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  • il y a 8 minutes
Chaque week-end, Dominique Tenza vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00C'est évidemment l'autre grand titre de cette journée, la guerre en Iran en 77e jour et un cessez
00:07-le-feu entre Téhérin et Washington qui semble ce soir de plus en plus précaire.
00:10Preuve en est cette nouvelle menace du président américain, je peux tout anéantir en deux jours. Faut-il le prendre
00:16cette fois au sérieux ?
00:18Ce n'est pas la première menace du genre mais on sait qu'avec le président Donald Trump, il faut
00:21toujours écouter ce qu'il dit, il faut toujours lire ce qu'il écrit.
00:25On va l'écouter d'ailleurs, Donald Trump, il s'exprimait depuis son avion à son retour de Chine.
00:32On a seulement détruit un pont parce qu'ils se sont mal comportés. Mais il y a encore des ponts
00:37qu'on peut détruire. Nous pouvons détruire leurs ponts et leurs réseaux électriques. En deux jours, on peut tout détruire.
00:44En deux jours, on peut tout détruire, Ulysse Gosset. L'idée c'est quoi ? C'est de dire vous
00:48n'avez encore rien vu ?
00:49C'est surtout de dire aux Iraniens, il est temps enfin de trouver un accord sur le nucléaire en particulier.
00:55Et sinon, effectivement, Trump menace à nouveau de façon extrêmement imagée, de la même manière qu'il l'avait fait,
01:01vous vous souvenez, lorsqu'il menaçait de détruire la civilisation persane.
01:05De la réduire à l'âge de pierre.
01:07Exactement. Poussière, à l'âge de pierre. Des formules qui évidemment font choc, mais qui ne recouvrent pas forcément une
01:15réalité.
01:16Mais ce qui est certain, c'est que Trump, en arrivant ce soir à la Maison-Blanche, dans la nuit
01:21pour nous, mais à Washington, il va devoir réunir assez vite, après quelques heures de repos,
01:27ses principaux conseillers et notamment le chef d'état-major, pour décider la suite qu'il entend donner à ce
01:33conflit qui, pour l'instant, je ne dirais pas être au point mort,
01:36mais est dans une phase, je dirais, minimaliste et qui pourrait reprendre.
01:40Donc la question ce soir, c'est que va décider Trump alors qu'il revient d'un voyage en Chine
01:44qui était certes spectaculaire, avec beaucoup de fastes, un grand banquet, des promenades dans les jardins secrets de la cité
01:53interdite,
01:53mais avec assez peu de résultats apparents. Et donc, il est de retour, je ne dirais pas au point de
01:58départ, mais de retour face à l'impasse de la guerre face à l'Iran.
02:03Et avec, sur son bureau, dans le bureau Oval, ce dossier Opération Massu, Bertrand Gallichet, c'est le nom qu
02:10'il a donné à cette nouvelle phase de la guerre qu'il pourrait déclencher,
02:14il pourrait, avant même d'arriver à Washington, donner l'ordre de frapper l'Iran ?
02:18Tout est possible, c'est assez improbable. Le changement de nom, vous le savez, c'est un peu un artifice,
02:24notamment à l'attention du Congrès,
02:27pour gagner du temps et pour se redonner une nouvelle bouffée d'oxygène pour prolonger la guerre.
02:33Mais ce qui me paraît intéressant ce soir, c'est qu'au fond, il est confronté maintenant à une situation
02:40où il n'a plus d'alibi pour ne pas décider.
02:43Jusqu'à sa rencontre avec Xi Jinping, il pouvait arguer ou laisser entendre que c'était un rendez-vous tellement
02:51important
02:52que rien ne pouvait se décider avant et qu'il pouvait espérer un appui des Chinois.
02:58C'est d'ailleurs ce qu'on avait dit sur ce plateau. Soit il termine la guerre avant la Chine,
03:01soit il ne fera rien avant de revenir de Chine.
03:03Voilà, mais l'idée était quand même, la plus partagée, était d'imaginer qu'il allait attendre quand même ce
03:08rendez-vous qui était très important
03:10et surtout d'avoir le retour du président chinois sur l'avenir de la région et savoir comment les Chinois,
03:17au fond, allaient s'engager ou pas dans cette situation.
03:21En réalité, on comprend bien qu'il n'a quasiment rien obtenu, en tout cas rien d'affiché.
03:27Et puis très vraisemblablement, compte tenu du contexte, il ne faut rien espérer.
03:32Lui n'a rien à espérer de la partie chinoise.
03:34Donc maintenant, il est face aux précipices ou face aux murs, comme on voudra, en tout cas face au détroit
03:40d'Hormuz.
03:41Et il faut qu'il trouve une solution, soit pour négocier avec les Iraniens, soit pour lancer une opération militaire,
03:47mais cette fois avec un gain stratégique au bout, pas seulement pour détruire des infrastructures,
03:52pas seulement pour aller bombarder des missiles ou des drones.
03:56Alors pourrait-il ordonner Donald Trump des frames dans les heures qui viennent ?
03:59Écoutez ce qu'en pense le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Arachi.
04:05Ce n'est peut-être pas forcément une bonne idée.
04:08Je pense que le meilleur chemin est celui de la diplomatie.
04:12Il n'y a pas de solution militaire.
04:15Je pense que les États-Unis devraient comprendre cela.
04:20Ils nous ont fait face au moins deux fois.
04:23Et ils sont arrivés à un moment où ils n'ont pas de solution militaire.
04:28Ils n'ont pas pu accomplir leurs différents buts à travers le conflit armé.
04:35Mais s'ils veulent essayer la diplomatie, nous sommes déjà partie prenante.
04:40Ils ont essayé deux fois, dit Abbas Arachi, en juin dernier, et puis en février.
04:46Et l'Iran est encore là, Daniel Kahn-Bendit.
04:48Vous êtes d'accord avec lui ou il est d'accord avec vous ?
04:50Je ne sais pas. La seule voie possible, c'est la diplomatie.
04:52Je ne suis pas d'accord avec lui.
04:54Tout à l'heure, vous nous disiez qu'il n'y avait pas de frappe possible et que la seule
04:57voie, aujourd'hui, c'était la discussion.
04:59Mais le problème, il peut frapper.
05:00Qu'est-ce qu'il nous a dit ? Il peut détruire encore des ponts.
05:03Oui, mais ça ne changera rien.
05:06L'impasse dans lequel il est, il n'a pas de solution militaire.
05:10À pas envoyer 50 000, 100 000 soldats.
05:13Et ça, il ne peut pas.
05:15Et encore, je rappelle, il y a eu un vote à la Chambre hier et au Sénat.
05:22Il a, à la Chambre, ils ont eu 212 contre 212 voix.
05:26C'est-à-dire qu'il est pratiquement bloqué.
05:28Et que s'il envoie, s'il fait une intervention militaire qui ne servira à rien.
05:33Et on se retrouvera ici en disant, voilà, il a bombardé.
05:36Et il a dit qu'il a tout détruit.
05:38Et évidemment, la CIA, qui sort des informations aux opposants, diront, il n'a rien détruit du tout.
05:45Et on recommencera.
05:47Et au Sénat, 3 sénateurs ont déjà voté contre lui.
05:51Le quatrième est en train de réfléchir.
05:54Donc, je dis, même s'il bombarde, ça ne servira à rien.
05:59Donc, il faut qu'il trouve un accord.
06:02Alors, quel accord ? Comment ? J'en sais rien.
06:06Mais, je veux dire, sa vantardise, il tape dans le mur.
06:10Il est dans le mur.
06:11Il est, le roi est nu.
06:13Trump est nu dans sa stratégie sur l'Iran.
06:16C'est du baratin, tout ce qu'il raconte.
06:18Et je reste, je persiste et je signe.
06:20Et vous pouvez tout dire.
06:21Il va faire l'opération massue, hyper massue, hyper hyper massue.
06:25C'est lui qui a appelé ça comme ça.
06:27Oui, oui, non, mais je dis, on dit toujours.
06:29Mais le problème, c'est qu'on ne peut plus le prendre au sérieux.
06:33Ça ne veut pas dire qu'il fera quelque chose.
06:34On ne peut plus le prendre au sérieux.
06:36Il raconte des bobards.
06:38On fait quoi alors ? Pardon, on fait quoi, Olivier Lasmol ?
06:40On attend et on voit ce qui se passe ?
06:42Il faut quand même bien voir qu'on repart dans une dialectique qu'on voit depuis des semaines.
06:48On pensait que, revenant en Chine, ça finirait par passer.
06:52Finalement, on a vu que, reprendre encore le mot de Raymond Aron,
06:55la diplomatie du vœu pieux, les États-Unis ont entendu ce qu'ils voulaient entendre.
07:00Et on repart sur, une fois de plus, ce poker menteur,
07:03où on a les États-Unis qui vont dire, je vais encore bombarder.
07:07L'Iran qui dit, vous n'avez pas intérêt, sinon il va vous en cuire.
07:11Donc, on repart dans ces dialectiques.
07:14Sauf que, derrière, l'Iran a continué à avancer ses pions dans le Détroit avec ce péage.
07:21Et il a commencé à démontrer qu'il le maintenait sous sa coupe.
07:25Il arrivait à filtrer les navires.
07:28Alors, on voit bien, on va parler.
07:29Et même à faire payer certains navires, puisqu'on sait que certains pays payent 2 millions de dollars, je crois,
07:36pour laisser passer le navire.
07:37C'est un chiffre qui circule.
07:38En fait, surtout, ils exercent un contrôle aujourd'hui, mais le paiement est très parcimonieux, de ce que je comprends.
07:45Mais pour moi, les Américains, ils ont trois options aujourd'hui.
07:47La première, c'est détruire pendant, on va dire, une semaine, dix jours,
07:52mais avec le risque de ne pas maîtriser l'escalade, en fait.
07:55Et donc, de se mettre encore plus à dos l'Arabie Saoudite, Qatar, Émirat, etc.,
07:59qui n'ont plus maintenant d'armes défensives pour pouvoir se défendre.
08:02Donc, il n'y a pas assez de stock de missiles défensifs.
08:04La seconde option, c'est une opération spéciale de communication pour aller reprendre les 450 kg d'uranium enrichi avec
08:13Israël,
08:13en mettant Israël en avant, qui prendrait les risques, pas les Américains,
08:17mais ce seraient certainement des forces spéciales israéliennes qui iraient, avec un appui américain autour.
08:24Et puis, la troisième solution, c'est une forme, moi, je dirais, de délégation, de négociation à la région,
08:29et aussi à cette future coalition française, anglaise et asiatique qui est en train de se profiler.
08:35C'est-à-dire que Trump, en fait, garderait une pression minimale dans la zone et dirait aux Anglais, aux
08:40Français,
08:40« Écoutez, débrouillez-vous, moi, j'ai gagné. »
08:43Il ferait passer le message à Fox News qu'il a gagné d'une façon ou d'une autre.
08:46Et puis, pendant ce temps-là, on remplirait, nous, le vide pour pouvoir négocier quelque chose à minima avec les
08:51Iraniens.
