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00:00Avec Benjamin Duhamel ce matin, nous recevons donc le vice-président du Rassemblement National d'Épuité du Nord
00:06et vice-président de l'Assemblée Nationale.
00:09Venez lui poser vos questions et réagir au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France.
00:16Bonjour Sébastien Chenu.
00:17Bonjour Madame.
00:17Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:20Au surlendemain, des réquisitions contre Marine Le Pen dans le procès des assistants parlementaires du Front National.
00:26Son avenir politique s'obscurcit.
00:28On parlera aussi de la situation internationale.
00:31Avez-vous vraiment pris vos distances avec le trumpisme ?
00:34Et puis des municipales qui se rapprochent et vous nous parlerez de vos candidats et des ambitions du RN.
00:39Mais d'abord Sébastien Chenu, le parquet a donc requis 4 ans de prison dont un ferme et 5 ans d'inéligibilité contre Marine Le Pen.
00:48Si la cour d'appel suit les réquisitions, elle ne sera pas candidate.
00:52Elle l'a très clairement laissé entendre.
00:54Donc ça y est, vous avez fait le deuil de sa candidature pour 2027 ?
00:58Non, parce que les réquisitions ne sont évidemment pas les peines.
01:01Donc là on a un parquet qui a requis de façon très dure, mais on s'attendait finalement à cette expression du parquet qui allait demander une condamnation.
01:12Donc vient maintenant le temps de la défense.
01:15On a eu le temps de l'accusation, dure mais attendue.
01:21Et maintenant nos avocats vont faire valoir, et je crois qu'ils l'ont fait valoir pendant tout le procès, un certain nombre d'éléments qui permettraient à Marine Le Pen d'être évidemment lavée de tout soupçon.
01:30On sent quand même dans les réactions au Rassemblement national, y compris dans ce que Marine Le Pen a pu glisser à la presse, une forme peut-être de résignation en réalité.
01:41Vous vous attendez à ce que la cour d'appel suive les réquisitions ?
01:45Pourquoi la cour d'appel déciderait d'une peine d'inéligibilité de moins de deux ans, qui serait la seule condition qui permettrait à Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle ?
01:53Et ça parce que d'abord nos avocats vont faire valoir un certain nombre, je vous le disais, d'éléments qu'on a vus pendant le déroulement du procès, mais non on n'est pas résigné.
01:59D'abord on n'est pas résigné, Marine Le Pen se bat, Marine Le Pen fait valoir des éléments.
02:03Vous avez vu d'ailleurs que pendant le déroulement du procès, un certain nombre de contrats ont été évacués en disant que ces contrats, Marine Le Pen n'a rien à voir avec, elle n'a pas à en être comptable.
02:13Donc il y a des éléments qui montrent que la peine peut être évidemment amoindrie.
02:18En tous les cas, on se bat pour ça et on se bat pour faire reconnaître l'innocence de Marine Le Pen.
02:23Marine Le Pen a entendu le message de la première instance, elle a entendu les réquisitions et maintenant on va entendre la défense.
02:31Et donc vous croyez vraiment Sébastien Chenu, est-ce que là il n'y a pas un peu de méthode couée ce matin ?
02:35Vous croyez vraiment que Marine Le Pen va pouvoir être candidate à l'élection présidentielle ? Vous y croyez vraiment ?
02:39Oui, moi je pense qu'il y a une possibilité que Marine Le Pen soit candidate à la présidentielle.
02:43Si elle n'est pas inéligible au-delà de deux ans, elle peut être candidate à la présidentielle, évidemment.
02:47Alors en tout cas elle l'a dit, si la décision suit les réquisitions, donc 6-5 ans d'inéligibilité, elle passera la main à Jordan Bardella cet été, peut-être à la rentrée, vous nous confirmez ?
02:59Ah ben ce serait, si Marine Le Pen ne pouvait pas être candidate, il y aurait un congrès qui désignerait notre candidat.
03:04Il n'y a pas beaucoup de mystère chez nous, on est un mouvement organisé, on mène la bataille des idées.
03:10Et c'est Jordan Bardella qui prendrait le relais si Marine Le Pen ne le pouvait pas.
03:13Mais tout ça est assez clair, on ne se cache pas derrière notre petit doigt.
03:16Je suis frappé Sébastien Chenu, début de cet entretien, vous avez des mots, vous avez qualifié les réquisitions de sévères, de dures, je crois.
03:23Mais on est très très loin de ce qu'on en avait pu entendre dans la bouge d'un certain nombre de responsables du Rassemblement National après le jugement en première instance et la condamnation.
03:31Je vais citer un petit fleurilège.
03:32Tyrannie des juges, c'est ce que disait Jordan Bardella.
03:35Tentative d'assassinat politique, ça s'était signé Yohan Gillet, député du Rassemblement National.
