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  • il y a 2 heures
Ce mercredi 22 juillet, les nouvelles réformes au niveau du Code des Procédures Fiscales ont été abordées par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00De nouveaux serrages de vis en vue sur le CPF, messieurs Emmanuel Lechypre, Raphaël Legendre.
00:06Le gouvernement en tant conditionné, chaque achat de formation à la validation par l'employeur, l'APEC ou France Travail.
00:12Est-ce que c'est la réforme de trop, Emmanuel Lechypre ?
00:14Oui, c'est la réforme de trop, il y en a ras-le-bol.
00:16Ras-le-bol de cette obsession française pour le contrôle, l'obsession de la fraude, l'obsession des trajectoires professionnelles
00:25rectilignes.
00:26Franchement, c'est totalement absurde.
00:29Le gouvernement ne s'attaque absolument pas au bon problème.
00:33Il faut quand même rappeler que c'est une véritable inversion de la logique du CPF que nous propose finalement
00:39le gouvernement.
00:40On va rappeler comment le CPF est né, c'était en 2015.
00:43Et l'idée, c'était justement de faire confiance à l'individu plutôt qu'à l'administration.
00:48Avant le CPF, c'était déjà l'employeur, Pôle emploi ou les organismes paritaires qui décidaient des formations.
00:55Donc, on va revenir à cette logique ancienne qui est la logique de « on n'a rien compris »,
00:59qui est la logique de « on ne valorise pas le capital humain dans son ensemble et pas seulement pour
01:04ma petite trajectoire dans ma petite entreprise ».
01:07Parce que la réalité, c'est que personne ne peut prévoir ce que sera sa carrière demain dans cinq ans.
01:12Alors, on nous fait des beaux discours sur l'intelligence artificielle, sur la réorientation, machin et tout.
01:16Mais qui sait que si moi, demain, dans cinq ans, je ne serai pas caviste ou pâtissier ou maçon ?
01:22Voilà, on ne sait pas.
01:24Donc, on change davantage de métier aujourd'hui, on crée sa boîte, on cumule plusieurs activités.
01:30Bref, il faut de la liberté.
01:32Et puis, qui décide de ce qui est cohérent comme trajectoire professionnelle ?
01:37Alors, ça va être un algorithme, ça va être un questionnaire, ça va être l'administration.
01:41Je ne sais pas, moi, est-ce qu'un ingénieur qui décide d'apprendre le théâtre pour devenir un meilleur
01:44manager ?
01:45C'est absurde.
01:45Est-ce qu'un artisan qui apprend l'anglais, c'est absurde ?
01:48Est-ce qu'un cadre qui fait de la psychologie, c'est absurde ?
01:50Non, moi, je ne crois pas.
01:52En plus, on nous dit, on va être dans un monde dans lequel les compétences transversales vont être de plus
01:58en plus importantes.
01:59Eh bien, développons les compétences transversales.
02:01Oui, passons le permis de conduire ou le permis moto, même si ce n'est pas en rapport direct avec
02:06notre métier.
02:07C'est une compétence.
02:07Si vous voulez, encore une fois, on est dans une vision qui est totalement enferrée dans le XXe siècle
02:12et on tourne le dos de façon dangereuse et presque scandaleuse au XXIe siècle.
02:18Raphaël ?
02:19Alors, je suis en désaccord complet avec cette position socialisante d'Emmanuel Lechypre.
02:24Eh bien, oui, bien sûr, payons le permis moto.
02:25Ce n'est pas socialisant.
02:26Absolument tout le monde avec l'argent des autres.
02:28Après tout, ce n'est pas cher.
02:29C'est l'État qui paye.
02:30Donc, allons-y, allons-y franchement.
02:31Et surtout, ne regardons pas les résultats catastrophiques, je le dis, du CPF.
02:37C'est une bonne idée, le CPF, à la base.
02:38Il faut se former tout au long de la vie.
02:41Effectivement, sauf que là, on a ouvert une galerie marchande de tous les services possibles et imaginables.
02:46On a augmenté par 30% les prix de tous.
02:51Parce que, de toute façon, c'est de l'argent automatique, de l'argent public, que nous n'avons pas.
02:55Je rappelle qu'on a 5% de déficit, qui est déversé comme ça, sans aucun contrôle.
03:01Il est grand temps de remettre un cadre à la formation professionnelle, effectivement.
03:07Je rappelle que le CPF, c'est quand même 2 milliards d'euros par an,
03:10alors que vous n'avez que 3% des titulaires qui l'utilisent.
03:14Alors, il faut voir pourquoi ils les utilisent.
03:16Vous avez seulement 17,4%, 17,4% des formations en 2025
03:23qui préparent à une qualification professionnelle reconnue.
03:29Plus des trois quarts de ces formations n'ont aucune certification.
03:3357% des inscrits seulement valident leur formation.
03:3957% valident.
03:40Enfin, je veux dire, c'est-à-dire qu'il y a quasiment la moitié qui ne vont pas au
03:43bout.
03:43Non, non, je n'en ai pas fini.
03:4420% déclarent de n'avoir aucun objectif professionnel.
03:49Moi, je veux bien qu'on finance tout ça, des CAP pâtisseries pour des journalistes.
03:55Exemple vécu, on finance des CAP pâtisseries pour des journalistes.
03:59Mais on a le droit de devenir pâtissier quand on a été journaliste.
04:00Oui, alors, on quitte le métier, on se fait une formation.
04:04C'est de la réorientation, c'est un pivot.
04:06Les permis, c'est 36%, un tiers de la formation professionnelle pour un permis.
04:11Les permis moto, Emmanuel Lechypre, pardon, 45% de hausse des dossiers.
04:15Qui prenait aujourd'hui que la mobilité ou le manque de mobilité est un facteur du chômage.
04:20Donc, moi, j'entends les problèmes que Raphaël soulève et il a raison.
04:23Oui, effectivement, il y a de la fraude.
04:26Il y a eu des usurpations.
04:27Il y a de la fraude à tous les niveaux.
04:29Il y a des mauvais, il y a des formations qui sont indignes et indigentes.
04:32Mais est-ce que pour autant, la solution, c'est de contrôler l'accès à ces formations indigentes ?
04:38Et l'entrée et la sortie.
04:40A quoi ça sert ?
04:42Et est-ce que c'est véritablement utilisé ?
04:44Lutons contre la fraude.
04:45Améliorons les formations.
04:46Mais ne privons pas, surtout, c'est ça le plus important, ne supprimons pas la liberté pour les salariés de
04:52choisir la formation qu'ils veuillent.
04:54Un, c'est prendre le risque de décourager ceux qui veulent se former.
04:57Et encore une fois, c'est toujours cette idée que l'État sait mieux que tout le monde ce que
05:02seront les métiers de demain.
05:04Or, je rappelle, nous disent les spécialistes, que les deux tiers des métiers qui seront exercés par l'économie d
05:08'aujourd'hui n'existent pas.
05:08Là, c'est l'entreprise, ce n'est pas l'État.
05:09Donc, on paye un ticket modérateur et que l'entreprise est son mot à dire sur la formation.
05:13Elle a un intérêt général à ce que le niveau de capital humain global du pays s'améliore, même si
05:20ce n'est pas dans l'intérêt de ton entreprise directe.
05:22Ton entreprise, elle ne profite peut-être pas de la formation qu'elle va financer.
05:26Elle profitera peut-être de la formation qu'une autre entreprise a financée.
05:30C'est le jeu.
05:31La confiance n'empêche pas le contrôle.
05:32Merci, messieurs.
05:33C'était le débat.
05:34Emmanuel Lechypre, Raphaël Le Gendre.
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