, l'alimentation est bien sous contrôle.
11:07Et je pense que, moi, je suis assez content qu'on n'ait pas fait n'importe quoi
11:10au niveau de la réouverture des négociations.
11:14Et merci beaucoup, Serge Papin, d'avoir été l'inviteur.
11:16Merci.
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