03:39On se souvient de ce meeting Place Vauban, de Marine Le Pen qui s'était notamment comparé à Alexei Navalny, mort en prison dans les geôles russes.
03:48Est-ce que vous les regrettez ces formules qui d'ailleurs vous ont été reprochées par les avocats généraux ?
03:53Deux choses.
03:53D'abord, ces qualifications, on les a eues quand la peine a été exposée.
04:00Attendons la fin.
04:01Et dans la foulée des réquisitions en première instance, les mots étaient tout aussi sévères.
04:05Mais dire qu'il y avait évidemment, et d'ailleurs finalement dans ce procès en appel, il n'est pas dit autre chose,
04:09qu'il y avait une volonté d'empêcher Marine Le Pen à l'élection présidentielle et donc une volonté politique,
04:14c'était une réalité puisque l'exécution provisoire a été ici totalement rejetée en appel, y compris par le paquet.
04:22Non mais ça veut dire que...
04:23Est-ce que vous réutiliseriez ce matin le fait qu'il y a en France une tyrannie des juges qui veut empêcher Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle ?
04:30Moi, j'ai toujours dit deux choses.
04:31Un, que l'institution, et je suis fils, moi, vous savez, d'une greffière, donc l'institution judiciaire, je la respecte.
04:37Je respecte l'institution judiciaire.
04:39Je considère que dans cette institution, il y a aussi des juges qui font de la politique.
04:43Il y a aussi des juges qui sont des militants politiques.
04:46Ça existe.
04:47Dire le contraire, on l'a vu avec le syndicat de la magistrature.
04:50Aujourd'hui, moi, je ne dis pas ça.
04:51J'attends la fin du procès pour prendre acte.
04:53Donc vous avez changé d'avis ?
04:55Non, on n'a pas changé d'avis puisque je vous redis exactement ce que je vous ai dit.
04:57Je crois même d'ailleurs ici, à ce micro, que respect de l'institution judiciaire et avoir les yeux ouverts sur une institution dans laquelle il y a effectivement des gens qui font de la politique.
05:05Dire qu'il y a une tentative d'assassinat politique, c'est respect.
05:07Et on pouvait considérer.
05:08Pardonnez-moi, Sébastien Chenu, vous dites aujourd'hui « je respecte l'institution judiciaire ».
05:10Dire après le jugement, en première instance, que ce qui avait une tentative d'assassinat politique, ce n'est pas respecter l'institution judiciaire.
05:16Quand on invente un délit qui n'existe nulle part dans les codes, qui était celui du trouble à l'ordre démocratique, oui, on peut penser qu'il y a une coloration politique.
05:25D'ailleurs, ce trouble à l'ordre démocratique a été foulé au pied en appel.
05:29Le parquet a dit que ceci n'avait pas lieu d'être et que ça ne tenait pas debout, en réalité.
05:34Donc il y avait bien une volonté.
05:35Est-ce que vous redirez, si Marine Le Pen ne peut pas se présenter, qu'on n'est plus tout à fait dans une démocratie ?
05:40C'est-à-dire que moi, ce qui me gêne, c'est qu'en fait, on aurait l'impression que des juges peuvent décider du casting de l'élection présidentielle.
05:48Et ça, c'est troublant. Ce serait la première fois, d'ailleurs.
05:52Et je pense qu'effectivement, ça doit nous interroger.
05:57Ça doit interroger notre système démocratique.
06:00Mais on n'en est pas là.
06:01Marine Le Pen a des éléments à faire valoir.
06:03Elle peut demain être candidate.
06:04Vous pourriez être surpris.
06:06Vous l'enterrez régulièrement, Marine Le Pen, depuis toujours.
06:08On n'enterre personne.
06:08Je peux compter le nombre de fois où il a été dit que Marine Le Pen était morte.
06:13On verra bien.
06:14Mais une élection présidentielle sans Marine Le Pen, qui est donnée comme la favorite, etc., c'est quand même troublant.
06:19Pardon Sébastien Chenu, on n'est plus tout à fait en démocratie le 1er avril 2025.
06:23C'est ce que vous dites au micro de France 2 dans les cas de vérité.
06:27Vous considérez qu'on n'est plus tout à fait en démocratie ?
06:28Oui, parce que le 1er avril 2025, on avait ce trouble à l'ordre démocratique qui était inventé de toute pièce
06:33et qui, sincèrement, était une manœuvre qui a été, évidemment, foulée au pied aujourd'hui en appel.
06:38Donc, il y avait une terminologie qui était exposée pour empêcher Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle.
06:43Cette terminologie, elle avait une couleur politique.
06:46Je note qu'aujourd'hui, le parquet considère que tout ça a été de pure fiction.
06:51Bon, il faut qu'on avance.
