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  • il y a 2 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Emmanuel Macron qui présentait son dernier discours aux armées, le traditionnel discours aux armées,
00:08vous savez c'est à la veille du 14 juillet, c'est le dernier avant qu'il ne quitte l
00:12'Elysée
00:13et c'est peut-être l'un des plus importants parce que souvent ces détracteurs ont pu dire
00:19qu'Emmanuel Macron avait un discours « va-t'en-guerre ».
00:22Est-ce qu'en l'écoutant dans quelques instants, vous allez vous dire,
00:25il plonge un peu plus, il pousse un peu plus la France dans ce discours « va-t'en-guerre
00:31belliciste »
00:32pour ne pas dire belliqueux, ou alors justement Emmanuel Macron est conscient des dangers dans les prochaines années
00:40et que la France a besoin de se réarmer.
00:44En ayant écouté Emmanuel Macron, j'ai plus l'impression qu'il parlait en européen, pour ne pas dire en
00:50européiste,
00:51qu'en chef des armées de la France, il faut rappeler que c'est une compétence nationale
00:57et c'est une souveraineté nationale, c'est peut-être la seule souveraineté et puissance qui nous reste en quelque
01:04sorte.
01:04Gérard Longuet, ancien ministre de la Défense, est avec nous.
01:07Bonjour Monsieur le Ministre.
01:09Oui, bonjour.
01:10Avant de vous donner la parole, je voudrais qu'on écoute Emmanuel Macron qui a parlé de la liberté et
01:16du droit
01:17et au prix du sang, c'est-à-dire qu'il dit que les Français sont prêts, la France est
01:21prête,
01:22à défendre le droit et la liberté jusqu'au prix du sang. Écoutez.
01:26Une Europe qui ne sera pas celle des nationalismes qui l'ont longtemps consumée,
01:32mais qui en conjuguant les patriotismes de leurs membres, en agissant unis, nous rend tous plus forts.
01:41Le message que nous envoyons au monde est le suivant.
01:45Oui, la paix est notre but.
01:48Oui, nous chérissons la liberté et le droit.
01:51Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre.
01:55Toujours.
01:56Et au prix du sang, s'il le faut.
01:59Au prix du sang, s'il le faut.
02:02Comment vous réagissez après la déclaration du président de la République, Gérard Longuet ?
02:09Et je rappelle que vous êtes ancien ministre de la Défense.
02:11Il y a deux leçons qui sont assez différentes.
02:15La première, c'est qu'en effet, souhaiter que tous les pays européens s'organisent pour se défendre solidairement
02:25et ne comptent plus sur le voisin d'outre-Atlantique, les États-Unis, pour prendre en charge leur protection.
02:35Ça, c'est une certitude.
02:36Et de ce point de vue, je la partage, même si je constate que nous n'avons pas pour autant
02:45réglé les différences
02:48qui nous distinguent de nos grands voisins, les Allemands, les Pays-Baltes, la Pologne, par exemple, et nous-mêmes.
02:57Et puis, alors, la deuxième observation, bon, Emmanuel Macron parle bien, chacun le sait.
03:04Il aime, je crois qu'il a un certain plaisir à s'écouter.
03:08Et dire que nous allons nous défendre au prix du sang, c'est le lot de notre armée de métiers
03:16qui combat chaque jour
03:17et qui a enregistré, hélas, un terrain d'opération, après terrain d'opération, des blessures.
03:30Je l'ai vu moi-même en afghanistan en particulier.
03:35Donc, nous rappeler, veut-il nous dire autre chose ?
03:40Veut-il nous dire que le sang, c'est pas simplement pour l'armée de métiers, c'est pour tous
03:46les Français ?
03:47Il ne le clarifie pas.
03:48Et moi, personnellement, lorsque je l'entends parler de défense,
03:53je souhaiterais qu'on ait les moyens financiers, budgétaires de cette défense
03:59et qu'on ait aussi une présence de l'armée dans la nation qui facilite son recrutement
04:07et la mobilisation d'une armée qui est une armée de volontaires, il faut le préciser.
