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  • il y a 2 jours
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Wiitenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.

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00:01Bonjour Sophie Binet, merci d'être avec nous ce matin.
00:04L'affaire de l'autorisation du travail le 1er mai n'est pas tout à fait terminée
00:08puisqu'aujourd'hui le Premier ministre Sébastien Lecornu doit détailler la solution,
00:13je cite ces mots, qu'il dit avoir trouvés pour les boulangers et les artisans fleuristes.
00:18Il va s'exprimer dans l'après-midi, il va les recevoir précédemment.
00:20Qu'est-ce que vous attendez du Premier ministre ?
00:22Ce que nous attendons du gouvernement c'est qu'il tienne la parole qu'il a donnée aux organisations syndicales
00:28lundi.
00:28Le 1er mai doit rester un jour exceptionnel, férié, chômé et rémunéré.
00:34Pas question d'ouvrir tous azimuts.
00:35Sans exception donc ?
00:37Aujourd'hui les boulangers artisanaux peuvent déjà ouvrir, c'est la raison pour laquelle la situation actuelle est un non
00:43-sens.
00:44Ça fait 80 ans depuis 1947 que la loi est rédigée comme ça et qu'elle ne pose pas problème.
00:49Ce qui intrigue aujourd'hui pour ouvrir ce sont les boulangeries industrielles, c'est la grande distribution.
00:54La proposition de loi de Gabriel Attal c'est la pire attaque contre le 1er mai depuis que le 1er
01:00mai existe.
01:00Parce que son objectif c'est de permettre des ouvertures tous azimuts.
01:04Dans l'industrie agroalimentaire, dans la grande distribution, dans les jardineries, etc.
01:09Vous dites d'accord pour les boulangers mais pas pour les fleuristes, les artisans fleuristes.
01:12Pour quelles raisons ?
01:13Les artisans fleuristes ils peuvent travailler mais ils n'ont pas le droit de faire travailler leurs salariés.
01:17Et pour quelles raisons ? Vous l'acceptez pour les boulangers qui peuvent faire travailler leurs salariés mais pas pour
01:21les fleuristes ?
01:22Parce que pour avoir le droit de faire travailler ses salariés le 1er mai, il faut avoir un motif d
01:26'ordre public,
01:27avoir une activité indispensable à la continuité de la vie sociale et économique.
01:31Je ne crois pas que les fleurs ce soit indispensable à la continuité de la vie sociale et économique.
01:36Et puis encore une fois, après c'est la boîte de Pandore.
01:38Si on laisse les fleuristes, pourquoi est-ce qu'on refuse les jardineries ?
01:41Pourquoi est-ce qu'on refuse les boucheries charcuteries ?
01:43Pourquoi est-ce qu'on refuse les magasins de bricolage ?
01:46Pas question que le 1er mai devienne un dimanche comme les autres alors que le dimanche est maintenant devenu un
01:52samedi comme les autres.
01:53Mais vous admettez aussi que les habitudes de consommation ont changé.
01:57Vous parliez d'une loi qui remonte à 80 ans.
02:00Qu'est-ce que vous répondez par exemple aux métiers de bouche ?
02:03Ils ont une confédération qui s'appelle la CGAD qui regroupe quelques 350 000 commerces
02:07et qui dit qu'il faut qu'il y ait la liberté, que la possibilité d'employer des salariés leur
02:14soit reconnue, y compris le 1er mai.
02:16Qu'est-ce que vous leur répondez à ces professionnels qui sont des artisans encore une fois ?
02:19Ce ne sont pas des grandes entreprises industrielles.
02:21Je leur dis que le 1er mai, ils peuvent ouvrir et que s'ils veulent augmenter leur chiffre d'affaires,
02:26ce n'est pas une ouverture le 1er mai qui va le faire.
02:28Ce qui va le faire, c'est une augmentation des salaires pour pouvoir augmenter la consommation dans le pays.
02:32Si les salaires sont faibles, ouvrir un jour ou plus, ce n'est pas ça qui va changer le chiffre.