06:52Si c'est Jordan Bardella, ce qui est donc possible, voire probable, est-ce qu'il fera un aussi bon candidat que Marine Le Pen ?
06:59Je pense que Jordan Bardella, aujourd'hui, se prépare.
07:01Il est préparé chaque jour davantage pour faire un excellent candidat.
07:06Moi, je n'ai pas de doute sur le fait que Jordan soit un excellent candidat à la présidentielle.
07:09Est-ce qu'il sera à la hauteur pour tenir tête à Trump ou à Poutine ?
07:12Mais oui, pourquoi ne serait-il pas ?
07:14Vous trouvez qu'Emmanuel Macron a été à la hauteur pour tenir tête à Trump ou à Poutine ?
07:19Jordan Bardella, non seulement sera à la hauteur, mais va faire une autre politique.
07:21Parce que n'oublions jamais, et c'est là la grandeur de Marine Le Pen,
07:25elle dit « si je suis empêché, je veux que nos idées gagnent ».
07:28Donc, je passe le relais à quelqu'un qui peut les porter.
07:30Ce quelqu'un, c'est Jordan Bardella.
07:31Nous, ce qui nous intéresse, c'est les idées, c'est la politique,
07:34c'est les conséquences que ces idées peuvent avoir dans la vie quotidienne des Français.
07:39Jordan Bardella, au moment d'élection présidentielle, il aura 31 ans.
07:43Ce n'est pas lui faire offense que de se poser la question de savoir
07:46si à 31 ans, sans jamais avoir été ministre, sans jamais avoir dirigé une collectivité,
07:51sans jamais avoir été maire, on a les compétences, l'expérience suffisante
07:56pour être président de la République.
07:58Enfin, vous avez avant vous Jérôme Gage, qui est candidat à la présidentielle,
08:01qui n'a jamais été ni ministre, ni maire.
08:03Ce n'est pas lui faire offense que de considérer qu'il n'est pas exactement
08:05dans la même position de favori du scrutin.
08:07D'accord, mais enfin, je veux dire, je pense que l'angle selon lequel
08:11on reproche un âge à quelqu'un, à mon avis, est très faible.
08:15Allons sur la bataille des idées.
08:17Moi, je veux dire, reprocher l'âge de quelqu'un,
08:19on pourrait faire le reproche inverse à Jean-Luc Mélenchon,
08:21dire qu'il est trop vieux, il aura 77 ans,
08:23on pourrait dire quand même, à 77 ans, on ne se lance pas dans une présidentielle.
08:27Je pense que ce n'est pas une question d'âge,
08:28c'est une question d'offre politique et de choix politique.
08:30Les Français vont choisir une offre politique portée par un homme ou une femme
08:35qui sera celui ou celle qui les rencontrera le mieux.
08:38Je pense qu'effectivement, il n'y a pas de soucis de nous concernant.
08:40Puisqu'on est sur les idées, il y a trois jours,
08:43Jordan Bardella nous dit « Donald Trump n'est pas mon modèle ».
08:46Le même Jordan Bardella qui nous a dit en 2021, ici même,
08:50les idées que porte Donald Trump sont plutôt bonnes pour les intérêts de la France.
08:54Donc ça veut dire que c'est fini les inspirations trumpistes ?
08:58Non, le gendarme Bardella, dernièrement, je l'ai écouté,
09:01il a expliqué qu'avec Donald Trump, un rapport de force s'impose.
09:04Évidemment, et on n'a jamais dit autre chose que ça.
09:07Car Donald Trump, il est président américain, il défend...
09:10Et aujourd'hui, on a un peu de recul sur Donald Trump.
09:12On l'a vu à l'œuvre dans un premier mandat,
09:14puis on l'a vu ne pas accepter le résultat d'une élection,
09:19puis on l'a vu revenir.
09:20Et on le voit d'une façon extrêmement agressive.
09:21Donc on doit imposer un rapport de force à Donald Trump
09:24qui défend les intérêts des Américains.
09:26Mais comment s'en étonner ?
09:28Ceux qui s'en étonnent sont ceux qui ont oublié
09:30qu'un président devait défendre les intérêts nationaux.
09:32Nous, c'est ce qu'on reproche d'ailleurs à Emmanuel Macron,
09:34de ne pas défendre nos intérêts.
09:35Mais son modèle, son idéologie ?
09:38Non, Trump, il est ultra libéral,
09:42ce que nous ne sommes pas.
09:43Il a un côté autoritaire, ce que nous ne sommes pas.
09:45Il n'est pas notre modèle.
09:46D'ailleurs, on n'a pas de modèle à l'extérieur, ça serait ridicule.
