00:02Merci, bonjour à tous et bonjour Aurélie Trouvé, merci d'être avec nous ce matin.
00:06Vous étiez hier en commission mixte paritaire sur le projet de loi d'urgence agricole
00:10et malgré des mesures très clivantes sur l'eau, sur les pesticides,
00:13les députés et les sénateurs ont trouvé un accord.
00:16C'est un accord au bénéfice de qui ?
00:19Certainement pas au bénéfice des agriculteurs.
00:21D'abord, il n'y a aucune réponse concrète pour les agriculteurs.
00:24Vous savez de quoi ils souffrent ? D'abord, du fait d'avoir des prix trop faibles.
00:27Or, on avait voté à l'Assemblée nationale, on avait une victoire.
00:30C'était notre proposition de la France insoumise d'avoir des prix planchers minimums
00:34qui couvrent leur coût de production.
00:35Ça a été dégagé.
00:36On avait le fait de protéger les agriculteurs face à la concurrence déloyale
00:41en interdisant des produits importés qui sont traités avec des substances interdites en France,
00:46des pesticides interdits.
00:47Ça a été dégagé.
00:49Et là, par contre, ce qui a été décidé par les 219 sénateurs et hier en CMP
00:56avec la complicité des macronistes et de l'extrême droite.
00:59La droite était majoritaire dans cette commission.
01:01Exactement.
01:02Et bien, ce qui a été décidé, c'est terrible, c'est très grave.
01:04Et je pèse mes mots, c'est une loi criminelle pour nos enfants.
01:07C'est-à-dire que la loi agricole vient d'être transformée en loi criminelle pour nos enfants.
01:11Pourquoi ?
01:12Parce que cette loi va permettre de réautoriser des pesticides toxiques, dangereux,
01:18qui s'attaquent directement au cerveau des enfants.
01:20Vous parlez de l'acétamipride, pour être très clair, pour être très précis.
01:23L'acétamipride et le flux pyradifurone, donc deux pesticides de néonicotinoïdes
01:26qui avaient été interdits justement parce qu'ils sont dangereux pour la santé humaine.
01:32Ils sont retrouvés dans les urines, dans le sperme, dans le placenta.
01:36Ce sera une dérogation exceptionnelle sur les pommes, les cerises, les noisettes, les betteraves.
01:39C'est énorme.
01:40Ce sera très précis.
01:40C'est énorme, y compris sur les betteraves, alors qu'aujourd'hui, il existe des alternatives.
01:46Et donc, vous voyez, en fait, ce qu'aurait dû faire un gouvernement responsable,
01:50c'est plutôt d'aider les agriculteurs à faire autrement, à faire sans ces pesticides toxiques.
01:55C'est tellement grave que pour la première fois, l'ordre des médecins,
01:59la plupart des sociétés savantes et médicales se sont positionnées contre cette loi.
02:05Mais tout n'est pas à jeter dans ce texte.
02:07Il y a quand même des points d'accord que vous avez réussi à trouver,
02:09par exemple sur le revenu des agriculteurs ou sur la redéfinition des zones humides.
02:13Ça, il y a des accords qui ont été trouvés quand même.
02:16Mais pas avec nous, parce qu'en fait, on considère que ça n'apporte clairement pas
02:21les réponses à la fois pour les agriculteurs et pour la société.
02:24Par exemple, sur l'eau.
02:26Savez-vous qu'il a été décidé de favoriser, de faciliter la construction des méga-bassines
02:33qui vont prélever directement dans les nappes phréatiques,
02:36alors qu'on est à un moment où, au contraire, il faudrait adapter l'agriculture au changement climatique.
02:41Si vous voulez, on fait aller les agriculteurs droit dans le mur, une fuite en avant,
02:45en leur fixant comme objectif le doublement des volumes d'eau stockées,
02:49alors qu'il y a de moins en moins d'eau.