08:52Donc, voilà pour moi les trois scénarios qui sont réalistes.
08:55– Bonsoir, amiral Jean-Louis Vichaud. Vous êtes ancien chef de mission militaire auprès de l'OTAN,
09:00ancien commandant de sous-marins nucléaires.
09:02« Je peux tout détruire, anéantir en deux jours », dit ce soir Donald Trump.
09:06Est-ce qu'il faut le prendre au sérieux, le président américain ?
09:09– Le prendre au sérieux, ça reviendrait à envisager une attaque nucléaire.
09:15On n'en est pas là. Je pense que cette déclaration est une nouvelle fois une déclaration à l'emporte
09:22-pièce.
09:24Il peut, c'est certain, agir avec les moyens dont il dispose encore dans le golfe de Mans aujourd'hui,
09:31dans le golfe arabo-persique. Il peut agir, il peut attaquer les Iraniens,
09:36il peut reprendre les hostilités, ça c'est absolument certain.
09:39Maintenant, tout anéantir, pour moi, c'est absolument redeporté.
09:42– Donc dix jours, deux jours, est-ce qu'il doit frapper le président américain
09:48pour sauver la face et pour sortir de cet impasse dans lequel nous sommes depuis maintenant,
09:53dans lequel le monde est plongé, j'ai envie de dire, depuis maintenant plus de deux mois et demi ?
09:57– Je ne pense pas qu'il faille envisager cette extrémité.
10:02Je pense que ce qui serait certainement utile de le faire,
10:07c'est de rétablir le fait que les Américains sont capables effectivement
10:11de s'en prendre aux moyens iraniens qui eux-mêmes essaieraient de s'attaquer
10:16aux bâtiments, aux navires de commerce qui passeraient dans le golfe arabo-persique,
10:21ça c'est absolument certain.
10:22Mais à ce moment-là, il faudrait qu'ils décident de prendre l'auto par les cornes
10:26et effectivement d'agir.
10:29Par exemple, le fait qu'on ait vu récemment des vedettes iraniennes en grand nombre
10:35qui ont évolué impunément dans la partie nord du Détroit,
10:40c'est extrêmement surprendre quand on connaît les moyens dont les Américains disposent.
10:45C'est de la même façon il n'y a pas longtemps, c'est-à-dire hier,
10:49les Iraniens ont abordé et, si j'ose dire, dérobé un navire de vive force
10:57en mettant des hommes à bord et en le ramenant vers l'Iran.
11:00Ça aussi, c'est absolument incompréhensible alors que ce bateau-là
11:03se trouvait dans la zone d'opération américaine.
11:06Donc manifestement, les Américains avaient jusqu'à présent,
11:08et probablement à cause de la visite de leur président en Chine,
11:13des consignes pour ne pas intervenir ou intervenir à minima
11:15et seulement s'ils étaient attaqués.
11:17Maintenant, si les Iraniens sont décidés à ne rien faire
11:21et continuent à maintenir des agressions et de la pression sur le trafic,
11:28il est certain que les Américains vont devoir répondre
11:31et intervenir à leur tour pour empêcher les Iraniens
11:36de continuer à bloquer le Détroit.
11:38Ce qui est important, c'est de débloquer le Détroit.
11:40– Comment on répond ? Dans ces cas-là, vous dites « répondre ».
11:45On avait évoqué trois scénarios qui avaient été présentés à Donald Trump
11:49par le Pentagone il y a quelques jours, quelques semaines maintenant,
11:52ça remonte.
11:53L'une des possibilités, c'était des frappes courtes, puissantes, efficaces.
11:59– Oui, mais des frappes courtes, puissantes et efficaces.
12:03Il faut avoir un certain nombre d'objectifs à se mettre sous la dent.
12:07Il faut avoir fait le repérage de ces objectifs.
12:10À ce moment-là, il faut effectivement aller les frapper.
12:13Ça, c'est possible, mais ce moment-là, c'est une opération de grande envergure
12:18qui va impliquer les deux groupes de porte-avions qui sont dans la zone,
12:21qui va impliquer les avions basés à terre qui sont également dans la zone.
12:24Et là, il faut s'en prendre, à mon avis, à tous les moyens militaires
12:29qui se trouvent au nord du Tétroit d'Harmouz,
12:32c'est-à-dire le long du rivage du Tétroit d'Harmouz, sur la partie iranienne.
12:35Et ça, c'est possible.
12:37Mais pour ça, il n'est pas nécessaire d'aller démolir Téhéran.
12:42– Restez avec nous, Amiral, ce qui inquiète, on le disait aussi,
12:44Olivier Lasmolle, certains hauts responsables américains,
12:47certainement de nombreux dirigeants du monde entier.
12:50C'est cette information selon laquelle l'Iran a rétabli l'accès
12:52à 30 des 33 sites de missiles que le pays maintient le long du Tétroit d'Harmouz.
12:58Ça veut dire que le Tétroit d'Harmouz, il est encore aujourd'hui
13:02particulièrement verrouillé aux mains des Iraniens ?
13:05– Ah mais ce que je vous dis depuis tout à l'heure,
13:07c'est qu'ils ont gagné sur cette partie.
13:09Le péage, ils ont verrouillé, l'armée américaine a bombardé les rives.
13:16Ça n'a pas empêché, quelques semaines après, d'avoir,
13:19je dis quelques semaines, quelques jours après,
13:20d'avoir un nouveau des missiles qui étaient pointés vers le Tétroit.
13:23Donc, on tourne en rond, on tourne en rond.
13:26Alors, il y a bien le groupe aéronaval qui est en positionnement
13:30dans la mer d'Arabie en ce moment,
13:32qui peut avoir un rôle politique encore à jouer aujourd'hui,
13:35mais ça va dépendre de ce que l'Iran va vouloir,
13:38à savoir un accord ou pas.
13:41– Amiral, vous êtes encore avec nous.
13:43On débloque le Tétroit, on y va par la force,
13:47on y va avec quels moyens ?
13:48– Avec les moyens qui sont présents sur zone.
13:51Il y a encore beaucoup de moyens américains présents sur zone
13:53et qui sont parfaitement capables de s'en prendre
13:55aux moyens que les Iraniens peuvent mettre en face,
13:58aussi bien les drones que les missiles que les vedettes rapides.
14:01Donc, ça, c'est parfaitement possible.
14:04Maintenant, il faut simplement voir quels moyens
14:08les Américains sont prêts à y consacrer.
14:11Et moi, je ne connais pas l'état de leurs stocks.
14:14Toutes les hypothèses sont dans la nature.
14:16D'ailleurs, les stocks de part et d'autre,
14:18on ne connaît pas plus les moyens américains
14:21que les moyens iraniens.
14:23On sait simplement que tous les deux,
14:24on a essayé de recompléter leurs stocks
14:26depuis les dernières opérations de grande envergure.
14:29Mais je pense, personnellement,
14:32que les Américains sont encore capables
14:33d'infliger des démarches extrêmement sévères aux Iraniens
14:37et de les empêcher de s'en prendre aux bateaux
14:39qui traverseraient dans le détroit d'Ormose.
14:42Mais ces bateaux-là, en tout cas au début,
14:45ce sont nécessairement des navires de commerce
14:48qui seront accompagnés par des bateaux militaires
14:50et protégés par des avions, des hélicoptères,
14:53enfin, toute la panoplie, comme on l'a déjà vu.
14:56Les Américains ont prouvé qu'ils pouvaient passer
14:58le détroit d'un compagnon des bâtiments de commerce
15:01qu'ils protégeaient.
15:03Maintenant, ce ne sera pas une situation pérenne,
15:06sauf si les Iraniens jettent l'éponge
15:10et n'ont plus de moyens militaires à y consacrer.
15:14Tout le problème, c'est que reste-t-il de part et d'autre
15:18comme vecteur, comme obus, comme drone, comme missile.
15:23C'est ça la vraie question.
15:25On va s'y intéresser justement dans un instant,
15:27mais encore un mot sur le détroit, Olivier Benhamou.
15:29Les Iraniens disaient il y a quelques jours,
15:33finalement, c'est quelque chose qui est aussi important
15:36pour nous que l'arme nucléaire.
15:39Ils ne vont pas lâcher le détroit comme ça ?
15:43Non, non, c'est sûr.
15:44Et c'est Mickaël Benhamou et pas Olivier,
15:45c'est pour ça que vous avez rigolé.
15:47J'en suis navré.
15:49Non, en fait, je suis d'accord avec l'amiral,
15:52c'est très intéressant ce qu'il disait.
15:54Déjà, je suis capitaine,
15:55donc je suis forcément d'accord avec l'amiral.
15:58Mais en fait, on sent que le dispositif américain
16:02passe d'un dispositif de destruction
16:03à un dispositif de pression.
16:05Ils ont perdu un porte-avions.
16:07Il y en a un deuxième qui est en train de partir,
16:10certainement, qui est le Lincoln, en fait,
16:12qui est en mer depuis 140 jours.
16:13Ils n'ont pas perdu un porte-avions.
16:14Ils ont retiré un porte-avions.
16:16On pourrait croire qu'il a été coulé.
16:17Non, non, non.
16:18Ce n'est pas le cas.
16:19Il n'a pas été coulé, effectivement.
16:20Malgré les images de propagande iraniennes,
16:22je ne sais plus qu'elles sont capables aujourd'hui
16:23de couler des porte-avions.
16:23Ils ont choisi de retirer un porte-avions.
16:25Il y en a un autre qui arrive.
16:27Alors, c'est-à-dire, quand ?
16:30Dans les semaines qui viennent,
16:31dès que Trump leur a décidé.
16:34Effectivement, Trump, en ce moment,
16:35est en train d'accélérer la rotation de ses porte-avions.
16:40En accélération de rotation,
16:43on ne sait pas exactement quand ils arrivent.
16:45Est-ce que c'est en juillet ?
16:46Est-ce que c'est en septembre ?
16:47Mais c'est vrai que Trump met la pression sur sa marine.
16:49Ça, je suis d'accord.
16:49Mais à court terme, en tout cas,
16:51dans les semaines à venir,
16:52les Américains risquent de n'avoir plus
16:54qu'un seul porte-avions dans la zone,
16:56ce qui, quand même, limite les options du président Trump.
16:59Deuxièmement, on pensait que le boxeur,
17:00vous savez, c'est ses 2500 Marines et forces spéciales,
17:03allait arriver sur zone dans le golfe Persique.
17:05Et en fait, apparemment,
17:07il se dirige vers l'Australie.
17:08Donc, on a un peu de mal à comprendre
17:12la façon dont les Américains font évoluer
17:13leur dispositif naval.
17:15Très franchement, moi, j'ai beaucoup de difficultés
17:16à comprendre ce qu'ils veulent faire.
17:20On cherche à donner des options aux présidents américains
17:22et en même temps,
17:23on lui retire des moyens dans la zone.
17:25C'est un peu compliqué aujourd'hui,
17:27vraiment, d'anticiper ce qui va se passer
17:29dans les semaines à venir quand même.
17:30Amiral, est-ce que vous y voyez, Amiral ?