09:49Mais Sébastien Chenu, pardonnez-moi,
09:50on constate quand même une évolution
09:52dans les qualificatifs que vous employez
09:55pour caractériser Donald Trump,
09:56puisqu'il y a cette phrase en 2021.
09:58Alors, à la rigueur, vous pouvez utiliser l'argument
10:00que c'était son premier mandat et qu'il y a eu le deuxième mandat.
10:02Oui, sauf qu'à la BBC en décembre dernier,
10:05Jordan Bardella qui dit partager le constat de Donald Trump
10:07sur le présumé effacement civilisationnel en Europe
10:10à la suite de ce qu'on appelait la stratégie nationale américaine,
10:13le vent de liberté qui souffle sur toutes les démocraties occidentales.
10:17Vous avez fait preuve de naïveté concernant Donald Trump ?
10:20C'était au mois de décembre ?
10:21C'était avant qu'il confirme ses velléités sur le Groenland ?
10:26Vous avez été naïf ?
10:27Non, on n'a pas été naïf.
10:28Et je vais vous dire,
10:30ce ne serait pas un clin d'œil si ce n'était pas aussi grave,
10:33mais on a toujours été moins naïf
10:35que des gens comme Jack Lang dans l'affaire Epstein
10:36et les liens qui peuvent les unir.
10:39Et les liens qui peuvent venir une certaine oligarchie française
10:42à une certaine oligarchie américaine.
10:44On peut parler si vous voulez de Jack Lang et de l'affaire Epstein,
10:47mais je ne vois pas le rapport avec les éventuelles complaisances avec le Trumpisme.
10:50Il n'y a pas de naïveté.
10:52On peut dire des choses sur Donald Trump,
10:53on peut lui reconnaître un certain nombre de mérites.
10:55Donald Trump, il a une énergie,
10:56il n'est pas sensible à la critique de ses opposants.
10:58Et c'est probablement cette espèce de liberté personnelle qui l'a...
11:01Vous trouvez qu'un vent de liberté souffle sur toutes les démocraties occidentales ?
11:05À quel niveau ?
11:06À la suite de l'élection de Donald Trump.
11:08Est-ce que vous trouvez qu'il y a un vent de liberté
11:10qui souffle sur toutes les démocraties occidentales ?
11:12Ça veut dire qu'en fait, tout est possible,
11:14puisque Donald Trump était donné perdant,
11:16y compris sur vos entêtes, je me souviens être venu,
11:18totalement perdant, has been, etc.
11:20Et qu'il a gagné.
11:21Tout est possible en politique.
11:21Quand on dit un vent de liberté, Sébastien Chenu, on s'en félicite.
11:24Quand on dit un vent de liberté souffle sur toutes les démocraties occidentales.
11:29Je cherche votre nom, pardon.
11:30Benjamin Duhamel.
11:30Benjamin Duhamel.
11:33Donald Trump, il est l'incarnation de quelque chose aux Etats-Unis
11:35qui n'est pas transposable ici.
11:37La société américaine ne correspond pas à la société française.
11:41La société américaine, elle est nimbée de religieux,
11:45elle est beaucoup plus libérale,
11:47la valeur de l'argent, etc.
11:49Ce n'est pas transposable.
11:50Donald Trump, il a en revanche une pratique du pouvoir
11:52qui effectivement est brutale et violente,
11:55mais qui défend les intérêts américains.
11:56Et c'est ça, je crois, qui est intéressant de regarder.
11:58C'est se dire, est-ce que nous, on est capables
12:00de lutter face à un président qui défend des intérêts
12:02qui ne sont pas les nôtres ?
12:04Ben oui, et je pense que lorsque Jordan Bardella dit
12:06un rapport de force s'impose, il est temps d'en prendre conscience.
12:09Donc lutter contre les idées portées par les proches de Donald Trump,
12:12assumer le rapport de force, on est d'accord ?
12:13Alors, les idées portées par les proches de Donald Trump,
12:15je ne sais pas ce que c'est.
12:16Lutter contre, défendre nos intérêts.
12:18Voilà ce que je veux vous dire.
12:19Défendre nos intérêts.
12:21Comment comprendre que cette semaine,
12:24le groupe dirigé par Jordan Bardella à Bruxelles
12:27a co-organisé un sommet transatlantique sur, je cite,
12:30la liberté d'expression menacée,
12:32avec toute l'aspect, la sphère MAGA,
12:34les proches de Donald Trump,
12:35des militants anti-avortement,
12:37des militants anti-homosexualité,
12:38une certaine Sharon Sletter
12:40qui qualifie l'homosexualité de trouble mental,
12:43dérivée de trouble de l'enfance.
12:46Comment on peut à la fois prendre ces distances,
12:48estimer qu'il faut instaurer un rapport de force,
12:50et recevoir en grande pompe
12:52les représentants de cette idéologie à Bruxelles ?