02:37Les Français, d'autre manière, n'ont pas d'argent.
02:39Donc ce qu'il faut mettre à l'ordre du jour, c'est l'augmentation des salaires.
02:42Et j'appelle Gabriel Attal, Bruno Retailleau et tous leurs amis à s'intéresser enfin aux vrais problèmes du pays
02:48et à cesser leurs instrumentalisations politiciennes sur cette grande conquête qu'est le 1er mai.
02:53Aujourd'hui, cette question est un non-sens.
02:55Ce qu'il faut mettre à l'ordre du jour, c'est un nouveau jour férié.
02:58La France et les pays européens qui est en dessous de la moyenne européenne en termes de nombre de jours
03:02fériés.
03:03Ce que nous voulons, par exemple, c'est que...
03:04Mais pas en termes de congés payés, par contre.
03:06Non, mais sur les jours fériés, on a 11 jours fériés en moyenne contre 12 en moyenne en Union européenne.
03:10Et donc, nous voulons un nouveau jour férié, le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes,
03:14qui doit devenir, comme le 1er mai, un jour férié, chômé et rémunéré.
03:19Voilà ce qu'il faut mettre à l'ordre du jour.
03:20Sophie Binet, autre sujet d'actualité, l'usine Stellantis de Poissy dans les Yvelines,
03:24la dernière en région parisienne à fabriquer encore des véhicules.
03:28On l'a appris hier, on l'a confirmé, car c'était dans l'air.
03:31Va arrêter cette production fin 2028 pour se concentrer sur de la fabrication, notamment de pièces détachées.
03:38Évidemment, les syndicats ont réagi avec beaucoup de déceptions.
03:42Quelle est votre réaction, vous, à cette annonce ?
03:44Assez très grave.
03:45Sachant que, je précise, pardon, que la direction prévoit de garder plus de 1 000 emplois,
03:501 200 emplois selon les différents chiffres.
03:52Oui, mais elle prévoit d'en supprimer 1 000 emplois directs.
03:55Avec beaucoup de départs à la retraite.
03:56En tout cas, c'est 1 000 emplois directs en moins et 3 000 à 4 000 emplois indirects en
04:00moins.
04:00Poissy, c'est la dernière usine de fabrication automobile en Ile-de-France.
04:04Et ce qu'on sait, c'est qu'une usine qui ne produit pas de véhicules automobiles,
04:08c'est une usine qui est promise à la fin et à la fermeture.
04:12Donc, ça veut dire que...
04:14Mais si on laisse la direction faire ça, oui, c'est le chemin vers la fin de Poissy.
04:19Poissy, je rappelle, en 1970, c'était quasiment 30 000 ouvriers à Poissy.
04:24Mais toute l'industrie automobile européenne, vous en êtes consciente,
04:27a vu ses effectifs.
04:28Volkswagen, par exemple, en Allemagne, a vu ses effectifs fonds.
04:31Il y a une concurrence chinoise qui est aujourd'hui extrêmement forte.
04:34Tout à fait.
04:35Donc, qu'est-ce que vous préconisez ?
04:36Plus de taxes, par exemple, comme le font les États-Unis,
04:39sur l'importation de véhicules chinois ?
04:40Tout simplement sur la question de Stellantis.
04:43L'État est actionnaire et donc il doit immédiatement convoquer le PDG de Stellantis,
04:47le ministre de l'Industrie,
04:49et lui imposer de produire un véhicule à Poissy
04:52pour maintenir une production de véhicules.
04:54Et ensuite, la situation de l'automobile en France,
04:57qui est catastrophique.
04:58On ferme des usines tous les jours en France,
05:00dans le secteur de l'autonomie.
05:01Et en France en particulier, elle n'est absolument pas inéluctable.
05:04Elle est liée aux choix scandaleux de Renault et Stellantis,
05:07qui ont décidé de plier bagages et qui ne font plus le jeu du Made in France.
05:11Ils passent leur temps à délocaliser pour aller produire ailleurs.