17:31Vous y voyez plus clair, vous,
17:32sur le jeu, justement, dont parlait Michael Benhamou ?
17:35Le jeu des bateaux, on les retire, on les remet ?
17:37Alors, on est effectivement
17:38dans une période de relève sur zone.
17:40C'est parfaitement clair.
17:42Le Ford avait atteint, j'ose dire,
17:44sa date limite de consommation.
17:46Il est retourné au port base
17:48parce qu'il n'en pouvait plus.
17:49Ça, c'est parfaitement clair.
17:51Mais le Lincoln, il est relativement frais,
17:54si j'ose dire, sur zone.
17:55Ça fait juste quelques mois qu'il est là.
17:57Et le Bush vient d'arriver.
17:59Et puis, actuellement, vous en avez deux
18:02qui sont en train de se préparer à appareiller,
18:04un sur la côte du Pacifique
18:06et un autre sur la côte de l'Atlantique.
18:08Donc, ces deux bateaux-là,
18:10ils sont à échéance de quelques semaines.
18:13Donc, la relève est assurée
18:15dans le golfe arabo-persique,
18:17si on considère les moyens de la marine américaine.
18:21En ce qui concerne les bâtiments de débarquement,
18:26bien malin qu'il peut savoir
18:27quels sont les ordres qu'ils ont actuellement en place.
18:30Ce qu'on sait, c'est qu'il y a effectivement
18:32un groupe amphibie qui paraît à évoluer.
18:36Et là encore, les Américains
18:39ne vont certainement pas se répandre sur les radios
18:43pour dire qu'est-ce qu'ils vont faire à brève échéance,
18:45surtout s'ils préparent une opération.
18:47En tout cas, pendant ce temps-là,
18:48le ministre des Affaires étrangères, Iran,
18:50et encore lui, Abbas Arachi,
18:52affirme que le Détroit,
18:54en dépit des images et de ce qui nous parvient,
18:56affirme que le Détroit est ouvert.
18:58Écoutez-le.
18:59Nous voulons qu'il soit ouvert.
19:04Le Détroit est ouvert.
19:07Tous les navires peuvent passer,
19:08à l'exception des navires
19:10qui appartiennent aux pays
19:12qui sont en guerre contre nous.
19:14Il y a également le blocus américain,
19:17une insécurité dans la région,
19:19du fait de l'agression américaine.
19:22Évidemment, la situation ne ressemble pas
19:24à celle qui prévalait.
19:27Dès que l'agression prendra fin,
19:30je suis certain qu'il y aura un retour à la normale.
19:34Bon, Ulysse, le Détroit reste ouvert pour les amis,
19:37pas pour les ennemis de l'Iran.
19:39Écoutez, prenons un peu de recul
19:41par rapport à ce qui est dit.
19:41Oui, le Détroit d'Ormousse n'est pas ouvert.
19:44Il reste bloqué.
19:45Il y a deux blocus, l'américain et l'iranien.
19:47Ce qui est vrai, c'est que les Américains
19:49laissent passer quelques bateaux,
19:50ou en tout cas, guident certains bateaux vers la sortie,
19:52et l'Iran, effectivement, donne le feu vert
19:54à certains bâtiments.
19:55Et c'est là où ça devient intéressant.
19:57Il faut prendre en compte le facteur chinois.
19:59Les Iraniens ont annoncé
20:00qu'ils allaient laisser passer des navires chinois.
20:03Alors, on ne sait pas exactement
20:05combien ça va coûter,
20:06quelles sont les conditions, etc.
20:08Mais le fait est qu'ils laissent passer des navires chinois.
20:10Or, Trump revient de Chine.
20:13Vous imaginez qu'il y ait une action militaire iranienne
20:16qui touche des bateaux chinois,
20:18ou qu'il y ait même une action américaine
20:19qui touche des bateaux chinois,
20:21alors que Trump a invité Xi Jinping
20:24à venir à Washington le 24 septembre prochain.
20:26C'est à la fois très loin et très court.
20:28Donc, si vous voulez, une reprise des combats...
20:30Ce qui rend donc, si je vous suis bien,
20:32une reprise impossible des combats demain.
20:34Alors, il ne faut jamais dire jamais, évidemment.
20:36C'est comme en politique.
20:36En tout cas, de plus en plus périlleuse.
20:38Mais, si vous voulez,
20:39imaginez qu'il y ait une reprise des combats,
20:40ça toucherait donc des navires chinois,
20:42alors que les Chinois veulent continuer
20:44à importer du pétrole iranien.
20:46Donc, on est dans un...
20:47Moi, j'aime bien l'expression selon laquelle
20:49il y a des ombres chinoises maintenant
20:50qui sont au-dessus du Golfe,
20:51et qu'il faut en tenir compte
20:54parce que la Chine apparaît aujourd'hui
20:57comme quasiment la seule grande puissance
20:59qui puisse trouver une solution,
21:01une issue à cette crise.
21:02Elle en a besoin,
21:04pour des raisons économiques évidentes.
21:05Elle en a la capacité
21:07pour des raisons politiques évidentes.
21:09C'est une puissance qui s'affiche aujourd'hui
21:10comme une puissance raisonnable
21:11alors qu'elle est en train de devenir
21:13la superpuissance du XXIe siècle
21:15sur le plan économique,
21:17sur le plan militaire, surtout.
21:19Donc, les Chinois, de mon point de vue,
21:21laissent un petit peu, pour l'instant,
21:22les choses avancer,
21:24comme elles le pourront,
21:25mais avec une idée,
21:27c'est de proposer à terme
21:29une solution en particulier
21:31qui pourrait passer par les Nations Unies.
21:33Et ça, on en parle depuis maintenant
21:34plusieurs jours
21:35parce qu'il y a des résolutions
21:37qui sont préparées
21:37par des pays comme la France,
21:40mais pas seulement,
21:41et qui pourraient obtenir
21:42le soutien de la Chine, justement,
21:43et même de la Russie
21:44et pourquoi pas des États-Unis
21:46pour créer cette fameuse force
21:47de sécurisation du Détroit à terme.
21:51Alors, on n'y est pas,
21:52mais on voit bien que les choses
21:53se mettent en place.
21:54On voit bien que le Charles de Gaulle
21:55n'est pas loin.
21:56Alors, il n'est pas dans le Détroit d'Hormuz,
21:57mais il n'est pas loin.
21:58Il est sur zone,
21:59dit la ministre déléguée.
22:01Et dans ce contexte-là,
22:03est-ce que Trump peut prendre ce risque
22:06de tout balayer
22:07avec les conséquences
22:09pour l'économie mondiale
22:10qui seraient encore pires
22:11qu'elles ne le sont aujourd'hui ?
22:12Alors, on parlait, justement,
22:12vous évoquiez la France.
22:13Le Charles de Gaulle,
22:14Jérôme Poirot,
22:15les pays amis passent,
22:17les pays ennemis ne passent pas.
22:18La France est dans quel camp ?
22:19Pays amis, pays ennemis ?
22:20Elle est au milieu.
22:21C'est une place intéressante,
22:23on le voit bien.
22:24Ce n'est pas toujours facile
22:25d'être au milieu ?
22:25Non, non, mais ça peut être déterminant.
22:28On voit bien qu'on avait souligné
22:31que la France,
22:32comme d'autres États européens,
22:33était assez timide
22:34depuis la fin du mois de février.
22:37Là, on voit qu'il y a des initiatives
22:38qui sont prises.
22:39Hélice Gosset le soulignait.
22:41Le retour dans le jeu
22:42potentiellement de l'ONU,
22:43qui a quand même disparu
22:45de la scène mondiale
22:45et de tous les conflits
22:46depuis des années,
22:47son secrétaire général finissant
22:49étant endormi depuis maintenant
22:51bien longtemps,
22:52ce serait une excellente nouvelle.
22:53Encore faudrait-il,
22:54si une résolution est adoptée
22:55par l'ONU,
22:56que toutes les parties,
22:57c'est-à-dire l'Iran,
22:58acceptent de son côté
22:59de l'appliquer.
23:01Mais la pression
23:02pourrait être suffisante
23:03pour que ça soit le cas.
23:05Oui, la France n'est pas
23:07évidemment un ami de l'Iran.
23:11Le Téhéran a qualifié
23:12ces derniers mois
23:13à plusieurs reprises
23:14quand même la France
23:15d'ennemi, je crois.
23:16Mais son positionnement
23:18peut être déterminant
23:19dans la résolution du conflit,
23:21comme la Chine.
23:22– Bon, la présence française,
23:23en tout cas,
23:24s'est renforcée dans la région.
23:24La ministre déléguée
23:26auprès de la ministre des Armées,
23:27Alice Ruffaut,
23:28a déclaré que notre porte-avions,
23:30le Charles de Gaulle,
23:31était arrivé sur zone.
23:32Regardez,
23:33elle est là, la carte,
23:34alors on l'a placée.
23:35Bon, effectivement,
23:35l'échelle n'est pas très bonne,
23:36il est très grand
23:37par rapport au reste
23:38du Golfe d'Aden
23:39et de la mer d'Arabie.
23:40On l'a placé là,
23:41le porte-avions Charles de Gaulle.
23:44Olivier Lasmolle,
23:44dites-nous,
23:45il est vraiment là,
23:46c'est-à-dire qu'il a passé
23:46le Golfe d'Aden,
23:47il arrive dans le Golfe d'Aumont,
23:48il est où là ?
23:49Comme je le disais tout à l'heure,
23:50on ne sait pas exactement,
23:51mais il est dans la mer d'Arabie.
23:53Ça, c'est certain.
23:53Mais c'est grand,
23:54la mer d'Arabie.
23:55Oui, je sais bien,
23:56mais on ne peut pas vous dire
23:57qu'il est dans la mer d'Arabie
23:58et qu'il est suffisamment loin
24:00pour ne pas être apporté des missiles
24:03et être dans les zones internationales.
24:05Parce qu'une coalition
24:06Northwood franco-britannique
24:08qui s'appuie sur le droit
24:09ne peut pas se permettre
24:10dans des zones territoriales.
24:11Donc, ils sont en haute mer,
24:13a priori.
24:14Je dis bien a priori.
24:15Je n'ai pas le...
24:15Ils ont compris en cause.
24:17Quelqu'un lève la main ?
24:18Non, c'est l'ambiguïté stratégique.
24:20Mais vous savez où il est
24:20ou pas le porte-avion ?
24:21Oui, vous avez raison,
24:22il est en mer d'Arabie.
24:24Ce qui veut dire clairement
24:25qu'il n'est pas dans les trois dormants.
24:26C'est ça l'essentiel.
24:27Il y a une ambiguïté stratégique
24:29qui permet à la France de dire
24:32nous n'y sommes pas,
24:33mais nous sommes prêts.
24:33C'est ça, en fait, le message.
24:34On y est sans vraiment y être, c'est ça ?
24:36Non, non.
24:36Nous sommes prêts à y aller
24:37s'il y avait un cessez-le-feu durable,
24:39une paix ou un accord, en tout cas,
24:41qui permettent de commencer à envisager
24:43de sécuriser les navires commerciaux.
