Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 15 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Elliot Deval et vous ?
00:0216h32, vous écoutez Europe 1, Elliot Deval et vous en direct jusqu'à 18h bien sûr,
00:07toujours accompagné d'Elisabeth Assayag et de Jules Torres.
00:12On va parler de la justice, une nouvelle fois sur les bancs des accusés,
00:16après la colère de la maman de Shem Sedin.
00:21Shem Sedin, ce garçon qui a été battu à mort dans des conditions absolument atroces en 2024.
00:27Il s'avère que c'est deux meurtriers présumés.
00:33Voilà, meurtriers présumés.
00:36Je réfléchissais au terme que j'allais employer,
00:38parce que vous allez peut-être parfois entendre deux jeunes
00:41qui sont placés en détention provisoire dans l'attente de leur procès.
00:45Vous allez entendre le terme « jeunes me déplaît ».
00:48Oui, parce qu'ils ne sont pas jeunes pour faire ça.
00:50Ils ne sont pas si jeunes que ça.
00:51Ils sont majeurs aujourd'hui.
00:52Ce n'est pas la jeunesse qui est en ligne de mire dans ce dossier.
00:58C'est l'horreur.
00:59C'est un gamin qui a été passé à tabac, mort à l'âge de 15 ans.
01:04Et ces deux individus qui seront peut-être condamnés une fois leur procès arrivé,
01:13par une chambre d'assises, une cour d'assises,
01:16et bien aujourd'hui, ils ne sont plus derrière les barreaux en détention provisoire.
01:21Alors, c'est assez compliqué, c'est assez technique.
01:24Certains parlent de vide juridique.
01:26Il s'avère qu'effectivement, désormais, ils sont majeurs.
01:30Ils étaient en détention provisoire à leurs mineurs.
01:33Et c'est un vide juridique qui empêcherait de placer en détention provisoire
01:36les mineurs mis en cause pour un crime dans l'attente de leur procès.
01:39En revanche, la chancellerie estime que des magistrats surestiment la portée de ce vide
01:45et libèrent ainsi indûment certains détenus.
01:49La réalité, c'est quoi ?
01:50C'est que la maman de Shemseddin, de la victime,
01:53elle dit « je me sens abandonnée aujourd'hui ».
01:54Et ce fil rouge des familles de victimes qui se sentent abandonnées par la justice,
02:00la liste commence à être un peu trop longue, Elisabeth Asseillac.
02:03La liste est longue, mais on peut se réjouir aussi que ces parents de victimes
02:08osent parler et osent le dire.
02:10Souvenez-vous à l'époque de l'affaire Mouzin,
02:12Éric Mouzin qu'on voyait partout dans les médias,
02:16il parlait de l'enquête, je prends lui comme exemple parce que je pensais à lui,
02:20mais il n'attaque pas directement la justice.
02:22C'est le fait nouveau là, si on pense à Elisabeth,
02:24si on pense à Philippine, si on pense à Liana, Louis.
02:30Là, le point commun de tous ces parents,
02:33c'est qu'au-delà de l'enquête, ils osent dire qu'il y a un problème,
02:35ils osent dire qu'il y a un laxisme judiciaire,
02:39qu'on est face à l'impuissance de tout cela,
02:42et donc c'est le symptôme d'une crise systémique avec la justice.
02:46Donc c'est le petit point positif de ce drame et de ce malheur.
02:50On va écouter attentivement le sujet de la rédaction d'Europe 1
02:55sur l'affaire Shem Sedin,
02:57parce qu'on a besoin d'y voir un tout petit peu plus clair.
03:00C'est une nouvelle faille qui met la justice sous pression.
03:05Tout commence le 27 juin 2025,
03:08lorsque le Conseil constitutionnel censure une disposition de 2019,
03:12permettant de maintenir en détention un mineur de plus de 16 ans accusé d'un crime.
03:17Le Conseil constitutionnel déplore deux problèmes dans cette disposition.
03:22D'abord, le maintien en détention était automatique.
03:25Une fois mis en accusation devant la cour d'assises des mineurs,
03:29l'accusé restait détenu par le seul effet de la loi.
03:32L'institution souhaite qu'un magistrat spécialisé dans la protection de l'enfance
03:37réexamine si cette détention est toujours nécessaire.
