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  • il y a 6 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00On va faire un petit point sondage, si vous le voulez bien, puisqu'il y en a eu un nouveau
00:03ce week-end,
00:04dans lequel Marine Le Pen domine largement le premier tour de la présidentielle 2027.
00:09Elle est donnée entre 34 et 35,5% selon ses concurrents.
00:14Jean-Luc Mélenchon se rapproche d'Edouard Philippe pour la qualification au second tour.
00:17Voilà pour les grandes lignes pour ce sondage élabre pour BFM TV et la Tribune dimanche.
00:21Écoutez, Aurore Berger, puisqu'elle était l'invité de Pierre de Villeneuve ce matin sur CNews Europe 1,
00:25la ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre la discrimination,
00:31elle a estimé qu'il fallait un vrai projet politique du bloc central pour contrer Marine Le Pen.
00:35Nous savons qui est l'adversaire, nous savons que c'est Marine Le Pen,
00:39donc ma question n'est pas juridique aujourd'hui et ce matin, elle est politique,
00:43elle est d'avoir une alternative au rassemblement national.
00:45Parce que moi je ne crois pas qu'une présidentielle soit uniquement le camp du nom, le camp du revue.
00:49C'est convaincre les Français qu'il y a une alternative à ce que j'estime être un poison mortifère
00:52pour le pays,
00:53de se dire qu'il y aurait uniquement comme seule voie un duel entre le rassemblement national et la France
00:57insoumise.
00:58Je pense que notre pays n'a pas envie de ce niveau de conflictualité qu'il y aurait dans la
01:01vie politique,
01:02parce que je crois que les Français ne volent pas ce duel.
01:05Les premiers chiffres.
01:05Et ça suppose en effet un qui est un projet,
01:07parce que je crois que notre principale volonté c'est de garantir que la vie de nos enfants sera plus
01:12douce que la nôtre.
01:13Je crois que c'est ça qu'une démocratie doit être en capacité de construire et de promettre,
01:17et sur tous les champs.
01:18Donc ça c'est notre mission, c'est de convaincre et de porter un projet clair et lisible,
01:22et évidemment c'est de nous rassembler.
01:23Sébastien Ligné, pour l'instant le rassemblement on n'y est pas.
01:25Nous savons qui est l'adversaire.
01:28On le réécoute.
01:30On est sûr qu'on est bien entendu.
01:31Non mais attendez, pardon,
01:33on assiste quand même à un enchaînement de mots valises qui ne va absolument rien dire.
01:36Il faut un projet clair, il faut se rassembler, ça fait 15 ans qu'on entend ça.
01:40Des projets.
01:41Oui d'accord, mais ça ne change pas qu'aujourd'hui,
01:43et d'ailleurs tout le sondage le montre,
01:44les deux parties qui montent dans les sondages,
01:47ce sont les deux seules qui ont des projets,
01:49une vision pour la France et une incarnation claire.
01:51Le RN et la France insoumise.
01:53Deux parties, deux camps, deux blocs,
01:55qui incarnent une rupture avec l'ordre établi,
01:58le système et avec le gouvernement macroniste depuis 10 ans.
02:02Le problème de ce grand bloc central, je veux dire,
02:04ce n'est pas la question de l'incarnation,
02:05ce n'est pas la question de ce qu'il faut rassembler ou non,
02:07c'est le fait que fondamentalement,
02:08aux yeux des Français,
02:09ils sont tous, sans exception,
02:12jugés comptables et tributaires du bilan d'Emmanuel Macron.
02:15Tous.
02:15De Bruno Retailleau jusqu'à Gabriel Attal,
02:18en passant par Édouard Philippe,
02:19Sébastien Lecornu,
02:20Jean Castex,
02:21peu importe.
02:21Forcément, ils ont été au gouvernement.
02:22Oui, mais le fait, c'est qu'après 10 ans d'Emmanuel Macron,
02:25vous avez une extrême majorité des Français
02:27qui souhaitent tourner la page du macronisme,
02:29et vous ne pouvez pas dire dans la même phrase,
02:32il faut tourner la page du macronisme,
02:33et dire qu'on va l'incarner avec un membre
02:36ou une figure du bloc macroniste depuis 10 ans.
02:38C'est impossible.
02:39C'est une équation impossible à remplir.
02:40Donc bon, ils peuvent se rassembler s'ils veulent,
02:42mais j'ai bien peur pour eux qu'à la fin,
02:44l'envie de changement et de rupture
02:46exprimée par le peuple français
02:49balaye toute cette petite combinationnée
02:53et tentative d'union du bloc central.