24:45Alors, le président de la République
24:48a donné l'ordre,
24:49et vous avez un communiqué
24:51du ministère des Armées,
24:52au porte-avions
24:53et aussi à son escorte,
24:55parce que ce porte-avions
24:56n'est pas tout seul.
24:56Il a des frégates,
24:58il a un sous-marin,
24:59il a un bâtiment ravitailleur de force.
25:01Il a donné l'ordre à ce groupe
25:03de ne pas dépasser le golfe d'Aden.
25:05Donc, a priori,
25:06il n'est pas en mer d'Arabie.
25:08Pourquoi ?
25:08Parce qu'en fait, s'il va en mer d'Arabie,
25:11il entre dans le dispositif naval américain.
25:13Et donc, du coup,
25:14il est perçu comme étant offensif
25:16potentiellement par les Iraniens.
25:17Donc, il est très probable
25:18qu'en fait, le porte-avions
25:20soit vraiment, soit à Djibouti,
25:22soit pas très loin dans le golfe d'Aden.
25:24Amiral Vichaud,
25:25quand la ministre dit qu'il est sur zone,
25:28ça veut dire qu'il est en mer d'Arabie,
25:30ça veut dire qu'il est tout près
25:30du détroit d'Hormuz.
25:31Il est où ?
25:31Vous le situez où, le porte-avions ?
25:34Je le situe effectivement en mer d'Arabie,
25:36ça veut dire qu'il n'est pas
25:37tout près du détroit d'Hormuz,
25:39mais qu'il est dans la partie nord
25:40de la mer d'Arabie.
25:41Alors après, comme on le disait très justement,
25:44il se maintient hors de portée des missiles,
25:47il se maintient hors de portée,
25:49enfin, à l'écart du dispositif américain,
25:52pour ne pas qu'il y ait de mélange des genres,
25:54si j'ose dire.
25:55Mais il a été effectivement prépositionné
25:58à proximité pour pouvoir intervenir
26:00dans un délai raisonnable
26:01qui est de l'ordre d'une semaine,
26:03quinze jours à peu près,
26:04ce qui est parfaitement possible.
26:06N'oubliez pas que ce porte-avions
26:08et son escorte peuvent manœuvrer rapidement
26:10parce qu'à 60 km heure,
26:14entre 50 et 60 km heure par jour,
26:17pendant 24 heures,
26:21on peut parcourir énormément de chemins,
26:23comme il vient d'ailleurs de le faire
26:24en arrivant de Méditerranée orientale.
26:26Ce que je voulais ajouter,
26:27c'est que M. Ulysse Gosset a parfaitement raison.
26:30Le grand arbitre aujourd'hui au retour du voyage
26:32du président Trump en Chine,
26:34c'est bien la Chine.
26:35Et ce que je voudrais également rappeler,
26:37c'est que ce détroit-là d'Hormuz
26:42est un détroit capital
26:43parce que c'est un détroit international
26:45où normalement tout le monde
26:47a la liberté de passage.
26:49Et en fait, si jamais l'Iran,
26:52d'une manière ou d'une autre,
26:53remettait en cause cette liberté de passage,
26:55à ce moment-là, ça pouvait s'appliquer
26:56à tous les détroits dans le monde entier.
26:58Et vous voyez que ça serait la fin
27:00de la liberté du commerce,
27:02la liberté de navigation sur les mers
27:04dans le monde entier.
27:05Et ça, c'est absolument impossible
27:07pour l'économie mondiale
27:09telle qu'elle est aujourd'hui.
27:11Merci beaucoup, Amiral Jean-Louis Vichaud,
27:14d'avoir été avec nous.
27:16Autre point sensible,
27:17il y en a beaucoup des points sensibles
27:19dans cette guerre entre les États-Unis
27:21et l'Iran, c'est l'uranium, évidemment.
27:24Et Donald Trump en a parlé également
27:27dans son avion Air Force One.
27:28On va l'écouter, le président américain.
27:31Les États-Unis sont les seuls,
27:33avec peut-être la Chine,
27:34à être en mesure de se procurer l'uranium.
27:36Le moment venu, il faudra aller le chercher.
27:38Et je pense que nous y parviendrons probablement.
27:42Le Varinelle, il n'en démord pas,
27:44le président Trump.
27:45Il est capable d'aller chercher l'uranium.
27:47Mais il est même le seul capable, avec la Chine.
27:49Oui, et puis les Iraniens n'en démordent pas.
27:51Ils vont garder leur capacité à enrichir.
27:52Donc on reste sur les mêmes postures de départ,
27:55avec peut-être des évolutions qu'il faut constater.
27:58Lesquelles ?
27:59Oui.
27:59De la part des Iraniens ou des Américains ?
28:01Alors, plutôt des postures,
28:02des réalités stratégiques.
28:04L'Iran, avant ce conflit,
28:05c'était un État sous sanction,
28:06qui était en pleine guerre intérieure,
28:10à une possibilité de renversement de pouvoir.
28:12Enfin, en tout cas, c'est ce qu'on pensait arriver.
28:14Aujourd'hui, c'est un État du Moyen-Orient,
28:16qui contrôle, grâce au détroit d'Hormuz,
28:19quasiment toute l'économie mondiale,
28:20et des espaces maritimes.
28:22Alors certes, effectivement, il n'est pas bloqué,
28:23mais il est contrôlé.
28:24Et c'est sur ces détails, on va dire,
28:27de papier, que des dispositions juridiques vont se jouer.
28:30Mais on oublie le rôle de la Chine
28:31sur ces questions d'accès maritime.
28:33Parce que le détroit d'Hormuz était un sujet,
28:36mais ce déplacement était planifié de longue date,
28:39bien avant ce conflit.
28:41Et la question était la posture chinoise
28:44dans les mers de Chine,
28:45mais dans la question globale de l'Asie pacifique.
28:49Et que fait la Chine depuis plus de dix ans ?
28:51Et bien en fait, c'est ce qu'on appelle
28:52l'A2-DA,
28:55c'est-à-dire anti-accès,
28:57dignal access.
28:58Et depuis le début,
28:59c'était empêché, effectivement,
29:01que d'autres États puissent
29:03être plus présents qu'eux.
29:05En fait, ils sanctuarisent de manière implicite
29:07des mers qui ont une liberté d'action.
29:10Les États-Unis, depuis Barack Obama,
29:14luttaient contre cela.
29:15Donald Trump avait qualifié les Chinois
29:17de rival stratégique.
29:19Donc, ce qui se passe à Hormuz,
29:20en réalité, pour la Chine,
29:22Donald Trump est dans des postures maximalistes.
29:24Mais les Chinois utilisent une forme
29:27de diplomatie minimaliste.
29:29Protégeons les postures iraniennes,
29:31parce qu'en réalité,
29:32ils avancent leur plan sur leur propre posture maritime.
29:35Ils ne veulent pas de liberté d'accéder.
29:37Et donc, c'est ce qui joue.
29:39Moi, je ne crois pas à la posture,
29:41pardon, où tout le monde parle des Nations Unies.
29:43Moi, qui suis plutôt pro-multilatéraliste,
29:45je crois qu'au contraire,
29:46les Chinois veulent sanctuariser
29:48ce type de contrôle
29:51pour pouvoir sanctuariser
29:52leur propre contrôle sur d'autres mers.
29:54Et quand vous avez un précédent...
29:55Sauf qu'on n'est pas en mer de Chine.
29:56Non, non, non.
29:57On est dans des trois d'Hormuzes
29:58et ça touche le monde en fait.
29:59Ce ne sont pas les Chinois qui peuvent décider.
30:01Oui, vous avez un précédent.
30:02Et qu'est-ce que font les Chinois ?
30:03Des accords bilatéraux avec les Iraniens
30:04pour qu'eux puissent passer, finalement,
30:07ça ne tiendra pas, mais c'est ce qu'ils essayent de faire.
30:09Donc, avancer des pions
30:10pour arriver à des solutions juridiques
30:12qui dynamitent des précédents juridiques
30:17où, justement, on remet en place quoi ?
30:19On remet en cause quoi ?
30:20Monté-Gobé.
30:21Donc, la liberté de circuler dans des mers.
30:24Donc, il n'y a pas que la mer de Chine,
30:26il n'y a pas que des trois d'Hormuzes,
30:27il y a tous les autres qui arrivent.
30:28Ils se disent, si on doit rebattre les cartes,
30:30essayons de restreindre, justement, cette liberté
30:32pour avoir un nouveau droit.
30:34Et à mon sens, c'est ce qui veut jouer.
30:36Je pense que ce n'est pas une bonne solution.
30:37Ce n'est pas une bonne nouvelle.
30:38Mais c'est vraiment ce qui veut jouer.
30:40Et là, les Américains se trouvent bien seuls
30:42parce que c'est eux qui ont mis cette situation
30:44et ils prennent en otage le monde entier.
30:46Et c'est bien là ce qu'ils jouent.
30:47Bertrand Gallichet,
30:48revenons juste sur cette question d'uranium.
30:51Et Donald Trump dit,
30:52on est capable, avec la Chine,
30:54d'aller le chercher.
30:56Et en même temps, les Iraniens font une proposition
30:58dans laquelle ils disent,
30:59on ne renoncera pas à enrichir notre uranium.
31:01Ça aussi, comme le détroit d'Hormuzes,
31:03c'est un point de blocage.
31:04Et ça reste aujourd'hui,
31:05après deux mois et demi de conflits,
31:07un point de blocage.
31:08L'uranium, c'est comme Taïwan pour les Chinois.
31:12Voilà.
31:13Donc, cette comparaison est peut-être un peu osée.
31:16Mais je crois que c'est vraiment...
31:17Un point de blocage, elle est dans l'actualité,
31:19pour le coup.
31:20Qui, sur lequel on ne peut pas discuter,
31:23on ne peut pas négocier.
31:25Et Trump a fait semblant d'être étonné
31:27par la réponse des Iraniens.
31:30Mais naturellement,
31:30il ne pouvait pas répondre autre chose.
31:33Et il ne fallait pas s'attendre
31:34à ce qu'il y ait une ouverture
31:35de la part des Iraniens
31:37sur ce sujet central,
31:38qui est un sujet vital, existentiel,
31:41pour le régime.
31:42Alors, que Trump dise,
31:44on peut aller le chercher,
31:45ça fait quand même un certain moment
31:47qu'il le répète,
31:48sans aucune action qui suit.
31:52Sans aucun plan, d'ailleurs, très clair.
31:54Et visiblement, sans bien mesurer
31:57ce qu'impliquerait une telle résolution.
32:01Et puis, du côté chinois,
32:03la seule possibilité de faire pression
32:06sur les Iraniens,
32:08ça serait par la voie diplomatique,
32:09parce que les Chinois ne vont pas
32:11s'insurger contre leur allié iranien
32:14dont ils ont énormément besoin
32:16dans la région.
32:17La question n'est pas de savoir
32:19s'ils peuvent le faire,
32:21c'est possible,
32:22mais savoir s'ils veulent le faire
32:24et surtout quand.