03:40Ensuite, la durée de détention était la même que pour les majeurs.
03:45Le texte permettait une détention provisoire pouvant aller jusqu'à deux ans,
03:49comme pour les adultes.
03:51Mais selon l'institution, la Constitution impose que les mineurs bénéficient
03:55de procédures adaptées à leur âge et à leur personnalité.
03:59Conscients du danger que représentent les mineurs accusés de crime,
04:02le Conseil constitutionnel décide de reporter l'abrogation de la disposition
04:07au 1er juillet 2026, donnant ainsi un an au Parlement
04:11pour que celui-ci adopte une nouvelle disposition conforme à la Constitution.
04:16Mais aucun texte sur cette question n'a été voté jusqu'à jeudi.
04:19En effet, une mesure d'urgence a été ajoutée dans le projet de loi sur la justice criminelle,
04:24porté par Gérald Darmanin afin de combler ce vide juridique.
04:27Cette disposition n'est toutefois pas entrée en application,
04:31la loi n'ayant pas été encore publiée au journal officiel.
04:35Et Pierre-Marie Seve est en direct avec nous.
04:37Merci d'être en direct.
04:39Je rappelle que vous êtes le directeur de l'Institut pour la justice.
04:44De quoi cette affaire est-elle le nom ?
04:46L'affaire des deux criminels présumés,
04:51bourreaux présumés de Shem Sedin,
04:54qui aujourd'hui peut-être nous écoutent d'ailleurs dans leur chambre,
04:58très tranquillement, plutôt qu'en détention provisoire.
05:01– Alors, c'est une affaire, moi, le premier mot-clé qui me vient en tête,
05:06c'est que c'est d'une complexité folle.
05:08Moi, je suis juriste, je baigne dans ces affaires-là depuis un moment,
05:13et je trouve moi-même que c'est très complexe.
05:16Il faut bien expliquer qu'il y a eu plusieurs décisions.
05:19Il y a la première décision du Conseil constitutionnel,
05:21il y a ensuite une décision d'un juge d'instruction
05:23qui a maintenu en détention les mises en cause,
05:26et ensuite, il y a une décision de la Chambre de l'instruction
05:29qui date du 9 juillet, qui a libéré les mises en cause.
05:31Donc, c'est déjà d'une grande complexité.
05:34Tout ça est la conséquence, avant tout, c'est mon avis en tout cas,
05:38du Conseil constitutionnel.
05:40Le Conseil constitutionnel, depuis 30 ans,
05:43prend un malin plaisir à détruire la procédure pénale française
05:47dès qu'il en a la possibilité.
05:48Et là, en l'occurrence, l'affaire est emblématique,
05:50parce qu'il rend cette décision-là le 27 juin 2025,
05:54donc il y a presque un an, un tout petit peu plus d'un an.
05:56Quelques jours auparavant, il rendait une autre décision,
05:59a priori sans rapport,
06:01suite au vote du projet de loi sur la justice des mineurs de Gabriel Attal,
06:05qui était un projet de loi qui était un petit peu plus répressif,
06:08en tout cas beaucoup trop répressif pour l'avis du Conseil constitutionnel,
06:11qui a détruit, qui a saboté la quasi-totalité du projet de loi.
06:15Et donc, il détruit ce projet de loi
06:17qui visait à être un peu plus répressif dans la justice pénale des mineurs,
06:20et quelques jours après, il dit, tant qu'à faire,
06:23on a beau attaquer et détruire les nouveaux projets de loi,
06:27on a aussi la possibilité, grâce à quelque chose qui s'appelle
06:30la question prioritaire de constitutionnalité,
06:32on a aussi la possibilité de détruire du droit antérieur.
06:35Et donc, c'est ce qu'il a fait.
06:36Là, il a détruit un droit qui existe depuis plusieurs années,
06:41enfin, depuis plusieurs décennies,
06:42et qui a été codifié il y a peu de temps dans le Code de la justice pénale des mineurs.
06:45Et donc, le péché originel dans toute cette affaire-là,
06:49c'est quand même, et il faut bien le retenir,
06:50il y a certes clairement eu une faute claire du ministère de la justice,
06:55mais il y a...

Recommandations