- il y a 3 semaines
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wittenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.
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00:02Bonjour à tous, bonjour Aurore Berger, on va parler dans un instant des sujets qui concernent votre portefeuille, votre ministère,
00:07mais d'abord en tant que représentante du gouvernement, qu'est-ce qu'il faut comprendre de ce déclenchement du
00:12plan Orsec ?
00:13C'est une première en raison des chaleurs extrêmes qui règnent sur la France.
00:17On est dans une situation qui est absolument exceptionnelle, on a neuf départements qui sont aujourd'hui placés en vigilance
00:22rouge,
00:22ça pourrait s'aggraver dans les jours à venir, le plan Orsec c'est de vérifier département par département qu
00:27'on a partout des îlots de fraîcheur
00:28pour les personnes qui sont les plus vulnérables, c'est-à-dire qu'on travaille avec les mairies, avec les
00:32CCAS, avec les CAF,
00:34en lien avec les services de la préfecture, pour identifier les personnes à la fois plus âgées, les personnes en
00:38situation de handicap,
00:39les jeunes enfants, pour garantir qu'il n'est pas à souffrir trop de la chaleur.
00:43Laurent Berger c'est une réponse en urgence, le Haut Conseil pour le Climat a de réessayer un constat particulièrement
00:47inquiétant,
00:48ces vagues de chaleur, dit ce Haut Conseil, vont s'accentuer à la fois en intensité et en fréquence,
00:53et je le cite toujours, la France n'est pas prête à faire face à ces changements climatiques.
00:59Est-ce que vous partagez ce diagnostic ?
01:01On a une obligation qui est celle de l'adaptation aujourd'hui, c'est plus une exception, en effet, c
01:05'est très forte chaleur,
01:06et puis c'est dérèglement, on peut penser aux inondations qu'on a eues aussi dans le Haut Conseil pour
01:09le Climat.
01:10Il faut en permanence qu'on s'adapte, ce qu'on fait sur la décarbonation des entreprises,
01:14ce qu'on fait sur la question des véhicules, ce qu'on fait sur la question des bâtiments publics,
01:17ce qu'on a fait sur le fond vert, on aura à nouveau tous ces débats, vous savez, dans le
01:20cadre du budget,
01:21et j'espère que tous ceux qui les ont combattus hier seront au rendez-vous demain.
01:25Voilà pour les causes, mais pour les conséquences, est-ce que vous estimez qu'on en a assez fait dans
01:29la préparation,
01:30vous entendez ce procès en impréparation du gouvernement sur la climatisation, par exemple, des hôpitaux, des établissements scolaires,
01:36est-ce qu'il n'y avait pas moyen, lorsque Emmanuel Macron dit qu'on ne pouvait pas imaginer une
01:40telle ampleur des températures,
01:42le GIEC le prévient depuis des années ?
01:44On a un dérèglement, le président de la République a été extrêmement mobilisé,
01:47à des moments où encore on avait des personnes qui doutaient de l'impact humain sur le dérèglement climatique,
01:53on a encore du climato-scepticisme, là je crois que plus personne ne peut douter de ce dérèglement,
01:57ce qui suppose une adaptation globale des bâtiments publics, des collectivités, de l'État, des Français eux-mêmes,
02:02et un accompagnement sur cette adaptation, et c'est exactement ce qu'on va continuer à faire.
02:07Vous parlez donc de l'avenir, on en vient au projet de loi que vous avez présenté hier en Conseil
02:11des ministres,
02:11qui vise à lutter, parce que cela fait partie de vos attributions ministérielles,
02:15à lutter contre le racisme et l'antisémitisme, il existe déjà un arsenal juridique assez important,
02:20pourquoi ? Vous estimez qu'une nouvelle loi était nécessaire, qu'est-ce qu'elle va changer ?
02:23Déjà partir des victimes, et aujourd'hui on a des Français qui nous disent, qui me disent,
02:28qu'ils pensent qu'ils ne sont plus les bienvenus ici, chez eux en France,
02:31parce qu'ils subissent de l'antisémitisme, du racisme dans leur quotidien,
02:35à l'université, sur des boucles WhatsApp, dans les transports en commun, dans leur vie quotidienne.
02:39Et cet antisémitisme raciste qui pourrit la vie du quotidien, il n'était pas appréhendé aujourd'hui dans la loi.