32:26Parce que, pour l'instant,
32:27moi, j'ai l'impression,
32:29au vu de tous les éléments
32:30qui ressortent de la rencontre
32:32Xi Jinping-Trump,
32:33que les Chinois ne sont pas très pressés
32:36de résoudre cette situation,
32:39qu'ils gardent ça sous le coude,
32:41dans la manche,
32:41et qu'ils sortiront ça le moment venu.
32:44Peut-être que l'épisode des Nations Unies,
32:46d'ailleurs, sera révélateur
32:47pour voir si les Chinois, finalement,
32:50préfèrent une solution multilatérale
32:52sous l'égide de l'ONU.
32:54On verra.
32:55Mais, en tout cas,
32:56ils ont cette possibilité
32:58ou, en tout cas,
32:59le moyen de faire croire à Trump
33:01qu'ils peuvent faire pression
33:03sur les Iraniens
33:04pour récupérer l'Iranium,
33:05ce qui est aussi, finalement,
33:07un levier et une force,
33:09même si elle n'est pas actionnée.
33:11– S'ils veulent le faire,
33:12c'est-à-dire, Jérôme Poirot,
33:13finalement,
33:14est-ce qu'on peut envisager
33:15un scénario
33:16dans lequel Donald Trump
33:17soit pressé de terminer
33:19cette guerre ?
33:19Ça, je crois qu'on en a tous conscience,
33:21on l'a tous compris,
33:23et qu'il décide, finalement,
33:24d'abandonner
33:25cette question de l'Iranium,
33:26qui était pourtant
33:28la première,
33:29comment dire,
33:30l'explication principale,
33:32la cause de ce conflit.
33:33– Oui, il est capable de tout.
33:35On le sait bien.
33:36Donc, il est effectivement capable.
33:38Là, il est au milieu du guet,
33:40au lieu de continuer tout droit,
33:42de faire demi-tour
33:43et de laisser la situation
33:44en l'État,
33:45de laisser les puissances
33:46qui sont intéressées
33:48par la libération
33:49des Trois-Dormous
33:50de s'en occuper.
33:51Mais Israël ne peut pas
33:53accepter cela.
33:54Et donc,
33:56si les États-Unis
33:57se retiraient
33:58de toute action
33:59militaire,
34:00pour dire les choses
34:01simplement,
34:02Israël continuerait,
34:03soit par des moyens
34:04plus discrets,
34:05soit par des moyens militaires,
34:07parce que l'accès
34:08de l'Iran
34:09à la bombe atomique,
34:11ça signifie potentiellement
34:12la destruction.
34:12– Si les États-Unis
34:13se retirent complètement,
34:14ce n'est plus la même guerre.
34:15– Non, mais ça peut…
34:16– Là, on est…
34:16– Ça peut…
34:17– Alors, évidemment,
34:18l'armée israélienne
34:19a besoin des moyens militaires
34:20américains
34:21pour frapper en Iran,
34:22notamment des ravitailleurs,
34:23des moyens de renseignement
34:25également.
34:26Mais je ne pense pas
34:27que le président américain
34:28puisse renoncer
34:30à faire plier l'Iran
34:31sur la question
34:32de l'uranium auréchi.
34:33– Juste très, très rapide
34:35et après on va sur
34:35justement les capacités
34:36militaires.
34:36sur je ne veux pas
34:38que l'Iran
34:39ait l'arme nucléaire.
34:41Les Iraniens,
34:42sur leur posture,
34:42l'ont toujours dit…
34:43Alors, je ne dis pas
34:44qu'il y a une question de…
34:46– Nous ne cherchons pas
34:46l'arme nucléaire,
34:46nous cherchons simplement
34:47à… – Non, la capacité
34:48à l'avoir.
34:48Et en fait, tout va se cacher
34:50dans les détails de ça.
34:51Parce qu'en fait,
34:51si en réalité,
34:52les Iraniens,
34:52nous, on ne veut pas l'avoir,
34:53on veut avoir la capacité,
34:54tout le monde est d'accord alors.
34:55Ils ne l'ont pas,
34:56ils ont juste la capacité
34:57et lui, il repart en disant
34:58« Vous voyez,
34:59ils ne l'ont pas,
34:59mais leur capacité,
35:01vous voyez,
35:01on va contrôler. »
35:02Donc, là où à mon sens
35:03sur un vrai travail
35:05ou plutôt une ouverture,
35:07ce sont, on va dire,
35:08un accord sur les capacités
35:10d'inspection
35:11et vous savez,
35:12dans le JCPO,
35:13donc cet accord de Vienne,
35:14c'est la temporalité.
35:16S'il dit « Moi,
35:18le JCPO s'arrêtait en 2030. »
35:20Si en fait, il dit
35:21« Moi, j'ai réussi
35:21à bloquer la capacité iranienne
35:24jusqu'en 2040,
35:26voire 2050
35:26avec différents dispositifs,
35:28contrôle sur les minerais,
35:29contrôle sur les centrifugeuses,
35:32contrôle sur la partie industrielle. »
35:35Il va arriver sur quelque chose
35:36qui sera intendable,
35:38mais à mon sens,
35:39moins fort et moins puissant
35:40que ce qui avait été mis
35:40sur la table de JCPO.
35:42Et, à mon sens,
35:43Israël va être bien embêté
35:45parce que cet entre-deux
35:46va être compliqué
35:47parce qu'en réalité,
35:48quand vous êtes un État
35:50capable d'enrichir
35:51à 60 %,
35:51vous n'êtes plus même,
35:53à l'époque,
35:53ils n'étaient pas
35:53sur ce stock-là,
35:55et vous actez de fait
35:56un État du seuil.
35:58Et ça,
35:58pour deux manières,
35:59on va dire,
36:00sur le long terme,
36:01le Moyen-Orient
36:02va avoir un autre visage
36:04sur la capacité stratégique
36:05des Iraniens
36:06à se projeter
36:07sur Israël.
36:08Et moi,
36:09on va aller effectivement
36:10sur une forme
36:11de guerre de l'ombre
36:12beaucoup plus complexe,
36:14mais pas un climat apaisé,
36:16contrairement,
36:17je ne vais pas dire
36:17qu'il était avant.
36:18Et juste un point,
36:18ce qui est quand même
36:19très inquiétant pour nous,
36:21les Français,
36:22mais comme toutes les économies
36:23occidentales,
36:23c'est que la confusion
36:25à laquelle on assiste aujourd'hui,
36:26le manque de visibilité,
36:28fait qu'effectivement,
36:29ce face-à-face,
36:30cet entre-deux,
36:31comme dit Lovarinelle,
36:32pourrait durer des semaines,
36:33pour ne pas dire des mois.
36:34Le prochain voyage
36:35de Xi Jinping
36:36aux États-Unis
36:37est prévu
36:37pour le 24 septembre,
36:39juste après
36:39la prochaine Assemblée Générale
36:41des Nations Unies.
36:42Si on doit attendre
36:43de maintenant,
36:45fin mai,
36:46jusqu'à septembre,
36:47vous imaginez
36:48cet été infernal
36:50que nous allons subir
36:50en termes de hausse des prix
36:52du pétrole,
36:53chute des bourses,
36:53etc.,
36:54et menace permanente
36:55d'un renouveau du conflit.
36:56Ça nous fait beaucoup
36:57d'édition spéciale.
36:58C'est peut-être bien
36:59pour BFMT,
37:00mais c'est terrible
37:01pour l'économie mondiale.
37:03C'est une attente,
37:03je dirais,
37:04insupportable
37:05et un peu inquiétante.
37:06Alors,
37:06si vous nous rejoignez
37:06sur BFMTV,
37:08justement,
37:08on s'interroge
37:09puisque dans quelques minutes,
37:10Donald Trump
37:11sera de retour
37:13à la Maison-Blanche.
37:13Il est actuellement
37:14dans l'avion
37:14qui le ramène de Pékin
37:16et il devra trancher.
37:18Doit-il ?
37:19Peut-il frapper
37:20de nouveau l'Iran ?
37:22Lui assure qu'il peut
37:23reprendre les hostilités
37:24quand il le veut.
37:25Les services
37:26de renseignement américains,
37:27eux,
37:27sont un peu plus inquiets.
37:29Pourquoi ?
37:29Parce que les capacités
37:30de riposte iraniennes
37:31seraient bien plus élevées
37:33que Donald Trump
37:34ne le prétend
37:35alors que dans le même temps,
37:36les stocks
37:37de munitions américains
37:39présenteraient
37:40des niveaux
37:41dangereusement bas.
37:41Regardez ce que nous dit
37:43cet article
37:43du New York Times.
37:45L'armée américaine
37:46a épuisé ses stocks
37:46de nombreuses munitions
37:47essentielles.
37:48Missiles de croisière
37:49Tomahawk,
37:50les missiles intercepteurs
37:51Patriot
37:51et les missiles
37:52Sol Air Attaquem,
37:53ces missiles
37:54à longue portée.
37:56Information démentie
37:58avec force,
37:59ça ne vous surprendra pas
38:00par le chef
38:00d'état-major américain.
38:01Écoutez-le.
38:03Cette mission comportait
38:05trois volets principaux.
38:06Affaiblir les missiles
38:07balistiques iraniens
38:08et l'industrie de défense
38:09qui les soutient.
38:10Affaiblir les drones iraniens
38:12et l'industrie de défense
38:13qui les soutient.
38:14Et affaiblir sa marine
38:15et l'industrie de défense
38:17qui la soutient.
38:18Dans chacun de ces domaines,
38:20nous avons atteint
38:20nos objectifs.
38:22Et chacun de ces systèmes
38:25a été considérablement affaibli.
38:27Si je vous donnais
38:29quelques exemples,
38:30la base industrielle
38:31de défense de l'Iran,
38:32notamment pour ses drones,
38:33ses missiles
38:34et sa marine
38:35a été réduite de 90%.
38:37Il ne lui en reste
38:38qu'environ 10%.
38:39Concernant la marine,
38:41mon analyse militaire
38:42est la suivante.
38:43Sa reconstruction
38:44ne commencera pas
38:45avant 5 à 10 ans.
38:47Voilà, donc il dément
38:48le fait que les Iraniens
38:50aient pu reconstituer
38:51leur capacité balistique
38:53et leur capacité de défense.
38:54Il dément également
38:56que les Etats-Unis
38:57soient presque à court de munition.
38:59Olivier Lasse-Molle,
39:00est-ce qu'on a une idée
39:01des stocks ?
39:02Non.
39:02Aucune ?
39:03Heureusement.
39:03Réponse claire.
39:04C'est toujours...
39:06Est-ce qu'on peut avoir,
39:07je repose ma question,
39:08est-ce qu'on peut envisager
39:09avoir une idée
39:10des stocks américains
39:12en ce moment ?
39:12Est-ce que les inquiétudes
39:13de ces hauts responsables américains
39:15du Pentagone,
39:16elles sont fondées ?
39:16Oui, oui, oui.
39:18On l'a dit même
39:19pour l'armée française.
39:21On sait toujours
39:21que la plus grosse difficulté
39:24à ce moment-là,
39:24c'est les stocks.
39:25Et les stocks qui fondent
39:26comme neige au soleil.