12:55Madame Paracuelos, vous aurez l'amnabilité d'être précise
12:58et de considérer que c'est le groupe ECR qui a organisé ceci.
13:02C'est-à-dire, ce n'est pas notre groupe.
13:03Alors, pas du tout, Sébastien Chenier.
13:04C'est co-organisé par le groupe de Jordan Bardella
13:07et le groupe ECR au Parlement européen.
13:08Nous ne sommes pas à l'initiative de cette rencontre
13:11et nous ne sommes pas comptables des propos.
13:13Moi, je n'ai jamais de problème à confronter des points de vue.
13:16Ce n'est pas parce que des gens disent quelque chose dans un débat.
13:18Mais c'est votre groupe qui a organisé cette réunion.
13:21Non, là, c'est l'ECR qui l'a organisé.
13:22Mais peu importe, je trouve intéressant, moi,
13:25d'organiser des échanges de points de vue
13:26pour savoir qui dit quoi, qui pense quoi.
13:28C'est un point de vue de considérer que l'homosexualité
13:30est un trouble mental déribé de l'enfance ?
13:31Mais ça, ce n'est pas nos propos,
13:32on n'est pas comptables de ça.
13:33Si des gens disent ça, on peut leur opposer autre chose,
13:36on peut leur opposer des arguments.
13:38C'est le principe du débat.
13:39M. Duhamel, je sais que vous avez bien uniquement
13:40discuté avec des gens qui pensent comme vous,
13:42mais nous, on considère que le débat...
13:44Ah bon ? Écoutez, on reçoit dans ce studio
13:46toutes les personnes...
13:46Je n'ai pas dit qu'avec des gens qui pensent comme vous,
13:47mais que vous avez bien discuté d'abord
13:49avec des gens qui pensent comme vous.
13:50Nous, on considère que la liberté,
13:52c'est confronter des points de vue
13:53avec des gens qui ne pensent pas comme nous.
13:54Ces propos-là, évidemment, on n'en est pas comptables
13:56puisqu'on ne pense pas du tout.
13:56Sébastien Chenu, il y a deux groupes au Parlement européen.
13:59Le groupe ECR, qui est celui de Marie-Maréchal.
14:01Plus que deux groupes au Parlement européen.
14:02Oui, qui organise celui de Georgia Mélanie.
14:04Et le groupe présidé par Jordan Bernal
14:06qui organise cette réunion
14:09avec des soutiens de Donald Trump,
14:10des personnalités Florence Lécité
14:12qui ont ce type de propos.
14:13Pardonnez-moi, mais comment est-ce que
14:14tous les matins à la radio,
14:16vous pouvez nous expliquer que vous n'avez rien à voir
14:17avec Donald Trump
14:17et dans le même temps les recevoir à Bruxelles ?
14:19Mais quel est le problème de confronter des idées ?
14:22J'arrive pas à confronter, c'est un meeting.
14:24Sébastien Chenu, tout le monde est d'accord à cette réunion ?
14:26Je viens de vous dire qu'on n'était pas d'accord.
14:28Mais quel est le problème de confronter,
14:30de faire venir des gens qui expriment une pensée
14:32et d'exprimer nous-mêmes une pensée
14:34qui n'est pas conforme à celle-ci ?
14:36De confronter des idées.
14:36Mais personne ne l'a exprimé.
14:37Quel est votre problème avec la bataille des idées ?
14:39Mais personne n'a exprimé à cette réunion des idées contraires.
14:41La preuve, vous m'interrogez sur un propos,
14:43je vous dis en étant désaccord.
14:44Mais j'arrive même pas à comprendre
14:45où ça peut poser problème
14:46qu'on invite des gens
14:47qui ne pensent pas forcément comme vous.
14:49Qu'est-ce que ça signifie ?
14:50Sauf que c'est vous qui les accueillez.
14:51On poursuit avec les Américains.
14:53On a Elon Musk convoqué par la justice
14:55pour être entendu sur des dysfonctionnements
14:57sur son réseau X.
14:58La justice française,
14:59ses locaux parisiens ont été perquisitionnés.
15:02Pour votre allié Marion Maréchal,
15:03c'est un nouveau palier
15:04dans le tournant autoritaire d'un centrisme
15:06qui, de Paris à Bruxelles,
15:08tente à tout prix de contrôler l'information.
15:11Est-ce qu'elle a raison, Marion Maréchal ?
15:12Écoutez, dans ce domaine-là,
15:13je ne connais pas le dossier d'Elon Musk très précisément.
15:17Moi, je vais vous dire,
15:17je suis à la fois pour la liberté
15:19et pour la souveraineté dans l'information.
