00:00Et Pierre Baricev est en direct avec nous, merci d'être en direct.
00:04Je rappelle que vous êtes le directeur de l'Institut pour la Justice.
00:08De quoi cette affaire est-elle le nom, l'affaire des deux criminels présumés,
00:16bourreaux présumés de Shem Sedin qui aujourd'hui peut-être nous écoutent d'ailleurs
00:21dans leur chambre, très tranquillement, plutôt qu'en détention provisoire ?
00:27Alors, c'est une affaire, moi le premier mot-clé qui me vient en tête,
00:31c'est que c'est d'une complexité folle.
00:33Moi je suis juriste, je baigne dans ces affaires-là depuis un moment
00:38et je trouve moi-même que c'est très complexe.
00:41Il faut bien expliquer qu'il y a eu plusieurs décisions.
00:44Il y a la première décision du Conseil constitutionnel,
00:46il y a ensuite une décision d'un juge d'instruction qui a maintenu en détention les mises en cause
00:51et ensuite il y a une décision de la chambre de l'instruction qui date du 9 juillet
00:55qui a libéré les mises en cause.
00:56Donc c'est déjà d'une grande complexité.
00:59Tout ça est la conséquence avant tout, c'est mon avis en tout cas, du Conseil constitutionnel.
01:05Le Conseil constitutionnel depuis 30 ans prend un malin plaisir
01:09à détruire la procédure pénale française dès qu'il en a la possibilité.
01:13Et là en l'occurrence l'affaire est emblématique
01:15parce qu'il rend cette décision-là le 27 juin 2025.
01:19Donc il y a presque un an, un tout petit peu plus d'un an.
01:21Quelques jours auparavant, il rendait une autre décision, a priori sans rapport,
01:26suite au vote du projet de loi sur la justice des mineurs de Gabriel Attal,
01:30qui était un projet de loi qui était un petit peu plus répressif,
01:33en tout cas beaucoup trop répressif pour l'avis du Conseil constitutionnel,
01:36qui a détruit, qui a saboté la quasi-totalité du projet de loi.
01:40Et donc il détruit ce projet de loi qui visait à être un peu plus répressif dans la justice pénale
01:45des mineurs.
01:45Et quelques jours après, il dit tant qu'à faire, on a beau attaquer et détruire les nouveaux projets de
01:52loi,
01:52on a aussi la possibilité, grâce à quelque chose qui s'appelle la question prioritaire de constitutionnalité,
01:57on a aussi la possibilité de détruire du droit antérieur.
02:00Et donc c'est ce qu'il a fait.
02:01Là il a détruit un droit qui existe depuis plusieurs années,
02:06enfin depuis plusieurs décennies,
02:07et qui a été codifié il y a peu de temps dans le Code de la justice pénale des mineurs.
02:10Et donc le péché originel dans toute cette affaire-là, c'est quand même,
02:14et il faut bien le retenir,
02:15il y a certes clairement eu une faute claire du ministère de la justice,
02:19mais il y a avant tout un Conseil constitutionnel qui est comme un chien fou,
02:25et qui sabote systématiquement, dès qu'il le peut,
02:28qui désarme l'État, qui sabote la procédure pénale française,
02:31et en l'occurrence c'est ce qu'il a fait.
02:33C'est ce qu'il a fait.
Commentaires