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00:00un 14 juillet demain, où on se demande si ce n'est pas plus la fête de l'Europe que
00:04la fête nationale.
00:05On a l'impression que cette idée de souveraineté, elle a un peu dilué demain, non ?
00:11Non mais attendez Olivier, d'abord à l'heure où on se parle, donc à la veille du 14 juillet,
00:15la menace russe, elle se matérise très concrètement sur les armées par une cyberattaque de grande ampleur
00:19qui a été détectée par les services français qui sont justement aptes à lutter contre ces cyberattaques,
00:24à les détecter, à les attribuer, parce que c'est parfois très difficile de trouver leur origine,
00:28et ensuite évidemment de se défendre et de protéger les intérêts souverains de la France.
00:33Donc cette cybermenace pour le coup russe, très bien identifiée depuis plusieurs années,
00:37on se souvient d'attaques qui ont été par exemple menées, qui ont touché des hôpitaux,
00:39qui ont affecté des fonctions vitales du pays, c'est une des manières hybrides
00:45dont la Russie aujourd'hui lutte directement contre les intérêts vitaux de la France.
00:50Donc je ne crois pas que la responsabilité du président de la République
00:55soit autre chose que de nommer le réel qui est aujourd'hui qu'effectivement il y a une confrontation
00:59pour un certain nombre de raisons politiques qui évidemment s'expliquent sur le temps long,
01:03mais il y a une confrontation aujourd'hui entre les attaques ou les menaces que représentent aujourd'hui
01:08la Russie et ses alliés et les intérêts de la France.
01:10Mais vous n'y voyez pas aussi une aubaine pour Emmanuel Macron de cacher son bilan ?
01:15Pour votre analyse sur l'aspect politique, le 14 juillet, d'abord ça a toujours été une fête politique
01:19et le défilé militaire c'est en même temps aussi un moment de monstration ou de démonstration politique.
01:25Le président de la République se montre lui-même, il descend les Champs-Elysées,
01:27parfois sous les sifflets ou les colibets.
01:29Emmanuel Macron en a fait l'amère expérience, encore que peut-être que demain,
01:33l'instauration d'un QR code obligatoire pour filtrer les participants qui pourront assister au défilé
01:37pourra peut-être nuancer un peu le phénomène de rejet dont le chef de l'État fait parfois les frais.
01:42Donc c'est une fête politique, très politique et dans laquelle l'armée française a pris depuis de nombreuses années
01:48l'habitude de s'exposer aux côtés d'alliés.
01:51Et effectivement il y a une dimension aujourd'hui européenne dans la manière dont la France envisage sa défense.
01:55Pourquoi ? Parce que les États-Unis nous ont bien fait comprendre,
01:57on ne sera plus nécessairement là pour assurer votre défense et certainement pas en tout cas à notre frais
02:01comme on l'a fait depuis des dizaines d'années avec ce parapluie américain.
02:05Malheureusement la France, je crois d'une part a bien sûr raison de rappeler à ses alliés européens
02:10qu'aujourd'hui il va falloir compter sur ses propres forces.
02:13Mais malheureusement elle est un peu seule à le faire.
02:14Ce qu'on voit c'est que par exemple ce n'est pas les Anglais qui étaient capables d'armer
02:17en quelques jours
02:19leur groupe aéronaval pour aller se porter ensuite en soutien logistique au Moyen-Orient.
02:24On a vu la déroute que ça a été.
02:25Ce n'est pas par exemple les Danois qui sont directement opposés aux États-Unis
02:29sur la question territoriale du Groenland
02:31et qui malgré tout vont commander des avions de surveillance à ces mêmes Américains
02:35qui seront probablement ensuite engagés demain pour des opérations
02:39qui iront directement contre leurs intérêts au Groenland.
02:41Donc les Français disent aux Européens
02:43il va falloir qu'on fasse davantage confiance à nos propres forces.
02:46Emmanuel Macron là-dessus prêche un peu dans le désert.