15:21La liberté d'expression la plus aboutie
15:24et la souveraineté qui permet effectivement
15:26de ne pas se soumettre
15:28ou se faire soumettre à des pressions
15:30comme celle de la Chine qu'on connaît
15:31sur les manipulations d'un certain nombre
15:34d'ingérences étrangères.
15:35Non mais là, en l'occurrence, pour Rick,
15:37soupçon d'ingérences étrangères,
15:38soupçon de complicité de détention
15:39d'images à caractère pédopornographique
15:41et contestation de crimes contre l'humanité.
15:44Raison pour laquelle,
15:44s'il y a effectivement des soupçons,
15:46la justice passera et dira les choses.
15:47Moi, je n'ai pas de problème avec ça.
15:49Vous savez, la liberté d'expression,
15:50elle est bornée par une loi
15:52et par la loi.
15:54Et donc, elle peut être très large,
15:56mais c'est la loi qui, à un moment,
15:57dit qu'elle est le périmètre à ne pas dépasser.
15:58Sébastien Chenu, parlons des élections municipales.
16:01Le premier tour est dans un peu plus d'un mois.
16:02Le Rassemblement National est bien placé
16:04dans plusieurs villes du Sud,
16:05notamment Toulon,
16:06mais en difficulté dans la capitale.
16:08Votre candidat, Thierry Marigny,
16:09est en perte de vitesse à 4%
16:11dans un dernier sondage
16:12pour l'Institut Cluster 17,
16:14là où la candidate reconquête,
16:15Sarah Knafo, est à 10%,
16:17donc en mesure de se qualifier
16:18pour le second tour,
16:19à quoi elle sert la candidature
16:20de Thierry Marigny ?
16:21D'abord, vous mettez en comparaison
16:22des choses qui ne sont pas comparables.
16:24Vous mettez Toulon
16:24avec Laure Lavalette
16:26qui peut gagner
16:26et Thierry Marigny
16:27qui porte un combat.
16:28C'était pour tenter
16:30de faire une présentation
16:31sinon exhaustive,
16:32du moins équilibrée,
16:33des enjeux du HAN
16:33pour les municipales.
16:35Et Thierry Marigny
16:35qui porte un combat,
16:36là encore celui des idées
16:37dans la capitale
16:38avec beaucoup de courage,
16:39alors qu'on n'a jamais considéré
16:41que Paris était forcément
16:42gagnable.
16:43Mais ce qu'on veut,
16:44et Thierry Marigny,
16:44vous me dites à quoi ça sert,
16:45ça sert à faire élire
16:46des élus du Rassemblement National
16:48qui vont porter des idées
16:49du Rassemblement National
16:50dans les conseils d'arrondissement
16:52et au Conseil de Paris.
16:53Et Sarah Knafo,
16:53elle porte les mêmes idées que vous ?
16:54Ben non,
16:54c'est Sarah Knafo,
16:55je ne sais pas ce qu'elle défend
16:56à part une candidature personnelle,
16:58un agenda personnel.
17:00Thierry Marigny,
17:00lui, il n'a pas besoin
17:01d'un agenda personnel à dérouler.
17:03Thierry Marigny,
17:04il est connu,
17:04il défend des idées
17:05qui sont celles
17:06du Rassemblement National.
17:07Madame Knafo,
17:08un coup elle est avec Dati,
17:09un coup elle a envie
17:10d'une alliance avec Dati,
17:11un coup elle est contre,
17:12etc.
17:12Moi, je veux dire,
17:14chacun déroule
17:14ce qu'il croit bon de dérouler.
17:16Nous, on a des candidats
17:17qui portent notre programme
17:19baisse de la fiscalité,
17:20lutte contre l'insécurité.
17:22Dans toutes les villes de France,
17:23nous avons des candidats.
17:24Donc il ne se retirera pas,
17:25Thierry Marigny ?
17:26Et pourquoi vous voulez-vous
17:27que Thierry Marigny se retire ?
17:28Alors qu'il porte la voix,
17:29les espoirs et les attentes
17:31d'électeurs
17:31Rassemblement National à Paris.
17:33Paris, c'est plus dur
17:33que dans les autres villes,
17:34c'est plus dur que Carcassonne
17:35avec Christophe Barthès,
17:37c'est plus dur que Toulon,
17:41mais c'est une ville
17:42dans laquelle nos idées
17:43doivent être incarnées.
17:44Marigny désincarne parfaitement.
17:46Et puis Sébastien Chenu,
17:46il y a la question
17:47des choix de candidats
17:48faits par le Rassemblement National,
17:49dont je rappelle
17:49que vous êtes le vice-président.
17:51Certains d'entre eux
17:51sont épinglés pour des propos
17:52racistes, complotistes.
17:54Je voudrais qu'on prenne
17:54l'exemple de Carpentras.