04:13Et au fond, ce que le président Macron ne nous dit pas,
04:17c'est qu'il demande, il évoque le sacrifice du sang sans préciser qui est concerné, article 1.
04:24Et article 2, si on se contentait simplement, nous, Français,
04:30de travailler autant que les Européens tout au long de notre vie,
04:35on reste en vue de financer cet effort de défense qui n'est pas encore le cas.
04:39Mais M. le ministre, d'ailleurs, dans ce discours, on l'a vu,
04:44se féliciter du doublement du budget de l'armée sur cette décennie
04:50où Emmanuel Macron était le chef de l'État et donc le chef des armées.
04:55Il ne mentionne pas ses premiers mois à l'Élysée
05:00qui commencent avec un tournant à la tête des armées
05:04puisque le général de Villiers, en commission, donc sous serment,
05:10va alerter en disant, attention, on est en train d'imaginer
05:14une réduction du budget des armées.
05:18Or, nous rentrons dans une ère où il faut, au contraire, se réarmer,
05:26devenir plus fort pour être souverain.
05:29Et ça, c'est ce moment de l'histoire.
05:31Il l'oublie, surtout qu'il n'a pas supporté cette séquence-là
05:34à tel point que le général de Villiers a dû quitter ses fonctions
05:37quelques jours après cette déclaration.
05:40Et je me souviens que son premier discours aux armées,
05:42et il y a cette formule d'Emmanuel Macron qui dit
05:44« je suis votre chef », en rappelant qu'il était le chef des armées.
05:48Oui, oui, oui, moi j'ai beaucoup d'estime pour le général Pierre de Villiers
05:52qui a fait son devoir de chef d'état-major des armées
05:57qui était de rappeler à la représentation parlementaire
06:00que la vie n'était pas un long fleuve tranquille
06:03et qu'il fallait avoir les moyens de se défendre.
06:06Soyons honnêtes, après cette réaction d'humeur excessive,
06:10le président a engagé les budgets successifs sous son autorité
06:16lorsqu'il l'a pu, jusqu'en 2022 en tous les cas,
06:21avec un effort qui n'est pas un effort, je ne conteste pas.
06:27On est arrivé à 2,5%.
06:29J'arrive à 2,5% du PIB.
06:33Il se propose de passer en 2030 à 3,5%.
06:39Je crois que ni son premier ministre, ni le Parlement
06:46ne lui en donneront les moyens,
06:48parce qu'annoncer des dépenses, c'est bien.
06:52Encore faut-il pouvoir équilibrer le budget de l'État,
06:55ce qui est une autre contrainte qui pèse
06:58et, quand je dis équilibrer le budget de l'État,
07:02limiter le déficit,
07:03ce qui manifestement aujourd'hui est à peu près impossible.
07:06Je pense que le président Macron aurait plus d'autorité
07:09si son premier ministre n'avait pas été obligé
07:12de concéder au Parti Socialiste
07:15l'abandon de la réforme du régime de retraite
07:18qui permettait de dégager une meilleure solution
07:21pour notre équilibre budgétaire.
07:24Gérard Longuet est avec nous,
07:27ancien ministre de la Défense.
07:29Je vous propose d'écouter également Emmanuel Macron,
07:31où là, et c'est la forme,
07:35mais également le fond,
07:36que je vais vous soumettre,
07:38parce qu'il est rare
07:42qu'Emmanuel Macron s'emporte, quoique.
07:45Et là, on a l'impression que lorsqu'il va parler,
07:49il va faire une différence entre le patriotisme
07:51et le nationalisme, et il va peut-être pas perdre ses nerfs,
07:55faut pas exagérer, mais tout de même,
07:57on l'a senti parfois plus serein.
08:00Partout où on flatte les nationalismes,
08:03en France ou ailleurs,
08:05on se trompe sur l'histoire qui est la nôtre.
08:08Le patriotisme, oui,
08:10le nationalisme, jamais.
08:11Et au moment où l'Europe se réarme,
08:13penser qu'accumuler chacun séparément des capacités
08:17et le sens de l'histoire, c'est une absurdité.
08:20Nous devons bâtir en Européens
08:22et garder nos spécificités propres,
08:25nos modes de décision,
08:26nos forces d'intervention,
08:27notre crédibilité.