02:44En clair, s'il y avait un tag par exemple qui était fait sur votre porte ou votre immeuble
02:49avec une attaque antisémite ou raciste, c'était appréhendé comme un tag,
02:53peu importe l'inscription qui était mise.
02:54Et là ça va changer ?
02:55Là ça va changer, parce qu'il n'y a pas de petit délit quand on parle de haine,
02:59parce que la haine en permanence elle doit être combattue.
03:01Qu'est-ce qu'on risquera ? Quels seront les nouveaux délits en quelque sorte ?
03:03Eh bien tous ces délits du quotidien, un crachat mais qui est accompagné d'une insulte à caractère antisémite ou
03:08raciste,
03:09un tag par exemple, c'est-à-dire tout ce qui crée une atmosphère qui fait que vous êtes ciblé,
03:13intimidé,
03:13et que vous avez l'impression que finalement vous n'êtes plus le bienvenu chez vous,
03:17c'est-à-dire ici en France.
03:19Et puis évidemment c'est aussi en finir avec l'impunité, une part d'impunité, notamment en ligne.
03:24Aujourd'hui on le voit bien, on a un nouveau continent de haine qui est la haine en ligne.
03:27Mais ça veut dire que vous aurez les moyens de lutter contre cette haine en ligne ?
03:31Aujourd'hui ça repose un peu trop souvent sur la bonne volonté des plateformes.
03:34Donc elles donnent des réponses un peu quand elles le veulent et comme elles le veulent,
03:37avec des réponses qui sont très disparates.
03:39Or personne ne peut ignorer aujourd'hui la haine qui se répand sur les réseaux sociaux,
03:43qui atteint nos enfants, nos adolescents, qui en sont imprégnés,
03:47qui parfois en sont les victimes ou les auteurs.
03:48Eh bien on va utiliser Pharos, Pharos c'est le bras armé de la police et de la gendarmerie,
03:53pour retirer les contenus.
03:54Ils peuvent le faire sur des cas de terrorisme ou de pédocriminalité,
03:58ils pourront le faire demain sur le racisme et l'antimisme.
04:00Ça veut dire que les plateformes ne pourront pas dire non.
04:02Les plateformes seront contraintes, obligées, de supprimer ces contenus haineux.
04:07Madame Berger, votre projet de loi est présenté quelques semaines après la proposition de loi de Caroline Yadant,
04:13une députée de votre famille politique.
04:17Cette proposition de loi qui visait à lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme avait été décriée.
04:22Il y avait eu une pétition qui avait recueilli 700 000 signatures contre cette loi,
04:26notamment parce que dans ces nouvelles formes d'antisémitisme,
04:29elles pointaient l'antisionisme et que certains y voyaient l'empêchement de critiquer par exemple la politique d'Israël.
04:35Est-ce que vous avez en quelque sorte baissé les standards de cette loi pour qu'elle soit plus consensuelle
04:41aujourd'hui ?
04:41Il n'y a pas de standards qui ont été abaissés, il y a un combat à mener.
04:43Comme les objectifs plus exactement.
04:45Il y a un combat à mener, qui est un combat de cohésion républicaine, c'est d'ailleurs le titre
04:48de la loi,
04:49qui est un combat dans la lutte et contre l'antisémitisme et contre le racisme.
04:52Mais sur cette question précise de l'antisionisme, est-ce que la loi Yadant allait trop loin ?
04:57Non, ce n'est pas qu'elle allait trop loin, c'est que là on a changé de méthode.
05:00Un, parce que c'est l'antisémitisme et le racisme et qu'on a voulu avoir cette approche,
05:04qui est une approche universaliste, qui est une approche globale,
05:07en partant de ce que vivent malheureusement les victimes,
05:09en travaillant avec les associations, les collectifs, les magistrats, les associations, les avocats,
05:14qui accompagnent au quotidien ou qui voient au quotidien.
05:15Donc c'était une erreur peut-être de le réduire juste à l'antisémitisme dans un premier temps ?
05:19Je ne suis pas là pour revenir sur le passé.
05:20Il y a eu une proposition de loi, il y a aujourd'hui un projet de loi.
05:24Un projet de loi sur lequel j'ai travaillé avec méthode,
05:26en associant très largement l'ensemble de ceux qui accompagnent les victimes,
05:31en associant les parlementaires, les élus locaux,
05:34de manière à garantir qu'on ait une loi utile,
05:36utile c'est-à-dire qu'ils viennent combler des lacunes
05:38qui ne sont pas aujourd'hui comblées dans l'état de la loi,
05:41et qui viennent mieux protéger les victimes et mieux sanctionner et punir les auteurs.