39:27C'est ça qui est extrêmement compliqué.
39:28Surtout quand ça n'a pas été
39:29prévu auparavant.
39:30Donc là, effectivement,
39:31c'est problématique.
39:32On le sait.
39:33Maintenant, quant à savoir
39:34quelle est la volumétrie,
39:35je n'en ai aucune idée.
39:37Michael ?
39:37Oui, il y a des rapports,
39:39effectivement,
39:40dont il ne faut pas trop...
39:42qu'il ne faut pas suivre à 100%,
39:43mais des rapports du CSAS,
39:45par exemple,
39:45qui montrent que les Américains
39:46n'ont plus de stock
39:47de missiles défensifs.
39:48Donc, les missiles offensifs,
39:50ça, ils en ont
39:51pour détruire l'Iran
39:52sur 5 ans, si vous voulez.
39:53Par exemple,
39:53ils ont des J-Dams,
39:54vous savez,
39:55ces bombes qu'on met
39:55sur les portes-avions
39:56sur les avions de chasse,
39:58ils en ont encore
39:59200 000 ou 250 000.
40:01Donc, pour suivre la guerre,
40:02ça n'est pas un problème.
40:03Ça, c'est des missiles offensifs.
40:04Mais par contre,
40:04les missiles défensifs
40:05pour protéger les alliés,
40:06pour protéger Taïwan,
40:07pour protéger les Ukrainiens,
40:08pour protéger le Koweït,
40:10Qatar, Emirat,
40:11là, apparemment,
40:12il n'y en a plus beaucoup.
40:13C'est-à-dire que sur les missiles
40:14FAD,
40:15pour intercepter
40:15les missiles balistiques
40:16dans l'atmosphère,
40:17il en reste apparemment
40:18300-400.
40:19Les missiles Patriot,
40:20il n'en resterait plus
40:21que 900 000,
40:23ce qui est largement insuffisant
40:25pour les besoins américains,
40:26Ukraine, Taïwan
40:27et évidemment,
40:28ce qui se passe
40:29dans le Golfe.
40:29Donc, c'est une des raisons
40:30pour lesquelles
40:31Trump est sous contrainte
40:32et qu'il hésite,
40:33effectivement,
40:34à frapper l'Iran à nouveau
40:35parce qu'en fait,
40:36il n'est plus capable
40:37de protéger ses alliés
40:38dans la région,
40:41c'est ça le dilemme
40:42auquel est confronté
40:42aujourd'hui le président Trump,
40:44finalement.
40:45Reprendre la guerre, oui,
40:46mais avec quoi ?
40:47Avec quelle force ?
40:48Au risque de s'épuiser
40:49encore davantage.
40:50Oui, je crois que c'est
40:50très bien résumé
40:51et effectivement,
40:52c'est la question d'ailleurs
40:53qui fait surface
40:54très régulièrement
40:55dans la presse américaine.
40:57Si on regarde
40:58les chiffres qui sont avancés,
41:00qui sont tous différents d'ailleurs
41:01et qui ne contribuent pas
41:04à clarifier le débat,
41:05je dirais,
41:06eh bien,
41:06on voit qu'il y a quand même
41:09des lignes de force
41:10qui se dégagent,
41:11c'est-à-dire,
41:12effectivement,
41:13comme vous l'avez
41:14très bien expliqué,
41:15la question des missiles
41:16défensifs,
41:17des armes défensives
41:18en général,
41:19qui est une problématique
41:21considérable
41:22et à laquelle
41:23les militaires,
41:24semble-t-il,
41:24ne parviennent pas
41:25à trouver de réponse,
41:26en tout cas,
41:26pas de réponse rapide.
41:28Donc,
41:29quand Trump,
41:29finalement,
41:30fait preuve
41:31de forfanterie
41:32en disant
41:32on peut aller taper
41:34ce que l'on veut
41:35en Iran
41:36et détruire
41:37et faire des dégâts
41:37considérables,
41:38il a raison,
41:40sauf qu'en retour,
41:41naturellement,
41:42il faut s'attendre
41:42à une riposte
41:43des Iraniens,
41:45pas seulement
41:45sur les Américains
41:46mais aussi et surtout
41:47sur les États du Golfe
41:49alliés des États-Unis
41:51et donc,
41:52avec cette lacune,
41:54ce trou dans la raquette
41:55qui,
41:56semble-t-il,
41:56est vraiment
41:58considérable
41:59et ne peut pas
42:00ne pas impacter
42:01la stratégie américaine.
42:02C'est-à-dire,
42:02ils ne peuvent pas faire
42:03comme si ça n'existait pas.
42:04C'est une donnée
42:06essentielle de l'équation.
42:07Justement,
42:08regardez,
42:08on en parle
42:09de cette capacité iranienne.
42:11Sur 33 sites
42:13de lancement
42:13de missiles opérationnels,
42:15deux nouveaux opérationnels
42:16au long du détroit d'Ormoussa,
42:17on l'avait évoqué tout à l'heure,
42:1870% des lanceurs mobiles
42:20en fonction,
42:2070% de son arsenal
42:22de missiles déployables
42:24et 90%
42:25des installations
42:25souterraines
42:26de stockage
42:27et de lancement
42:27de missiles.
42:28Des chiffres
42:29à mettre en perspective.
42:30Jérôme Poirot
42:30avec ce que déclarait
42:31depuis des semaines
42:32Donald Trump
42:33et Pitexet.
42:34On a anéanti,
42:35décimé l'armée iranienne.
42:37Ce n'est plus une menace.
42:38Quand on voit ces chiffres,
42:40il y a quand même
42:40de quoi s'interroger.
42:41Oui,
42:42Donald Trump
42:42anéanti tous les jours.
42:44C'est une sorte
42:45de kick
42:46qu'il a.
42:47On le voit bien.
42:48Vous lui reconnaîtrez
42:49une constance
42:50quand même
42:50dans le côté...
42:52Non, c'est ça.
42:53Oui, c'est vrai.
42:54Vous avez raison.
42:56Les frappes américaines
42:57et israéliennes
42:57ont produit des effets.
42:58Mais l'appareil
43:00militaire iranien
43:01qui est quand même
43:02construit
43:02depuis des décennies
43:03pour faire face
43:05à toutes les situations,
43:06y compris celles
43:07que nous vivons
43:07depuis la fin
43:08du mois de février,
43:09notamment en enterrant
43:11beaucoup de choses,
43:12des infrastructures,
43:13des usines de production,
43:14des sites de stockage,
43:16de missiles,
43:16de drones,
43:17de vedettes rapides
43:19dans le Golfe.
43:20Tout ça,
43:21ce n'est pas
43:21en ces quelques semaines
43:23de frappe
43:23que ça peut être
43:24totalement détruit.
43:26Je crois qu'il y a
43:26un élément très important
43:27dans les hésitations
43:28de Donald Trump.
43:29Je n'irai pas jusqu'à dire
43:30qu'il y a eu un coup
43:31d'État militaire
43:32à Washington.
43:32Mais manifestement,
43:34il est dans une situation
43:35depuis quelques semaines,
43:37voire quelques mois,
43:38où ses généraux
43:40et ses amiraux,
43:41il les écoute
43:43et il ne peut pas faire
43:44autrement manifestement.
43:46Le lancement de la guerre
43:47à la fin du mois de février,
43:48avec cette opportunité
43:50de frapper la tête du régime
43:51et sous la pression
43:52des Israéliens,
43:53les militaires ont obéi,
43:55c'est leur rôle.
43:56Je pense que depuis,
43:57ils lui ont montré
43:58qu'il y avait beaucoup de choses
43:59qu'ils voulaient faire
44:01et qu'eux,
44:02lui,
44:02les conseillent de faire
44:03et manifestement,
44:04ils les écoutent.
44:05Ça, c'est intéressant
44:05ce que dit Jérôme Poirot
44:07parce qu'on peut aussi
44:07s'interroger dans le même temps
44:09sur ces fuites
44:10dans la presse.
44:11Qui raconte
44:12que les stocks sont à court,
44:14qui raconte
44:15que les stocks sont faibles,
44:16que ce serait dangereux,
44:17voire même inconscient
44:18d'aller de nouveau
44:19frapper l'Iran ?
44:20Il y a bien des voix
44:20qui s'élèvent autour
44:22de Donald Trump
44:22pour raconter ça,
44:23pour donner ces chiffres.
44:24Oui,
44:25d'ailleurs,
44:26il faut rappeler
44:27que le jour de l'arrivée,
44:28le matin de l'arrivée
44:29de Trump à Pékin,
44:30les services du renseignement
44:31militaire
44:31ont sorti un rapport
44:33disant que l'Amérique
44:34avait perdu la guerre,
44:35en gros.
44:35La guerre informationnelle,
44:37diplomatique,
44:38économique
44:38et même militaire.
44:40C'était,
44:40comment dire,
44:41un coup de jarnac
44:43assez incroyable
44:44qui déstabilisait sans doute
44:47la délégation américaine
44:48face aux Chinois.
44:50Personnellement,
44:50je ne pense pas
44:51que la question des stocks
44:52pour l'Amérique
44:53soit un problème
44:53pour la guerre en Iran.
44:55C'est-à-dire que je pense
44:56qu'ils ont les moyens
44:57de continuer
44:57et même de mener
44:58une nouvelle campagne.
44:59C'est quand même
45:00la plus grande armée du monde.
45:02Je rappelle le budget,
45:031 000 milliards
45:04et le secrétaire à la guerre
45:05veut l'étendre
45:06à 1 500 milliards.
45:07C'est-à-dire qu'en gros,
45:08chaque année,
45:09sur 2 dollars dans le monde
45:10dépensés pour la défense,
45:12c'est 1 dollar américain.
45:13Donc,
45:14la capacité
45:15de se renforcer
45:17est encore très grande.
45:19et si on est
45:20à 1 500 milliards de dollars,
45:23ça veut dire
45:23que plus de la moitié
45:24des efforts de défense
45:26sont américains
45:26dans le monde.
45:27Donc,
45:28vous imaginez.
45:28Je ne suis pas inquiet
45:29pour l'Iran.
45:30Par contre,
45:30ce que je pense,
45:31c'est que les stratèges américains
45:33s'inquiètent
45:34de ce qui pourrait se passer
45:35s'il y avait une guerre ailleurs.
45:37Et là,
45:37on regarde vers l'Asie
45:38et on en revient
45:39à nouveau à la Chine.
45:40car le conflit majeur
45:41du siècle à venir,
45:43qui n'aura peut-être pas lieu,
45:44mais en tout cas,
45:45auquel se préparent
45:46les deux grandes puissances mondiales,
45:48c'est Taïwan.
45:49Et c'est donc la Chine
45:50face aux États-Unis.
45:52Et donc,
45:52imaginez d'ailleurs au passage
45:54les stratèges chinois
45:55qui ont le temps
45:57et la patience,
45:58qui ont les moyens
45:58de renseignement
45:59les plus sophistiqués du monde
46:00comme les Américains.
46:01Ils regardent
46:02avec une certaine jouissance
46:04l'Amérique
46:05épuisée ses stocks.