17:56Vous avez retiré son investiture
17:57hier à Christian Richo Simoni
17:59après des articles de presse,
18:01dans le cas d'espèce de libération,
18:03qui reprenaient certains
18:04de ses tweets.
18:04J'en cite deux en 2017
18:06sur la députée
18:06La France Insoumise,
18:07Daniel Obono.
18:08Ouvrez les guillemets
18:09que cette Obono
18:09retourne avec les bonobos
18:10de son pays.
18:11Même année,
18:12cette fois sur l'acteur Omar Sy.
18:13Quand on a la bouche
18:14plus grande que la tête,
18:15on raconte forcément du vent
18:17qu'il s'occupe de ses chèvres.
18:19Voilà ce que tweetait
18:19ce candidat.
18:21Qu'est-ce qui se serait passé
18:22si Libération
18:22n'avait pas exhumé
18:25ces tweets qui dataient de 2017 ?
18:26Deux choses d'abord.
18:27Ce n'est pas à Libération
18:28de décider
18:29qui doit être candidat
18:30ou pas l'être
18:31dans notre pays.
18:32Nous, on est un parti politique
18:33responsable.
18:34Quand on apprend,
18:35on ne peut pas toujours
18:36tout savoir.
18:36Je regarde les candidats,
18:38le candidat LFI à Ville Tanneuse
18:39qui professe un islam radical
18:41ou le candidat LFI
18:42à Romy Serobe
18:43et ses propos antisémites.
18:45On en parle assez peu
18:46sur les antennes.
18:46Écoutez, Sébastien Chenu,
18:48si on soit quelqu'un
18:48de la France insombrée,
18:49on lui pose la question.
18:50Vous étiez venu,
18:51je me souviens d'ailleurs
18:52la dernière fois
18:52où vous avez interrogé
18:53sur ce candidat en Corse,
18:55Abastia,
18:55qui avait été condamné
18:56pour tentative d'attentat
18:58contre une préfecture
18:58ou une sous-préfecture.
19:00Et vous aviez dit
19:00on est très vigilant,
19:01on regarde tout.
19:02Là, on est début février.
19:04S'il n'y avait pas eu
19:08d'abord, vous n'allez pas
19:09être l'arbitre des élégances.
19:10Je veux dire,
19:10je viens sur une antenne
19:11dans une maison
19:12dans laquelle on appelle
19:12à tuer des élus
19:13du Rassemblement National.
19:15Sur France Inter,
19:17on appelle...
19:18Non, factuellement,
19:19c'est vrai.
19:20Avec un petit sourire en coin,
19:21on appelle à tuer
19:22par le typhus
19:23des élus du Rassemblement National.
19:25Je le dis donc...
19:25Attendez, c'est important.
19:27Vous n'énervez pas,
19:28Benjamin Guamel.
19:29Je vous ai...
19:29C'est pas la peine
19:30de vous énerver.
19:31Vous parlez d'une chronique
19:32humoristique
19:32qui a eu sur cette antenne.
19:33Vous ne pouvez pas trouver
19:34ça drôle,
19:34mais vous savez très bien
19:35que c'était de l'humour.
19:37Je crois que la liberté
19:38d'expression...
19:38La liberté d'expression
19:40est un combat
19:41que vous partagez, je crois.
19:42C'est pour ça que je considère
19:42qu'ensuite,
19:43quand on se dresse
19:44comme un donneur de leçons,
19:46moralisateur, etc.,
19:48nous, on est un appareil politique
19:49dans lequel,
19:50quand il y a un problème,
19:51on désinvestit,
19:52on suspend,
19:52on fait passer
19:53en commission de discipline.
19:54C'est assez simple.
19:55Quand le problème est détecté,
19:56parfois, vous ne détectez pas
19:57les problèmes,
19:58parfois, vous ne savez pas tout.
19:58M. Lang, j'en reviens à ça,
19:59il ne savait peut-être pas
20:00que M. Epstein avait
20:02les vilaines inclinaisons
20:03qu'il avait,
20:03c'est ce qu'il dit
20:04sur toutes les antennes.
20:05Donc nous,
20:05quand un candidat
20:06a eu ce genre de propos,
20:08il est immédiatement sanctionné.
20:09Et c'est notre bonne foi,
20:10d'ailleurs.
20:11Mais comment vous expliquez,
20:12Sébastien Choluc,
20:13votre parti attire
20:14ce type de candidat
20:15puisque ce n'est pas
20:16la première fois,
20:17il y a eu les législatives.
20:18Comment vous l'expliquez, ça ?
20:19Non, les législatives,
20:20il y a eu 10 cas
20:21et il n'y avait des cas
20:22de gens qui n'avaient pas
20:23les capacités
20:25à devenir députés,
20:25qui ne tenaient pas forcément
20:27des propos inqualifiables
20:27et qui n'étaient pas capables
20:29d'être députés.