05:45Madame Berger, est-ce que vous espérez que cette fois-ci,
05:47il y aura notamment à gauche, parce que des partis comme la France Insoumise
05:52étaient violemment opposés à cette proposition de loi de Madame Yadant,
05:55est-ce que vous espérez cette fois-ci un consensus ?
05:57On est dans un moment où on a eu en 2025 1320 actes antisémites,
06:03c'est-à-dire la moitié des actes antireligieux
06:04qui ont concerné moins de 1% de la population française.
06:07Dans un pays qui a connu en 2025 3 homicides racistes,
06:113 tentatives d'homicides racistes.
06:13Donc personne ne peut nier la réalité de l'augmentation massive de l'antisémitisme
06:17et de la permanence du racisme.
06:18À un an de l'élection présidentielle, je crois qu'il faut qu'on soit tous au rendez-vous,
06:23c'est-à-dire qu'on envoie un message clair de cohésion républicaine
06:25qui dise aux Français, à tous les Français, on ne cédera rien face à la haine.
06:30Et c'est la raison pour laquelle j'espère que ce texte sera voté à l'unanimité.
06:33Vous venez de parler de l'élection présidentielle.
06:35Cette semaine a été marquée, bien sûr, par la décision de Marine Le Pen
06:38de concourir à l'élection présidentielle, malgré sa condamnation par la Cour d'appel
06:42dans l'affaire des assistants parlementaires du Front National.
06:45Est-ce que pour vous, est-ce que pour votre camp, est-ce que pour les macronistes,
06:49si l'on peut dire, aujourd'hui encore, c'est une adversaire moins dangereuse
06:55que n'aurait pu l'être Jordan Bardella, si l'on en croit les sondages ?
06:58Quelle était votre préférence ?
07:00Je n'ai pas de préférence à avoir, il y a un combat à mener.
07:02Il y a un combat à mener face au Rassemblement National
07:05et surtout il y a un combat à mener pour démontrer qu'il y a un autre chemin.
07:08Parce qu'une présidentielle, ce n'est pas le camp du refus.
07:11Une présidentielle, c'est quel est le projet qu'on peut mener.
07:13Après, Mme Le Pen, elle a été reconnue coupable.
07:16Coupable par deux fois, en première instance et en cours d'appel.
07:18Elle n'a pas le droit d'être candidate, selon vous ?
07:19Non, moi je rappelle juste les faits.
07:21Elle a été reconnue coupable en première instance et en cours d'appel.
07:24Elle a été condamnée.
07:25La condamnation ne l'empêche pas d'être candidate à la présidentielle.
07:28Elle est donc candidate, c'est donc le passé.
07:30Elle est candidate.
07:31La campagne présidentielle a réellement démarré à partir du moment où on connaît l'adversaire.
07:35Et donc, à nous de proposer un autre chemin.
07:38On connaît l'adversaire, mais on ne connaît pas encore l'autre adversaire.
07:41Enfin, l'un des autres adversaires, celui qui représentera votre famille politique.
07:45On sait bien qu'Édouard Philippe et Gabriel Attal sont tous les deux en campagne.
07:49Est-ce que ça va pouvoir durer longtemps, Mme Berger ?
07:51Ça fait des mois que je plaide pour l'unité et pour le rassemblement.
07:55Ça, ce sont les principes et les mots.
07:57Oui, ce sont les principes et les mots.
07:59Mais plus que des mots, c'est une nécessité absolue.
08:02Face au risque d'avoir un second tour qui se résume à un duel entre le Rassemblement national et la
08:06France insoumise,
08:07on a une responsabilité immense qui est de garantir une candidature unique
08:12et de garantir surtout un projet qui soit un projet.
08:16Moi, je suis au gouvernement.
08:17Je suis là d'abord pour travailler, pour montrer qu'on est utile jusqu'à la dernière minute aux Français.
08:21Je m'exprimerai le temps venu.
08:24Je prendrai toute ma part dans cette campagne présidentielle
08:26parce qu'elle est déterminante et décisive pour l'avenir du pays, l'avenir des Français.
08:30Mais encore une fois, une présidentielle, ce n'est pas uniquement le camp du non et le camp du refus.
08:33C'est à nous de montrer qu'il y a un autre chemin.
08:35Merci beaucoup, Aurore Berger, suite de Télématin.
08:38Merci.
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