46:06Ils peuvent voir
46:07comment les porte-avions manœuvrent,
46:09comment ils arrivent,
46:10quelle est la rotation effectuée,
46:12quels sont les tirs.
46:13Tout ça,
46:13ils observent
46:14avec leurs satellites,
46:15avec l'intelligence artificielle.
46:16Donc,
46:17c'est un spectacle gratuit
46:18pour la Chine
46:19qui apprend
46:20comment l'Amérique
46:21fait la guerre
46:21aujourd'hui,
46:22au XXIe siècle.
46:23C'est,
46:24sur le plan militaire,
46:26absolument fondamental.
46:27Donc,
46:27ils vont mettre ça
46:28dans les ordinateurs.
46:30Ils vont demander...
46:31Ils se dévoilent finalement
46:32comme jamais le nom de l'Opard.
46:33Ils vont pouvoir comprendre
46:34comment l'Amérique
46:35aujourd'hui fait la guerre.
46:36Alors,
46:37évidemment,
46:37tout ça va évoluer
46:38avec l'intelligence artificielle
46:39à une vitesse grand V.
46:40Mais donc,
46:41pour répondre à votre question,
46:43les stocks,
46:44c'est très important,
46:45mais les Américains
46:46ont la capacité
46:47de faire la guerre.
46:48La question majeure,
46:49c'est
46:49quel est le but ?
46:50À quel moment
46:51on s'arrête ?
46:52Et donc,
46:53il y a aussi
46:54des élections quand même
46:54aux États-Unis
46:55qui ont lieu en novembre.
46:56Donc,
46:57le temps se raccourcit.
46:59Il y avait un temps raccourci
47:00avant la visite à Pékin.
47:01On voit que rien ne s'est passé.
47:03Donc,
47:03Trump est arrivé
47:04non pas victorieux,
47:06mais presque en position
47:06de faiblesse
47:07par rapport aux Chinois.
47:08Et d'ici
47:10la rentrée prochaine,
47:11on voit mal
47:12ce qui pourrait
47:13finalement permettre
47:14une issue
47:15de la situation positive.
47:16Donc,
47:17on est dans cet état-là
47:18et en attendant,
47:19les Chinois
47:19observent
47:20Donald Trump,
47:22je ne dirais pas
47:22s'embourber,
47:23mais peut-être
47:23s'enliser
47:24dans les eaux du Golfe.
47:25Et en attendant,
47:25les Iraniens
47:26en profitent
47:26pour reconstituer
47:28leur arsenal.
47:29Est-ce que finalement,
47:30ce cesser le feu
47:31ne permet pas aux Iraniens
47:32de se refaire une santé ?
47:33Militairement parlant,
47:34évidemment.
47:35Quand on voit
47:36qu'ils ont réussi
47:36à remettre en place
47:37finalement,
47:38c'est une partie
47:38de ce qui avait été détruit.
47:39Mais on le savait,
47:40parce qu'à chaque fois
47:41qu'il y a des frappes,
47:42on sait que très rapidement,
47:43ils arrivent à reconstituer,
47:44non pas les stocks,
47:45puisqu'ils ont les stocks.
47:46On le sait depuis,
47:48on le voit,
47:48c'est un mécanisme récurrent.
47:50Donc là,
47:50on s'étonne.
47:51Alors,
47:52ce qui est étonnant,
47:52et qui n'est pas tant que ça,
47:54c'est les 90%
47:56de stocks souterrains.
47:57Et on en parlait déjà
47:58il y a un mois.
47:59On savait qu'il y en avait.
48:00Et simplement,
48:01petit aparté sur revenir
48:03sur la Chine,
48:04puisque Gosset disait
48:05parler de la Chine,
48:06n'oublions pas que
48:06Xi Jinping a dit,
48:08attention,
48:09est-ce que les États-Unis
48:09et la Chine vont être capables
48:10de surmonter
48:11le piège de Thucydide ?
48:12Le piège de Thucydide
48:12qui disait qu'en gros,
48:14quand une nouvelle
48:18puissance émerge
48:19et qu'elle menace
48:20une autre puissance
48:21dominante,
48:22dans la majorité des cas,
48:24il y a affrontement,
48:24il y a guerre.
48:25Il y a un géopoliticien américain.
48:28La puissance qui émerge
48:28c'est la Chine,
48:29celle qui domine
48:29c'est les États-Unis.
48:31Et il s'est rendu compte
48:32que sur 16 cas historiques,
48:33il y en avait 12
48:34qui s'étaient terminés en guerre.
48:35Mais la guerre a déjà commencé,
48:36elle a commencé avec l'intelligence.
48:38Sur un autre terrain,
48:38évidemment.
48:39Non, non, mais on est
48:40dans une guerre hybride,
48:42puissance 1000,
48:43c'est pas encore l'Ukraine
48:44et la Russie,
48:45c'est entre la Chine
48:45et les États-Unis.
48:47Rappelons que les fameux
48:48rapports du renseignement américain
48:49disaient que les sociétés chinoises
48:51essayaient de pomper
48:52les innovations
48:52dans l'intelligence artificielle
48:54des Américains
48:55pour les ramener en Chine,
48:57les développer moins cher
48:58et plus efficace.
49:00Donc cette guerre-là,
49:01elle a déjà commencé
49:01entre les deux superpuissants.
49:03Les Chinois avaient fait ça
49:03avec un Airbus européen
49:05il y a quelques années.
49:05C'est passionnant
49:06comme leçon à tirer.
49:07Un point.
49:08Sur la question
49:09du rapport de force
49:11qui est déjà là
49:11mais qui se manifeste
49:13entre la Chine et les États-Unis,
49:15il faut quand même rappeler
49:15que quand bien même
49:17les Américains,
49:17on est tous d'accord,
49:18on ne fait pas quelques erreurs
49:20mais on se rend compte
49:21que la méthode
49:22d'attaquer pour attaquer
49:23avec aujourd'hui des cibles
49:25dont on n'a pas vraiment
49:27une compréhension
49:28sur les objectifs,
49:29notamment moi
49:30sur les questions nucléaires,
49:31j'ai du mal à comprendre
49:32ce qu'on peut frapper
49:33de plus qu'on n'a pas déjà fait.
49:35Il faut faire attention
49:36quand on dit
49:36que les Chinois
49:38effectivement se préparent
49:39mais c'est une puissance
49:40qui n'a pas testé
49:41sa capacité
49:41à aller vers
49:42l'offensive militaire
49:43et ça c'est important.
49:45Donc l'expérience,
49:46ça ne s'invente pas
49:47et je crois que ça,
49:48il faut vraiment
49:49le garder en tête,
49:50c'est une jeune puissance
49:51qui évite le conflit,
49:53elle s'est copiée
49:54mais on ne peut pas
49:55inventer une expérience.
49:56Donc posons ça quand même
49:57dans les préalables
49:59d'un potentiel affrontement,
50:01les Chinois sont assez intelligents
50:02pour savoir
50:03qu'ils peuvent copier,
50:04avaler des données,
50:05ils ne peuvent pas
50:06avaler une expérience.
50:07Ils peuvent apprendre
50:08mais ils peuvent apprendre
50:09et juste pour revenir
50:10effectivement sur la capacité
50:12de renseignement
50:12des Chinois à observer,
50:14je rappelle que nous avons
50:15aussi des services
50:16de renseignement
50:16qui observent
50:18tout aussi bien
50:19que les autres
50:19et en fait,
50:20ils ne sont pas meilleurs
50:21que nous,
50:21ils sont tout aussi efficaces
50:23et c'est normal,
50:24on est face à plusieurs puissances
50:25qui éprouvent
50:27avec des conflits complexes
50:30les postures
50:31et les actions de chacun.
50:33Après, peut-être
50:33la question de l'efficacité
50:34des frappes
50:35et on y va.
50:36Là, effectivement,
50:37rappelez-vous,
50:38au départ,
50:38je parle du mois de juin,
50:39on nous avait dit quoi ?
50:40Qu'il ne restait que 30%,
50:4120% de la capacité
50:43balistique iranienne.
50:45Aujourd'hui,
50:45j'entends des 90% par-ci,
50:4770% par-là.
50:48Ça veut dire quoi ?
50:49En termes d'objectifs,
50:50qu'est-ce qu'on risque ?
50:51C'est la fuite en avant
50:52parce qu'en fait,
50:53c'est le mythe de Sisyphe.
50:55On y va,
50:56on y arrive,
50:57on frappe,
50:57ça se bloque
50:58et puis on recommence
50:59et puis ça se bloque
51:00et puis on recommence.
51:01Je veux dire,
51:02on ne s'arrête plus.
51:03Donc, moi,
51:04je ne crois pas
51:04que l'offensive militaire
51:06va obtenir en réalité
51:07des gains
51:08qui ne se font
51:09qu'autour d'une table.
51:10Donc,
51:11à mon sens,
51:12les Iraniens,
51:13je ne vais pas parler
51:14de bonne foi iranienne
51:15parce que j'ai passé mon temps
51:16à expliquer
51:17que dans le JCPOS,
51:18c'était plutôt autre chose.
51:19Mais en tout cas,
51:20les Iraniens...
51:20Vous aimez dire
51:21que la duplicité,
51:22c'est même l'une
51:22de leurs spécialités.
51:23On ne peut pas parler
51:24de bonne foi iranienne,
51:25c'est ça.
51:25Non, mais en tout cas,
51:27ils ont l'art
51:27de la diplomatie
51:29et donc, eux,
51:30l'ouverture
51:30et l'ouverture diplomatique
51:32fait partie
51:33de leur méthode
51:34de gagner
51:35ou de limiter une perte
51:37là où les Américains,
51:38sur ce conflit,
51:39ont décidé
51:39que ça n'est pas ça.
51:40C'est une capitulation,
51:42une défaite.
51:43Et là, je crois
51:44que ce n'est pas possible
51:46parce qu'en fait,
51:47on a vu que le militaire,
51:48dans le sens frappe,
51:50a des limites.
51:50On n'a rien sur le nucléaire,
51:52si ce n'est pire.
51:53On n'a rien sur le conventionnel,
51:54on vient de le voir.
51:55Ça se désemplit
51:56puis ça se re-remplit.
51:57Et puis, pardon,
51:58sur le régime,
51:59on nous a expliqué
52:00qu'il y a une décapitation,
52:01on l'actait,
52:01on l'a constaté,
52:02mais avec un régime
52:03qui semble ne pas être...
52:04Ce n'est pas un régime
52:06hyper démocratique
52:07qui a envie
52:08de changer les choses,
52:09en tout cas,
52:09dans ce qui paraît
52:10être ressemblé.
52:11Les Etats-Unis ont coupé
52:11des têtes au début de la guerre
52:12et il y en a d'autres
52:12qui ont repoussé derrière.
52:13Donc, mettre des cibles
52:13à chaque fois,
52:14je veux bien que la valeur
52:15des personnes qui tombent
52:16n'est pas remplaçable,
52:17mais en tout cas,
52:18le durcissement idéologique
52:20est là.