02:54On va entendre votre avis également, Hélène Rouet.
02:57On marque juste une pause.
02:59Sans commun.
03:0013h, 14h, Europe 1 Info.
03:02Il est 13h47 sur Europe 1,
03:04dernière partie d'Europe 1 Info
03:05avec Lili Mathias et ses invités,
03:07Hélène Rouet, journaliste JDD,
03:09et Sébastien Ligné, journaliste politique.
03:11On va parler évidemment de la loi
03:13qui crée un droit à l'aide à mourir.
03:15Juste avant, les sondages pour 2027,
03:18Marine Le Pen qui n'enregistre pas de recul
03:20après sa condamnation d'appel
03:21pour détournement de fonds publics mardi dernier.
03:23Elle a lancé, on s'en souvient,
03:26sa candidature pour la présidentielle.
03:28Écoutez l'analyse de Guillaume Roquette,
03:30directeur de la rédaction du Figaro Magazine.
03:32Sur ses sondages, il était sur le Figaro TV
03:34il y a quelques jours maintenant.
03:36C'est effectivement assez impressionnant
03:38et on voit qu'en particulier l'électorat âgé,
03:42dont on sait qu'il compte beaucoup
03:43parce que c'est lui qui vote le plus,
03:45n'a plus peur de Marine Le Pen.
03:47Et je pense que ça montre l'ampleur
03:50de cette volonté de dégagisme
03:52qui a saisi la société française.
03:54C'est-à-dire que malgré tout,
03:56malgré les interrogations nombreuses
03:58sur la nature du programme du Rassemblement National,
04:00en particulier en économie,
04:02malgré l'absence d'expérience de gestion
04:05de la politique nationale par le Rassemblement National,
04:07qui n'a jamais été au pouvoir,
04:08malgré aussi la condamnation de Marine Le Pen,
04:11c'est-à-dire que malgré tout, elle est là.
04:14Hélène Rouet.
04:15Non mais bien sûr, il a raison.
04:17Il y a beaucoup de choses maintenant à prendre en compte.
04:18Moi, ce que je vois avec ce sondage,
04:19c'est que c'est une nouvelle fois,
04:21un nouveau sondage qui nous prouve un résultat
04:23qui était encore inédit il y a ça une semaine,
04:25à savoir Marine Le Pen bat tous les candidats du Bloc Central,
04:28que ce soit Gabriel Attal ou Édouard Philippe.
04:30Et ça, c'est quand même quelque chose qu'on n'a jamais vu.
04:32Auparavant, le seul à pouvoir la dépasser.
04:34Exactement, c'était le seul qui pouvait le dépasser.
04:36On avait juste vu une fois dans un sondage de mémoire
04:39Jordan Bardella qui parvenait à battre Édouard Philippe,
04:41mais on était vraiment dans du 51-49.
04:43Donc là, tous les sondages sont en train de prouver
04:45qu'il y a quand même une dynamique énorme
04:47du côté de Marine Le Pen.
04:48Sébastien a raison quand il dit
04:50le souffle aujourd'hui,
04:51il est du côté de la France Insoumise
04:53et du côté du Rassemblement National.
04:54Ça se voit dans les meetings,
04:55ça se voit dans les sondages.
04:57Exactement, ça se voit dans les sondages,
04:59ça se voit dans les meetings.
04:59Dans les deux cas, tout est relativement clair.
05:01Donc le bloc central, en fait,
05:03peu importe la candidature,
05:04ça va être très très difficile de mettre un souffle.
05:06Et par ailleurs, on est encore très loin du premier tour,
05:09c'est-à-dire qu'il y a tellement de paramètres
05:11encore à prendre dans les deux comptes.
05:12C'est ça, c'est-à-dire qu'on est quand même
05:13un an avant quasiment,
05:14enfin un peu moins maintenant,
05:15mais il peut se passer beaucoup de choses en 10 mois.
05:19Et de tous les côtés.
05:20Et de tous les côtés,
05:21si Jean-Luc Mélenchon continue à avoir
05:22ses propos absolument terrifiants,
05:24qu'il peut faire du mal,
05:25notamment avec certaines personnes de gauche
05:27plus sociales-démocrates,
05:29ça, ça peut continuer aussi.
05:30S'il ne se modère absolument pas,
05:31ça peut continuer à faire peur
05:32et donc le desservir in fine.