02:51Sur ce doublement des stockages d'eau d'ici 2035, on pourrait se dire comme ça à vue d'œil,
02:55c'est une bonne idée pour lutter contre les périodes de sécheresse comme aujourd'hui.
02:58Oui, c'est une idée catastrophique.
03:00Même le MEDEF, d'ailleurs, vous vous rendez compte, c'est moi la France Insoumise qui cite le MEDEF,
03:04même le MEDEF a dit que c'était un accaparement sans contrepartie pour un seul acteur,
03:08une toute petite minorité d'agriculteurs, d'agro-business.
03:12Alors vous dites même le MEDEF, mais finalement ils sont tombés d'accord avec la FNSEA
03:15puisqu'ils ont publié ensemble un communiqué commun.
03:18En fait, ils ont certes cru, mais ils ont bien vu le problème,
03:21parce qu'aujourd'hui, par exemple, il y a des usines agro-alimentaires
03:23qui sont obligés de s'arrêter parce qu'il n'y a plus d'eau.
03:26Et là, on va dire, en fait, la grande priorité, c'est cette toute petite minorité d'agriculteurs
03:30qui n'irriguent aujourd'hui que 7% des surfaces, dont la plupart des surfaces,
03:34c'est du maïs d'exportation.
03:36Donc il faut faire autrement, il faut aider les agriculteurs face à la sécheresse.
03:39D'ailleurs, nous, on dit, il faut tout de suite dire que cette sécheresse,
03:42c'est une catastrophe naturelle pour les indemnisés.
03:44Et ensuite, il faut les aider à adopter des races, des variétés
03:48qui soient plus résistantes à la sécheresse et au réchauffement climatique.
03:52Il faut, par exemple, les aider à adopter des techniques d'irrigation
03:55beaucoup plus efficaces, moins consommatrices d'eau.
03:58Vous voyez, c'est possible.
03:58Ce projet de loi, il sera soumis au vote lundi soir.
04:01Est-ce qu'il peut être adopté ?
04:02Est-ce que vous appelez le gouvernement à le retirer, tout simplement ?
04:05Alors, nous, on va voter.
04:07Je n'ai pas l'illusion qu'il le retire.
04:09Par contre, j'en appelle à la responsabilité de chaque député.
04:13Il y a des élections législatives dans un an.
04:15Que vont faire les députés ?
04:16Que vont faire M. Gabriel Attal, qui est candidat à la présidentielle ?
04:20Que vont faire les collègues de M. Édouard Philippe ?
04:23Est-ce qu'ils vont voter pour cette loi qui est, aujourd'hui, je pèse mes mots,
04:26une loi criminelle pour nos enfants, une loi incendiaire, hors sol, insensée,
04:30qui a été dictée et façonnée par la droite du Sénat ?
04:33Voilà ce que je leur pose comme question.
04:35Il y aura la vérité des prix lundi.
04:37Moi, j'ai l'espoir, quand même, que certains députés du bloc présidentiel
04:44aient le courage contre leur leader politique de dire non, ça, ce n'est pas possible.
04:48Et dans ce contexte de sécheresse, on l'a vu, les feux se sont multipliés sur le territoire.
04:52Jean-Luc Mélenchon accuse Gabriel Attal d'avoir annulé la commande de deux nouveaux canadaires
04:57quand il était Premier ministre.
04:59Gabriel Attal accuse Jean-Luc Mélenchon de faire du trumpisme.
05:02Qui a raison dans cette histoire ? Vous êtes trumpiste ?
05:04Alors, d'abord, je veux, comme Jean-Luc Mélenchon, remercier les 44 000 sapeurs-pompiers professionnels,
05:11les 200 000 sapeurs-pompiers volontaires de ce pays qui nous permettent de combattre le feu.
05:15Ensuite, M. Jean-Luc Mélenchon a parfaitement raison.