52:21Donc, il va falloir
52:22se mettre autour de la table
52:23et je crois que ça,
52:24c'est ce que Donald Trump
52:25va devoir essayer d'habiller
52:27comme dit.
52:27Eh bien, justement,
52:28on va poser la question
52:28à Laurent Seym.
52:29On vous retrouve,
52:30Laurent Seym,
52:30à Washington,
52:31le président américain
52:32qui est toujours dans l'avion
52:34de retour de Pékin.
52:36Il va trouver sur son bureau
52:37ce dossier opération Massu,
52:40cette deuxième phase de la guerre.
52:42Est-ce qu'il va frapper
52:43ou est-ce qu'il va se retrouver
52:45contraint de négocier,
52:46de discuter avec l'Iran ?
52:50Écoutez, avec Philippe Bignon,
52:51on a voulu comprendre un peu
52:52qu'est-ce qui se passait
52:53vraiment à Washington,
52:54ce que les gens disaient.
52:55Alors, on s'est mis
52:56au Sénat américain
52:56pour demander la question.
52:58Et on est vraiment,
52:58et on va vous le montrer
52:59parce qu'on adore le terrain
53:00et vous faire vivre
53:01cette guerre sur le terrain
53:02avec toutes les équipes de BFM,
53:03on est vraiment
53:04dans le vide absolu
53:05côté sénateur.
53:06Il n'y a plus personne.
53:07Il est vendredi,
53:07il est 5 heures.
53:08On est avec Philippe Vigneault
53:09pour BFM,
53:10seul au Sénat américain.
53:11On voit même parfois
53:12que dans les salles,
53:13eh bien,
53:14il y a des décors qui bougent.
53:16En tout cas,
53:16on voulait aller
53:17un petit peu se promener,
53:19demander à des sénateurs
53:20compte tenu
53:21de la gravité de la situation,
53:23mais que va-t-il se passer ?
53:24Eh bien,
53:25personne n'est là.
53:26Et c'est important,
53:27au-delà des anecdotes
53:28que je viens de vous montrer,
53:29parce que vous le savez
53:30que le président Trump
53:31a déclaré cette guerre,
53:33a commencé à bombarder l'Iran
53:34sans l'autorisation du Congrès.
53:36On est maintenant
53:36au-delà des 60 jours.
53:38Donald Trump voit
53:39sa cote de popularité
53:41baisser d'heure en heure
53:43et donc personne ne sait
53:44ce qui va se passer.
53:46Donald Trump va rentrer
53:47dans quelques heures
53:48à Washington.
53:49Il va se reposer
53:49d'après nos informations
53:50parce que je vous le rappelle,
53:52Donald Trump aura 80 ans
53:53le 14 janvier prochain.
53:56C'est un voyage
53:56qui a été fatigant.
53:58Il est avec le secrétaire d'État
53:59Marco Rubio.
54:00Il est aussi avec le secrétaire
54:01à la Défanté en Chine.
54:02Il y aura certainement
54:03une réunion ce week-end
54:04ou lundi
54:05pour décider de la suite.
54:06En tout cas,
54:07ce qui est intéressant,
54:07c'est que dans l'avion
54:08qui le ramenait,
54:09Donald Trump a parlé
54:10aux journalistes accrédités
54:12de la Maison Blanche
54:13en leur disant
54:14« Voilà,
54:14les Iraniens,
54:15moi j'ai commencé à lire
54:16la première page
54:17du document
54:17qu'ils m'ont envoyé.
54:18Dès la première ligne,
54:19je n'étais pas d'accord.
54:21Et comme je n'étais pas d'accord,
54:22je n'ai pas lu la suite
54:24parce que sur la première ligne,
54:25c'était absolument impensable
54:27ce qu'il me proposait.
54:28Donc un discours dur.
54:30Mais que va faire Donald Trump ?
54:31Personne ne le sait.
54:32Et malheureusement ou heureusement,
54:33au Sénat,
54:34c'est aussi en ce vendredi,
54:36dans cette grande crise internationale,
54:38beaucoup de vide
54:39lorsqu'on essaye
54:40de poser des questions.
54:41Merci Laurent Saïm
54:43avec Philippe Vigneault
54:43dans les coulisses
54:44au plus près
54:46du pouvoir américain.
54:48Elle a raison, Laurence,
54:49la guerre a été déclarée
54:50un week-end.
54:51On sait que Donald Trump,
54:51en général,
54:52Bertrand,
54:53il attend que les bourses
54:54soient fermées,
54:55que les marchés soient fermés
54:55pour ne pas répondre.
54:56C'est aussi
54:58ce qui accrédite
54:59l'hypothèse
55:00peut-être d'une action
55:01si elle devait se dérouler
55:02ce week-end
55:03avant dimanche soir.
55:04En tout cas,
55:05c'est un marqueur
55:05de sa communication
55:06depuis le début
55:08de l'affaire iranienne.
55:10Et alors,
55:10ça marche,
55:12je dirais,
55:13à peu près
55:13au deux tiers.
55:15C'est-à-dire que
55:15très souvent,
55:17ça fonctionne,
55:17mais au bout d'un moment,
55:19quand c'est trop répétitif,
55:20finalement,
55:21les marchés n'y croient plus.
55:22Ou en tout cas,
55:24puisque vous savez
55:24que tout ça est quand même
55:25lié à la spéculation,
55:26c'est-à-dire au fond,
55:27à un indice de confiance,
55:29et bien cet indice de confiance
55:30s'effondre
55:31et le prix du Brent remonte,
55:34les bourses dévissent.
55:35Le prix du Brent,
55:36oui, pardon,
55:36mais réagit à l'actualité.
55:39En tout cas,
55:39on le voit.
55:40Mais aussi aux déclarations
55:42de Donald Trump.
55:43On l'a vu plusieurs fois.
55:44Donc voilà.
55:45Donc ça,
55:45c'est une manip,
55:48au fond,
55:48qui a beaucoup fonctionné,
55:50qui fonctionne un peu moins.
55:52Et si on regarde,
55:53si on fait un étal,
55:55au fond,
55:56des actions
55:57de communication réussies,
55:59je vous dis,
55:59c'est à peu près
56:00les deux tiers
56:00de ce qu'il a dit,
56:02qui ont eu un impact
56:03tel qu'il le souhaitait
56:05sur les marchés.
56:05Donc on verra
56:06cette fois-ci
56:07ce que ça donne.
56:08Bon,
56:08pour l'instant,
56:09il a fait une déclaration.
56:10C'est la diplomatie
56:11selon Trump.
56:12C'est-à-dire,
56:12je lis la première phrase
56:14des propositions iraniennes,
56:16ça ne me convient pas,
56:17j'envoie tout au panier
56:18et puis on verra
56:19pour la suite.
56:20C'est une façon
56:21de fonctionner.
56:22On verra d'ailleurs
56:23ce que ça imprime
56:23ou pas
56:24sur les bourses
56:26à l'ouverture
56:27lundi.
56:28qui peut forcer
56:31le président américain
56:32à reprendre la guerre
56:33ou à l'arrêter définitivement
56:35et à négocier ?
56:36Qui aujourd'hui
56:36peut forcer Donald Trump ?
56:38Écoutez,
56:39forcer un président
56:41des États-Unis
56:41à ne pas faire
56:42ce qu'il veut faire,
56:43c'est quasiment impossible.
56:44Il y a des précédents
56:45dans l'histoire
56:46où Nixon
56:47a été contraint
56:48à la démission
56:49parce qu'un groupe
56:50de sénateurs
56:50est allé le voir
56:51à la Maison-Blanche
56:51en disant
56:51« Monsieur le Président,
56:52c'est fini,
56:53il faut que vous renonciez »
56:54et il a démissionné.
56:55Après des mois
56:56et des mois
56:57de résistance
56:57et de contre-attaque...
56:58On disait tout à l'heure
56:59qu'il commençait à écouter
57:00peut-être un peu plus
57:01son entourage,
57:02qu'il ne l'a fait
57:02au début de cette guerre.
57:03Il y a une dame
57:04à la Maison-Blanche
57:04qui a une influence
57:06énorme sur lui
57:07et sur son équipe,
57:08c'est Suzy Wiles
57:09qui est sa chef de cabinet,
57:11la secrétaire générale,
57:12the boss of the White House.
57:14Et donc,
57:14c'est elle
57:14qui peut avoir
57:17parlé à Trump
57:18droit dans les yeux.
57:18Mais ceux qui vont
57:19faire la décision...
57:20Ils l'écoutent, elle ?
57:21Ah oui.
57:22Oui, oui.
57:22Ils l'écoutent
57:23et les ministres du cabinet
57:24l'écoutent aussi.
57:25Et c'est elle
57:26qui a d'ailleurs demandé
57:27à tout le monde
57:28d'arrêter les fuites,
57:29etc.
57:29Pas forcément avec succès,
57:30on le voit encore.
57:31Mais non,
57:32si vous voulez,
57:32la décision,
57:33elle va appartenir
57:35à trois hommes clés,
57:37Donald Trump,
57:37bien sûr,
57:38le vice-président
57:39et
57:41Marco Rubio,
57:43avec quand même
57:44les recommandations
57:44de l'état-major,
57:45c'est-à-dire
57:46du chef d'état-major
57:47des armées,
57:48d'Anne Ken,
57:48et le chef du commandement
57:50du SINCOM.
57:50C'est dans une réunion
57:52de crise,
57:52comme on en avait vu
57:53avant le début de la guerre,
57:55que sera décidée
57:57l'option
57:57qui sera choisie.
57:59Mais je pense
57:59qu'aujourd'hui,
58:01Trump,
58:01si vous voulez,
58:02est quand même
58:02en mesure d'imposer
58:03ses choix,
58:04parce que c'est vrai,
58:05il est âgé,
58:06il va avoir 80 ans,
58:07il est sans doute
58:08plus fatigué
58:09qu'il ne le dit,
58:10mais il garde quand même
58:11une énergie
58:12assez impressionnante.
58:13On le voit
58:13en décision de...
58:14C'est-à-dire plus fatigué
58:14qu'il ne le paraît
58:15parce qu'il a l'air
58:15quand même sacrément
58:16en forme pour un monsieur.
58:17Oui, mais au cours
58:18des dernières semaines,
58:19on a noté des moments
58:19de faiblesse
58:20où il s'endormait
58:21pendant les réunions
58:21du cabinet, etc.
58:23Mais je pense
58:23qu'il a la capacité encore
58:25d'imposer sa décision
58:26parce qu'il a fait
58:27le ménage autour de lui.
58:29Son secrétaire de la guerre
58:30a fait le ménage
58:30au Pentagone.
58:31Tous ceux qui n'étaient
58:32pas d'accord
58:32ont été remerciés
58:34parfois assez brutalement.
58:35Donc il reste
58:36le maître du jeu.
58:37Et quand on s'interroge
58:38sur les capacités
58:39de puissance américaine,
58:41ça reste la grande puissance.
58:42Et donc si Trump
58:43veut reprendre la guerre,
58:44même si ce n'est pas
58:45une bonne idée,
58:46il le fera.
58:48à Washington dans quelques minutes.
58:49On suivra ça évidemment
58:50sur BFM TV.
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