08:29Mais ne faisons pas bégayer l'histoire.
08:32Alors, quand il différencie
08:34les nationalismes et le patriotisme,
08:39là, j'ai besoin d'un éclairage du ministre.
08:43C'est un exercice sémantique
08:45pour avoir bonne conscience,
08:47pour pas cher.
08:48Parce que lorsque l'on est patriote,
08:52on s'intéresse à sa nation
08:54et on s'efforce de lui donner
08:56les conditions de sa liberté,
08:58de son indépendance,
08:59et j'ajoute, de sa paix.
09:01Et la meilleure façon de vivre en paix,
09:03c'est de commencer par respecter les autres
09:06et en entendant soi-même être respecté.
09:09Or, là, je crois que le président Macron
09:14épouse une posture
09:17qui n'apporte rien au débat.
09:20Nous savons parfaitement,
09:21depuis 1814,
09:23depuis l'abdication de Napoléon Ier,
09:26que nous n'avons jamais envahi
09:28aucun pays en Europe.
09:30À ma connaissance,
09:31ce sont bien les Prussiens
09:32qui nous ont envahi en août 1914.
09:35Bon, l'Empire a déclaré la guerre
09:40à la Prusse en 1970.
09:42C'était une erreur funeste
09:43et fatale pour l'Empire.
09:46Mais la France républicaine
09:49n'a jamais déclaré la guerre
09:51à personne,
09:52sauf en 1939,
09:54lorsque l'Angleterre et la France
09:56ont déclaré la guerre
09:59à l'Allemagne nazie
10:00après l'invasion de Napoléon Ier.
10:02Bon, on est donc dans un exercice
10:05un exercice de style.
10:07Un exercice de style
10:07qui est, alors là, pour le coup,
10:10récurrent chez Emmanuel Macron.
10:13Et d'ailleurs,
10:14j'ai récupéré le discours
10:15« Seul le prononcé fait foi ».
10:17Bien évidemment,
10:18vous en avez eu l'habitude
10:19de nous envoyer,
10:20lorsque vous étiez ministre,
10:21aux journalistes,
10:22les discours,
10:23avec marqué
10:24« Seul le prononcé fait foi ».
10:25En italique.
10:26En italique,
10:26dit Jules Torres.
10:27Mais je suis quand même,
10:29vous savez,
10:30les détails,
10:31je suis attaché aux détails,
10:33je regardais,
10:33j'ai fait dans la barre de recherche,
10:35j'ai voulu mettre le mot « France ».
10:37Il a potentiellement été prononcé
10:3919 fois.
10:40Le mot « Europe »,
10:4119 fois également.
10:43Vous voyez,
10:43on est très attaché.
10:4511 fois le mot « guerre »,
10:47une seule fois le mot « paix ».
10:48Intéressant de voir aussi
10:50ce détail-là.
10:51Mais on va revenir
10:52sur cette déclaration
10:54d'Emmanuel Macron
10:54et puis ce rapport
10:55aux armées.
10:57On interrogera aussi
10:57les auditeurs d'Europe 1.
10:59Merci Gérard Longuet,
11:00ministre de la Défense,
11:01ancien ministre de la Défense
11:02d'avoir réagi
11:03et de nous avoir apporté
11:04votre éclairage
11:05sur ce discours
11:07aux armées.
11:08Dernier discours.
11:08Moi, je vous remercie
11:09d'avoir l'occasion
11:11de donner des convictions.
11:12Eh bien, revenez,
11:13revenez quand vous voulez.
11:15On le défend
11:15et on lui donne
11:16les moyens
11:17de la sorte d'intendance
11:18quand on est un vrai patriote.
11:20C'est-à-dire
11:21qu'on ne le rend pas
11:22dépendant
11:22de ses créanciers.
11:23Je me demande
11:24si ce n'est pas un discours
11:25un peu nationaliste
11:26que vous avez là,
11:27monsieur Longuet.
11:27Il l'est clairement,
11:29si vous voulez.
11:30La nation française
11:32est notre bien commun
11:33et il faut le préserver.
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