05:34Est-ce que Bruno Rotaillot va se retirer ?
05:36Est-ce qu'il y aura une seule personne du bloc central ?
05:38Ça aussi, c'est une vraie question.
05:40Et par ailleurs, sur Marine Le Pen,
05:41autre vraie question,
05:42si la cour de cassation s'exprime véritablement
05:44avant le premier tour,
05:45et quand je dis avant,
05:46ce n'est pas seulement deux semaines avant,
05:47s'il s'exprime en février,
05:49à voir aussi ce qu'une potentielle condamnation définitive
05:52aurait comme impact.
05:53Parce que ça, on ne peut pas non plus le nier.
05:54Que ce soit auprès des électeurs,
05:55pas forcément,
05:56mais alors d'autres qui se posaient la question,
05:57une condamnation définitive,
06:01c'est un grand paramètre à prendre en compte.
06:02Sébastien Ligné.
06:03En réalité, il n'y a qu'une seule certitude
06:05pour 1927,
06:06c'est que Marine Le Pen sera au second tour
06:07de l'élection présidentielle.
06:08Rien que ça,
06:09on balaye un petit peu trop vite ce fait-là.
06:11Pour la première fois dans l'histoire
06:13de la Vème République,
06:14le Rassemblement National est assuré
06:16d'être au second tour.
06:17Ça, ça change beaucoup de choses.
06:19Attention, je me méfie de ces paris,
06:20je vais les prendre,
06:20je vais finir par les noter.
06:22Mais ça change beaucoup de choses,
06:24même dans l'approche d'une campagne électorale.
06:26Jospin devait être au second tour.
06:27C'est-à-dire qu'on a jamais été donné à 36%.
06:31Ça change beaucoup de choses,
06:32même dans l'approche de la candidature de Marine Le Pen.
06:34C'est-à-dire qu'on est en juillet 2026
06:36et Marine Le Pen doit déjà préparer un second tour.
06:40Elle n'est plus dans une optique de premier tour.
06:42C'était le cas en 2022,
06:43où quand même,
06:44on a réécrit l'histoire un petit peu vite,
06:45mais en novembre-décembre,
06:47Éric Zemmour est quasiment à égalité avec elle.
06:48On n'est pas du tout dans une assurance
06:50qu'elle soit qualifiée au second tour.
06:52Et en 2017, encore moins,
06:53où c'est un événement qu'elle se qualifie.
06:55Là, ça change beaucoup de choses.
06:56Elle va commencer la campagne présidentielle
06:58dans le costume de la favorite.
07:00Et ça, ça...
07:01Mais bien sûr, ça change beaucoup de choses
07:02dans la manière avec laquelle on mène campagne,
07:05dans la manière avec laquelle on présente ses idées,
07:07et même d'un point de vue électoral.
07:08Et c'est là où je rejoins Hélène.
07:10La condamnation potentielle
07:12qui pourrait arriver avant le premier tour,
07:14moi je pense qu'ils ont très bien compris
07:15que le bracelet, elle ne l'aurait certainement pas.
07:17C'est pas la question.
07:17En revanche,
07:18l'impact d'une condamnation définitive
07:20pour détournement de fonds publics,
07:22ça, ça change beaucoup de choses.
07:23Parce que le but de Marine Le Pen,
07:25vu qu'elle est certaine d'être qualifiée au second tour,
07:27c'est pas de faire 35 ou 30 ou 36 %,
07:29c'est de faire plus de 50 % des voix.
07:31Et pour faire plus de 50 % des voix,
07:32elle va devoir convaincre un électorat
07:34qui, jusqu'ici, s'est toujours refusé
07:36à voter pour le RN,
07:38que ce soit pour des arguments moraux
07:39à cause du non-Le Pen,
07:40que ce soit à cause des arguments électoraux,
07:43plutôt, ou des arguments politiques.
07:45Mais il va falloir qu'elle arrive
07:46à les convaincre, ces gens-là.
07:47Est-ce qu'elle est capable
07:49de passer outre cette condamnation ?
07:52Ou est-ce qu'au contraire,
07:52une condamnation pour détournement
07:53au fonds public peut détourner
07:55un électorat, on va dire,
07:56pour caricaturer un peu bourgeois de droite,
07:58qui pourrait décider de ne pas voter
07:59pour Marine Le Pen parce qu'elle est condamnée ?
08:01C'est une vraie question aussi.
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