05:19Ce qui s'est passé en 2024, c'est que M. Attal a baissé de 53 millions d'euros,
05:23a gelé, sabré, coupé 53 millions d'euros qui auraient dû servir à commander.
05:28Pour réduire le déficit budgétaire, oui. Il a coupé dans le budget de la sécurité civile.
05:32Mais du coup, qu'est-ce qui s'est passé ?
05:33Il y a deux Canadaires qui auraient dû être commandés en 2024, qui n'ont pas été commandés,
05:37et qui, du coup, n'arriveront qu'en 2033.
05:39Alors que l'Espagne, la Grèce et bien d'autres pays, eux, ont fait les commandes.
05:42Est-ce qu'on manque de moyens aujourd'hui pour lutter contre ces feux ?
05:45Mais bien sûr. Et ça, c'est 10 ans de coupes budgétaires par la Macronie,
05:49par les gouvernements, y compris de M. Attal et de M. Philippe,
05:52qui veulent être candidats à la présidentielle,
05:54mais qui sont responsables, qui ont une lourde responsabilité dans ce qui est en train de se passer.
05:58Par exemple, il y a eu des coupes budgétaires dans l'Office national des Français,
06:03moins 15% d'agents.
06:05Or, c'est eux qui débroussaillent, c'est eux qui surveillent nos forêts
06:07et qui font qu'on a moins de risques d'incendie.
06:11Les sapeurs-pompiers, leur nombre n'a pas augmenté,
06:13alors que le nombre de risques d'incendie a énormément augmenté.
06:17Vous voyez, on a un énorme problème.
06:18On ne peut pas tout couper, tout couper, tout couper.
06:20Ça a des conséquences gravissimes.
06:22Une dernière question plus politique aujourd'hui, Aurélie Trouvé.
06:25La primaire de la gauche n'aura pas lieu.
06:27Ce sera une désignation interne réservée aux adhérents d'UPS et de places publiques.
06:31Est-ce que vous appelez le reste de la gauche à vous rejoindre ?
06:34Quelle partie de la gauche ?
06:35Alors, d'abord, vous l'avez entendu, nous appelons les écologistes,
06:38les communistes à nous rejoindre.
06:40On a un candidat, M. Jean-Luc Mélenchon,
06:42qui est capable de gagner aujourd'hui.
06:44On le sait, face à la Macronie, la droite et l'extrême droite,
06:47nous pouvons gagner.
06:48Et des personnes dont vous étiez assez proche avant,
06:51comme Clémentine Autain,
06:52sont les bienvenues aujourd'hui à la France Insoumise ?
06:53Jean-Luc Mélenchon va les accueillir ?
06:55Tous ceux qui partagent notre programme de rupture sont bienvenus.
07:00Évidemment, nous avons 330 000 soutiens pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
07:06Eh bien, une de plus, tant mieux.
07:07Et j'ai envie de vous dire, pourvu que nous partageons le même projet.
07:11La vérité, c'est qu'on va parler des...
07:14Puisque vous dites jusqu'où ça va.
07:15Il y a beaucoup de responsables socialistes.
07:18Je vous parle bien des responsables socialistes
07:20qui ont fait un choix, un changement d'alliance vers la Macronie,
07:23qui n'ont pas voté les censures.
07:25Là, nous n'avons pas le même projet.
07:26Moi, je leur...
07:27Mais par contre...
07:27Donc vous appelez aujourd'hui,
07:28vous appelez aujourd'hui les écologistes et les communistes à vous rejoindre.
07:31Et y compris...
07:32Merci.
07:32Tous ceux, y compris socialistes, qui veulent un programme de rupture du nouveau Front Populaire.
07:36Merci beaucoup.
07:37Et qui pensent qu'il faut en finir avec ce qui se passe depuis 10 ans.
07:40Merci.
07:41Et nous pouvons gagner.
07:41Merci d'avoir été notre invitée ce matin.
07:44Merci.
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