05:14Et puis, c'est lié à l'incompétence de l'État,
05:16qui continue d'arroser les constructeurs d'aides publiques,
05:19mais qui ne leur impose aucune contrepartie.
05:21La contrepartie, ça doit être le Made in France.
05:23Il y aura des mots d'ordre de grève à l'usine de Poissy ?
05:27C'est ce que vous avez demandé ?
05:29Il y a une journée d'action la semaine prochaine.
05:31Les ouvriers et les ouvrières seront en grève.
05:33La CGT va les soutenir dans la mobilisation.
05:35Il faut absolument que la direction revienne en arrière
05:38et sorte un véhicule qui soit produit à Poissy.
05:42Sinon, Poissy va fermer.
05:43Sophie Bignet de l'industrie automobile aux carburants.
05:45Il n'y a qu'un pas.
05:46Vous demandez, par rapport à cette hausse du prix des carburants
05:50liée à la guerre au Proche-Orient, un blocage des prix.
05:54Comment on fait, par exemple, pour, c'est ce que vous préconisez,
05:57avoir un gasoil et une essence à 1,70 € sans tenir compte,
06:021,70 € maximum, c'est votre préconisation,
06:04des importations, du prix, du raffinage.
06:08Comment on fait concrètement pour aboutir à cela ?
06:10On bloque les profits.
06:11Le problème, c'est les profits colossaux et les marges colossales des pétroliers.
06:17Je rappelle que Total, l'année dernière, c'est 13 milliards de profits.
06:21Cette année, uniquement sur le mois de mars, c'est 1 milliard
06:23parce qu'ils ont spéculé sur la crise, c'est inacceptable.
06:26Ce sont des procédures de guerre.
06:28Et donc, en taxant ces entreprises, on baisse le prix du carburant pour les Français ?
06:30C'est bloquer les prix que les pétroliers ne puissent pas vendre l'essence et le gasoil
06:36plus qu'un certain prix aux distributeurs,
06:38de façon à ce que le prix soit bloqué à 1,70 €,
06:41qui était le prix avant la crise.
06:43Et avant la crise, ils avaient quand même 13 milliards de profits.
06:47Sans tenir compte même de la nature du carburant,
06:49puisqu'on sait, par exemple, que le gasoil coûte plus cher aujourd'hui
06:52parce qu'il n'est pas raffiné de la même façon que l'essence.
06:53Tout ça parce qu'on a laissé fermer la moitié de nos raffineries en France.
06:57Ça, c'est aussi des choix publics et financiers qui sont catastrophiques.
07:01Oui, c'est faisable.
07:02Et dans les années 90, pendant la guerre du Golfe,
07:04l'État avait fait ça.
07:05Ça avait très bien fonctionné.
07:06Il n'y avait pas eu de pénurie.
07:08C'est la seule mesure efficace et qui ne coûte rien aux finances publiques.
07:11La CGT appelle à la grève ses salariés
07:13dans quelques 200 stations totales,
07:15notamment sur les autoroutes.
07:17Pour quelle raison ?
07:19Parce que les salariés de ces stations-services,
07:22mais comme tout le monde, payent plus cher leur carburant.
07:24Mais vous voulez quoi ? Donnez l'exemple, en quelque sorte ?
07:26En fait, ce sont les coordonniers les plus mal chaussés.
07:28C'est-à-dire que même les salariés de Total n'ont pas d'aide
07:31pour faire face à cette explosion du prix du carburant.
07:33Donc, ce qu'il faut mettre à l'ordre du jour,
07:35c'est une augmentation de tous les salaires.
07:37Nous demandons au gouvernement un coup de pouce immédiat au SMIC.
07:40Nous demandons au gouvernement d'indexer tous les salaires sur les prix.
07:43Nous demandons au gouvernement une mesure spécifique pour les aides à domicile
07:47qui n'en peuvent plus, qui n'ont eu aucune prise en charge
07:50et dont les salaires sont bloqués à cause du gouvernement.
07:53Merci beaucoup Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
07:55Et c'est la suite de Télématin. Merci.
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