02:49Mais peut-être que de nouveau ce 14 juillet peut montrer que c'est l'intérêt commun de tout le
02:54continent.
02:54Mais Louis Darénel, est-ce que finalement Emmanuel Macron peut s'emparer du 14 juillet
02:59justement à des fins politiques ?
03:00Est-ce que ce n'est pas supprimer une fête populaire, une fête souveraine au fond
03:05où les citoyens peuvent applaudir leur armée et leurs militaires ?
03:09Là c'est très politique.
03:10Il y a toujours eu une confusion objectivement autour du 14 juillet.
03:13C'est-à-dire que tous les chefs de l'État à chaque fois disaient qu'ils ne faisaient pas
03:15de politique
03:16et en réalité ils en faisaient, souvenez-vous, jusqu'aux années Chirac
03:20il y avait la fameuse Garden Party à l'Élysée
03:23où beaucoup de gens se pressaient, avaient absolument envie d'être là
03:26pour voir le président, pour pouvoir en être entre guillemets
03:31et donc ça a toujours été, la dimension politique a toujours été très forte.
03:34Là où il y a vraiment une teinte un peu différente cette année
03:39c'est que c'est le dernier 14 juillet d'Emmanuel Macron
03:41et ce que j'ai trouvé intéressant dans le discours tout à l'heure d'Emmanuel Macron
03:45à l'hôtel de Brienne, vous savez le ministère des armées
03:47chaque année le président s'exprime le 13 juillet, donc la veille du 14 juillet
03:52et on a l'impression quand on écoutait Emmanuel Macron qu'il est encore là pour 10 ans
03:55non mais il se projetait comme s'il était là
03:57donc il annonce une nouvelle revue stratégique pour balayer le spectre des nouvelles menaces
04:04dans les 10 prochaines années, il annonce un certain nombre de choses
04:06alors ça montre qu'il est président jusqu'au dernier quart d'heure
04:09mais à aucun moment vous sentez le fait qu'Emmanuel Macron est en train de dire
04:13voilà je vais devoir passer la main
04:15et ça c'est quelque chose qui est très saillant
04:17et simplement une chose par rapport à ce que disait Paul Suji
04:20moi je trouve que la grande absente quand même
04:22la thématique très absente de ce 14 juillet
04:25c'est quand même l'évocation d'une manière ou d'une autre
04:27de la menace qui se situe toujours au niveau de la Méditerranée
04:30et c'est un défi énorme pour nous
04:32qu'on n'a absolument pas résolu
04:34et qui est le grand défi à venir
04:36mais bien évidemment en quelques jours
04:38on ne vous a pas entendu Léonard Zerbib, la question est simple
04:40fête nationale ou européenne demain le 14 juillet
04:43quelle est votre perception avant de marquer une très courte pause
04:45en fait je rejoins en partie ce qu'a dit Paul Suji
04:48mais pas complètement
04:48c'est-à-dire que ce soit qu'on demande des alliances
04:51avec d'autres états européens
04:52dans le contexte international qu'on connaît
04:54ça me paraît évident
04:55mais là où je trouve qu'il y a toujours une ambiguïté
04:57du côté d'Emmanuel Macron
04:58c'est qu'on ne comprend jamais ce qu'il entend par la souveraineté européenne
05:01c'est-à-dire qu'en réalité
05:03nous avons un principe qui est la souveraineté nationale
05:06et on le voit
05:07vu la division qu'il y a au sein de l'Union Européenne
05:09le concept de souveraineté européenne
05:11qui a permis à Emmanuel Macron de se faire élire
05:13n'existe pas
05:14donc qu'Emmanuel Macron évoque des alliances
05:16c'est très bien
05:17qu'il évoque une solidarité à l'échelle européenne
05:19c'est très bien
05:20qu'il souhaite proposer une augmentation du budget
05:22de la défense
05:22on ne peut que le saluer
05:23mais qu'est-ce que la souveraineté européenne
05:25à mon sens pas grand-chose
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