20:29Donc là, vous avez des gens
20:30qui sont capables d'être maires
20:31mais qui traînent des propos
20:32inqualifiables.
20:32Nos candidats sont auditionnés,
20:35on les rencontre,
20:36on regarde leur parcours
20:38et puis s'il y a une expression,
20:40une pensée
20:41qui n'est pas sur notre ligne,
20:42on leur dit
20:43vous n'avez pas votre place
20:44avec nous.
20:44Mais Sébastien Chenu,
20:44comment est-ce que vous expliquez
20:45que vous attirez,
20:46on ne dit pas que c'est une majorité
20:48mais il y en a un certain nombre,
20:50on ne va pas citer tous les exemples,
20:51comment est-ce que vous expliquez
20:52que le Rassemblement national
20:53attire des candidats
20:54qui tiennent des propos
20:55racistes, complotistes,
20:57parfois antisémites.
20:57Je vous ai indiqué
20:58que dans d'autres parties,
20:59je vous ai cité la LFI
21:00mais on ne va pas s'attraper
21:01sur les filles.
21:02Par exemple, chez Les Verts,
21:03il y avait une candidate
21:03qui a dû renoncer pour homophobie
21:05parce qu'à Saint-Ouen,
21:07elle était lesbienne
21:07et elle considérait,
21:08on lui a fait comprendre
21:09que le fait d'être lesbienne
21:10n'était pas compatible
21:11avec les attentes d'excit
21:13des milieux populaires.
21:14Donc vous voyez,
21:15les candidats...
21:16Je vais vous résumer
21:17de façon grossière
21:18parce que c'est pas Saint-Ouen.
21:19Les candidats aux élections
21:20dans toutes les familles politiques
21:22et en particulier
21:23aux élections municipales
21:24peuvent poser des problèmes
21:25dans la mesure
21:25où ils sont très nombreux.
21:27On n'attire pas
21:27plus de dingue que d'autres.
21:30Je peux vous rappeler
21:31qui a été élu
21:32sous les couleurs de la Macronie.
21:33Je pense à M. Joachim Sonforges
21:35qui voulait parler de dingue.
21:36Pardon, mais on ne parle pas
21:38de propos racistes
21:40dans le cas des stagiaires.
21:40Non, mais là,
21:41je pense qu'on était quand même...
21:43On avait franchi
21:43ou Mme Vonert
21:44pour parler de gens
21:45qui avaient des propos dangereux
21:47en tous les cas,
21:48par exemple pour la santé publique.
21:49Donc vous voyez,
21:49la politique peut être
21:50un réceptacle à des gens
21:51qui n'y ont pas leur place.
21:52Nous, moi, je vous le redis,
21:53on a une ligne.
21:54Quand on n'est pas
21:55sur notre ligne,
21:56eh bien, nous,
21:57on en tire les conséquences
21:58et on exclut.
22:00On a des procédures
22:01parce qu'on est un parti démocratique,
22:02nous, et on a des procédures.
22:03Un tout dernier mot,
22:04Sébastien Chenu.
22:05Lundi matin,
22:05votre allié Marion Maréchal
22:06a affirmé
22:07que rien ne justifiait
22:08que Jean-Marc Mordini,
22:09condamné définitivement
22:10pour corruption de mineurs,
22:11se maintienne
22:11à l'antenne de CNews.
22:13Est-ce que vous êtes d'accord
22:13avec elle ?
22:14C'est-à-dire que moi,
22:15je ne me mêle pas
22:16des programmations.
22:17Moi, je pense que
22:18M. Mordini n'a pas été condamné
22:19à perdre son job,
22:20mais en revanche,
22:21c'est très difficile.
22:22C'est pour ça qu'on ne va plus
22:23chez lui.
22:23C'est très difficile.
22:24Il a été condamné.
22:25Il y avait la présomption
22:26d'innocence tout au long
22:27des procédures
22:28de jugement puis d'appel
22:30et il était normal
22:31qu'il puisse continuer.
22:32Moi, je considérais
22:32qu'il se grandirait
22:33en lui-même
22:34renonçant, évidemment,
22:36à être à l'antenne.
22:37Nous, on ne va plus.
22:38Moi, j'y suis pas allé
22:39depuis trois ans,
22:39pas pour ces raisons-là,
22:40d'ailleurs,
22:40mais ça fait longtemps
22:41que je n'allais plus
22:42dans cette émission.
22:44Donc, je pense qu'effectivement,
22:45quand on a une telle condamnation,
22:46on s'abstient.
22:47Donc, il se grandirait
22:48en se retirant d'antenne.
22:49En se retirant, oui.
22:50Merci Sébastien Chenu
22:51d'avoir été au micro
22:52de France Inter.